- CONCLUSION -

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SOMMAIRE D’APPRENTIS       INTRO ET VOCABULAIRE

 

« Il est difficile de faire comprendre quoi que ce soit à quelqu’un quand son salaire dépend de ne pas le comprendre. »

Citation d'Upton Sinclair, prise de la rubrique de Mike Mailway, (pseudonyme pour feu L.M. Boyd) syndiquée dans le feu journal The Seattle Post-Intelligencer. Il ne subsiste plus chez nous que le Seattle Times, qui escamote la politique progressiste en battant du tambour pour des Republicans impopulaires et leurs politiques de vendus.

 

Prier parcourir « L’Avenir » d’abord.

 

D’une manière ou d’une autre, une ère sinistre grince à sa fin. Fini l’époque où des directeurs d'armes ont pu tirer profit de la guerre … même faux profit ; ce temps est révolu. L’énergie gaspillée naguère en célébrant des mythes d'armes ne peut plus être considérée excédentaire. Il ne reste plus d’excuses pour l’ignorance réflexive, la pauvreté faite exprès, le désastre stimulé, l’injustice autorisé et le surpeuplement à base de dogme : de loin les usages sociaux les plus coûteux. Ceux de rechange nous rendront moins de souffrances et davantage de profit ; encore mieux, elles atténueront la mauvaise volonté qui nous infecte.

 

Nous brûlons des milliers de tonnes de pétrole à la seconde. Il y a une dizaine ou deux d’années, nous nous sommes lancés par-dessus la cime de la demande pétrolière en ascendance et son rendement en diminution, sans en avoir été avertis par nos fonctionnaires.

L’impulsion inertielle de la terre en armes s’est rendue trop massive pour être stoppée. Elle nous a métamorphosés en un de ces héros de dessin animé, suspendu au-delà du précipice et moulinant des membres en l’air pour se maintenir à la hauteur. Il reste quelques moments (pas plus) pour choisir ce que nous emporterons par-dessus ce précipice.

On pourra s’y projeter muni de l’appareil lance-flammes le plus moderne que sache fabriquer la terre en armes : la mort hypertechnique au bout des doigts, coûtant fortune et parée à carboniser quiconque ose nous l’arracher. Pourquoi pas plusieurs puis autoportés à chenilles et lourdement blindées ? Pourquoi pas des régiments de tels ? Cet ensemble rendra un grand éclat et boum satisfaisant quand il s’écrasera au fond du gouffre. Feu d’artifice spectaculaire : de fuligineux tessons de corps et débris rougeoyants en virevolte partout !

Autrement pourrait-on endosser un parachute : soigneusement tissé, de fiabilité éprouvée, empaqueté avec soin et consciemment sécurisé sur nous. S'exercer assidûment pour atterrir en felin comme le ferait des secouristes parachutistes experts.

Sans doute nous y jetterons-nous fournis à mi entre ces deux extrémités : pourvus d’une miteuse parachute d’urgence pour soutenir une tankette lance-flammes en boite à sardines dans laquelle nous nous écraserons de façon exemplaire.

Si seulement nous nous étions penchés sur ces problèmes pendant les années 1950s quand nous aurions disposé de réserves pétrolières suffisantes pour retenir cette chute au poids de plume ! Si seulement un précurseur plus convainquant qu’Apprentis avait été diffusé en millions d’exemplaires depuis une génération ou trois !

Mais les responsables de la terre en armes étaient trop myopes pour entreprendre ce qu’il fallait et leurs remplaçants n’ont démontré de vision supérieure depuis, bien au contraire. Battant des pieds en l’air avec le dévouement de nageuses synchronisées, ils nous ont suffis, sots qu’ils étaient et que nous sommes.

Tendant aux lance-flammes, le sacrifice de l’Autre ; à la parachute, la célébration des Apprentis.

 

Ce n'est plus un simple profit à nous de découvrir, mais l’octroi des Apprentis : le devoir d’apprendre et l'humanité de la paix globale (en paraphrase de Mengzi.)

Notre avenir est menacé par les pires habitudes de nos sociétés : la présomption d’élites, l’ignorance prolétarienne et notre soumission mutuelle à leurs erreurs. Le préjugé, la crainte et l’avarice ont neutralisé la sagesse ordinaire ; l'ignorance, la paresse mentale et l’isolement particulier ont court-circuité notre bon sens.

En exhortant la dictature de la compassion, les assertions d’Apprenti requièrent contemplation  sérieuse ; des meilleures solutions de rechange, application immédiate.

De puissants intérêts privés pourront retarder (retardent exprès) cette transformation ; ils pourront bloquer avec leurs babillements insignifiants (bloquent exprès) les immatures réseaux de communication d’Apprentis : en particulier, l'Internet. Des élites d'info persisteront dans leur vente ambulante de priorités éphémères aux masses depuis des rangs serrés de médias de monologue corporatif. Des conspirateurs de convoitise s’accroupiront derrière leurs droits de propriété et d’autres mythes d'armes afin d’outrager sans entrave la commune.

Une fois que les Apprentis prévaudront, des techniciens d'armes (globalement inférieurs quant aux pratiques de la paix) ne se contenteront pas de leur nouvelle condition de vestige car ils souffriront du retrait clinique de tant d'argent, d’autorité et de prestige : ce dernier l’ultime bénéfice des militaires. Des élites de bataille pourront temporiser au lieu de se soumettre aux nouvelles priorités de leurs hôtes prolétaires et refuser de coopérer avec leurs ennemis d’hier sauf pour achever des dégâts supplétifs.

La plupart des fondamentalistes religieux sont des carnassiers ressuscités en retraite sournoise. Ils ne trouveront aucun appui dans Apprenti pour leur déification de soi. Prêchant les contradictions jumelées de la bigoterie religieuse et des meurtrissures bénies, ils se maudissent eux-mêmes et tous ceux qui les suivent. Mais précisément les mêmes individus pourraient multiplier les célébrations et réduire les sacrifices, rendre des gens plus heureux et moins belliqueux, et parfaire ainsi leur dévotion à la paix de Dieu.

Pareillement, ceux qui s’exaltent dans la catastrophe, qu’elle soit puisée du livre de la révélation dans la bible,  d'interprétations rageuses du Coran ou d'un autre texte sacré qu’ils ont envenimé. Leur réaction ressemble à celle d’un chauffeur d’autobus meurtrier, rêvant de l’accident incandescent qui consumera les passagers qui lui ont été confiés. Il s’agirait de ne plus embaucher de tels comme nos guides.

C’est avec des miracles éblouissants que l’on devrait s’amuser comme des bébés gloussant par terre parmi leurs jouets — non gémir de catastrophes instopables.

 

Toi, activiste indigné ! Suspend ton hypnose à base de raisonnements périmés ; arrache-toi du cul-de-sac de ta léthargie, de tes préoccupations futiles et du vide véhément que tu as hérité. Epaule au lieu le joug d'or de l’Apprentissage et observe sa luminance fleurir dans tes traces comme celles du monde entier.

Nous devons – en déroute comme nous sommes devant les forces de la réaction – faire sonner le rassemblement, que nos compagnons puissent nous rejoindre depuis les fins fonds du monde. Nous qui ne partageons aucune vision au-delà de nos craintes, formons carré autour d’Apprenti et tenons bons sur cette position jusqu'à ce que la domination des réactionnaires ne s’épuise contre le mur de nos corps, et que ses résultats n’aboutissent en rien de plus que le pire imaginable (comme d’habitude) ; puis revenons à l’encontre avec élan, une fois pour toutes.

Ce texte propose quelques répliques aux pires de nos problèmes. Attends-toi à de meilleures solutions, une fois que des nouvelles coopératives d’abondance animeront la créativité des Apprentis et que nos voix pourront s’ajouter à chaque entretien qu’illumine notre curiosité. Chaque pas de bébé, chaque antinomie résolue gagnera un autre round pour les Apprentis.

Nous devons d’abord vanner notre constellation de métaphores politiques de son contenu d'armes ; seulement alors pourrions-nous nous libérer du Reich de mille ans de sa mentalité.

 

Ce texte hèle l’idéalisme réformateur de la jeunesse. A défaut de mieux, appelons ça « ferveur révolutionnaire. » Ceux modérément raisonnables partagent un kalotropisme : une attraction innée au bien. Une fois que nous cesserons de la réprimer, notre conscience morale nous guidera au travers avec sûreté.

A présent, cette ferveur reste moribonde, sans voie d’expression. La mentalité d'armes transforme cette camaraderie en exclusivité de prisme, en nationalisme rabique, en chauvinisme, en haine de soi et, somme toute, en l’intention de devenir soldat. Sous l'emprise de cette déception, le lait de la bonté humaine se caille en anéantissement et outrage. Hypnotisés depuis l'enfance par des menteurs d'armes experts, nous avons rejeté nos idéaux et résisté au progrès, puis nous nous sommes demandés : pourquoi ma petite pièce du puzzle refuse-t-elle de s’imbriquer ?

La plupart d’entre nous défient ces perversions, du moins dans l'intimité de nos pensées, bien que notre défi soit fondé sur un vocabulaire désuet, des politiques démodées et des appels faiblards à une justice circonstancielle. Suffoqué par des sociopathes, notre esprit libéral, méliorative et atomiseur est tombé en panne. Pour les ôter et le faire redémarrer, il va falloir qu’une majorité d’Apprentis s’engagent partout au monde dans des coopératives d’abondance.

Les Apprentis amateurs de paix transformeront cet idéalisme réformateur en une dynamo de transformation sociale. Une fois qu’il se mettra en jeu, nous serons destinés à la gloire. Etant donné un métier mécanique de connaissance-valeur assez robuste pour retisser la toile à mille rives de la réforme et la fortifier de nombreuses côtes de ferveur révolutionnaire, on pourra réparer les loquets de ce tissu social et retisser son drap en celui de toutes les couleurs, tout cela en une seule génération.

Les vieilles âmes ont emmitouflé leur conscience contusionnée dans de moelleux mysticismes et positivismes, des pseudo philosophies et des patacroyances superficielles ; elles se sont anesthésiées par l’abus de drogues, la pathosexualité et l’insignifiance compulsive des faux raisonnements à la prisme et mauviette.

Nous avons lu des rames de livres et de journaux et passé des années devant la télévision, qui ne sont parvenus qu’à souligner notre impuissance et futilité sociale. En désespoir de cause, nous nous sommes adonnés à une succession de dispositifs de dénie : de la paralysie mentale, à l’inertie fort scientifique, au nihilisme post-moderne, au fondamentalisme sans fondement et à la foi religieuse dans l'invraisemblance du progrès. Nous nous sommes réfugiés dans le « cool » particulier, le canular évasif et refus de prendre quoi que ce soit au sérieux hormis notre ego soigneusement engraissé.

Nous ne prêtons plus attention à rien hormis ce qui nous emmitoufle dans notre zone de confort en confirmant nos pires préjudices. De peur de nous rendre en fanatiques, nous avons rejeté chaque nouveauté et inspiration sauf celles banales. Nous nous sommes rendus en crédophobes : des névrosés trop foutus et « cool » pour ne plus croire en rien.

La mentalité d'armes se réjouit du gaspillage de tes talents et ton intellect, elle prise la moiteur de ton « cool. » Quant à celle paisible, elle animerait la braise de ton Apprentissage.

Ne compte sur aucun avantage de grâce – ni du cru, ni acheté ailleurs, ni appris dans un livre – jusqu'à ce que nous n’ayons établi la paix globale. Cinq millénaires de perfectionnement particulier à l’unilatéral, de sanguinaire aménagement national, de dissidence nulle et de renouveau de culte fanatique — voici tout ce qui reste de notre histoire : du temps et des efforts gaspillés à la folie.

Ces notions démodées ont pris leur meilleure opportunité de réussir et ont joui de davantage de latitude que ne dicterait une sagesse prudente, étant donné leurs retombées désastreuses. Elles ont échoué aussi minablement qu'elles ont été adroitement annoncées et entretenues avec fanatisme. Il est temps qu’elles soient balayées de la scène comme les loques pourries qu’elles sont en réalité, autrement portées au toit pour être lessivées au savon de Marseille puis laissées sécher dans la chaleur du jour, que leurs coloris reprennent éclat.

Nous devons améliorer énormément la scène globale. D’autres remèdes, d’atteinte si difficile auparavant, se prouveront de démarrage immédiat et de croissance autonome, une fois que les Apprentis auront réaménagé ces préliminaires.

L’Apprentissage haussera le niveau de vie autant du peuple moyen que de celui extraordinaire. Développé sagement, de l’authentique abondance remplacera les difficultés et les terreurs dont on s’est accoutumé, jusqu'à ce que tous les essentiels soient partagés en paix. Son abondance se rendra en droit de naissance pour laquelle le plein comptant aura déjà été versé par nous tous. Toutes les menaces et pénuries restantes seront des problèmes d'isolement : des objets de résolution rapide et décisive — et plus jamais la prochaine catastrophe imprévue, balayée sous le tapis par nos institutions séniles.

Les indigents contemporains prennent pour données certaines astuces pour lesquelles un empereur de l’antiquité aurait troqué l’un de ses royaumes : des téléphones et des vaccins, par exemple. Au monde en paix des Apprentis, les pauvres réclameront de la sécurité et des conforts surpassant les piteux luxes dont se vantent les milliardaires assiégés d’aujourd'hui.

Ce texte présente aux proto-elites ambitieuses et aux élites satisfaites d’elles-mêmes le seul défi digne de leur braggadocio. Leur coopération sera essentielle pour cette entreprise. Leurs accomplissements contemporains sont insignifiants et voués à l’échec, faute du développement des Apprentis. Après l’avoir entamé, ils s’assureront que leurs descendants jouiront de richesses, de pouvoirs et de luxes surpassant leurs rêves, même (surtout !) après que tous les besoins légitimes auront été satisfaits.

 Alors, au boulot ! Délaissons-nous de la surconsommation paramilitaire que nous avons confondue avec le succès, abandonnons des rapports suicidaires entre les riches et les pauvres de plus de quinze et de cinq à un. Favorisons plutôt la libre choix entre une modération sereine et l’aventure la plus périlleuse que des Apprentis pourront trouver utiles.

Nous, les proto-elites d’Apprentis, venons à peine de nous rendre compte de nos responsabilités. Faisant face à la plus récente vague de transformation, nous nous trouvons à tour rôle mauviette, prisme et chaosiste ; élite et prolétarien d'info ; progressiste, modéré et conservateur. Du reste, nous sommes de moins en moins dispos à pétrir notre identité politique dans de tels recoins claustrophobes. Nous rejetons des vieilles valeurs mais nous sentons déroutés par les actualités. Nulle vision valide du futur ne nous inspire, aucune conviction soutenable ne réchauffe nos cœurs glacés. Telle qu’un nouveau-né, nous fixons sur des babioles luisantes. Soit le zèle de notre application, nous semblons incapables de concentrer sur le vrai progrès.

 

« Quand j’étais enfant, je parlais comme un enfant, je comprenais comme un enfant et je pensais comme un enfant : mais quand je suis devenu homme, j'ai mis de côté les choses infantiles. » La bible, livre des Corinthiens, 13-11.

 

Les Apprentis trouveront des alliés des deux côtés de chaque cloison sociale : soit de richesse, de classe, d’ethnie, de nation, de religion soit d’emploi. Délivrés de leur crainte, des anciens rivaux émergeront adoucis de leurs nids de mitrailleuse  Les ségrégations restantes au monde en paix afficheront des distinctions culturelles et artistiques — pas grand-chose de plus. Elles ressembleront à l’Oktoberfest des Allemands et les Powwows des Indiens aux Etats-unis : des sources culturelles de fierté et de réconfort au lieu de celles d'hostilité et de soupçon. La plupart de nos adversaires présomptifs s’assortiront en alliés naturels. La résistance du restant ronchonneur ne posera même pas un dos d’âne devant le progrès des Apprentis.

 

Ces pages n’ont pas été taillés en pierre ; au contraire, tapées en pixels éphémères. Prier les traiter comme un programme de discussion et une scène en rond depuis lequel on pourrait projeter un avenir étincelant. Des professionnels enthousiastes et des amateurs doués doivent reconsidérer les postulats trouvés ici ; leurs discussion, engendrer une brillante commune de biens d’Apprentis. Notre première et dernière question : « Qu’accomplirions-nous si les cieux seuls démarquaient nos limites ? »

Ou bien les Apprentis traîneront l'humanité contre gré au monde en paix, ou bien des gérants d’armes nous feront défiler en somnambule – la main dans la main, un sourire béat aux lèvres – jusqu’à la catastrophe militaire.

Toi. Oui, toi ! Baisse ta pelle et cesse de provisionner la plus sale des machines de la technologie d’armes (quit stoking the WeaponWorld Jive Drive.) Défie la mentalité d'armes partout où tu la trouveras. Sois anarchique, selon ta disposition incomparable, sinon branche-toi dans une nouvelle collectivité pour accomplir des projets favoris. Consacre ta vie à la sainteté discrète, comme ont pu certains de tes ancêtres, autrement fais posément croche-patte à la brute pourchassant sa prochaine victime devant ta porte.

De toute façon, tendre le bras ! Le miracle qui nous a manqué depuis le début du temps humain, le voici à peine dans notre porté !

 

« Notre façon de concevoir la justice et la vérité, elle est infailliblement condamnée à être dépassée dans les âges à venir. Nous le savons ; et, loin d’abattre notre courage, cette certitude, cet espoir, sont les plus efficaces stimulants de notre élan actuel. Le devoir strict de chaque génération est donc d’aller dans le sens de la vérité, aussi loin qu’elle peut, à la limite extrême de ce qu’il lui est permis d’entrevoir,    et de s’y tenir désespérément, comme si elle prétendait atteindre la vérité absolue. La progression de l’homme est à ce prix.

« La vie d’une génération, ce n’est qu’un effort qui en suit et en précède d’autres. Eh bien, mes amis, notre génération a fait le sien.

« La paix soit sur nous. »

Roger Martin du Gard, Jean Barois, Edition Gallimard, Paris, Le livre de poche, 1921, pages 327-328.

 

Alors, qu'attend-t-on encore ? Apprenti, débute !

 

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