- LA PAIX AU MONDE

ET BONNE VOLONTE -

ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

A. « De l’esprit

 

·      Il doit y avoir un objet noble et important.

·      Sa réalisation doit être vitale.

·      La méthode de réalisation, active, agressive. »

 

B. « De l’intellect

 

·      Ils doivent être convaincus que le but puisse être atteint, qu’il ne soit pas hors de portée.

·      Ils doivent voir autant bien que l’organisation à laquelle ils appartiennent et qui tente d’y aboutir, est efficace.

·      Ils doivent avoir confiance en leurs chefs... [confiance en leurs chefs—permets-moi de répéter.] »

 

C. « Du matériel

 

·      Ils doivent ressentir qu'ils obtiendront bonne justice...

·      Ils doivent être pourvus, autant qu’humainement possible, des meilleurs dispositifs pour cette tâche.

·      Leurs conditions de travail et de vie doivent être rendues aussi bonnes que possible. »

 

« Ce fut une chose de rassembler nettement mes principes, mais toute une autre de les développer, les appliquer et les faire reconnaître... » Field Marshall Sir William Slim, De la défaite à la victoire, Four Square Books, p. 180.

 

Lui méditait le meilleur moyen de transformer une armée en déroute en celle triomphante. Ses méditations s'appliquent autant bien à la transformation d’Apprentis.

L’ordonnance de la paix et le soulagement de désastres fourniront beaucoup d’occasions de remodeler des villes détruites ainsi que leur forme de gouvernance.

La doctrine de choc du capitalisme de désastre prescrit que de tels désastres servent à neutraliser l’initiative progressiste et la remplacer par de la piraterie financière comme celle de l’ère victorienne. Constate où ça nous a menés. Apprenti préconise de s’en servir (seulement quand ils ont lieu dans la nature ; ne jamais les entamer exprès) pour pousser l’espèce humaine vers le progrès, ainsi que l’ont tenté des doctrinaires de choc dans l’autre sens.

Un programme de reconstruction planétaire placera des habitants de mauvais quartiers dans des habitations idylliques casant des centaines de milliers d’habitants, voire des hyperstructures d'arcologie logeant des dizaines de millions en confort, sécurité et opulence semblant miraculeux. Les misères d’insécurité et de criminalité qui grouillent dans nos ghettos urbains seront remplacées par de l’ordre et de la beauté jalousement gardés par l’appui populaire. Ces nouvelles villes réduiront l’empreinte urbaine en dissuadant l'usage des véhicules privés.

De nos jours, nous hochons les épaules en nous convainquant que nous ne pourrions à peine défrayer davantage de taudis et prisons, non moins les paradis urbains que je prévois. Il va de même pour d'autres technologies paisibles : nos réseaux de transport, d’éducation, de justice et de santé souffrent tous d’inadmissibles dégradations et négligences. Combien de fois a-t-on entendu dire que jamais assez d'argent n’existera pour fournir des services publics bien proportionnés ? Quoiqu’en temps de guerre, il y a toujours assez d'argent. Que les chiffreurs de coûts aillent se pendre !

La gestion en temps de guerre exige du personnel et des appareillages en grands nombres qui ne produisent rien. Un pot réduit d'impôts doit soutenir des dépenses publiques en démesure pour des durées indéfinies. Ces débours en temps de guerre sont si prodigieux que quelques mois de tels délires en temps de paix inciteraient l'économiste moyen à déclarer la ruine nationale. Malgré tout, ces guerres perdurent pour des décennies et entraînent des pays entiers en primitivisme d’âge de pierre. C'est-à-dire, jusqu'à ce que la défaite militaire n’aplatisse la dernière chambre forte et presse d'argent des perdants : les premières choses, évidemment, que les gagnants rétabliront.

A vrai dire, on ne peut plus dégrader à ce point la qualité de vie. Des « parcimonies » quant à la gestion paisible n'introduisent que des suppléments d'anéantissement, de mutilations et de dépenses secondaires. Sans grâce, des épargnes énormes sont détournées dans le financement de technologies d'armes. Ces programmes d'austérité sont démunis de profit et suicidaires à la longue : des épargnes sans but ni fin utile, destinées à un système bancaire en faillite et dévastateur. Cette prémisse a été confirmée pendant l’écroulement financier qui perdure depuis 2008, ceux sporadiques auparavant, ainsi que des désastres en série bientôt : banquiers, sociétaux et environnementaux.

 

L’amélioration spectaculaire de nos villes exigera quelques modifications plutôt décoratives.

 

·         Fontaines et parcs. Une nouvelle forme d'art urbain, de jardins et de parcs devra être lancée en parallèle de la reconstitution des couches aquifères et de l’épurement des voies d'eau.

·         Des agréments bénévoles pour piétons : bancs, poubelles, fontaines et toilettes publiques, doivent être installés en ville, à la différence des pratiques actuelles les éliminant.

·         La disposition de rejets urbains. Un indigent devrait pouvoir suppléer son salaire de base en les ramassant. Il les « vendrait » à une station de collection avoisinante équipée d’employés municipaux. Le trottoir malpropre devrait figurer comme un déshonneur public et sa salissure, un méfait coûteux. Il se pourrait que des oiseaux et des rongeurs urbains puissent être dressés pareillement. L’ironie est piquante, que des rats dressés puissent se rendre plus serviables aux communautés urbaines que des jeteurs de rebuts (ceux-là évidemment des médiocres frappés de sociopathie.)

·         La réalisation magnifique de maîtres d’architecture et de construction remplacera les peu-chères piles de béton armé et d’acier et les boîtes en verre coutumières. Imitant d'entrée les œuvres de Henry Sullivan, de Louis Gaudi et de Luigi Colanni, elles évolueront en de splendides conceptions originelles.

·         Des villes grandes comme petites finiront par ressembler à l'arcologie de Paolo Soleri. Des pauvres habitants de patelins ruraux adopteront des dômes de Roumi tels que ceux créés par Nader Khalili.

·         On devra se conformer aux conseils qu’offrit Frank Lloyd Wright à un mauvais architecte : recouvrir la plupart des structures en béton avec d’extensives plantations de vignes et stands d'arbres. Etant donné l’actuelle technologie de revêtement, le béton et l'acier sont de bons matériaux de fortification mais minables en tant que ceux d'habitat. Il s'avère que des plantations sont d’excellents moyens de régler la température et le bruit : ce dont nous avons le plus grand besoin mais semblons le moins bien disposés à adapter à nos besoins.

·         La règle des premiers sept mètres. Selon cette meilleure pratique d’aménagement urbain au Canada, les sept mètres au pied des bâtiment doivent offrir un milieu optimal pour le piéton. Des boutiques, des cours, des arcades et d’autres établissements doivent y longer le trottoir à une échelle confortablement humaine. Par-dessus, les architectes et leurs clients pourront faire ce qu’ils veulent pour satisfaire les exigences du zonage urbain et diminuer les coûts.

 

Le baron Haussmann démolit des milliers de taudis afin de bâtir les grands boulevards de Paris. Sans compter son dégagement des voies parisiennes et ainsi des artères cérébrales de la France, son ouvrage nivela beaucoup de quartiers misérables, labyrinthiques et récalcitrants. Il s'est acquitté de son obligation d'armes en créant des boulevards assez larges pour permettre à la cavalerie de charger la foule et de droiture assez longue pour que l'artillerie gouvernementale puisse pulvériser des barricades révolutionnaires.

En 1871, des dizaines de milliers de progressistes français furent exécutés en tentant de défendre Paris contre des militaristes prussiens victorieux et leurs prisonniers de guerre français, réarmés et dirigés par leurs chefs réactionnaires fous de vengeance.

La bataille et le désastre ont toujours provoqué de massives destructions urbaines et continueront sans doute. Suivant sur leurs talons, les Apprentis abandonneront des zonages inutiles et reconstruiront l’infrastructure urbaine pour efficacité optimale.

Par exemple, on laissera tomber l’inepte habitude de ségréguer des voisinages commerciaux, résidentiels et d’industrie légère, et permettra à la plupart des Américains de vivre, faire leurs courses et travailler dans le même voisinage. Ce troc de zonage éliminera des permutes ridicules, réduira les frais de location et de service, ranimera des voisinages somnolents et rendra plus évidents et moins profitables des problèmes de pollution, de taudis et d'autres sociopathies urbaines.

Des agréments piétonniers proliféreront : jardins, fontaines, arcades publics et des milliards d'arbres urbains remplaceront les triples monstruosités du trafic véhiculaire urbain, de l’affichage commercial et de l'art public comme couramment conçu.

Des nouvelles lois exigeront qu'un arbre soit planté pour chaque panneau publicitaire et quelques places de stationnement. Celui abattant un arbre dans un secteur constitué payera une amende dont le montant ira à planter d’autres tout près. Par un moyen ou un autre, cinquante pour cent de la superficie urbaine doit être livrée aux arbres—les Apprentis à venir considéreront ce pourcentage risible.

Pendant le plus sombre du Moyen Age en Europe, la Dar Al Islam atteint son pinacle de gloire parce que des musulmans habiles ont promu les plus habiles des non musulmans. Ce fut alors le premier âge d'or de l’Islam ainsi que celui des juifs séphardiques. Cet assemblé de sages : arabes, persans et autres ; musulmans, juifs, chrétiens et autres, préserva ce qui subsistait de la civilisation en accumulant de glorieux suppléments de sagesse et de beauté. Aux environs de 820 de l’EC, la maison de la sagesse fut établie à Bagdad pour réunir, traduire et renouveler des anciens textes. Les Apprentis doivent rénover cette convivencia : s’enseigner comment vivre en harmonie.

En dépit de leurs efforts concertés, la nécessité de défrayer des armées croissantes a estropié cette largesse d'esprit. Une résurgence du militantisme fondamentaliste a dissipé le peu de bonne volonté sauvegardée de la dévastation mongole. Leurs voisins ont entretenu des armées aussi importantes et onéreuses qui finirent par se tourner contre leurs administrations et populaces pour se sustenter à court terme, aigrissant donc cette dévastation. Le monde islamique subit une crise de telle envergure que des impérialistes étrangers ont fini par le dominer pour des centenaires.

La même chose est advenue en Chine. Ainsi qu’elle en parvient à ce jour, l’Islam est destiné à réaliser son second âge d’or—en grande partie à cause de son rejet du terrorisme en faveur du Jihad pour la paix. Cela adviendra simultanément à toutes les religions mondiales qui parraineront une floraison de civilisation paisible aussitôt qu’elles auront rattrapé leurs meilleurs sentiments comme des casquettes emportées par le vent. Le pape François figure comme chef de file.

Ce fut également l'âge d'or du jardin musulman pourvue de canaux, de réservoirs, de fontaines, de piscines et de lacs ; de cours orientés vers l’intérieur et de parcs ouverts au publique ; de fleurs, d’arbustes et d’arbres fournissant de l’ombre, du parfum et des fruits ; aussi d’habitats pour des oiseaux et des bêtes sauvages et dociles. Les Musulmans ont réservé ces lieux de tranquillité pour la méditation. Etant donné leurs conditions resserrées de vie, la vie privée et la contemplation leur étaient d’accès presque impossible ailleurs.

Le mot « paradis » se dérive de l’expression persane pour un jardin. Le coran (Qran) décrit le paradis comme un parc ombragé d’arbres sous lequel coule un fleuve d’eau fraîche. L’idéal habitat humain dans la bible est le jardin d'Eden.

Chaque civilisation éprouvée a prisé ses parcs et jardins ; chaque âge d'or nous les a présentés pour confirmer son élégance, sa sagesse et sa grâce. Nous qui nous obsédons d’empoisonner le monde tout en niant notre compulsion, devrions nous instruire des Arabes qui se sont échappés du désert dans leur jardin. Eux, au moins, n’avaient aucun choix. Puisque nous avons promu le désert en série en démontant le monde naturel, nous devrions transformer chacun de nos espaces publics et privés en modèles réduits du paradis. On devra rendre fin au harcèlement des indigents et installer des agréments piétonniers de luxe.

Sans exception, les religions légitimes répondront aux besoins des pauvres comme leur première priorité. Dieu rend faveur à leur bonne provision. Dans le coran, (Qran) ce fut la seule excuse pour imposer les fidèles. Encore une fois, le pape François figure comme chef de file.

Le milieu piétonnier doit être rendu davantage invitant et agréable, non moins. Les élites américaines se déshonorent en tolérant des rejets partout et en négligeant des fontaines publiques, toilettes, bancs de parc et d’autres agréments au bénéfice du passant. Leur incompétence semble le plus inexplicable quant à leurs panneaux publics. Ceux de rue mal placés et arrachés prolifèrent dans toutes les villes américaines, ainsi que ceux directionnels peu clairs. La plupart des bâtiments ne portent pas de plaques numériques. Les panneaux localisateurs sont si mal dessinés et plantés sur l’autoroute qu'ils ne servent que comme des aide-mémoire pour des chauffeurs qui ont déjà trouvé leur chemin par épreuve et erreur. En réplique aux lois de circulation alambiquées exprès afin d’imposer des amendes supplétives, l’affichage de rue est rempli de paragraphes au lieu de quelques idéogrammes précis, rendant difficile leur déchiffrage et obéissance avant que des cameras de circulation n’aient joué à l’attrape-nigaud avec des conducteurs désorientés. Ceci malgré le fait que l’affichage public est devenu un sujet de certification universitaire en Amérique. Comme la plupart des pratiques administratives contemporaines, elles se sont « innovées, standardisées et optimisées » au-delà de toute utilité pratique hormis celles d’intérêts spéciaux.

Tout ce qu’on permet d’être moins que magnifique ne parvient qu’à nous accoutumer à la mort d'esprit autant en ville que dans l’âme. Cet affaissement d’esprit n’est parvenu qu’à favoriser une mentalité cernée de bloc de prison parée pour l’exploitation d'armes. L’habitat urbain ne peut être diminué en vue de chasser les pauvres de nos rues sans aigrir le sort de chaque passant. De plus en plus souvent de nos jours, le centre-ville n’est plus accueillant que pour une poignée de millionnaires et des foules de SDF, alors qu’une marée journalière de salariés banlieusards rentre au petit matin et se reflue au coucher du soleil.

Dans l’avenir, les centres-villes logeront des millions d’habitants urbains qui travailleront chez eux, et les agglomérations de bureaux en gratte-ciel deviendront virtuels et disparaîtront à l’exception d’un étage de bureaux pour de multiples domiciliers dans chaque tour urbain. 

Des routes motrices enserreront des kilomètres carrés de verdure urbaine voiture-exclue. Les campus universitaires américains opèrent assez bien ainsi : les meilleurs d’entre eux imitent l'ergonomie d'une ville de la renaissance. Fourni de réseaux complets de transit public, d’inépuisables sources d’eau de bonne qualité, de drains modernes, de câbles à fibre optique et de canaux d’énergie ; elles présenteront un milieu optimal pour la réalisation des Apprentis.

Des piétons, des bêtes, des bicyclettes et des rares véhicules de service seront permis dans ces zones autrement interdites aux automobiles. Des ceintures vertes s'étendront le long et large des villes à venir : offrant d’excellentes pistes de passage pour des bicyclistes et piétons, servant aussi comme voies de transport public―soit souterrains, à la surface ou au PLA.

Les bicyclettes sont des moyens très efficients de transport ; elles seront adoptées partout où les voitures auront été interdites. Ces modes de transport ne doivent pas être mixtes. Autrement, comme à présent, de l’acier commun rendu en voitures achetées et conduites par des sots les moins recevables, parvient à casser l’os précieux de ceux les plus louables.
Sans quoi, d
ans des milieux densément bâtis, des artères cantilevers – au service de cyclistes et de piétons – feront pont par-dessus les routes automobiles. A d’autres intersections, ceux-ci obtiendront droit de passage semblablement aux bateaux à voile au-devant de ceux à moteur.

 

 

On s’attend à ce que les combattants modernes puissent conduire et maintenir des véhicules militaires. La monstrueuse flotte véhiculaire qu’exige une armée mécanisée doit être fabriquée par des cartels industriels dévorant de tout. Le civil moyen doit maintenir son véhicule particulier pour demeurer en pratique et subventionner les complexes géants de travail à la pièce, d’assemblée et d’entretien. Sans quoi, une fois qu’éclate la guerre, trop de temps serait requis pour former des mécaniciens débutants, construire des nouvelles usines à partir de zéro et cultiver la maladive hiérarchie corporative qu’exigée leur gérance.

Leur remplacement par un omniprésent transport public offrirait des avantages évidents de paix. En discutant du transport public, ne parlons plus de flottes d'autobus laids, puants, dissonants, empoisonneurs, décrépits, inopportuns, surchargés, maladroits, inconfortables et promoteurs du crime, forçant des banlieusards à partager leurs échecs  de courtoisie et d'hygiène. Ces flottes les traînent au loin et les posent du matin au soir dans des mini-décharges d'ordures, les assourdissent au-dedans du véhicule comme en dehors, les peignent de la puanteur du gasoil à la fois carcinogène et déprimant de l'esprit et de l'immunité. Aucune automobile neuve ne serait vendue si son milieu sonore assourdissait ses occupants tel qu’en parvient un autobus, si elle puait autant et si elle était à mi aussi inconfortable.

Envisage au lieu un écoulement capillaire continu de microbus privés mais subventionnés ; propulsés à moteur silencieux et non polluant, ils alimenteront un système artériel de transport public composé d’autobus articulés, de monorails, de tramways, de bacs à piéton et de transports en banlieue plus légers que l’air. Du transport de porte à porte (épicé de randonnés stimulants à travers des voisinages charmants) pour une fraction du coût actuel. Un euro versé dans la construction du transport public génère davantage d’emplois que celui versé pour des automobiles particuliers, encore plus que le même versement en autoroutes militaires, et beaucoup plus que le même en directe aux armes. Alors, qu'attendons-nous ?

En temps voulu, les voitures seront bornées aux routes interurbaines, aux relais d’autobus, aux garages gratte-ciel et souterrains … et puis au recyclage. Des chevaux et des mules reparaîtront dans des secteurs ruraux, comme des chameaux dans les régions climatiques arides et des dromadaires, des lamas et des alpagas en celles montagneuses. Une industrie toute nouvelle émergera, de chariots de transport et de machines agricoles. Bon usage sera fait de nouveaux animaux de trait, (des engins propulsés de cette manière rattraperont leurs déchets et les brûleront en tant que carburant, par exemple) de l’énergie électrique solaire, des polymères de haute dureté et de poids éphémère, et des pièces mobiles presque sans friction, fabriquées dans l’espace.

 

Les Apprentis consommateurs témoigneront d’une autre évolution culturelle. Ils favoriseront le raccommodage d’appareils de bonne qualité par-dessus leur remplacement au rabais. Des machines seront conçues de très haute qualité, simplicité, élégance et robustesse. Longévité, fiabilité et facilité d'entretien, toutes culmineront. Celles non œuvrées localement à la main viendront doucement chuter sur la surface terrestre à partir d’usines orbitales, leur coût de transport diminué par la gravité. De longs apprentissages techniques réapparaîtront avec la maîtrise d’œuvres pratiques.

Des administrateurs incompétents disparaîtront avec le rétrécissement de leur durée politique, et des amateurs circonspects assumeront leurs responsabilités. L’assidue surveillance publique deviendra un important sport de spectacle. L’activité politique en arrière scène à ce jour fera face aux minutieux examens publics. Les secrets et scandales politiques attireront des recherchistes agressifs comparables aux paparazzis actuels en poursuite de stars recluses.

Des petits établissements, des magasins et des coopératifs familiaux fleuriront à nouveau, au détriment de réseaux corporatifs boycottés. Les problèmes de pollution diminueront dans la mesure que les automobiles seront reléguées au transport en gros et aux services d’urgence, et que des nouvelles technologies de conservation réduiront leur demande énergétique. La pollution des véhicules à combustible disparaîtra et l’environnement s’en remettra tout en proportion. La santé publique bénéficiera de suppléments d'exercice.

A ce jour, on achète une gamme de machines domestiques économisant du travail et de coûteuses machines d'exercice : ces transactions profitables pour les rares mais une grande perte de temps et de fonds pour de humbles gens. Nous nous remettrons bientôt à la marche à pied. Nous en général – et nos enfants inlassables en particulier – pourrions fréquenter des stations d'exercice d’où nos efforts aérobics amélioreront la santé, produiront un peu d'électricité en échange d’un peu d’argent de poche : comme les indigents contemporains en reçoivent pour leur sang.

 

Les protagonistes du livre Secrets du sol : Des solutions de nouvel âge pour reconstituer notre planète, Harper Collins and Row, 1989, par Peter Tompkins et Christopher Bird, (co-écrivains de La vie secrète des plantes) fournissent des exemples intéressants d’industries familiales à venir, dont l’expertise sera de restaurer le terreau en fournissant des engrais en mélanges symbiotiques de microbes, d'insectes, de champignons et de plantes qui remplaceront l’engrais synthétique et des poisons qui compromettent la biosphère entière. Une augmentation nette dans la profondeur globale du terreau surpassera, grâce à des nouveaux traitements microbiologiques, son épuisement par l’industrie agricole actuelle.

La pratique de terra preta (biochar, agrichar) à l’échelle industrielle parviendra à deux aboutissements probables :

 

·         du biocharbon en millions de tonnes par année pour servir aux terreaux épuisés comme fertilisant de haut carbone ; et

·          la réduction systématique du CO2 et du réchauffement global. (En anglais) http://www.sciencedaily.com/releases/2010/08/100810122030.htm

 

Des usines seront établies à la bouche des grands fleuves pour extraire leur engrais chimique et d’autres ingrédients toxiques avant qu’ils pénètrent dans l’océan. Des fermiers à venir feront bonne affaire en exploitant le sol sous-marin, le terreautage, la rotation des récoltes, le reboisement, le vieillissement accéléré d’étangs et de lacs artificiels. Des conseils déviques devront régler l'architecture génétique. Les Apprentis démantèleront des scandaleux cartels industriels qui sont parvenus à :

 

·         élever en ferme d'usine des bêtes de pseudo nourriture néo-mutante saturées d’antibiotiques ;

·         faire pousser des moissons industrielles aux toxines d’ingénierie génétique ;

·         trafiquer des tas de pesticides stérilisant du sol et d'engrais inorganiques qui eutrophient les voies d'eau ; et

·         commettre de l’exploitation minière-agricole en général.

 

Ces têtes de hydre seront remplacées par le contrôle organique des vermines et le renforcement naturel de la fertilité. Des bêtes de nourriture seront élevées pour promouvoir leur robustesse et bonne santé, plus jamais affaiblies afin d’augmenter leur dépendance de produits pharmaceutiques corporatives. Leur appareil digestif sera adapté à digérer des versions ré-architecturées des mauvaises herbes les plus prolifiques. Ainsi éliminera-t-on la plupart de leurs suppléments alimentaires, souvent contaminés à l’heure actuelle.

Les Apprentis interdiront le cannibalisme cultivé. Des farines de chair ont été remises aux bétails, volailles et poissons, comptant sur les différences physiologiques entre l’espèce consommatrice et celle consommée pour interrompre la voie d’infection entre des espèces, quoique cela l’ouvre á grand pour de méchantes transmissions de prion. Qui plus est, on bloquera les tentatives d'élever troupeaux industriels dans des sorts statiques, ainsi que d’autres abus agronomes.

Sinon l’humanité adoptera le végétarienisme ou de l’instectévorisme et souffrira de la nausée existentielle à la pensée d’ingurgiter des bêtes qui saignent et souffrent comme nous. Nos descendants nous trouveront peut-être, nous autres carnivores primitifs par choix, des monstres de cruauté et des dilapidateurs monstrueux.

Les Apprentis développeront d’autres aliments de grande valeur protéique et vitaminée à partir de micro-organismes comme la chlorelle, la wolffie et la spiruline. L'aquiculture et l’affermage poussé de micro-organismes et d’insectes remplaceront la pêche océanique et l’exploitation de bétails. Ces dernières industries rendront des produits de luxe consignés aux consommations de rareté rituelle. Au lieu de permettre aux organismes nuisibles de piller la moitié de nos récoltes chaque année, ceux cultivés pourraient livrer la moitié de nos besoins de protéines, tout en réduisant nos terres arables.

Des villes incorporeront au moins un grand bâtiment (plusieurs, pour assurer la redondance pendant des urgences urbaines) dans lesquels on cultivera une quantité suffisante d’insectes, de bactéries et d’algues pour approvisionner leurs citadins en éléments nutritifs quotidiens. Cette cultive croîtra en volume, soit dans des milieux urbains soit ailleurs, si pourvue de bonnes eaux copieuses et d’assez de lumière solaire. Ces usines urbaines réduiront l’étendu des terrains agricoles mis de coté pour soutenir les populations urbaines, aussi peut-être comme pompes de chaleur et voies de purification d’eau.

Les hamburgers de soja actuels au goût de carton, et les frites molles, dites « coupés à la main » évolueront en gourmandises aux formes croquantes et saveurs alléchantes de frites dorées et de hamburgers de haute marque, cuits moyens, tout en excédant leur contenu alimentaire et en éliminant leurs éléments toxiques. Bien sur, d’autres saveurs et mises en bouche seront perfectionnées.

Des nourritures splendides peuvent être cultivées dans le désert : des bourgeons de cholla, des graines de chia, des haricots tepary, des garnitures du cactus de la figue de Barbarie, et de la farine des cosses de mesquite : parmi les nourritures les plus salubres au monde. La tribu de Tohona Odham, à Tucson en Arizona, s’est spécialisée dans la cultive de ces aliments.

L’arbre mongongo (Ricinodendron Rautanenii ou Euphorbiaceae Schinziophyton) est une plante résistante à la sécheresse, qui rend une abondance d’aliments aux chasseurs glaneurs en Afrique. Un certain poids de ses noix offre deux fois la protéine du beefsteak et cinq fois les calories d’un poids égal de riz.

L’arbre Moringa (Moringa Oleifera) offre de nombreuses applications médicinales et nutritives. Ses graines produisent de l'huile culinaire à 30% de leur volume ; le gâteau restant peut servir comme du floconneux pour épurer de l'eau. Ses cosses, appelées pilons, peuvent être cuites telles que des haricots verts ; ses graines et fleurs sont comestibles ; aussi dit-on que ses feuilles contiennent plus de vitamine A que des carottes, de calcium que du lait, de fer que des épinards, de vitamine C que l’orange, et de potassium que la banane. Elle résiste à la sécheresse, rend la fertilité aux sols pauvres et pousse sur presque tous les continents, mais ne tolère pas le gel. Soit, faites pousser en quantités industrielles sous verre.

D'autres desserts désertiques peuvent remplacer les farines excessivement traitées, les graisses saturées de toxines et  les sucres induisant le diabète dont nous nous dosons habituellement, ainsi que leurs remplaçants encore plus toxiques.

En 2008, Carl Hodges a cultivé de la salicorne et d’autres halophytes (plantes amantes du sel) dans le désert aux rives de la Mer de Cortés, en les irriguant avec de l’eau de mer. Elle peut être mangée crue ou cuite à vapeur, pressée pour de l’huile sinon broyée en farine de haute protéine, espérons de bonne saveur.

Un recherchiste israélien a découvert que des moissons ordinaires peuvent être irriguées goutte à goutte avec de l’eau salée, pourvu que leurs lits de racine ne se ressèchent jamais. De vastes étendus de désert seront recouverts d’halophytes anti-caloriques, qu’ils soient comestibles ou pas.

Quant au chanvre, voilà 101 de ses usages nutritifs, médicamenteux, comme articles de toilette et composants industriels : http://www.recipenet.org/health/articles/101_uses_hemp_chart.htm. Sa criminalisation, pour la seule raison qu’il s’est prouvé la meilleure drogue psychotrope dans l’histoire humaine, est d’elle-même un crime impardonnable.

L’architecture génétique et ses économies d'échelle promettent d’accélérer des technologies d’algues alimentaires et énergétiques. Par architecture génétique, je n’entends pas l’ingénierie génétique menée de nos jours par épreuve et erreur pour satisfaire des ambitions corporatives d’une progéniture absurde : des tomates cubiques, sans goût et toujours rouges ; des mauvaises herbes résistantes aux insectes ; etc.

Plutôt, comme faisant partie d'une transformation mystique de la superconscience collective, des dèvas (esprits architectes d’organismes biologiques) instruiront des astuces fructueuses de biomimisme aux équipes dévouées d’architectes génétiques, de biologistes, d’ethnobotanistes et de shamans. Cet ensemble nous démontrera comment mieux servir Gaia et le rassemblement des Apprentis.

Des bisons, des taureaux africains, des cerfs et des antilopes se côtoieront sur de vastes secteurs repassés à leur écologie originelle, comportant leurs prédateurs naturels : cette combinaison naturelle et la plus apte de pétrir le terreau pour productivité maximale. Des nomades chasseurs glaneurs d'esprit révérenciel pourront récupérer leurs campagnes héréditaires.

Jadis, le nomade et le pastoral ont menacé le fermier sédentaire. Ces deux étaient contraints de prouver qu’ils pouvaient défendre leur troupeau et leur honneur partout et n’importe comment ; le dernier, qu’il pouvait coopérer assez facilement avec ses voisins. A quelques exceptions près, cela produit des agresseurs et des victimes. Tous trois ont été annihilés aux mains de technologues industriels d'armes.

Des Apprentis paisibles rendront bon accueil à leurs ramifications culturelles en tant que communautés autonomes de récréation. Après tout, la chasse/récolte, le nomadisme et l'affermage ont fourni depuis toujours des styles de vie naturels à l’espèce humaine. Des séjours de ce genre serviront comme destinations provisoires pour des citadins inclinés vers cette sorte de tourisme.

Te serais-tu rendu en un rat urbain, paresseux et obèse (un peu comme moi ?) Sors donc dans la brousse pendant six mois ou plus et plonge dans la vie dure d’un chasseur-cueilleur (celle-même que nous avons revécue à maintes reprises.) Rentre en meilleure forme, rafraîchi et retenant des priorités un peu moins douteuses—sinon n’en reviens pas : la survie y sera coriace.

Comme première priorité, chaque littoral, bord de rivière, frontière de croissance de latitude et d'altitude devra être rè-édénisé. Les Apprentis cultiveront ces écologies d'apogée en priorité, comme forme de culte et trou d’oubli pour des nouveaux excédents de richesse, aussi par égard à ses avantages esthétiques, écologiques, climatiques et spirituels par-dessus ceux uniquement fonciers ; quoique cette sorte de cultive offrira d’elle-même des gros profits supplémentaires.

 

 

Des fervents de la pêche professionnelle ont promis des tonnes sans limite des fruits de mer jusque dans un avenir lointain, quoique la mer soit une source de subsistance de plus en plus problématique. Des autorités tels que J.E. Lovelock, auteur Des époques de Gaia : La biographie de notre terre vivante, Bantam Books, New York, 1990; Elisabet Sahtouris qui écrit Gaia, Pocket Books, New York, 1989; et Lynn Margulis, nous ont avertis des périls d’un tel penchant, laissant entendre qu’un rebondissement d'écocide terrestre puisse parvenir à la destruction de l'humanité mais non de toute la vie. La vitalité terrestre ne souffrira de spasmes fatals qu’à la suite du déséquilibre sérieux entre ses régimes océaniques de chaleur, de salinité et d’anhydride carbonique, comme modérés par des algues.

L'empiétement humain menace de permettre à précisément cela d’avenir. Les écologies marines souffrent de l’épuisement d’oxygène (eutrophisation) induit par une combinaison d’eaux d'égout, d’engrais, de vidanges de toxine, de surexploitation frénétique, de fondre de glace par serre chaude et de flaques de pétrole : celles mineures en particulier et d’innombrables dégagements de lests nautiques, comparés auxquels des désastres plus dramatiques de pétroliers géants sont étonnamment moins significatifs. Des marées rouges et noires ne cessent de croître, quoique les médias corporatifs se tombent dessus pour les rendre triviales. Des fuites des puits de pétrole et de méthane constituent d’autres fléaux.

 

Des vaisseaux-usine de pêche raclent les profondeurs océaniques avec des chaluts à perche de quatre mètres de travers. A l’aléatoire, ces filets de drague blindés annihilent le biote et son habitat. Insensibles à la profondeur océanique et à sa stabilité écologique, ils laissent un désert bourbeux dans leur sillage. Ces écologies fragiles, sombres et froides prennent au moins des décennies pour se remettre sinon n’en parviennent plus du tout.

Voici comment instaurer une nouvelle époque de piraterie sur la cote somalienne et ailleurs, en se servant de chalutiers-usines qui carburent aux subventions gouvernementales et désemplissent ainsi les filets des petits pécheurs marins pour des années à venir.

D'autres pêcheurs industriels ont moulé tant de filets à la dérive, profonds de treize mètres et des kilomètres de long, pour encercler la terre quelques fois par an. Ces filets en nylon impérissable sont souvent perdus en mer : des « filets fantômes. » Les agonies de mort de leurs premières victimes attirent beaucoup plus qui s’y font massacrer infructueusement pendant des années entières.

Ce beau filet de sol sur ton assiette représente des kilos sans compter de pêches arrachées de la mer rien que pour être gaspillées.

Il est angoissant de contempler l’entreprise capitaliste se rouler les manches, cracher dans ses mains et pénétrer dans les profondeurs océaniques pour récolter son bénéfice cru. L’on devrait le retirer pendant quelques décennies, si seulement pour permettre leur récupération. A défaut, nous devrions y réduire notre impact en adoptant d'autres mesures notoires. La gérance de ces interdictions ne sera pas trop onéreuse, puisque les pêcheurs à grande distance doivent être royalement subventionnés par leur gouvernement national, tant de carburant réclament-ils.

Les Apprentis établiront des milliers de parcs maritimes (à commencer par la grande barrière de corail australienne, couramment moribonde !), comprenant les étendus les plus fertiles et les plus détériorés de la mer : souvent, hélas, les mêmes. La législation protectrice facilitera la reprise de normalité écologique au moyen de gestions draconiennes de la pêche, de nettoiement de toxines, de réglementation d’écoulements et de renforcement biologique. Des sous-marins excédentaires surveilleront la pêche professionnelle et la pollution maritime. Des bâtiments de pêcheurs-marins délinquants seront surveillés et rattrapés par des sous-marins nucléaires surannés. Ces vaisseaux seront confisqués, dépouillés et coulés pour former des récifs artificiels à grands éclats de publicité.

Nous parviendrons à mieux comprendre les courants océaniques. Des profondeurs océaniques pourront être exploitées ensuite, non seulement pour des nodules de magnésium et des débris semblables mais en tant qu’engrais. Des eaux froides, abyssales et débordantes de nutriments peuvent être haussées à la surface par des technologies imminentes mais non encore évidentes, créant des effets artificiels de récif aussi avantageux que des courants naturels d'eau froide.

J’entrevois des installations sous-marines génératrices d’énergie, dont la chaleur en gaspillage haussera des grands volumes de nutriments abyssaux qui déborderont les pêches à la surface tout en accélérant et raffinant la capacité de ces courants de stabiliser le climat. Nous aurons à trouver des sites idéaux pour entreprendre ces projets d’exploitation, sans compromettre les pêches naturelles décrites de suite ni les grands courants océaniques stabilisateurs du climat.

Quelques courants maritimes dans la nature remontent jusqu’à 0,1 % de la surface océanique aux approches des côtes du Pérou, de la Californie et de l'Afrique aux abords de la Mauritanie, la Namibie et la Somalie ; une autre grande pêche se trouve sur les fonds de Kildinbaken dans la Mer de Barents. Ces petits secteurs produisent la moitié de la pêche mondiale, selon le livre de Brian Fagan, Inondations, famines et empereurs: El Niño et le destin des civilisations, Basic Books, New York, 1999, p. 31. Chacun doit être transformé en un sanctuaire marin. Par la suite, on pourra réapprovisionner leur plénitude avec des espèces entièrement mûres, énormes et abondantes.

 

Encore plus signifiant, on doit initier l'équivalent d’un nouveau projet Manhattan planétaire pour développer des capacités photosynthétiques dans la peau humaine. On libérera ainsi l’humanité de son besoin de tuer pour s’alimenter. Mon imagination s’épuise dans les détails de cette technologie, ainsi que ses conséquences à long terme. Nancy Kress m'a devancé à ce sujet dans son œuvre élitiste de science-fiction, Mendiants et connaisseurs.

 

Quelques astucieux promoteurs d’immobilier ont découvert que l’investissement écologique peut leur rendre d’énormes bénéfices. Dans la petite ville d’Alexandria dans l’Etat de Virginie, le port fluvial de la capitale Washington D.C., mon père passa ses dernières années à protéger le paysage périphérique de réalisateurs obsédés de réduire les coûts. Dans de telles communautés fortunées, le revenu immobilier a grimpé en flèche à cause de tendres sollicitudes rendues aux détails environnementaux. J’ai horreur de la plupart des promoteurs : abatteurs en série  de grands bosquets d’arbres pour profit, donc plus nocifs que les pires parasites exotiques rongeurs d’arbre.

Quelques industriels un peu moins obtus ont découvert dans la technologie verte des méthodes supérieures de production et de contrôle qualitatif, ainsi que de superbes opportunités de publicité ; quoique la plupart n’ont rendu qu’un service d’hypocrite envers leurs responsabilités d'intendance. Comme les éconologiciens qu’ils ont dû étudier à l’université, ils ont laissé tomber les meilleures pratiques de soutènement : cette carence, leur ultime ignominie.

La rage irréfléchie que témoignent les milieux d'affaires envers chaque nouveau défi de main d’œuvre et d'environnement, elle ressemble aux crises de nerfs d’un enfant gâté. La communauté marchande ne pourra plus se permettre de tels mauvais comportements. Leur attention méticuleuse à l'écologie et aux droits humains ne sera qu’une autre dépense d'affaires obligatoire : en fait, moins négociable que celles de l'atelier, du livre de paie et des réclames commerciales. A la longue, ces dépenses se prouveront beaucoup plus profitables que des impôts de guerre.

Des nouveaux projets de loi interdiront aux pollueurs potentiels et à leurs patrons de poursuivre leurs affaires à moins qu’ils n’habitent avec leur famille au centre de leur désastre potentiel. Les administrations locales négocieront ce partage de pouvoirs avec des collèges électoraux en localité. Propriétaires sans scrupules, cadres de banque et d'assurance, commissaires de police, surveillants judiciaires et municipaux : chacun devra passer sa pratique actuelle en revue pour retenir son placement. Ces fonctionnaires devront vivre avec leur famille dans les parages les moins hospitaliers sous leurs soins. Les enfants des riches ne seront plus permis d’aller à l'école de leur choix avant que la dépense par écolier n’ait été équilibrée partout dans cette biorégion.

 

Dans La Terre sur la balance, l’ancien vice-président Al Gore a proposé que des comptables internationaux inscrivent dans leur colonne de dépréciation l'épuisement de ressources et les répercussions environnementales. Les banquiers du premier monde doivent créditer chaque pays tiers pour sa mise de côté de parcs et sa renonciation de technologies de haute pollution. En échange, celui-ci abandonnera la construction de centrales électriques au charbon sulfureux, par exemple, ou de massives estafilades et brûlures forestières. Lesdits crédits financeront des technologies du dernier cri, de conception indigène et moins polluante.

 

Bien auparavant, j’obtins ce conseil gratuit : si seulement quelques centimes par jour avaient été investis à mon compte depuis la date de ma naissance, ce comptant m’aurait assuré de quoi vivre confortablement sur l'intérêt. Eh bien ! Depuis son enfance, l'humanité a déchargé – chaque jour de chaque année – au moins trente pour-cent de ses revenus dans des activités d'armes et leur gaspillage accessoire. Il n’est donc pas remarquable que si peu d’authentiques améliorations paisibles ne nous semblent abordables.

En réalité, le monde paisible sera dans nos moyens. Nous ne pouvons nous permettre rien de moins, puisque la pauvreté, voici la politique de loin la plus onéreuse.

Accoutumes-toi au moins à cela.

 

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