- SURVEILLANCE PLANETAIRE -

ENGLISH VERSION                                

 

SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

Selon Al Gore, nous confrontons certains phénomènes émergeants.

 

·        L’esprit global : la conscience planétaire à base d’ordinateurs mis en réseau.

·        Terre, Inc. : le national-capitalisme poursuivi jusqu’à ses extrémités de pathocratie.

·        Nous pourrions ajouter l’Ecologie à pic : l’épuisement de ressources terrestres clefs : terrain arable, air respirable, bonnes eaux douces et salées, stabilité climatique, biote, hydrocarbures et minerais.

·        Puis note bien que nous devons organiser les Apprentis pour transformer ce radeau de la Méduse en   quelque chose plus soutenable.

 

Entre-temps, l’avanie environnementale s’est implantée dans les politiques de désinformation. De façon paradoxale, elle s’est figée dans la doctrine dite « conservatrice. » Des réactionnaires infligent autant de dégâts qu’ils peuvent sur des étrangers, sur des petits et sur le monde naturel—ainsi que des grands lions de mer brutalisent ceux petits qui croisent leur chemin ; ainsi que des gorilles aux dos d’argent, rendus fous furieux, catapultent des sous-bois ; et que des primats balancent leur merde sur les passants.

Cet incessant abus de l’environnement nous a remis des désastres météorologiques sans précédent et peut-être un surcroît de chocs volcaniques et tectoniques. Un reboisement massif pourrait tremper des surfaces continentales avec légèrement plus d'eau ; ce qui pourrait amortir certains de ces cataclysmes.

Des civilisations d’antan ont scellé leur ruine en dénudant les terrains bas et les forêts en proximité. L’intempérie et la famine ont suivi de façon inéluctable.

Les Chinois ont une expression pour ceux qui les ont abusés de cette manière, entraînant des cataclysmes environnementaux par manque de compassion et de rites propices, aussi pour des élites dont la sagesse prévint ces abus. Celles-ci ont « retenu le mandat du ciel » alors que les autres l’ont perdu. Comme la « volonté générale » de Rousseau dans l’Occident, ce mandat offrait l’unique validation du gouvernement, son absence le rendait illégitime. Dans ce cas, une révolution se rendait non seulement inévitable mais obligatoire pour rendre fin à ces abus et leurs retombées environmentales.

 

Pour chaque projet à grand risque, des groupes redondants d'écoute sur place et des volontariats de témoins publics renforceront les agences de surveillance gouvernementales et administratives.

Nous devons épingler ici une importante distinction. On invoque des réglementations environnementales comme le « Superfund » américain pour épurer des sites de déchets hasardeux, bien que ces efforts se sont prouvés incroyablement bruts. La plupart se servent de jets d’eau pressurisée, de vapeur surchauffée, de dragues, de bulldozers et de toxines chimiques afin de racler le tout : le bon, le mauvais et le hideux – sans parvenir à grand-chose d’autre – pour disposition éventuelle en mer, dans des pays pauvres ou des terrains de décharge qui doivent fuir tôt ou tard.

Il n’existe aucune méthode dont la preuve a été faite du démantèlement d’un réacteur nucléaire usé―non moins les cinq cents et quelques modèles commerciaux et qui sait combien davantage  scientifiques, militaires et dissimulés pour d’autres raisons ?

Une grande partie du milliard déboursé pour l’épurement du désastre du pétrolier Exxon Valdez se sont prouvés nuisibles sinon sans valeur, mais furent appliqués de toute façon pour leur valeur de propagande, selon Jeff Wheelwright dans son livre, Degrees of Disaster – Prince William Sound: How Nature Reels and Rebounds (Degrés du désastre – Le détroit Prince William : Comment la nature chancelle et rebondit), Simon et Schuster, New York, 1994. Nous voila une décennie plus tard, et la corporation ExxonMobil ne s'est pas encore acquittée de ses amendes, alors que l’environnement persiste à exhiber ses stigmates. « Comment mieux remédier nos désastres écologiques ? Embaucher davantage d’avocats … et de juges ! »

Ne parlons pas du Golfe de Mexique, de Fukushima ni des désastres planétaires en aval, de plus en plus hallucinants.

 

Huit remèdes complémentaires se suggèrent, (celle finale pourrait être la plus importante.)

 

·      Eliminer les modes de vie, des technologies et des corporations qui créent la pire pollution. Entre autres, celles militaires (voir http://www.uwec.edu/grossmzc/schrinrj.html) ainsi que les fabricants d’automobiles privées, de canots automobiles et de leur carburant de fossile, puis les agrocorporations d’ingénierie génétique par épreuve et erreur telle que mal pratiquée de nos jours.

·      Interdire de façon préemptive les pires pollueurs de point de source (du type usine.) Subventionner des technologies moins chiantes.

·      Réglementer les pollueurs potentiels pour minimiser leurs effets nuisibles. Mandater des systèmes de renfermement bien fondés pour recycler des toxines industrielles et les clore dans des membranes imperméables.

·      Réserver à tout moment sur place une quantité suffisante d’équipements d’enveloppage d'urgence et de matériel de nettoyage ; ce qui inclut des pétroliers à double coque sinon à coque en blockhaus, bien inspectés ; un remorqueur avec un équipage certifié à chaque amarrage pétrolier ; aussi des chaînes de bouées de renfermement dans tous les ports commerciaux.

·      Rechercher des sources alternes d'énergie et les substituer aussitôt que praticable. Les Apprentis partageant cette passion devront focaliser leur attention sur chaque volet de la gestion d'énergie : botanique, biologique, écologique et sociale – ainsi que des ingénieries inertes qui ne se gèrent que par l’algèbre.

·      Ne plus déranger la récupération naturelle au-delà de l’isolement et l’assemblage de couches clairement définies de pollution. Accélérer la récupération écologique d’après le désastre seulement là où elle serait réalisable et sûre.

·      Déterminer si le biochar, l’agrichar et la terra preta peuvent être ingéniées à l’échelle industrielle pour composer des suppléments du terreau à haut-carbonne tout en retirant le maximum de bioxyde de carbone de l’atmosphère. (En anglais) http://www.sciencedaily.com/releases/2010/08/100810122030.htm

·      De nouvelles technologies imprévues ?

 

Le superpétrolier Exxon Valdez manqua un radar en bon fonctionnement et une équipe alerte au pont. Ses patrons d'entreprise ont menti quant à leur état de préparation tant avant qu’après le désastre. La corporation ExxonMobil (et, parmi d’autres, Mitsubishi, les agrocompanies géantes et les d’extraction de bois et de métaux précieux) ont introduit des politiques environnementales les plus dévastatrices qu’ont pu invoquer leurs agrégés d’affaires administratives. Qu'eux et leur meute d’investisseurs insatiables se rendent compte des trocs déments qu’ils ont priorisés entre le profit à court terme et le mauvais sort de leurs enfants au long. Qu’eux tous éprouvent un changement de cœur et compensent leurs délinquances !

 

Des appareils vidéo seront bientôt montés sur le pont de supertankers et d’autres engins vulnérables, parcourant leurs instruments, équipages et alentours de façon sûre. Des Apprentis distants les surveilleront : les équivalents à venir des radio amateurs actuels. La tâche de surveiller ces centrales de contrôle sera partagée par des équipes professionnelles sur place et des amateurs équivalents chez eux. Ils se serviront de nombreux panneaux révélateurs, fréquences de transmission et contrôles développés comme « postes en verre » du pilotage aérien. Ces moniteurs virtuels auront accès aux manuels complets d’opération et d’assemblage, aux textes préexistants de contingence et aux guides d’urgence publiés sur l’Internet. L'inspection sur place des matériels d'écoute, exécutée de façon aléatoire, s’assurera de la prévention d’altérations malicieuses. Leur but primaire ne sera pas la garantie des minuties de procédure mais la découverte à longue vue de grosses négligences institutionnelles, et la prévention à court terme de désastreuses pannes multiples et simultanées, imprévues d’avance.

A l’instant qu’une alarme sonnerait ou serait désarmée, cette nouvelle sera transmise sur le réseau de surveillance : « Quelque chose d'intéressant se passe à l’adresse Y. » L’examen minutieux s’intensifierait, appelant à  d’autres moniteurs de s’embrancher. Comme de bons journalistes, ces Apprentis internationaux feront point d'honneur qu'aucun incident sous leur garde ne se déroule à la catastrophe sans qu’ils ne le signalent d’abord. Des riverains bien alertés se rassembleront pour témoigner sur place de la réponse à l’incident.

Des satellites espions seront transformés en périscopes pour l’usage futur des Apprentis. Certains observateurs se spécialiseront en une certaine sorte de structure ou d’industrie, (par exemple, le nucléaire) d’autres se rendront en spécialistes régionaux. L’observation obsédante leur permettra de mémoriser chaque détail de leur spécialité et distinguer quoi que ce soit d’insolite, comme si au microscopique.

Le monde paisible sera inspecté mille fois plus minutieusement en vue de son amélioration, qu’en ont été capables la CIA et ses équivalents internationaux de renseignement stratégique dans leur surveillance de la terre en armes avec pour but de mentir et ne pas être mentis. A ce jour, on demeure plus ou moins ignorant de la nature fondamentale de cette planète (mieux renseigné sur la surface de Mars que sur l’abîme océanique, et mieux sur celle-ci que sur l’écologie microbienne du corps humain.) Dans l’avenir, nous saurons mieux faire.

Ceci dit, simplement parce que les moyens contemporains permettent d’exposer presque l’intégralité de la vie privée, cela n’oblige pas que la nôtre nous soit dépouillée. Au contraire, des nouvelles lois très strictes fourniront aux groupes de défense des consommateurs et à chaque individu les moyens de détecter et signaler ceux qui y ont fait intrusion sans autorisation et de les poursuivre en justice facile et pénible. Une telle jurisprudence a déjà été établie, par exemple, pour des portraits photo non autorisés et des fuites de dossiers médicaux ; ce qui reste de la sphère privée doit être pareillement barricadée. Ce ne sera qu’une question d'attention fastidieuse aux détails, comme pour toutes les passions dans l’avenir.

Ces moniteurs virtuels inscriront leurs passions dans un registre public qui dénoncera ceux qui abusent de telles études, annonçant en détail leurs points de repère et le temps qu’ils y ont passé. Il braquera des enquêteurs sur quiconque complote un tel méfait délibéré. La grande majorité des moniteurs honnêtes feront point d’honneur d’identifier et d’isoler tous ceux qui trahiront leur passion.

Enfin, beaucoup d’Apprentis enquêteurs se spécialiseront dans l’étude préventive des « pires cas » ce que l’intérêt financier fait usage d’ignorer afin d’éviter de coûteuses mesures préventives (à la Fukushima, Titanique, etc., etc.) Leurs conclusions, si confirmées par une majorité de pairs d’étude, prendront priorité sur des plans déjà établis en déficit.

 

Globalement, des dizaines de brigades commando attendent d’être lancées depuis leur caserne dans quelques petites journées, leurs armes de pointe au poing, presque n’importe où sur la surface terrestre. Pourquoi si peu de professionnels répondent-ils au désastre écologique? Est-ce donc que le bon gouvernement, l’air pur et l’eau propre soient si fortement reliés qu'aucune garantie écrite n’en soit requise ? Tu parles ! Personne ne peut renoncer la garantie fondamentale de ses protections particulières. La constitution mondiale à venir devra les répertorier en noir et blanc ; et des surveillants – dédiés, indépendants, mandatés et exerçant la pleine force de la loi sans faveur ni préjugé – la soutenir. Quiconque renonce à de telles protections doit s’attendre à être chié dessus aussi souvent que menti et battu sans contestation entre-temps.

A travers l’histoire, ceux qui ont géré la provision d'eau ont tout géré autrement. La Chine, l’Egypte, Babylone et d’autres civilisations hydrauliques ont prospéré en réglant leurs cours d’eaux. Des civilisations entières se sont effondrées quand des abus écologiques, semblant avantageux dans le moins distant, ont entraîné des dénouements de dévastation inattendue. Des famines pluriannuelles en ont résulté, suivis trop souvent par la peste, la guerre et l’annihilation bientôt de suite.

De telles erreurs diminueront sous une laocratie. Elle exigera de l’équité particulière absolue, de l’émancipation personnelle, des sauvegardes contre l’exploitation autant interne à la nation qu’en étant externe, aussi beaucoup plus de temps libre pour philosopher ; que nous élevions tous les enfants rares et bien-aimés jusqu’à leur maturité salubre ; et qu’un public éclairci prête grande attention aux avis éthiques afin de diminuer des conséquences inattendues. Elle exigera, somme toute, que tous évaluent leur Apprentissage par-dessus tout.

La laocratie a pu évoluer à partir des chasseurs-glaneurs de subsistance ; elle a dû prospérer dans les champs irrigués de la préhistoire, malgré les corvées du piège de la plantation. Les sociétés égalitaires sont apparus spontanément parmi ces chasseurs glaneurs et restés en force parmi les fermiers/guerriers, dans la mesure qu’aurait permis l'agriculture de forte main-d’œuvre.

Peu importe les corvées de la lutte journalière, chacun aurait exigé sa part de liberté et de justice. Comme dans le cas de meutes de loups précurseurs, toute tyrannie non réprimée invitait l’écroulement subit. Des grands systèmes d'irrigation, nourris par la gravité, se sont prouvés étonnamment délicats, exigeant la main-d’œuvre intensive de tous. Après une seule nuit de rétribution furieuse, quelques fermiers mécontents pouvaient dissoudre un système d'irrigation de très grande complexité. Personne ne pouvait être interdit égalité d’accès à l’eau et à d’autres privilèges, sans mettre en péril la commune entière.

De vaines sanctions d’exécution et de torture de familles entières ont pu être invoquées et infligées très fréquemment, mais ces abus ne sont parvenus qu’à étouffer momentanément la pérenne demande de justice.

En ancienne Indochine, les meilleurs chefs adhéraient à la règle suivante : le roi doit maintenir le contrôle le plus restreint sur ses districts ; le chef de district, sur ses villages ; le chef de village, sur ses résidents ; et le chef de famille, sur son ménage. Selon eux : « La loi de l’empereur se fige à l’entrée du village. » Que du bon sens : une loi de fer de la cohésion sociale.

 

 

Il y a une étroite liaison entre la liberté et la provision d’eau propre. Quand elle devient si rare qu’elle doit être recensée ou stérilisée avant d’être bue, la liberté est en danger.

Pour la première fois dans l’histoire, nous faisons face au même problème avec l'air propre. Des directeurs d'armes s’impatientent de transformer tout l'air respirable en une denrée négociable, joignant une autre bobine aux chaînes qui nous brident.

Rends-toi compte que l'oxygène est une drogue d'addiction à cent pour-cent fatale. Son manque fait paraître le coupement « cold turkey » de l'héroïne comme une insuffisance de gomme à mâcher. Qui plus est, nos corps transforment des molécules d'oxygène en celles radicales libres qui rouillent nos cellules corporelles dans un derby de démolition cumulative que nous désignons la vieillesse.

Bien sûr, quand assez d’Apprentis admettront cette conclusion, cela mettra fin à la prohibition des drogues récréatives, trahissant une fois pour toute la sottise en série de sa grasse hiérarchie et de ses intérêts particuliers.

Cette seconde sorte de prohibition me rappelle la persécution romaine des chrétiens.

Toutes deux ont manqué de précédent valide, de bon motif et de but justiciable ; toutes deux ont promu de la criminalité haute et basse, de l’hypocrisie d’élite et du mépris populaire pour le gouvernement. Elles ont contredit des libertés fondamentales et compromis la paix globale. Toutes deux se sont prouvées le terrain de récré de brutes, de sadiques et de tyrans ; gaspilleuses de vies innocentes, de leur productivité et de leur bonne réputation ; contradictoires aux institutions vitales, et finalement inexécutables face à la résistance passive des masses.

Des mercenaires d'entreprise n'ont pas encore transformé l’air libre en un narcotique contrôlé, car ils n’ont pas encore su monopoliser sa provision, donc accru la dépense et les risques légaux de la respirer. Rendons-leur une nouvelle génération des effets d’automobiles privées et de l’industrialisation en excès suicidaire au point de rendre irrespirable l’air naturel, et voyons combien mieux ils réussiront l’affaire. La finale hyper-désastreuse de Fukushima pourrait y parvenir sous une pluie de radioactivité globale. Je peux déjà les entendre tonner « Nous devons protéger les jeunes de ce danger insidieux » tout en leur flanquant en tôle par millions et en balançant les clefs.

A l’heure actuelle, nous confrontons une base de ressources en dégradation quotidienne. Presque n’importe quelle boisson est préférable à celle qui coule du robinet à coût croissant. Va s’y maintenant et prends en une petite gorgée. Elle doit être au moins légèrement toxique et de goût atroce. La prostate d'hommes d’entre les deux âges se boursoufle et les indices de fertilité font chute libre. La note de classe des jeunes gens marque ce déclin, puisque leur intellect souffre le plus du détriment cumulatif de cette liqueur de déchets chlorés et de plomb dissout, avec en supplément des rentrées aérosols que seules des forêts massives seraient en mesure de purifier.

Voici la propension des grandes forêts : elles attirent et se laissent noyer dans des pluies diluviennes et nettoient ainsi l’air de ses résidus de soute et de fumée. Elles métabolisent l’utile et laissent tranquillement couler le reste dans la mer.

Des industrialistes se réjouissent que les personnes moyennes préfèrent leurs sodas coûteux, boissons saupoudrées et eau mise en bouteille par-dessus l’eau du robinet. Une publicité télévisée a chanté que sa soupe brune et trop sucrée servait à l’Amérique comme de l’eau servit l’ancienne civilisation. Cette attitude, une abomination.

Aucun ruisseau, lac, nappe aquifère ni cuvette de captage ne reste digne de confiance. Même les chutes de pluie sont corrosives et radioactives. La neige porte son fardeau toxique, même sur des pentes distantes où des ruisseaux étincelants recueillent la déchéance fécale d’animaux sauvages qui souffrent de pandémies récentes.

Dans l'Etat de Washington, le détroit de Puget était autrefois une crèche sylvicole de baleines grises et d’une incomparable écologie marine ; il figure à présent comme leur sépulcre. Les baleines qui y pénètrent expirent, leur foie pourri. Pourtant cette région comprend des exigences relativement strictes de qualité d’eau. Même le lac Baïkal, sacré orbe de dieu dont les eaux furent les plus pures au monde, a été infusé dans ses profondeurs de décennies d’effluents industriels, grâce aux entrepreneurs soviétiques faisant face aux pelotons d’exécution staliniens.

En dépit de tentatives d’épurement et peut-être à cause d’eux, nos voies d’eau urbaines sont des égouts à ciel ouvert. A travers le monde, des mammifères aquatiques s’entassent sur les rives de mer pour se suicider, rendus fous par leurs sinus enflammés. Va demander combien mal ça fait à un plongeur congestionné ou un passager de ligne aérienne. Leurs systèmes immunitaires (comme les nôtres) sont compromis par des milliers de tonnes de dioxine, de PCB et d’autres poisons injectés dans l’air et dans les eaux, et trois fois plus de radiations de base (présentement cinq ? Encore plus ?) que n’ont existé sur terre depuis des millions d’années.

 

Sur des terrains agricoles autrefois fertiles, deux usages destructifs perdurent. Des promoteurs d'immobilier ont acquis les meilleurs terrains de bas fond en déracinant la flore native et en les pavant de bâtiments, de parkings et de chaussées. Le terreau restant est imprégné d’herbicides, de pesticides et d’engrais industriels, son équilibre organique pulvérisé. Des sols autrefois fertiles ont été transformés en craies et poussières abiotiques auxquelles des éléments nutritifs aux flores doivent être ajoutées à l’échelle industrielle. Manquant d’essentiels liens organiques, ce sol dégagé s’érode en taux irremplaçables, souillant des voies d’eau riveraines et maritimes de boues saturées d’engrais chimiques qui épuisent l’oxygène et étouffe la vie aquatique à cause de son emportement microbien et subséquent déchéance toxique.

 

On a été conditionné à préférer de la nourriture graisseuse et prétraitée par-dessus des légumes crues, dites « plus salubres. » Ce préjugé n’est ni irréfléchi ni accidentel. Nos désordres digestifs se redoublent quand nous consommons des nourritures crues et dangereusement contaminées. Pesticides modernes, antibiotiques, toxines radioactives et surtout transformations génétiques : tous sont imperméables aux assainissements culinaires de norme : le lavage et la cuisson. Ceux-là s’ajoutent pour punir le système digestif humain qui a pris des millions d'années pour adapter nos corps aux aliments naturels. Afin de nous adapter à ces contaminations insolites, combien de millions supplémentaires seront exigées ?

Les entreprises alimentaires encouragent cette partialité en stérilisant leurs nourritures traitées et permettant de plus en plus de toxines dans des aliments crus. Leur ultime but semble être de rendre en nécessitées pour tout le monde, trois fois par jour, des aliments prétraités, coûteux et irradiés. Les fonctionnaires de santé publique négligent ce problème, bien que des plans d'irradiation de nourriture et d’ingénierie génétique nous menacent d’insidieuses catastrophes médicales.

Alors que la nourriture fraîche nous rend la vie, celle longuement morte, que de l'obésité, de la gastrite et du diabète. Les aliments irradiés pour longue date d'étagère devraient être des articles mineurs de consommation réservés aux urgences. Autrement, la plupart de nos aliments devraient être achetés frais, cuits légèrement et lentement mâchés avec voracité pendant la même journée (la faim, c’est la meilleure sauce.) Ces habitudes alimentaires font partie des exigences de la paix, praticables aux échelons courants de consommation qu’en tant que pures technologies paisibles.

Par exemple, la folle et ambitieuse quadrature du cercle boulanger : faire du bon pain qui ne rancit pas en une journée. Le bon pain rancit dans un jour ; sur ce, on n’a qu’à le rendre en « pain perdu. » La tentative de lui accorder plus longue durée d’étagère ne parvient qu’à induire l’épidémie de gastrite que les Américains ont mal nommée « l’intolérance au gluten. » Autant vaudrait l’appeler « tolérance de la sottise. » Pour ne pas parler de cette autre sottise en Amérique : suppléer du vin bon marché avec des sulfites et qui sait quels autres polluants industriels – aux ordres de l’omnipotent lobby de la bière, sans doute. Crétins trop bien rémunérés…

Insatisfaits par l’exploitation en débandade qui arrache la richesse minière de la terre, des corporations se sont emparées de notre santé, nos talents et nos rêves ; le bon appétit de nos corps ; la pureté de l'air et de l’eau ; la fertilité du sol ; le bon sens et l’empathie de la culture. Il ne reste plus grand-chose à chaparder à part nos vies elles-mêmes.

Qui plus est, l’on compte sur des « usines d’exploitation » pour se procurer de la viande bon marché. Les bétails y sont piégés dans des cages si menues qu’ils ne peuvent remuer, sinon en enclos collectifs adaptés pour bien moins d’entre eux. Leur existence d’enterrés vivants perdure – leurs corps maladifs engraissés de chairs saupoudrées, d’antibiotiques, d’hormones et d’autres additifs toxiques en quantités criminelles – avant que la tuerie de masse ne coupe court leur cauchemar.

La rage routière et la criminalité au trop plein peuvent résulter du fait que nous salons nos viandes de composés si peu savoureux. Assurément, comme leçon de bonnes manières, un Dieu d’ironie réincarnerait les consommateurs de tels aliments infâmes, à passer quelques cycles de vie en tant que bestioles « d’usine d’exploitation. » Chaque PDG d'entreprise qui renvoie ses fermiers liés par contrat à moins qu'ils ne cultivent de cette manière, mérite qu’un pire destin fasse partie de son plan de leçon karmique.

La pire vie que tu puisses agencer pour quelqu’un que tu méprises – sa profonde misère, le froissement de ses enfants et sa mort terrible – ce ne sont que des séquelles dans lesquelles tu auras à réincarner, par simple règle de karma.

Perchés comme nous sommes au sommet de la chaîne alimentaire, nos systèmes immunitaires sont saturés de charges cumulatives de poison. Elles nous soumettent aux cauchemars d’un interniste : allergie, nausée, chiasse ou constipation, vertige, grisonnement visuel, crise de panique, mal de tête, fatigue chronique, lupus, difficulté respiratoire, diabète, stérilité, cancer, mortalité embryonnaire et des néo-nés. Les fonctionnaires de santé publique blâment cet état maladif à la fumée du tabac, aux dégustations excessives, à notre manque de nous exercer et à la détestation de soi. Ainsi se soustraient-ils habilement de la formule d’effets et de causes avec leurs efforts insignifiants d’hygiène améliorée, de bonne nutrition et de santé publique.

Nous sommes laissés l’esprit engourdi, les nerfs irrités, la volonté érodée et le corps épuisé. Dans l'absence de santé publique superbe, la déchéance mentale, la brutalité, la dénégation et la négligence doivent s'accroître ; l’indifférence, l’inertie et le phantasme, finir par dominer nos pensées. Les protections constitutionnelles se désagrègent en même temps que la patrie communautaire.

Pendant que tu lis ces mots, la couche d'ozone s’effile ; même le soleil adopte un froncement désapprobateur. Les habitudes de la vie en plein air – autrefois plus salubres – n’offrent que du cancer de la peau et de l’aveuglement précoce. Je te prie, assure-toi que tes gosses portent des lunettes de soleil, des manches longues et un chapeau ombré an allant dehors ! Couvre-leur de pommade solaire à chaque opportunité. Ils te remercieront après pour tes interventions agaçantes, quand leurs contemporains se trouveront aveugles entre les deux âges et cancéreux prématurés.

Nous confrontons d’autres problèmes également graves : inertie institutionnelle, éducation risible, fureur criminelle et pandémies... Si l’air propre, la végétation saine, la pureté aussi bien du terreau que des eaux nous étaient librement disponibles, et si nous en bénéficions sans égard aux exigences d'armes, un nombre surprenant de ces problèmes se réduiraient en irritants transitoires.

Au Mont St Helens et ailleurs, la nature nous a démontré son élasticité remarquable. Avec le colmatage des sources majeures de pollution, beaucoup d’écosystèmes chancelants se rétabliront spontanément, quoique des milieux plus délicats ne puissent nécessairement se rétablir sans notre appui. Mais ne compte sur aucune régénération naturelle avant que nos produits les plus toxiques ne soient supprimés sinon que la nature se tape une bonne vacance de nos puériles crises de colère en épongeant l’ardoise et recommencant à zéro : aux bactéries et telles. Souhaitons-nous vraiment nous réincarner en bactérie encore des milliards de milliards de fois ?

 

La salubrité de l'air, du sol et de l’eau deviendra une des priorités d’Apprentis. Des agences vouées à l’environnement se répandront sous l’intendance de la cour supranationale et des administrations ferventes locales. Elles effectueront :

 

·      un recensement impartial de l’air, du sol, des eaux et des contaminations corporelles ;

·      le barrement d’offenseurs persistants ; et

·      la mise en vigueur de nouvelles réglementations environnementales.

 

Les pollueurs délibérés seront menés à la ruine par des primes retirées, le boycott public et taxation punitive : ces soldes finançant des contrôles efficaces d’industries mieux soignées. Un pollueur trouvé coupable devra occuper son site toxique jusqu'à ce que celui-ci soit déclaré propre. Quel qu’en soit le coût, les pollutions proscrites devront être interrompues ; nos systèmes obsolètes de transport, d’ordures et d’eau, déconnectés et reconstruits ; les nappes aquifères et rivières et lacs, purifiés. Des demi-mesures, achevées seulement pour se sentir un peu mieux, ne sont guère préférables à ne rien faire du tout ; des fausses épargnes ici seront aussi nulles que de s'affamer à mort pour économiser son billet d’épicerie.

Un massif reboisement est essentiel dans tous les territoires ayant accommodé des grandes forêts autrefois. Des étendus de Yellowstone, le premier parc national américain, ont récemment brûlé de fond en comble comme une épicerie de famille au coin d’un quartier pauvre. Quels autres avertissements nous seront-ils nécessaires ? On nous a persuadés que ce désastre était naturel ; acceptables les cinquante années que ce parc devra prendre pour repousser ; supposant, bien sûr, que ce qui reste ne s’incinère dans l'intervalle, laissant un désert de cendres là où poussait le meilleur parc national.

A vrai dire, Yellowstone est une géante caldère volcanique qui menace de disperser de la cendre vitrifiée sur tout le pays. Nous parlons de mille Mt St Helens sautant à la fois, comportant des retombées d’un mètre d’épaisseur à mille kilomètres sous le vent, avec l'hiver nucléaire comme aboutissement, quelle qu’en soit la saison. Un tel traquenard planétaire aurait-il été visé sur chaque espèce trop multiplicative ? Mon intuition : la nappe forestière, en s’épaississant globalement, peut être la seule chose en vie capable de contenir ce genre de catastrophe.

Tous les littoraux et bords de rivières devront être édénisés. Des transformations climatiques pour le pire ont correspondu à la simplification de l’habitat biologique frangeant des contours climatiques, maritimes et fluviaux, ainsi que ceux de latitude et d’altitude. L’édenisation à l’échelle mondiale modérera peut-être les pires effets de la pollution et de ses extrémités climatiques. La priorité de nous rendre « écologisés ? » devrait bonifier l’effort héroïque de nous rendre civilisés.

 

L’assainissement des environs urbains inclura les tâches suivantes, mais n’en sera pas forcément limité.

 

·         Picoter en pointille la surface bâtie de zones urbaines. C’est à dire, perforer leurs surfaces dures avec des bouchons de terre arable et remplacer des avenues entières et des squares de ville avec des parcs et des ceintures vertes reliant mieux au sol. Des économies d'échelle dictent que de telles aires soient consacrées à ce projet, non seulement des trous de trottoir et des bandes de médiane. Des plantations isolées en ville – comme une seule ligne d'arbres bordant la rue – ont la vie plus dure que la végétation assemblée dans un parc. Cela ne veut pas dire cesser de planter des arbres aux bords de rue ; au contraire, chaque file d'une seule variété devrait être entremêlée d’autres espèces.

·         Suivant la hausse des coûts du transport et l’amélioration dans la qualité de l'air, l'agriculture urbaine et le jardinage aux toits deviendront des propositions d'affaires davantage attrayantes. La toiture urbaine se mettra sous verre aux latitudes boréales et se recouvrira de verdure partout. Les toitures et les rues en villes seront peints en blanc pour les rendre en étoiles calorifiques de jour. Des ceintures et des gazons de verdure mieux ombrées scinderont les régions urbaines. Des autoroutes seront creusées sous terre, voire réacheminées aux alentours des régions urbaines. Les gazes d'échappement d’automobile seraont condensés et filtrés sous terre. En effet, à l’instar de la ville de Seattle au siècle avant dernier, des grandes villes pourront paver l’entièreté de leur rez-de-chaussée en centre-ville, isolant ainsi leurs aménagements pédestres des embouteillages, des accrochements et des déchets du trafique d’automobile.

·         Une solution intérimaire serait l’installation de chemins élevés de poids faible pour piétons. Ils s’étireraient le long et large des villes pour se projeter par-dessus et en dessous des autoroutes et surplomber les carrefours. Des artères élevées, encore plus lourdes et fortes, accommoderont des bicyclettes, des cyclopousses et d'autres formes de transport particulier au poids minime.

·         Par ailleurs, des lits de graine pourront être plantés là où des fondations de béton existent à présent. De ces lits pousseront du bambou structural ré-architecturé, équivalent en résistance à l'acier installé sur leur emplacement actuelle. Par bambou, je signifie une ou plusieurs plantes qui s’adapteront le mieux aux besoins des ingénieurs locaux.

 

 

La végétation au ras sera replantée le long des flancs en érosion des montagnes, des pantes abrupts et des cours d’eau. Une multitude de variétés de plantes sera méthodiquement propagée dans ces habitats biologiques. Des plantations diversifiées de bois tendre pousseront le long de bordures dévastées entre des habitats de bois dur et tendre. Des écologies d'apogée seront rétablies et protégées là où se sera praticable.

Des bactéries oléophages (propagées exprès pour dévorer du mazout) attaqueront des lisses de pétrole, des allées luisantes jusqu’aux chutes industrielles et fuites maritimes. Des arbres, arbrisseaux et mixtures micro-organiques spécialement conçues suceront des poisons persistants des filières d'eau pour ramassage et recyclage subséquents. Presque toutes les cimes d'eau, plages et marécages seront restaurés à leur état naturel.

Grâce à M Harrison Ford et les plus perspicaces de ses amis, des ceintures libres de développement ont été mises de côté entre des habitats majeurs de faune et leurs perches successives les plus proches. Celles-là permettront aux forêts et à leur faune d’émigrer vers des latitudes davantage modérées, alors que les bords de forêt vers l'équateur cuiront des effets du réchauffement global. Une fois ces forêts repoussées, elles exigeront de moins en moins de protections et de suppléments artificiels. Entre-temps, ceux-ci doivent êtres multipliés.

Les écosystèmes d'apogée fonctionnent comme d’énormes pompes naturelles, absorbant de l'eau et l'injectant dans l'atmosphère en tant que pluie purifiée. Nous devrions mieux assurer le parcours naturel de cette appareille d'arrosage, ne plus lui permettre de trop se dessécher ni se réchauffer, ni les mers de trop se refroidir à cause de la fonte des glaciers—ce qui pourrait nous refluer dans un chaos de mutation climatique, faute de le faire.

L’énergie solaire est une autre technologie paisible que les directeurs d'armes exècrent à cause de sa nature décentralisée, anarchique et anti-combat. Au champ de bataille, il serait irréaliste de s'attendre à puiser de l'énergie directement du soleil. Après tout, chaque machine collectrice d’énergie attrapée en dehors se fera bombarder en miettes, sans parler d’attraire l’attention de l’ennemie sur ses consommateurs.

D’ailleurs, l’énergie solaire, c’est l’affaire d’un coup : on achète des panneaux solaires, les installe (ou les peignent sur ses fenêtres) et se trouve en pleine dans les affaires énergétiques au compte de soi. Aucun besoin de massives centrales électriques soit polluantes soit radioactives ni de droits propriétaires de minéraux ni de raffineries obsolètes dont les propriétaires peuvent imposer des taux en spirale pour leur « service » au public.

 

La technologie de la terra preta à l’échelle industrielle pourra nous permettre de décroître le bioxyde de carbone et ralentir le réchauffement global avant qu’il ne nous torréfie hors de la planète. En plus et peut-être encore plus important, le carbonne ainsi séquestré pourrait rénover nos terreaux épuisés.

 

En grandissant, les arbres capturent du carbone ; de grandes plantations d'arbres absorbent du bioxyde de carbone et ralentissent ainsi le réchauffement atmosphérique. Alors que la biomasse de vieille croissance rassemble des suppléments d'eau et de carbone sur terre, les océans pourront se retirer, se réchauffer et se rendre plus salés. Des projets massifs de reboisement peuvent contrer les effets immédiats de gazes industrielles de serre qui paraissent accélérer la fonte de glace, le refroidissement et le dessaler maritime. Le refroidissement marin risque d’interrompre des courants monstres qui circulent paisiblement dans les profondeurs océaniques, rajustant des variations de température et les modérant.

Beaucoup du CO2 de production humaine est aspiré en mer, la rendant davantage acidulée, même au point de la stérilité. Ce phénomène doit être renversé dans l’immédiat. Les effets à longue échéance nécessitent des suppléments d’étude, quoique celles-ci menées en profondeur ne doivent plus retarder des interventions évidentes dans l’immédiat. 

Entre-temps, des oursins de mer ont démontré la bonne nouvelle que le nickel dans leurs carapaces est un catalyseur endurant et bon marché capable de transformer le bioxyde de carbonne en inerte carbonate de calcium, donc en craie, tant dans la mer que dans les cheminés de nos centrales énergétiques. Les salpes se présentent comme un autre ordre biologique collecteur de CO2 en quantités massives ; de tels planctons devront être cultivés au mégatonne et semés en mer.

 

On aura peut-être besoin de reboiser des envergures équivalentes du Texas, de l’Europe, voire de l’Australie. Ces projets n’auront pas assez d’impact signifiant avant que ces arbres mûrs ne soient enterrés par hectare en damier et ce terrain immédiatement resemencés d’arbres. Ce ne sera pas nécessairement la pratique la plus propice car elle induira des déséquilibres régionaux : trop d'effort par ici et pas assez par là-bas.

Un meilleur plan pourrait être que des enfants sortiront avec leurs parents pendant leur anniversaire et d’autres jours de fête pour planter des arbres et des arbrisseaux, comme faisant partie de cérémonies religieuses. Des projets d’ampleur semblable se multiplieront parmi de sages Apprentis. Prier planter !

 

En passant ce texte en revue, je lamente ma propre hypocrisie. Moi et ma femme, nous avons abattu deux cerisiers sauvages sur notre petite propriété, remplacés l'année précédente par des fruitiers nains taillés beaucoup plus petits. Pour prévenir leur tombé sur l’mmobilier, nous avons fini par couper presque tous les arbres chez nous, à mon profond regret.

La ville émeraude, Seattle, bénéficie chaque année de moins en moins de couverture feuillue. Les arboristes urbains ont remplacé des grands vieux arbres par ceux plus petits qui ne nuisent pas aux files aériennes électriques et téléphoniques. La biomasse, l’air frais et l’ombre souffrent tout en proportion. Ce compromis institutionnel contredit leurs propres enclins. Mais enterrez donc ces files conductrices et plantez des arbres massifs ! Nous, les citadins, avons perdu l’âme à force de concrétiser et d’asphalter … quand toutes nos villes pourraient être transformées en jardins !

Il est ironique de penser que la méthode la plus facile et meilleur marché de rafraîchir un bâtiment ou une ville en été, c’est planter des arbres d’ombre le long de ses flancs ensoleillés. Des arbres à feuillage caduc sont idéaux. De façon tout à fait convenable, ils perdent leur feuillage pendant l’hiver et permettent aux ondes solaires de les pénétrer quand il fait le plus froid dehors.

 

Bien que l’on ne sache pas nécessairement que faire ensuite, on pourra se remettre pas à pas sur la bonne route. Gaia s'occupera du reste et peut-être de notre survie à long terme.

Si, malgré tout, l'humanité doit ingénier sa propre disparition, nous devrions laisser des preuves incontestables d’efforts héroïques de corriger nos pires erreurs. ainsi que les disparus de Minos nous ont laissé le témoignage magnifique à s’arracher le cœur de leur art, ainsi que je vous fais parvenir cet humble rendement Apprenti.

Pendant trente longues années, j’ai essayé de polir ce texte à la brillance de la laque et à la finesse d'un crâne en cristal, comparé à la liasse d’incohérences tenaces avec lesquelles j’ai débutées. L'élite de primates meurtriers sur cette planète l’a été rejetée depuis le début.  Je n’eus aucun choix que de ramasser les miettes qu’elles m’ont crachées dans la figure et les remettre mieux ensemble. J’ai peut-être du décoder un message relayé depuis l’Au-delà dans un idiome subliminal absolument étranger à l’écriture anglaise ou française. Je ne sais plus.

 

Si nous ne parvenons qu’à patauger dans notre médiocrité habituelle, cela doit être d'une indifférence totale à l'univers. Le plus important, ce serait de nous unir en paix, agir avec héroïsme et laisser un dossier éblouissant de nos meilleurs efforts, soit à quel point fugaces ou éternels.

Si des peuples ancestraux ont pensé à de telles choses, je suppose qu'ils se sont cru faire partie du terreau, (en Vietnamien, « Xa ») comme il appartient à la nature d’en faire partie. Ensuite, nous nous sommes asservis à des phantasmes (factices ou vraisemblablement sacrés ? Qui pourrait me les démêler de façon honnête ?) : dieu(x), chaîne d'ancêtres, Etat souverain, idéologie, bureaucratie, trinité freudienne ou religieuse, simplification déconstructioniste, nihilisme simplificateur, quoi que ce soit.

A ce jour, nous n’appartenons plus à rien. Au contraire, tout et tous appartiennent à ceux les plus angoissés parmi nous, autorisés à réaliser n’importe quoi sans égard aux conséquences. La plus stupide et nuisible leur entreprise et les plus désastreuses les suites de leur incompétence par manque de correction proportionnelle, les plus forts se croient-ils être puisqu’ils sont parvenus à s’en tirer indemnes. Ils me font penser à de gosses qui se sont emparés des clés de la voiture : haletant de panique à la suite d’accrochements épouvantables parce que leur bagnole ne s’est pas encore figée.

Il est temps de récupérer notre sens d’appartenance, ainsi qu’un bambin perdu serait remis entre des bras parentaux. Temps de nous rendre sages et tranquillement compétents au lieu de jouer à la roulette russe avec le monde, aveuglés par notre panique et manque d’inspiration.

Le reboisement global pourrait rapprocher notre habitat à sa pureté primale, calmer de désastreux régimes climatiques et encourager une diversité édénique. Qui sait ? Cette édenisation globale pourrait même modérer des désastres tectoniques et aider à recouvrer l’atmosphère et l’océan. Voici peut-être notre dernière opportunité de compenser nos abus environnementaux et panser en même temps nos plaies sociales, physiques et psychiques.

Uruk, Babylone, Rome, Love Canal, ta ville natale : la liste d’écocides peut très vite s'étendre bien longue.

 

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