- L’AVENIR -

ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

« En passant le carbone au goulot du rationnement, nous pourrions bientôt trouver en train d’établir une différente sorte de société, celle qui souligne plutôt la qualité de la vie que les statistiques crues de croissance économique et de consommation implacable. Aucun grand schéma ne me vient selon quoi cette société ressemblera ni ne la prétendrai-je être une sorte d’utopie. La vie continuera avec toutes ses épreuves et tribulations — après tout, voici précisément le but. A moins de rabattre le carbone, la vie en grande partie ne durera pas du tout. » Mark Linas, Six Degrés : Notre futur sur une planète de chaleur accrue, National Geographic Society, Washington, D.C, 2008, p. 302. (En anglais.)

 

Imaginons Dieu comme une vieille foulque gâteuse, glorifiée auparavant comme le Picasso de son temps. Dépourvu d’une grande partie de sa vue depuis quelques années, il a simplifié sa palette terrestre en quatre coloris : le gris du basalte, le jaune du désert, l’aigue-marine des plus pures et le blanc cotonneux des nuages. Disparu le blanc argenté de la glace effacé des montagnes équatoriales (un degré) ; de l'Océan arctique (deux) ; des Alpes, des Rochiers et des Andes (trois) ; et, somme toute, des puissants Himalaya, même du Groenland et de l’archipel Antarctique après seulement quatre degrés d'augmentation de chaleur moyennant au monde. Eteints les verts des forêts tropicales et celles tempérées car des fleuves vitaux ne coulent plus de façon fiable, nourris par des glaciers qui fondait jadis en été mais ont disparu dernièrement. Passés le brun foncé du bon terreau que l’inondation a délavé ou que la sécheresse a emporté en bols de poussière.

Quant au moteur calorifique de la terre rendue plus torride, ses pluies se conformeront à la convention biblique : « À ceux qui ont beaucoup, encore plus leur sera donné ; mais pour ceux qui n'ont rien, même ce qu'ils possèdent leur sera enlevé. » Plus rien de jachère, aucun bois ni récif de corail ni poisson en vie.

 

Disparues toutes les villes portières, inondées quoiqu’elles se soient fortifiées ; disparue la bioluminescence urbaine. De nuit, quelques bavures de luminosité lovées sur les rives polaires si toujours en état de s’y cramponner. Au lieu, des étincelles clignotent en mer là où de l'hydrate de méthane sous-marin, congelée jadis mais sublimée présentement, mousse depuis des kilomètres carrés de plateau continental et détone en explosions titanesques interrompant avec ses tsunamis des hyper ouragans de force 6+ et alourdissant de ce fait le fardeau planétaire de gaz de serre atmosphérique.

Les océans sont d’une pure aigue-marine par manque d’oxygène et donc de vie. Sur tous les rivages, l’haleine létale de mauvais œufs du bioxyde de souffre remplace la vigueur piquante de l’ozone lâchée des vagues déferlantes. La biomasse restante n’est que de la brousse indigeste ou du marais de palétuvier et très peu de cela ; le tout engendré par la simple hausse de cinq degrés de température moyennant au monde. Six degrés et oublis la bioluminescence anthropogène (de villes industrielles) pour au moins quelques siècles avant que le climat ne se rétablisse après l'équivalent d’une nouvelle décroissance permienne triasique, lors duquel le monde faillit presque se muter en roche stérile. Quelques êtres humains pourraient survivre malgré tout, se reproduire et reconstruire en bon temps, mais pas grand-monde et pas du tout rapidement.

Une baisse équivalente de six degrés vernirait la planète de glace peut-être jusqu’à l'équateur.

 

Afin d’éviter ce destin, on devra programmer des « cales » ou des tranches statistiques d'énergie conservée et de gaz de serre réduit (chacun réduisant les émissions de CO2 de mille tonnes par an avant l’année 2050) selon Robert Socolow et Stever Pacala de l'université de Princeton. En insérant dans le monde une suffisance de tels « cales », disons treize, on évitera peut-être les plus fatals de ces phénomènes de deuil thermique.

 

·      Doubler l'efficacité de chaque voiture ;

·      Diviser par deux leur parcours annuel ;

·      Couper par moitié le nombre d'automobiles sur terre ;

·      Rendre d’énergie neutre autant (?) d’habitations que possible ;

·      700 centrales nucléaires d'un gigawatt chacune (gare à celles qui pètent !) Des réacteurs au Thorium peuvent mieux servir : moins chers et plus fiables que ceux à l’Uranium ;

·      Des réacteurs à fusion ? A fusion froide ? Impossible ? Ce ne serait ni la première ni la dernière fois que les tout-puissants se sont révélés à cent pour-cent trompeurs et trompés ;

·      Deux millions de turbines éoliennes ou aquatiques d'un mégawatt chacun ;

·      Des dizaines de basins à flot excavés et optimisés, pareils à la Baie de Fundy, générant 3.000 mégawatts chacun ;

·      Environ deux millions d’hectares de panneaux photovoltaïques (1.75 mètres carrés par personne sur terre ; dois-je mener par exemple et me ruiner en couvrant mon toit de panneaux solaires inefficients ?) Ce chiffre rétrécissant avec le temps en fonction de gains d’efficience parvenant éventuellement à équivaloir à celle des plantes ;

·      Du reboisement massif, (X millions d’hectares d’arbres replantés) et leur enterrement intégral une fois mûris, puis replanter. Se servir de communautés de moisissures et d’autres micro-organismes adaptés à l’accélération de cette affaire ainsi que le rétablissement de terreaux globaux. Gare aux horribles dommages écologiques à partir de tels projets malmenés (voire Le serpent cosmique pour éviter de tels) ;

·      Rendre fin aux massives estafilades et brûlures de forêts depuis cet instant ;

·      Consacrer 250 millions d’hectares au bio fuel à la place de l’alimentation (cette industrie massivement inefficace : son fertilisant, ses pesticides et sa machinerie agricole accélèrent l’échappement du carbonne ; puis armez-vous contre ceux que vous frapperez de famine !). Une connerie typique des Republicans, quoi.

·      Séquestrer sous terre mille tonnes de CO2 liquide par an, à partir de maintenant ;

·      De la photosynthèse artificielle (biomécanique ? Dans les vertébrés ? Dans l'homme ?) ;

·      Des coccolites (planctons) d’ingénier génétique qui produisent du carbonate de calcium en millions de tonnes en suçant du carbonne de l’atmosphère et en le laissant couler au fond de la mer. Il semble que Gaia a pu effectuer quelque chose d’analogue dans un passé distant. Aussi remuer des sédiments sous-marins afin de stimuler la croissance de vie océanique ;

·      Lancer en orbite des milliards de grands miroirs sinon vaporiser dans les cieux des nitrates et des sulfates pour créer de l’ombre. Transformer la terre en un simulacre infernal de Venus en sursis.  Faire ça en permanence ;

·      Des centrales solaires orbitales rayonnant de l’énergie à la terre (gare aux imprévisibilités atmosphériques !) ;

·      Un abattage massif de l'humanité : une grande peste ou plusieurs, (naturelles ou engendrées d'armes ?) voire une autre apocalypse qui soustrairait aussi péniblement que commodément 25%, 50% ou plus de l'humanité – nous inclus en toute probabilité – aussitôt que possible. On me dit que même s’il y eut une « petite » guerre atomique (disons entre l’Inde et le Pakistan) l’hiver nucléaire en résultant pourrait affamer un milliard d’êtres humains mais nous laisser dans le même pétrin comportant six milliards ou plus de survivants libres de se multiplier sans contrôle ;

·      ?... d’autres folies de bonne provenance,  voire moins bonne? Laisser crouler, tarir et fondre en syndrome de chine une piscine remplie de barres de combustible nucléaire épuisé et puis contaminer la planète entière avec, à la Fukushima Daichi No. 4 ?

·      des massives applications industrielles de terra preta ? Et puis, sinon, plutôt ;

·      une nouvelle technologie imprévue, plusieurs complémentaires et en synergie ? Faites paraître, je vous prie… Tant que votre solution ne présente encore plus de profits pour les riches au prix des pauvres le long d’un futur incertain.

 

En tout cas, soit les transformations entreprises à l’instant ou à subir bientôt de suite, la terre sera encore plus torride pendant des millénaires, jusqu’à ce que son climat ne se stabilise à nouveau, avec ou sans les fardeaux de l’humanité et de sa culture.

 

Envisageons par la suite une civilisation planétaire consacrée à la paix. Je comprends tes difficultés à l’imaginer, mais essaye tout de même. Belle et sereine sur la surface, elle dévorera la richesse inexploitée de l'espace extra-atmosphérique :

 

·      Le vide et l’apesanteur sans limites qui permettront l’écoulement à perfection de matrices de fonte et de cristaux, d’alliages et de composés de grande pureté. Par exemple, de parfaites roulements à billes et des engrenages sans besoin de lubrifiant. Du verre coulé dans le sec parfait du vide cosmique retient deux fois la dureté de l’acier.

·      De formidables réserves d’énergie renouvelable puisées directement du soleil.

·      Des engins très puissants actionnés par la différence thermique dans le vide entre une surface ensoleillée et celle dans l'ombre.

·      En orbite accessible, des océans d’oxygène liquide, d'eau de glace et de bioxyde de carbone.

·      Des amas colossaux de minerai cru : au moins dix fois plus que celui dans la mince écorce terrestre (des milliards de fois plus dans le nuage Oort ?) Imagine des veines massives d’or pur ou d’eau de glace encore plus précieuse – fractionnées au poids fort, fusionnées et mises à la dérive par un quelconque bouleversement cosmique – flottant là-bas dans le noir velouté et sans merci. Elles orbitent le système solaire en trois couches, chacune encore plus massive et séduisante pour de voraces coureurs spatiaux, comme si elles formaient des roues stabilisatrices pour un cycliste interstellaire débutant : la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Jupiter, celle Kuiper au-delà de Pluton et le nuage Oort a mi-chemin des étoiles les plus proches…

·      Artefacts ? Documents ? Biologie ?

 

Dès que ces ressources seront proprement développées, (un grand avantage du désarmement de la paix au monde) les industries de grande énergie et de pollution élevée émigreront en orbite terrestre et au-delà.

Ceci dit, l'espace extra-atmosphérique ne doit pas être encore plus pollué de ce fait. Ce sujet fera part de débats décisifs entre les Apprentis.

Le soulèvement aux cieux d’entreprises de gros matériaux, d’assemblé d'énergie et d’industries lourdes libérera une grande partie de la surface terrestre pour des cultives écologiques d'apogée. Cette délivrance du monde naturel nous permettra de le restaurer à un semblant de sa pureté pré-urbaine.

Nous pourrions réaliser l'intention apparente de Gaia et semer le cosmos d’espèces d’origine terrestre.

 

Des gérants internationaux ont récemment militarisé l'espace orbitale. Contre qui, des Martiens ? Un programme frénétique de lancement de satellites militaires a provoqué le désastre de la navette spatiale Challenger. Dans le cas de celle Columbia, s’était le détournement des fonds de NASA d’affaires civiles à celles militaires. Pendant des décennies, la militarisation de l'espace orbital a obstrué sa recherche civile. Cela nous a remis une suffisance de nuques pour stériliser cinquante civilisations terrestres, assez de quincaillerie espionne pour le filmer en totalité à haute résolution, et un dépotoir de rejets mécaniques dans les basses orbites terrestres.

Alors qu’on en discute sereinement, des fortunes génétiques sont démantelées dans la nature. Des sociétés commerçantes bouclent quelques restes de tissu biologique dans de géants dépôts de graine-banque puis font breveter tous leurs substrats biologiques (même ceux des cellules humaines et de leurs gènes) appuyés par la pleine force de juges réactionnaires.

Quelques sociopathes parmi nos précurseurs victoriens ont rêvé d’un rapt semblable d’éléments chimiques. « Acquittez-nous de votre privilège contractuel de respirer ! L’Oxygène nous appartient par brevet ! »

Une fois que ces entrepreneurs géniaux auront soustrait la plupart des ressources biologiques de leur milieu naturel, ils prévoient de réintroduire la progéniture survivante avant ou après en avoir trifouillé les gènes : changements utiles, bienveillants ou hétérogènes. Ensuite projettent-ils de rançonner ces otages pour des redevances impériales. Quel culot !

Ce détournement massif de la part des corporations me rappelle les mots du conseiller dans la satire géniale qu’écrit le feu Douglas Adams, Le restaurant au bout de l'univers, Longmeadow Press, Stamford, Connecticut, 1986, p. 299. Ses rigolades nous manqueront.

 

[Nota : Un consultant de gestion administrative s'adresse à une foule d’émigrants bannis de leur planète native pour cause de redondance professionnelle. La population de cette planète s’est éteinte bientôt de suite, du fait qu’une compétence considérée superflue (celle d’essuyeur de récepteurs téléphoniques) s'est avérée cruciale à la santé publique. ]

« "... Depuis qu’on a convenu, il y a quelques semaines, d’adopter la feuille comme monnaie légale, on s’est certes rendus immensément riches." »

« M. Ford contemplait avec incrédulité les membres de la foule qui murmuraient à ces mots de façon appréciative et tripotaient avidement les liasses de feuilles qui bourraient leur costume de sport. »

« "Mais on a également attrapé un petit problème d'inflation," continua le consultant de gestion administrative, "à cause de la disponibilité surélevée des feuilles. Ce qui signifie, je suppose, que le taux courant soit quelque chose comme trois forêts de feuilles caduques en échange d’une arachide empaquetée de bord." »

« Des murmures d'alarme jaillirent de la foule. Le consultant de la gestion administrative leur fit signe de se calmer. »

« "Alors," continua-t-il, "afin d'obvier ce problème et effectivement revaloriser la feuille, nous sommes sur le point d'embarquer dans une massive campagne de défoliation et … Heu, brûler au ras toutes les forêts. J’estime que vous conviendrez la sensibilité de cette démarche, étant donné nos circonstances." »

« La foule semblait incertaine pour un moment ou deux jusqu'à ce que quelqu'un ait précisé à quel point cela augmenterait la valeur de leurs feuilles en poche ; sur quoi, ils poussèrent des huées de plaisir et des ovations enthousiastes pour le consultant de gestion administrative. Les comptables parmi eux se sont attendus à un automne avantageux. »

 

 

Surfant désinvoltes sur la crête du réchauffement global, des conspirateurs d'avarice peuvent cuire jusque la stérilité la zone équatoriale, surchauffer ou refroidir les sept mers, transformer en zones mortes des forêts tropicales, des récifs de barrière et des colonies marines micro-organiques. Pendant notre lutte pour rétablir ces biomes dilapidés et repurifier l'aire contaminée, nous devrons dédier à la croissance naturelle une profusion de terres arables et de bas-fonds ensoleillés.

Gaïa acceptera-elle notre contrition, aveu de culpabilité et offre de restitution ? Nous permettra-t-elle de permuter notre propre condamnation à mort ? Rajusterons-nous nos vies avec celles de la nature ? Parviendrons-nous à modérer nos catastrophes chaotiques et évoluer d’exploiteurs crétins de la terre en ses gardiens subtils ?

Quelqu'un a comparé la terre à un arbre vif. Pareillement, son épithélium vital est une mince couche recouvrant un noyau beaucoup plus épais de tissu mort. Des lichens lumineux qui poussent sur l’écorce de cet arbre, voici ce que paraît être l’anthrosphère vis-à-vis la terre.

L’agence de conservation environnementale de la cour du monde aura une énorme portée sur les événements à venir, ainsi que ses équivalentes administratives en localité. Elles protégeront l'environnement d’insultes accessoires aux corporations et plus jamais leurs bénéfices commerciaux, sans valeur tangible à longue portée, de la condamnation d’écologistes marginalisés.

L’heure est venue pour confronter les monopoles multinationaux d’agronomie, du papier et du bois de construction ; aussi défier leurs annonces égoïstes. « Nous plantons des millions d’arbres ! » Ils maltraitent la forêt mondiale comme abuseraient leurs pires terrains certains fermiers indifférents en attendant de s’en débarrasser. Les élites corporatives minent jusqu'à la dépouille des forêts de vieille croissance et en réapprovisionnent une partie avec des monocultures mal engendrées pour croissance rapide : des troupeaux pétant du méthane, des bois de construction et de papier, et des récoltes d’huiles et de sucres industriels.

La même chose est en train de détruire les récifs de corail océaniques : les forêts tropicales de la mer. Cela a débuté avec la construction en branle de ports historiques, suivie par une frénésie de construction côtière de fortifications et de pistes d’atterrissage au cours du paroxysme le plus grand. Cela s’achève avec la surchauffe et l’acidification au CO2 de tous les océans.

La microcouche à la surface océanique est une mince membrane de molécules mixtes d'air et d'eau qui pullule de vie microbienne et couvre une grande étendue de ses rives. Nous l'inondons de toxines alors même que ses microcommunautés, empaquetées en grande densité, souffrent de stresses de chaleur et d'ultraviolet supplémentaires et inaccoutumés. Quoique les côtes marécageuses soient cruciales pour notre survie à long terme, nous en avons transformé la plupart en remblais et terrains de stationnement.

 

Les mauvaises séquelles de la recombinaison génétique peuvent nous infliger des désastres imprévus — dans l’océan en particulier. Chaque nouvelle décharge de technologie recombinante en mer risque d'induire des désastres toxiques que l’on ne pourra peut-être plus jamais épurer.

Des esprits un peu plus subtils reconstitueront ces écosystèmes brisés en focalisant leurs efforts le long des lignes d'altitude et de latitude ainsi que le long des bords de lacs, de fleuves et d’océans. Cette affaire sera titanesque, comportant la recroissance globale des habitats naturels et réduction correspondante de l'exploitation industrielle au minimum requis pour une économie confortable et soutenue de paix.

Notre première priorité écologique ? La replantation d’habitats divers le long des lignes de démarcation énumérées en haut. Le restant pourra se regarnir de façon naturelle dans son bon temps, quoique la nécessité de freiner le réchauffement planétaire en toute vitesse ne permette peut-être pas une telle sélectivité quant à ce reboisement.

Tous les plateaux océaniques, les montagnes sous-marines et les mers encloses de la terre seront désignés des sanctuaires, des parcs et des refuges maritimes. Ces parcs se doubleront et redoubleront en ampleur sous la juridiction d’honnêtes agences de protection environnementale et non celles de son exploitation : agriculture, pêche marine, commerce, intérieur, tourisme, défense et d'autres. Dans la plupart de ces cas, l’administration locale dispensera les gouvernements nationaux et les sociétés internationales de leurs manipulations environnementales. L’agence environnementale de la cour du monde la surveillera à son tour. Des fonctions écologiques ne seront plus soumises aux fonctionnaires corporatifs et gouvernementaux en poursuite d’insignifiants bénéfices à court terme et dévastant des étendus extensifs dans le plus bref délai.

Quelques préliminaires écologiques interrompront la diffusion des déserts terrestres. Bien que les anglophones se servent du mot désertification, leur vocabulaire, borné quant à la paix et luxuriante en termes de guerre, ne leur offre aucun antonyme valable. En anglais, l'afforestation se lit trop comme « aforestation » : la pratique de miner des forêts à nu en exploitation crue. En outre, tous les biohabitats ne tiendront nécessairement le coup d’un tel reboisement forcé. L’expression « édenisation » pourrait mieux servir.

Les Apprentis arroseront des secteurs de montagne et de désert depuis des rivières et des mers avoisinantes. Des installations de traitement d’eau convertiront de l'eau salée en fraîche en se servant de l'énergie solaire et de nouvelles nanotechnologies de filtrage et biotechnologies génétiques. Par la voie de la bio-osmose sinon du cristal liquide de Jerold Polack, de l'eau douce sera pompée au loin dans le désert pour irriguer des plaines couvertes de verdure anti-calorique. Ces mêmes installations assureront l’accès du public à de l’eau propre canalisée, et, en configurations plus petites, aux nombreuses fontaines publiques plombant des sources naturelles.

Dès que la subtilité de nos préjudices s’amplifiera, nous pourrons prévoir l’édenisation de grands étendus désertiques. Des Apprentis se serviront de techniques raffinées d'irrigation pour éviter la salification du terreau. Des anciens aquifères seront comblés. De vastes tractes désertiques seront arrosés dans un exercice de logistique comparable à celui d’une guerre globale. En fin de compte, aucun problème insurmontable ne doit se présenter. Les grands déserts persisteront à s’étendre pour encore quelques temps malgré des tentatives préliminaires de renverser leur croissance.

Les individus privés de droits civiques – réfugiés politiques ou populations déclarées surplus – seront permis d’émigrer dans ces nouvelles terres où ils seront logées dans des arcologies de la sorte proposée dans le chapitre « Bruit Blanc. » Une vigilante cour mondiale veillera sur leur charte communale, leur autonomie et leurs droits politiques.

L’appui logistique requis pour édeniser les zones désertiques des continents proviendra d’un fond accumulé conjointement de chaque pays continental contribuant en proportion au nombre de volontaires qu'il y envoie. Les Etats de chaque continent réduiront leurs déserts au minimum nécessaire pour soutenir une biosphère salubre.

Des mauviettes et des prismes peuvent saisir ce projet comme leur moyen commode d'expédier des misérables à périr dans le désert. Cet acte de génocide sera proscrit. Chaque colon aura besoin des même soutiens de vie qu’en aurait un soldat expéditionnaire. Le mouvement israélien des kibboutzim a déjà publié des manuels décrivant les nécessités exactes pour chaque individu et communauté.

Des chaînes de montagne pourront être adaptées à l'agriculture de terrassement. On n’a qu’à constater les magnifiques champs de terrasse en Océanie, en Asie et en Amérique du Sud pour parvenir à la conclusion que beaucoup plus de terres pourraient être cultivées de cette manière. Ce projet demandera beaucoup plus de main-d’œuvre intensive que de capital dépensier. Par ailleurs, on devra tapisser des montagnes jadis dépouillées avec une nouvelle luxuriance de couverture verte, modérant ainsi l’inondation, l’éboulement, l’érosion et la pollution d’eaux. Cela rendra d’excellents projets de travail pour une jeunesse urbaine partant en colonie de vacances et en voyages de quête.

Priorité ira à replanter et protéger des secteurs dépouillés de végétation. Les Apprentis microcontrôleront l'exploitation corporative pour rétablir des écologies indigènes d'apogée. La sylviculture industrielle sera limitée aux franges de vergers desquelles s’étendront des forêts de vielle croissance. Des populations indigènes et leurs invités les administreront si possible. Les Apprentis épureront et réapprovisionneront en faune et en flore des mers et des voies d'eau jadis stérilisées.

 

Les taux courants de pollution seront réduits. Des maximums tolérables seront établis pour tous les polluants : de loin moindres que les conjectures scientifiques actuelles (« Espérons que cela ira comme ça ! ») Des procédés réversibles raccorderont les rentrés de toxine pour neutraliser leur toxicité. Au besoin, les pollueurs majeurs seront affinés jusqu'à ce qu’ils ne s’arrêtent. Les fonds ainsi acquis financeront des programmes efficients de nettoyage pour des industries moins chiantes et des systèmes de meilleure conception pour le traitement de déchets municipaux. Les drains urbains deviendront exactement cela et plus jamais des systèmes de rinçage d'eaux d'égout pendant les jours de grande pluie.

Les Apprentis d’architecture génétique remodèleront des algues et des planctons pour s’épanouir malgré des changements océaniques de salinité, d’acidité, d'eutrophisation et de chaleur. Les conditions actuelles stressent les espèces naturelles et diminuent leur capacité de survivre. Des bactéries et des moisissures façonnées pourront décomposer des toxines persistantes en substances moins nocives. Celles dont la nocivité ne peut être réduite au minimum tolérable seront proscrites par les Apprentis.

La cour du monde offrira des primes généreuses aux dénonciateurs d’amasseurs d’armes de destruction massive et aux fabricants de toxines omnicides. Des architectes génétiques réapprovisionneront les écologies traumatisées avec de nouvelles faunes et flores façonnées. Ces Apprentis naturalistes reconstitueront la diversité biologique après des centenaires de biosimplification au gré de gérants d’armes.

L’ingénierie génétique alarme ceux pensifs avec ses préparatifs sophistiqués pour de terrifiantes armes et des nouveaux désastres par erreur cumulative sinon intentionnelle. L’interdiction absolue de la science génétique ne parviendrait qu’à chasser son composant de recherche militaire dans le maquis terroriste. Comme d’habitude, ces applications militaires ont été promues au premier rang de la recherche secrète. Que pensait-on allait se dérouler alors qu’on refusait de prêter attention ?

L'architecture génétique est une autre technologie problématique de paix ; elle ne parviendra à offrir ses meilleures récompenses qu’après que d’autres technologies paisibles auront mûri en parallèle. Il ne serait pas réaliste de s’attendre à ce que les directeurs d'armes maintiennent bon ordre dans la science génétique puisqu’ils n’ont ni la capacité ni le désire d’adresser ses conséquences néfastes. Dans l'absence d’actions correctives de la part d’adultes un peu plus pensifs, leurs crises de nerfs enfantines se prouveront suicidaires à la longue.

L’augmentation exponentielle des émissions de gaz de serre risque de réchauffer la planète à tel point que les plantes ne pousseront plus nulle part : dix degrés C supplémentaires ou plus avant 2100, voire auparavant — presque dix fois l’augmentation de chaleur prévue par l’optimisme mal placée des grands responsables, dans la moitié du temps prévu.

Soit. Oublions les protocoles de Kyoto et leur appel à la raison. Au lieu, permettons aux émetteurs de polluants atmosphériques à base de souffre et de nitrates de multiplier leurs émissions pour contrecarrer l’effet de serre en voilant des rayons solaires. Que tous polluent autant qu’ils veulent ! Vive la débandade ! Voici ce que contemplent nos gérants d’armes : équilibrer le régime solaire de la Terre en rendant son atmosphère comparable à celle sulfureuse de Venus. Sans plus jamais s’interrompre de peur des suites funestes de cette interruption.

Une simple épreuve existe pour chaque nouvelle technologie. Est-ce que la compagnie d’assurance Lloyds de Londres (représentant le marché libre bien sanctifié) assurera cette technologie contre toute mésaventure ? Si oui procédons avec prudence ; sinon laissons tomber comme une patate incandescente. Cette boite n'assurera aucune centrale nucléaire à aucun tarife, non moins la génétique de recombinaison en plein air. Celles françaises n’assureront même pas les entreprises de télécommunication contre des atteintes à la santé que posent leurs tours de transmission. Qui assurera les lignes à haute tension de leurs effets biologiques ?

Des leçons aux sages.

 

Une fois que le monde paisible prendra racine, on n’aura plus besoin de tant d'entrées de pollution.  

 

 

 

Les industries atomiques et d’autres de pollution élevée seront exilées en orbite terrestre et au-delà — sinon imposées hors d'existence. Des communautés de moindre envergure seront plus attentives à l’écologie locale. Une fois pour toutes, des esprits lumineux se dévoueront à l’élucidation des paradoxes du monde naturel, de la nature humaine et du surnaturel.

 

Des crimes de données numériques et de pollution environnementale approvisionneront la criminalité mafieuse du futur, qu’elles aient été considérées légitimes ou non par la loi contemporaine. Cela adviendra de toute façon — soit que nous les réglementions aujourd'hui ou pas.

Bien sur, maintenant que j’y pense, les pires criminels graviteront vers le crime le plus payant : le trafic de la chair humaine. Aucune importance s’il s’agisse d’organes de remplacement, d’esclaves chimériques humaines/bestiales, de cellules clones immunitaires ou aux autres fonctions, d’armes biologiques, de fertilité humaine illégale sinon d’autres technologies biomédicales non encore entrevues. Ici au cœur des ténèbres suppurera la criminalité la plus cauchemardesque. Ce syndic innommable prendra racine, soit que l’humanité ait organisé un programme d’eugénique rationnelle et globale pour diminuer en paix l’ampleur de sa population et assurer ainsi sa survie, soit qu’elle n’en ait pas parvenue. Voir Le contrôle de la population.

Les crimes d’aujourd’hui : de drogues, de jeux et de prostitution ne sont que des exercices de préchauffage pour les crimes de données informatiques et de pollution à venir. Leurs victimes souffrent de punitions multidimensionnelles alors que les racketteurs et leurs patrons de politique réactionnaire font fortune sans rien souffrir. Pareillement, la prohibition américaine a fourni une pépinière commode aux syndiques criminelles de drogue ainsi qu’aux agences commensales de « contrôle » du crime : tous deux dominées par des psychopathes.

Dans la loi de pollution du futur, les fardeaux de preuve et d’assainissement tomberont carrément sur les pollueurs. Ces outranciers environnementaux incluront des criminels organisés, leurs collaborateurs fonctionnaires, (comme au Congrès américain) des directeurs corporatifs et d'autres groupes au pouvoir qui profitent de pollution élevée. Nous cesserons de subventionner ces pollueurs absentéistes qui sont parvenus à éluder jusqu'à présent les pires séquelles de leur avarice. À l'heure actuelle, ils habitent des communautés luxueuses, bien fortifiées et soigneusement distancées des décharges de pollution dont ils sont responsables. Cette forme avantageuse d'évasion de responsabilité se verra terminée.

 

 

Dans quelques décennies, la terre pourra se transformer en une mosaïque de terrains de parc échiquetés de domaines soigneusement entretenus, beaucoup plus menus et mieux dispersés que les villes contemporaines et leurs agrocomplexes corporatives, ainsi que d’ambiance davantage bénigne. Des propriétés agricoles s'épanouiront avec des petits patelins jardin/université. Des collectivités volontaires et des familles étendues pratiqueront de l’horticulture et de l’aquiculture d’exploitation intensive sur juste assez de terreau et de rives d’eau pour soutenir la communauté locale. Des industries familiales produiront des petits ouvrages exquis pour exportation de luxe. Chaque biorégion soutiendra le reboisement d'apogée de ses terrains de parc en localité ainsi que des programmes intensifs de restauration du sol, de faune et de flore.

Nous devons piocher ici une autre ligne de faille. La fonction de châtelain implique une succession héréditaire de fiers laboureurs du terroir et de leurs maîtres affectionnés du sol : les deux tout aussi attentifs à leur paysages fructueux, leurs bétails lisses et leur progéniture vigoureuse. Cette alternative – comme celle des castes hindoues – peut stabiliser les qualifications, le talent, l'ordre politique et la demande du consommateur. Elle consignerait néanmoins beaucoup de monde aux fonctions héritées et aux accomplissements moindres.

L'option sociale ordinaire, c’est la promotion du mérite. Pourvu qu’ils soit administré avec grâce et imagination, ce système peut offrir davantage de promesse que son équivalent de caste quoiqu’il tourne souvent au mal quand exploité par des canailles hyperactives qui se favorisent en abusant leurs parts napoléoniens d'adresse et d'hypocrisie.

Comme d'habitude, ni l'une ni l'autre de ces solutions ne sont parfaitement adaptables à la gamme intégrale des circonstances. Des combinaisons flexibles seront davantage prometteuses à administrer et d’autant plus piquantes. Les communautés agricoles à venir pourront se rendre en collectivités héréditaires alors que les municipalités correspondantes pourront cultiver le talent du mérite au moyen des certifications concurrentielles du marché libre. Libre passage entre ces communautés – avec d’autres aménagements concordant mieux aux particularités locales – peuvent mieux assurer la liberté de choix.

  

A partir du moment que les villes restantes logeront mieux leurs habitants, ici et là des grands amoncellements urbains continueront à empester de la concurrence corporative, des conditions atroces de vie et des taux surélevés de pollution. Dans ces dernières citadelles du capitalisme, des visions dystopiques (d’une utopie qui se rend au mal) peuvent se manifester telles que celles dans le film Blade Runner

Tout le monde admet cette vision abortive du futur comme celle la plus probable au monde entier. Nous devrions aspirer aux meilleures destinées partout à l’exception des pires cas.

Plus précisément, on doit s’attendre au rassemblement de tels souteneurs de dystopie dans quelques conurbations rétrécies. Ces derniers ghettos économiques se déplaceront vers l'équateur : là où le lancement de charges utiles orbitales et extraplanétaires exige moins d'énergie. De tels portiques hyperurbaines visant l'espace s’installeront dans les Andes, les monts de l’Afrique équatoriale, de Sumatra, de Bornéo et d’autres sommets dans la zone équatoriale.

Autrement, la tendance sera de séjourner en orbite spatiale, en manoir, dans des petites communautés jardin/université et des arcologies géantes décrites en haut — sinon au sein de la forêt mondiale en tant que chasseurs-glaneurs de la première époque humaine. Alors qu’évolueront les besoins et aspirations de ces citoyens du monde, ils transmigreront d’un cadre communautaire à un autre et puis de retour. Aucun de ces milieux ne nuira aux autres. Au contraire, chacun étaiera les autres en tant que marché et entrepôt de nécessités et de services de luxe, sans grands problèmes sauf ceux de transport soutenable à la surface : ce que les Apprentis sauront bien résoudre.

Des villes voûtées et des nouvelles technologies de recyclage (Paul Lackman cite l'essai de la Biosphère) nous enseigneront comment faire face à la pollution, aux rayons ultraviolets et aux programmes d'échange thermique dans des milieux urbains. Des charges de fret utile – lancées par super canon, MAGLEV et ascenseur dans l’espace – se rendront ordinaires une fois qu’elles cesseront de nous menacer en tant qu'armes stratégiques bon marché. Nos moyens de transport coutumiers se réduiront, remplacés par d’autres à peine imaginables à présent. Voir le chapitre Rajout de PLA, rabais des nuques.

Les problèmes posés par des technologies dites « douces » comme la parapsychologie et la recherche de nouvel âge ne proviennent ni de leur manque de solidité ni de leur insuffisance scientifique ; ceci en dépit des désaveux scientifiques de validité nulle mais pour autant bien financés. Par contre, il est difficile d’imaginer une menace plus grave que celle présentée par leur potentiel de rassembler d'énormes forces destructives si la gestion d'armes les garde en main.

 

Des technocrates d’hyper projets prévoient de construire d’énormes collecteurs/transmetteurs orbitaux d'énergie solaire et des centrales solaires basées sur la Lune, avec l'intention de raffiner du régolite lunaire en deutérium, ciment et eau, puis d’utiliser ces matériaux pour fabriquer des centrales projetant de l’énergie crue jusqu’à la terre. Ces projets seront approuvables pourvus que leurs usines orbitales et lunaires aspirent toute l’énergie en étant produite. Oublis vite la possibilité de la micro-onder à travers l'atmosphère terrestre jusqu’à sa surface. Une telle effronterie technologique pourrait inviter des tempêtes inimaginables : la couche d'ozone, se fendre encore plus et des cyclones de grand chaos, être lâchés. Nous pourrions avoir à supporter un autre déluge pour bonne mesure, voire une nouvelle époque glaciaire. Des distorsions de la ceinture Van Allen sont également prévisibles, aggravant le bombardement terrestre d'irradiations solaires avant que ces rayons n’aient été capturés par des technologies d’énergie inédites. Jusqu’alors, des conséquences néfastes de tous les points de vue.

L’énergie acquise depuis l’espace extra-atmosphérique devra être consumée sur place pour fabriquer des produits admirablement finis de matières premières extraites, elles aussi, de l’espace. Ces objets façonnés tomberont librement (assez bon marché) dans des communautés édéniques sur la surface terrestre de population minime et de basse empreinte d’énergie. De l’énergie solaire, rassemblée le long d’orbites terrestres, actionnera les Birmingham, les Coventry et les Glasgow orbitales de ce modèle victorien – non pas des technologies d'armes au gigawatt grouillant sur la surface terrestre.

Les orbites proches et distantes du système solaire représenteront les colonies outremer de ce modèle victorien. Bravant d’énormes périls, beaucoup d’entrepreneurs pionniers s’élanceront de la terre et leurs quelques survivants nous ramèneront des trésors fantasques. Attendons-nous tout d’abord à ce que ces colonies spatiales soient affligées d'isolement, de pénurie, de primitivisme, de terreur et de fatalité.

Tous jeux de mots mis de côté, nous ne pouvons contempler l’exploration de l'espace dans un vide. Les colons extra-atmosphériques exigeront des infusions massives de nécessités de survie : des nouvelles sources d'énergie et des renforts d'élite qu’une florissante base terrestre serait la seule capable de fournir. Nous aurons à évoquer de nombreuses nouvelles technologies paisibles pour faire avancer la colonisation spatiale.

Des ambitieux promoteurs de construction sont sous l’obligation, avant de pouvoir rendre l’offre, d’étudier leurs plans, prélever le sol, s’enseigner des nouvelles méthodes, cataloguer des matériaux neufs, satisfaire toutes sortes d’exigences bureaucratiques et assembler une main-d’œuvre habile, ainsi qu’un bon camion restaurant. Comme eux, nous devons focaliser notre attention sur la terre elle-même – le bien-être de ses habitants et de son écologie – et mettre au point ces détails titanesques avant de contempler au sérieux l’exploration spatiale.

La robustesse et la solidarité matriarcale d’un troupeau d'éléphants leur permettent de dorloter un veau vulnérable en dépit de difficultés et de périls qui semblent insurmontables. La savane africaine : quel berceau épineux pour un tendre veau ! Nous autres aurons à développer la robustesse de nos utopies et écotopies. Seulement une civilisation rationalisée d’Apprentis sera capable de consolider l'exploration de l’espace durant son adolescence jusqu’aux dernières décennies de ce siècle.

 

On pourra explorer d'autres planètes en se servant de colonies d'insectes et de tardigrades spécialement élevés et équipés. Leurs besoins de vie seront minimes, leurs instincts de curiosité et de survie les contraindront d’explorer le terrain de Mars, par exemple, avec ténacité et délicatesse inhumaines. Ils l’effectueront pour une fraction du coût d’une exploration équivalente par des êtres humains, de façon beaucoup plus minutieuse que n’en seraient capables des robots maladroits.

Des communautés d’espèces multiples et particulièrement façonnées pourront être expédiées à partir d’un ou de plusieurs nids centralisés. Leurs patrouilles de scoutes seront fournies d’appareils miniaturisés de photographie et d’échantillonnage ; leurs nécessités de survie, distribuées depuis ces nids dans lesquels des prélèvements seront collectionnés, fractionnés, analysés et transmis jusqu’à la terre. L’approvisionnement de cette sorte de colonie s’effectuera au moyen de transports de charge utile lentement accélérés et garés en orbite. Ils pourront agir sous un dôme de tente pressurisée (peut-être autoporteuse) et s’éteindre avec l’épuisement de leurs vivres. Cette stérilisation retardera la biocontamination de nouveaux habitats.

La différence est en grande partie discutable entre la contamination extraterrestre et la transformation d’environnements extraterrestres en ceux terrestres. Voici un problème de grande envergure que les Apprentis auront à résoudre. En effet, nous devons prêter beaucoup plus d’attention à la pollution de l'espace extra-atmosphérique.

Un dépotoir balistique obstrue les orbites proches de la terre là où des milliers de restes d'armes et de débris irréfléchis menacent des astronautes de collisions mortelles. Chaque nouvelle percute parmi ces grands déchets mécaniques aggrave le problème à l’exponentielle en créant des jets de projectiles plus petits.

Un certain entrepreneur génial fera sans doute fortune en balayant ces orbites et en recyclant leurs décombres sur place en tant que précieuses matières premières. De nos jours, nos plans les plus optimistes ne consistent qu’en la décélération d’autant de ces débris horriblement coûteux que possible afin qu’ils chutent dans l’atmosphère, s’y crament et disparaîsse de nos écrans de radar. Avec le même but, des entrepreneurs futurs aspireront le contenue de nos remblais terrestres et l’assortiront.

L'espace extra-atmosphérique offre une ardoise relativement blême. Prier renouveler sa propreté !

La consolidation du programme spatial de la terre érigera des complexes d'usines et des stations permanentes aux points Lagrange : cinq coordonnés orbitales où  la gravité terrestre et lunaire s’annulent : là où des satellites exigent brûlure minime de carburant pour demeurer immobiles par rapport à ce système. Deux en sont entièrement stables, les trois autres exigent des brûlures périodiques pour s’y tenir en équilibre.

Des navettes spatiales télécommandées à longue portée, des citernes de carburant, des atterrisseurs sur les surfaces planétaires aux deux  bouts du voyage, aussi des véhicules vides réservés pour le voyage de retour : de tels véhicules pourront être garés à loisir, amarrés en orbite ou entreposés sur des planètes lointaines pour usage ultérieur. Des grands vaisseaux spatiaux contenant des massives charges utiles pour but d’exploration, aussi des raffineries de nécessités de vie ; ceux-ci pourront satelliser autour d'objets célestes sinon atterrir (aplanêtir ?) doucement sans équipage humain. Des charges utiles modulaires et non pilotées pourront errer vers d'autres planètes sur des transits lents et paresseux. Ces véhicules écourteront peut-être leurs trajets de fusées chimiques ou ionisées avec des accélérations de gravité et des évolutions au vent solaire.

D’autres études qui peuvent valoir la peine : le replacement en orbite optimale interplanétaire de comètes et de météores capturés et minés afin de construire des bases exploratoires, minières, de réparation, de secours et de transbordement. Ils attendront là des véhicules beaucoup plus petits, rapides et spécialisés pour le passage d’êtres humains. Ils seront bâtis plutôt comme des voitures rapides blindées, imperméables aux rayons cosmiques et se servant probablement de nouveaux appareils protecteurs, de couches protectrices de cellules vivantes saturées de mélanine, voire encore de simples murs d’eau, de glace et de métal.

Ce plan davantage relaxe d’évolutions durant des décennies et des générations au lieu de mois et d’années, il éliminera la nécessité d’un véhicule construit en paquet complet : de soutien de vie, d’exploration et de rentré, portant une petite équipe humaine dans une seule navette très coûteuse, épluchée jusqu’à l’os et triplement sécurisée.

L’agence aérospatiale américaine (NASA) contemple déjà la production de carburant à partir des sables oxydés de Mars. Elle a prévu d’étuver à coups de soleil le limon lunaire et sa glace afin d’en extraire de l’énergie et de la céramique. Selon le journal russe, Izvestia, le gouvernement américain a prévu ramasser de l’helium-3 depuis la surface lunaire qui en retient beaucoup, et l’expédier à la Terre où c’est très rare. On le prétend être un combustible un peu moins dangereux dans des réacteurs à fusion. Il semble moins onéreux de le procurer depuis la lune que de tenter son raffinement sur la terre qui n’en retient que des traces. http://www.hindu.com/2004/01/26/stories/2004012600601500.htm.

Des échangeurs thermiques harnacheront l’énorme différentiel calorique entre des surfaces ensoleillées et celles ombragées dans le vide — sur la lune par exemple. Les voyages spatiaux nous enseigneront des astuces inédites que nous ne pourrions apprendre nul part ailleurs.

Une option peut-être préférable serait de limiter l’exploration spatiale à quelques sondes automatisées de reconnaissance et au placement de satellites orbitaux pleinement fournis pour usage ultérieur, du moins jusqu'à ce que nos méthodes et technologies ne se soient rendues un peu moins rudimentaires.

 

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