- D’OUTRE DARWIN -

 ENGLISH VERSION      

 

SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

Et si nous démontions le développement évolutionnaire en cinq étapes ? L'origine des espèces, par Charles Darwin, m’a suggéré ce projet. A la fin de son chapitre sept, « Objections diverses à la théorie de la sélection naturelle » il écrit :

 

« Des variations abruptes et fortement marquées paraissent dans nos productions domestiques, singulièrement et par intervalles temporels plutôt longs. Si elles eurent lieu dans la nature, elles risqueraient d’être perdues par des causes accidentelles et par l’entrecroisement. Pour qu'une nouvelle espèce puisse paraître subitement, il est presque obligatoire de croire, contre toute analogie, que plusieurs individus fantastiquement transformés seraient apparus simultanément dans le même district [ces italiques, les miens.]

« L'embryologie enregistre une forte contestation contre la croyance en changements abrupts. L'embryon sert comme dossier des préalables de l'espèce. Ainsi aux étapes préliminaires celles-ci ressemblent fréquemment aux formes disparues de la même classe. Il est difficile de croire qu'une bête ait subi des transformations abruptes sans porter la moindre trace de modifications subites de sa condition embryonnaire, chaque détail s’étant développé par étapes de finesse imperceptible.

« Celui qui tient à ce qu'une ancienne forme ait été précipitamment transformée par une force ou tendance interne, il sera contraint de croire que de nombreuses structures admirablement adaptées aux autres parts de la même créature, ainsi qu’aux conditions environnantes, furent subitement créées ; il ne pourra assigner même l’ombre d'une explication pour cette coadaptation complexe et merveilleuse. » [Nota : à l’exception peut-être de la maladie.] Charles Darwin, The Origin of Species, (L'origine des espèces), abrégé et édité par Charlotte et William Irvine, 1978, Frederick Ungar Publishing Co., p. 61.

 

Dans l’absence de clarifications additionnelles, la théorie de Darwin échoue sur des récifs de détails scientifiques tracés depuis. Sa théorie évolutionnaire s’appuie sur cinq points.

 

1.      Toutes les espèces engendrent une descendance en excès du nombre en mesure de survivre.

2.      La population d’adultes d’une région a tendance à rester constante, et il y a donc une mortalité énorme. (La majorité des biologistes estiment la première partie fautive, la seconde, largement correcte.)

3.      Il doit y avoir une lutte de survie que perd la majorité des créatures.

4.      Ces concurrents varient selon beaucoup de petites particularités qui influent leur chance de survie.

5.      L’issue de ces quatre préalables, c’est que l’organisme le mieux adapté pour survivre ces conditions transmet ses traits avantageux aux générations suivantes.

 

Pris de Doomsday : The Science of Catastrophe (La fin du monde : La science de la catastrophe) par Fred Warshofsky.

 

Gordon Rattray Taylor résume les embarras de Darwin dans son livre, The Great Evolution Mystery (Le grand mystère de l’évolution.) Je prends cette cotation du livre de Michael Crawford et David Marsh, The Driving Force – Food, Evolution and the Future (La force motrice – nourriture, évolution et avenir.)

 

·         La soudaineté [aux paléontologues, « soudain » veut dire agissant dans quelques millions d’années] avec laquelle d’importantes transformations de modèle ont paru et l’absence tangible de restes fossilisés depuis l’ère où ils sont dits avoir évolué.

·         La soudaineté avec laquelle des nouvelles formes ont « rayonné » dans de nombreuses variantes.

·         La soudaineté de beaucoup d’extinctions et leur manque de cause apparente.

·         La récurrence de transformations qui demandent beaucoup d’innovations coordonnées autant au volet des organes qu’à celui de l’organisme complet.

·         Des variations dans la rapidité avec laquelle l’évolution a eu lieu.

·         Le fait qu’aucun phylum ne soit apparu ensuite ni classe ni ordre. Ce fait si intégralement ignoré peut être l’argument le plus vigoureux à l’encontre de la généralisation de Darwin.

·         L’occurrence d’évolutions parallèles et convergentes selon lesquelles des structures semblables évoluent dans des circonstances plutôt dissemblables.

·         L’existence de tendances à longue portée (l’orthogenèse.)

·         L’apparition d’organes avant qu’ils ne se prouvent nécessaires (la pré-adaptation.)

·         Le fait de « dépassements » ou d’emportements évolutionnaires (comment des organes autrefois utiles se sont-ils surdéveloppés tels que les broches de tigres aux dents de sabre et les bois d’élans irlandais ?)

·         Le casse-tête suivant : comment des organes, une fois évoluées, sont parvenus à se perdre (la dégénérescence.)

·         Le manque de la part de quelques organismes d’avoir évolué du tout.

 

Bien que de nombreuses maladies ont amplifié la mortalité, quelques infections ont pu avantager leur hôte. Des agents pathogènes « domestiqués » ont-ils pu introduire des cellules spécialisées dans les corps en étant infectés : immunitaires, digestives, neurales et d’autres — bien qu’aucune n'ait existé auparavant ? Auraient des microbes mutagènes rendu une nouvelle mutation transmissible par legs ? Des tumeurs bien adaptées se sont-elles transformées en mutations physiques ? De l’ADN dit « de rebut » sinon de provenance extérieure, aurait-il pu être « rallumé » ou « injecté » dans une espèce hôte en étant démunie auparavant ?

Ces suppositions ont été congédiées comme des hérésies et renvoyées sous des rubriques aussi maladroites que « l’endosymbiose » et « le transfert horizontal de gènes dans l’eucaryote. » Des scientifiques ont à peine reprise l’étude d'oncogènes, de transposons, de plasmides, de plasmagènes et d’épisomes : des caisses d'épargne, bureaux de poste et réserves d’échange microscopiques et organiques dont les couloirs sonnent de la complexité des rapports sexuels de l’ADN.

Nos corps seraient-ils des « nuages bactériens ? » des navettes aux étoiles à générations multiples, construites avec, par et pour ces micro-organismes afin de transporter leur ADN (soi-disant « de rebut ? ») en sécurité et confort admissibles à travers de monstrueuses étendues d'espace-temps : de ton fauteuil au réfrigérateur, disons, sinon à l’autre bout de la galaxie ?

Une théorie de mutation adaptative par voie de procédés bénins de maladie pourrait réconcilier de nombreuses disputes entre des gradualistes et des catastrophistes évolutionnaires.

Des catastrophes environnementales ont pu affaiblir le système immunitaire d'espèces dominantes et induire des pandémies de mortalité surélevée, de différenciation dans l'espèce et d’impulsion génétique. Après de tels désastres, des troupeaux entiers ont pu ou se métamorphoser en une nouvelle espèce viable ou être annihilés. Puisqu'ils auraient tous étés atteints simultanément, leurs descendants auraient sauté l'étape « intermédiaire. » Un tel procédé évolutionnaire de fatalité sélective est modelé dans La coopération mutuelle de Kropotkine.

Il est d’ailleurs intéressant de noter que des espèces jouissant d’une longue histoire de stabilité génétique semblent avoir développé de l’immunité relative contre de nombreuses maladies : requins, mollusques, lichens, champignons et ginkgos (?) Des spécialistes scientifiques devraient en prendre note.

Ce plan évolutionnaire a pu établir le dossier fragmentaire de fossiles qui déconcerte nos paléontologues. Il ne nécessite aucun « lien disparu » que les darwinistes insistent à prédire et manquent la plupart du temps de trouver : une très mauvaise augure pour leur théorie.

Par contre, le comportement paraît avoir évolué sous des influences environnementales, traçant un chemin plutôt graduel et lamarckien. Lors d’un bouleversement environnemental, certains déviants auraient été frappés d’une sorte de démence, et cette nouvelle folie, qui augmenta le succès reproductif de leur espèce, fut adoptée par la progéniture subséquente et donc retenue dans la mémoire de l’espèce.

Quelqu'un peut sembler agir de manière démente, mais cette folie pourrait constituer un facteur de survie lors de bouleversements imprévus que des simples « normaux » ne sauraient survivre. Quand le chaos surgit, une réponse déviante peut se prouver plus efficace que celle normale.

 

Une espèce a rarement été exterminée par la prédation, la maladie endémique ou la compétition sélective ; plutôt à cause de perturbations massives dans son écologie : impacte d’astroïde, volcanisme, époque glacière, inondation ou sécheresse de longue durée, empiètement humain, etc., suivi de pandémies fatales déclenchées par le rabais quasi-universel d’immunité.

Ensuite, quelques survivants ont remplacé la masse des péris puis se sont multipliés pour remplir les lacunes. Leurs particularités partagées sont devenues des « mutations darwiniennes » mais n’auraient pas nécessairement rendu leurs possédants « plus capables. » Au contraire, elles auraient renforcé la norme statistique des traits de l’espèce dans ce poigné de survivants. Des individus exceptionnels, aux traits rarissimes les mieux rompus à un milieu particulier, auraient pour la plupart disparu avec la majorité. Seulement des environnements continuellement instables et fatals en quasi-permanence auraient promu de tels mutants radicaux, exception faite de plus nombreux cas d’annihilation intégrale.

 

La planète a attrapé un rhume et c’est nous qui le sommes.

Pour comprendre notre place dans l’arrangement des affaires, pense à l'humanité comme à un pathogène de la terre : ni son dominateur, ni son seigneur, ni même son gardien raté. Tels que la plupart des organismes de maladie, nous avons évolué à travers une succession de rapports avec notre hôtesse naturelle. Chaque population qui n’aurait pas gravi au palier supérieur dût décroître dans celui inférieur et languir en obscurité indolente sinon disparaître.

Quelqu’un m’a suggéré que les petits traversent des stages semblables vis-à-vis de leurs parents. N’ayant pas élevé d’enfants lors de cette tournée de ronde, je ne me hasarderais pas là.

 

Au premier palier, l’organisme reste frêle, simple et inadapté ; il ne survit que dans des circonstances optimales. Opportuniste, il n’obtient prise périlleuse que dans des niches vides et des hôtes affligés d'immunité épuisée. Sa croissance est lente ou statique ; sa défaillance la plus grave, c’est sa simplicité. La perturbation la plus éphémère le menace d'annihilation.

 

Au deuxième, l’organisme, maintenant beaucoup plus costaud, envahit un nouvel hôte, accable ses défenses et le tue par sa croissance explosive. L'envahisseur se suicide en se multipliant trop excessivement pour son habitat.

Dans quelques décennies, la peste a abattu presque la moitié des Européens. Le taux de croissance humaine s’est aplati pendant un siècle, jusqu'à ce qu’un certain mécanisme inconnu n’ait mis fin à ce saccage. Après tout, aucun survivant n'en acquit l’immunité. Tous les rats urbains ont-ils expiré ensemble ? Actuellement, on me dit qu’il n’y eut jamais assez de rats dès lors (selon leurs restes fouillés) pour assurer leur rôle de vecteur. Aussi devons-nous éclaircir beaucoup de légendes d’apparition de spectres masqués et voilés en noir, agitant ce qui semblait être une faux, juste avant l’écroulement de bourgs entiers, de la peste.

 

La différence principale entre les Paliers Un et Deux, c’est que les deux participants – hôte et pathogène – ont changé de places sur la balance des pouvoirs. De toute façon, l’un se trouve presque toujours diminué par le déclin de l’autre.

 

Au troisième palier, un organisme davantage élégant contrôle sa croissance, atténue ses effets nuisibles et accepte les pertes encourues de la part des défenses de son hôte. Lui et son microbe pathogène survivent pour se reproduire, bien que ni des deux ne puisse s'épanouir autant qu’auparavant.

La syphilis prit cette voie pendant la renaissance, ainsi que la grippe vers la fin de la première sic guerre mondiale (et bientôt de suite, il semble.) Ils se sont mutés – de subtils pilleurs d’enfants, de faibles et d’âgées – en tueurs d'emballement d’adultes robustes, puis de retour. Qu’elles et d’autres maladies aient pu répéter de telles transitions longtemps auparavant, cela ne change pas l’actualité.

 

Au quatrième palier, tant qu'évolue un agent infectieux, il cultive un rapport symbiotique avec son hôte. Les symptômes de maladie qui restent bénéficient autant l'hôte et l'envahisseur ; ses effets positifs et négatifs tendent à s’équilibrer.

L'anémie des cellules en faucille améliore l’immunité de son hôte contre le paludisme: peut-être la maladie humaine la plus fatale. Au fait, des fièvres de paludisme ont cautérisé quelques cas de syphilis et pourraient contrecarrer d'autres maladies.

Un compte de fond constant d’anciennes maladies humaines, vigoureuses mais faiblement mortelles, repousse des organismes de descendance plus récente, encore plus fatals et pour autant susceptibles. Dans l’absence de l’autre multitude microscopique et concurrentielle, les pires nouveaux-venus pourraient abattre l’humanité pendant quelques semaines de fléau. Partout sur terre, c'est-à-dire à l’exception des biolaboratoires militaires : là où de tels organismes sont choyés, consolidés dans un milieu stérile mais farci d’aliments et appris des astuces fatales. Voir les paliers un et deux en haut.

 

Au cinquième palier, l’utilité augmentative d'un organisme très élégant surmonte le mal qu’il peut infliger. Sous ses douces influences, des nouveaux organes internes apparaissent comme de godets additionnels dans un cornet de glace. Ils logeant des fonctions neuves, peut-être en tant que tumeurs bénignes. L'infection bâtit sa nouvelle demeure dans le corps renforcé de son hôte. En échange de cet avantage de survie, les gènes de l’hôte se mutent et se reprogramment. L’infection et son hôte se fusionnent de façon génétique dans un frai plus complexe et mieux adapté.

C’est de la sexualité entre les royaumes biologiques ! L'aboutissement de cet acte sexuel, (elle ne peut être désignée autrement, bien qu'une telle idée soit taboue selon le dogme scientifique actuel) c'est une nouvelle entité plus forte que la somme de ses constituants.

Prenez ça, vous autres darwiniens qui vouent les perdants au diable ! Contestez-le comme il vous plaira !

 

Le palier de maladie que maintient l’humanité avec la terre bascule entre celui deuxième et troisième. Nous avons reçu notre diplôme de traverse du premier au deuxième en apprenant l'utilité des armes et des outils. Notre transition au troisième marquerait une augmentation nette dans la complexité civilisée au-delà du seuil limitatif et simplificateur de la technologie d'armes.

Nos gérants d'armes ont néanmoins ignoré nos débordements de population, l'épuisement de nos ressources et l’atteinte à notre environnement. Ils ont remplacé notre graduation prometteuse au palier trois avec les préparatifs techniques, sociales et morales pour l'omnicide (faites périr l’ensemble !) : le seul avenir que permet leur hypnose d'armes.

Le surpeuplement humain du palier deux, c’est un désastre complexe pour la terre, qui promet de nous achever avec notre civilisation entière, ainsi qu'une colonie de pathogènes primitifs s’éteindrait en irritant son hôte au-delà du seuil de sa tolérance.

De toute façon, voici la suite usuelle d’avoir évolué jusqu’au palier cinq. A la suite d’une longue pause confortable de stase adaptative partagée par ces symbiotes nouveaux parus, une nouvelle crise génocidaire leur met à l’épreuve et leur ramène soit à l’annihilation soit au premier palier.

 

L’élite d'info a évolué avec ses hôtes prolétaires à travers les paliers de maladie notés en sus. Quoique semblant puissants, les riches et dominants sont au mieux en transition entre les paliers trois et quatre par rapport aux pauvres : les bienfaits qu'ils ont réalisé ne compensant qu'en partie leur maladresse innée. La moindre infraction de la paix menace de nous traîner tous, nos têtes tambourinant les pas d’escalier, jusqu’aux paliers inférieurs et à la destruction.

 Si nous nous rassemblions au quatrième palier et engendrions une commune de biens d’info en voie au cinquième, nous pourrions encore espérer faire fortune. Les transitions à venir, entre des paliers plus élevés, nous sembleront presque instantanées comparées aux milliers d’années gaspillées en vacillant entre ceux d’un à trois.

 

Ainsi de même, la communauté dissidente s’est maintenue aux paliers trois et quatre vis-à-vis des conspirateurs de convoitise.

Son premier palier se perpétua jusqu’à l’ère des prophètes quand des martyrs de paix isolés (Bouddha, Zarathoustra, Mani, Jésus, Mohammed et une masse innombrable de défunts anonymes) ont festonné, eux et leurs adhérents, des carrefours impériaux avec leurs corps cassés ou calcinés. À ce palier, l’élite d'info locale revalida sa mentalité d'armes en distordant leurs enseignements et propos au seuil de la mort et en transmettant ces faussetés à la postérité comme des vérités sacrées.

 Le palier deux fut franchi quand des dissidents paumés d'armes ont rendu KO le corps politique en décomposition de technologies d'armes royales et impériales. Ils n’ont su que faire ensuite, ne s’étant aperçus que d’un système injuste qu’ils devaient renverser. Comme nous, ils ont confondu les indices élémentaires de cette maladie sociale (tyrannie, corruption et avarice) avec sa cause principale (la mentalité d’armes) et ont tenté de les supprimer à l'aveuglette. Ensuite ont-ils ingéré ces mêmes toxines et normalisé leurs manifestations — les institutionnalisant, perpétuant, modernisant et perfectionnant de ce fait.

Inclues ici : les révolutions agricoles urbaines, juive, chrétienne, islamique, capitalistes, industrielles, américaine, française, communistes, fascistes et anticolonialistes. En bref, toutes ces révolutions circulaires, à court-circuit, de rétrocontrôle positif et d'aboutissement velléitaire que l’histoire s’est prise la peine d'enregistrer.

La civilisation moderne souffre de saccades entre les paliers trois et quatre. Des directeurs et dissidents d'armes s’éraflent sans rime ni raison alors que le surpeuplement, le compte des cadavres, l’industrie insoutenable et la destruction environnementale débordent tout autour.

Les Apprentis parviendront au palier cinq une fois qu’ils auront saisi la dialectique d'armes et de paix, subordonné la mentalité d'armes et rétabli la souveraineté légitime de la paix globale. La plupart de ces débordements en seront contenus de leur propre accord.

Tout ce qui nous retient encore, c'est notre frayeur collective de la paix.

 

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