- LA SCIENCE DES APPRENTIS -

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SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

« Une nouvelle vérité scientifique ne triomphe pas en convainquant ses adversaires et en leur illuminant l’esprit mais parce qu’ils périssent en fin de compte et une nouvelle génération grandit en étant familière. » Max Planck, pris du livre de Robert Greene, The 48 Laws of Power, (Les 48 lois du pouvoir) Penguin Books, New York, 1998, p. 398. Dont j’enfreins les règles avec allégresse sur chacune de mes pages, portant atteinte en toute probabilité à mon succès mondain. Et alors ?

 

Je me mets à grand risque en exposant à la culture d’armes l’antinomie d’armes et de paix avec les formules de menace et du fauteuil. Pourquoi ? Parce que ces hypothèses forment les éléments d’une grande théorie qui prétend expliquer la vie sociale, l’histoire et l’expérience humaine en prenant le tout en compte.

Les sciences politiques et sociales, comme les autres couramment conçues, reposent sur l’empirisme et le positivisme : l’avis que la connaissance n’est envisageable qu’en étudiant des exemples, des habitudes et des phénomènes isolés selon leurs particularités. De sorte que celles-là ont été bornées à un assemblage d’expressions souhaitables mais plus ou moins nébuleuses, tautologiques et contradictoires, offrant moins de valeur prédictive qu’un constat bâclé de météo : une inévitabilité quand on réprime la curiosité humaine.

Les sociologues préfèrent que cela perdure ainsi indéfiniment. Ils ne souhaitent ni le moyen, ni le motif, ni l’opportunité de décrire la mentalité d’armes de façon scientifique et donc de la dépiécer ainsi. Quiconque leur offrirait les outils nécessaires, leur tend une provocation effarante.

Soit que l’antinomie d’armes et de paix ait une valeur prédictive, ils la renvoient par torpeur, frayeur et tradition, comme si de telles attitudes avaient quoique ce soit à voir avec la vérité. Ça leur est sans doute devenu préférable : la renvoyer au lieu de l’étudier : l’habileté professionnelle et la pratique routinière parmi ces positivistes scientifiques. Manquer d’honorer cette censure, voire l'accepter sans grand enthousiasme, cela prescrit le bannissement professionnel qui n’auraient jamais eu lieu dans un univers géré par l’honnêteté scientifique.

Quelle différence y a t’il entre le dogmatiste religieux et celui scientifique, à part le perfectionnement scientifique de l’Etat policier et de sa puissance de feu auxquels ce dernier peut faire appel pour imposer ses convictions réactionnaires (sitôt singé par ses contemporains religieux en Iran, Birmanie, Cachemire et ailleurs, puisque des psychopathes parviennent à s'insinuer dans chaque croyance, idéologie, ethnie et nation ?)

Je te soumets que la valeur prédictive de cette antinomie peut briller plus vive que les candelas clignotantes des modèles courants. Je leur défie de la contester ou de la valider autant qu’ils en seront capables. Nous verrons si leur « désintéressement scientifique » en soit digne ou s’ils ne se soucient que du conformisme réglementaire de leur prochaine proposition de recherche.

 Je me vois forcé de poser cette question : pourquoi les résultats de la recherche scientifique au 21ème siècle n’ont-ils pas gardé le pas exponentiel des trois siècles précédents? Et ne me parles pas de telles conneries que « la révolution informatique » ; nous avons simplement ré-ingénié la roue par de simples rabâchages brutes, pour parfaire sa circularité au-delà du nécessaire. La réponse la plus probable, c’est que de telles lacunes s’expliquent pour les raisons qui suivent.

 

La différence principale entre la science des Apprentis et celle des gérants d’armes, c’est que la première embrasserait toutes sortes de découvertes et d’innovations alors que l’autre ne trouve que des moyens neufs de rénover la formule de menace et réprimer toutes celles qui lèsent à son statu quo. La science des Apprentis nous guidera dans l’abondance alors que celle d’armes ne mène qu'à la pénurie, la pollution et la stagnation mentale en échange d’armements plus nombreux et puissants.

Une fois que nos préjugés se saisiront d’un brin plus de subtilité, des découvertes inédites fleuriront. Les Apprentis pourront s’attendre à deux percées en mathématiques. La première clarifiera la théorie du chaos, nous aidant peut-être à déterminer la probabilité d'événements uniques. La suivante, non encore entrevue, réouvrira la voie impériale au moyen de la réécriture des mathématiques pour simplifier leur maîtrise.

Comme cela se trouve, une élite sacerdotale de mathématiciens bourre des ordinateurs puissants et de pesants tomes académiques de formules qu’une petite minorité puisse seule déchiffrer. Leurs meilleurs efforts à calibrer la réalité ne parviennent qu’à formuler une caricature brute et stérile du monde naturel. Le chemin impérial pourrait frayer une meilleure voie à travers cette ronce intellectuelle, aux Apprentis de suivre jusqu’à leurs pénultièmes découvertes.

La valeur-connaissance confondit le monde quand des réformateurs ont remplacé la bible en latin avec des copies écrites en vernaculaire déchiffrable par des laïcs. La voie impériale peut atteindre le même but quant aux mathématiques et sciences populaires. Des découvertes sans précédent pourraient en découler.

Ainsi que la presse d’imprimerie a transformé la pensée humaine ; la cybernétique, la réalité virtuelle, la reconnaissance mécanique des voix, la technologie d’abaque et l'énergie à l’échelle microscopique, propulsée par luminance solaire, voire par le pouls et la chaleur corporelle de l'utilisateur, toutes pourraient nous aider à dépêtrer les pires de nos ornières intellectuelles.

Qui plus est, les enfants à venir jouiront d’un jeu numérique enseignant des mathématiques – aussi passionnant que nos jeux de tireur en première personne – qui les subtilisera à s’enseigner des mathématiques jusqu’à leur ultime palier de compétence. Plus jamais des corvées en maths : seulement des jeux à apprécier et des habiletés dont se vanter. Qui plus est, presque tout le monde sera à l’aise avec le savoir-faire des maths.

 

Nonobstant les nombreuses malfaçons de la technologie d’armes, elle a inoculé ses praticiens médiévaux contre leurs pires superstitions. Ils ont dû tâtonner le long de rebords alarmants de science et de technologie surplombant une terrible grouille de gargouilles. En effet, ils sont allés trop loin. Ils ont distordu en de simples chimères certains phénomènes surnaturels qu’ils n'ont pas pu exploiter illico alors qu’ils fabriquaient davantage d’armes et de meilleures depuis les restes.

Durant notre ère tyrannisée par la science, nos technologies d’armes ont pris des enjambées si au-delà de notre entendement qu'elles ont confondu même des directeurs scientifiques tels que Robert McNamara. Leurs sauts quantiques nous ont menacés d'annihilation. Peux-tu imaginer quelle sensation serait engendrée par l'explosion d’une mégatonne de dynamite, sinon la réplique de la civilisation industrielle quand (très bientôt) il n’y aura plus assez de pétrole pour tout le monde ?

La science biologique se mute en une « science dure » (hard science) parce que ses chercheurs promettent de fabriquer des armes horripilantes à partir de matières vives, comme ceux précédents l’ont réussi à partir de celles inanimées.

Ainsi devrons-nous rendre nos recherches davantage holistiques et moins réductives, nous rafraîchir l’inspiration à coups d’intuition, d’instinct, de perspicacité particulière et de mémoire primale. Il n'est plus question d'abandonner une école de pensée pour l'autre mais de les intercaler sans endommager ni l’une ni l’autre et d’institutionnaliser cette fusion parmi les Apprentis.

Des nouvelles technologies élégantes pourront émerger d’études intensives faites de lignes spectrales, de gaz nobles qui devraient être dans nos cieux mais n'y sont pas, d’aurores, de l’électricité statique et de la foudre.

L'énergie fulgurante est davantage disponible dans les tropiques. Des nations parmi les plus pauvres actuellement pourront harnacher cette richesse énergétique pour développement local et monoculture d’exportation. Celles-ci favoriseront la recroissance de forets d'apogée pour récolter de l'énergie meilleur marché. Osmar Pinto, du Groupe d'électricité atmosphérique de l’Institut brésilien des études de l'espace, doit élargir l’étendu de ses études, ainsi que le doivent d'autres Apprentis de la foudre. Est-ce qu’ils parviendront à alimenter des villes futures ceinturées de foret d’apogée ?

Comment osons-nous nous prétendre civilisés quand nous faisons si industrieusement puer l'air à respirer ? Des chimistes obscurs acquerront leur immortalité en rendant moins fétide les moteurs de diesel et en remplaçant la technologie de combustion interne.

Des mentors d'histoire démontreront bientôt notre primitivisme simplement en réchauffant quelques gouttes de gazole en classe et informant leurs élèves écœurés que toutes nos villes puaient comme ça de jour et de nuit.

Le pauvre Dr Diesel ne doit pas attraper trop de blâme pour la puanteur de son invention. Lui y brûla de l'huile d'arachide pendant l’exposition universelle de 1900 à Paris. Il souhaitait motoriser tous les domaines sur terre (ceux en Afrique et en Asie inclus) cent ans en avance, ainsi que Ford rêva de vendre des voitures bon marché aux masses américaines quelques années plus tard.

En 1913, le Dr Diesel disparut par-dessus bord d'une embarcation pour l’Angleterre. Une affaire louche, sans doute ? Churchill et ses copains se sont arrangés pour que ces nouveaux moteurs brûlent du pétrole : un carburant minéral beaucoup plus toxique et coûteux. Ils ont mis en scène la motorisation des armées en disposant de son corps noyé. La marine de guerre des grandes puissances exigeait déjà du mazout. A présent, leurs armées en nécessiteraient de même. Que commence la tuerie sérieuse !

Semblablement en 1913, un ingénieur américain, Frank Shuman, offrit à l’élite coloniale de l’Egypte, Lord Kitchener inclus, une démonstration fonctionnelle de pompes à eau solaires. Ses appareils furent remarquablement comparables à ceux modernes. Hélas, la première sic guerre mondiale mit fin à de tels développements pour une autre centaine d’années. http://www.guardian.co.uk/environment/2011/dec/11/sahara-solar-panels-green-electricity

Les Apprentis à venir dévoueront des semestres à l’université pour évaluer notre « raffinement » professé, et encore plus longtemps pour s’expliquer nos problèmes de sans-abri, de fléau, de famine et de guerre. Espérons qu’ils ne trouveront aucune excuse admissible pour ces constants sordides de l’histoire d’armes. Ils les interpréteront peut-être comme de sanglantes mais incontournables pierres de gué amenant à la transition aux Apprentis.

 

Des anciens textes védiques indiens font allusion à des machines d’antigravité fabriquées de sphères en cuivre à l'intérieure desquelles des gyroscopes barattent de la mercure : des technologies hypothétiques qui seraent non nécessairement farfelues. Après tout, une pile électrique produit du courant direct à partir de feuilles alternatives de cuivre et de mercure, et une bobine de cuivre tourne autour d'un aimant pour produire du courant alternatif. Une interaction encore plus subtile, entre le cuivre et le mercure, pourrait-elle générer des ondes de gravité ? Pourrait-ce résulter de l’interaction d’une forte acide hydrophile et d’une puissante base hydrophobe, magnétisés à la même polarité afin de les maintenir séparés, et tourbillonnées en collodion avec un peu d’eau pure ? De telles recherches peuvent bientôt se prouver incalculables.

On devra se méfier du fait que l'application fautive de telles technologies electrogravitationnelles pourrait déformer et polluer la structure de l'espace-temps elle-même. Bien sur, notre surpopulation surindustrialisée a déjà réussi à saboter un climat global qui avait été optimisé pour le confort humain ; pourquoi pas démolir l’espace elle-même pendant qu’on n’y est ?

Peut-être également valable serait l’étude d'orgones supersensibles, empaquetées entre des couches de laine de pierre, (fibres de verre) pailles de fer et laines organiques (celles du coton ou de l’agneau.) Pendant les années 1950s et pour des raisons non encore expliquées, nos hiérarques scientifiques et judiciaires ont déclaré ces expérimentations taboues. Soutenus par la pleine force de la loi, ils ont assassiné en prison l'expérimentateur Wilhelm Reich, détruit son matériel, brûlé et interdit ses écrits. Même à ce jour, même dans les pays « les plus affranchis » l'inquisiteur est disponible depuis un petit coup de file.

La recherche de Nikola Tesla subit un sort comparable aux mains de barbares semblables. Après sa mort (assassinat par le commando nazi Otto Skorzeny ?) ses papiers de recherche au volume d’un fourgon ferroviaire furent confisqués par le gouvernement américain, consignés temporairement à un trou d’oubli puis tamponnés Secret d’Etat après la deuxième sic guerre mondiale et après leur revue par des scientistes nazis assemblés aux USA pour le Project Paperclip. Ces écrits pour la plupart n’ont pas été permis de reparaître à la lumière du jour depuis et Dieu sait quelle quantité fut simplement foutu en l’air, pareillement à ses structures.

 

 

L’eau est une substance aux attributs tellement mystérieux à sembler miraculeux. Ses propriétés moléculaires semblent contredire celles de base d’autres composés, elles semblent faites exprès pour soutenir la vie et obligatoires pour son existence. Elle parait être le cadre constant de la vie, si tu veux. Autrement l’ensemble des océans maritimes et atmosphériques serait-elle l’être vitale primordiale et nous autres, une biote à la dérive, de simples virus auxiliaires à la nage au-dedans ? Quels autres attributs l’eau retiendrait-elle que nous ne connaissons pas ? Par quel moyen pourrions-nous mieux nous y entretenir ?

Gerald H. Pollack, professeur de biophysique à l’université de Washington, a publié son livre fascinant : Eau, énergie et vie (Water, Energy and Life.) Ses recherches peuvent se prouver primordiales.

Du peu que j’en ai saisi, (j'ai auditionné sa conférence transmise sur la Chaîne des recherches en 2008, puis lu son livre) l'eau s’organise de façon autonome à son interface avec l'air ou une couche d’acide gélifié. Là, elle se transforme en une sorte de cristal liquide bien organisée, (cet état physique supplémentaire aux quatre autres reconnus : liquide, solide, gazeux et de plasma.) Elle maintient en cette interface une petite différence de tension électrique dans une couche de plusieurs millions de molécules. Cette «  zone d'exclusion » reste épuré des produits chimiques qui demeurent en solution avec l'eau au-delà de cette interface qui se maintient et s’accroît en profondeur par l’actionnement de la lumière solaire ou d’une autre source infrarouge.

L’équipe du Prof Pollack est parvenue à purifier de l’eau en solution de deux cents parties à l’une, simplement en tirant de l'eau pure depuis cette interface et en refluant celle adultérée dans un autre récipient    le tout actionné par de la simple lumière solaire sans autre filtrage ni barrière.

Il a proposé que la vie primitive ait pu s’organiser indépendamment dans cette interface de cristal liquide. D’autres recherchistes se sont penchés sur l'interface microscopique entre la surface de la mer et l’air, qui grouille de vie microbienne quand l’humanité ne le stérilise pas.

Ces résultats sont préliminaires et je n’ai probablement pas été assez clair. Pour en savoir plus, prier consulter Google quant à son nom et ses écrits.

 

Certains recherchistes scrupuleusement ignorées ont étudié des attributs singuliers de l’eau, capables de retenir et propager de l’énergie quand mise en vrille et propulsée à travers des turbines spéciales. Leurs résultats ont semblé presque mythiques : projetant de l’anti-gravitée et d’autres sortes d’irradiations insolites.

D’autres ont étudié des attributs hygiéniques de l’eau alpine qui, dansant du haut des monts, ramasse des molécules naturelles et les suspend dans une solution en collodion semblant lactée, aux attributs hygiéniques prometteurs. D’autres encore ont fait tourbillonner de l’eau dans une cuve en sens inverse à répétition et ont crée ainsi un élixir (sans autre ajout qu’une poignée de fumier âgé) aux attributs extraordinaires pour la fertilisation des plantes, l’attrait d’insectes bénéfiques et le renvoi de ceux nuisibles, contribuant à la santé générale du terreau et de ses cultives, aussi peut-être à la purification des mauvaises eaux ?

 

Au début des années 1800, l’électricité figurait comme un joujou pour quelques mandarins scientifiques sans application pratique. À présent, la collectivité industrielle n’existerait pas sans courants électriques coulant en direct ou en alternance à travers des milliards de circuits. Dans l’avenir proche, des nouvelles formes d’énergie aquatique pourront remplacer nos combustibles de fossile, réacteurs nucléaires et autres sources de courant électromagnétique. Cette nouvelle sorte d’énergie sera peut-être électrogravitique, hydrogravitique ou énoncée par un autre terme polysyllabique transcendant l’entendement actuel.

Celles neuves devront subir une étude intensive. Elles nous ont été aussi obscures que l’électricité l’était parmi les savants du 15e siècle. Eux, au moins, reconnaissaient la foudre, les aimants et l’électricité statique à partir de l’ambre et des soies. C’est à partir de là, en toute probabilité, que nous devrions renouveler nos recherches sérieuses, à la découverte de perspicacités fondamentales ratées jadis.

Nous ne reconnaissons rien de ces technologies de secours pour la civilisation humaine. Leur avènement pourra exiger le remplacement des gérances les plus cupides et réactionnaires dans l’histoire, comparées auxquelles les anciens despotes figuraient comme des progressistes d’esprit émancipé. La nécessité sera d’une suite de miracles technologiques, de technologies miraculeuses et d’une gérance concordante pour sevrer la civilisation corporative industrielle de son ornière de combustible de fossile sans affamer et geler des millions, peut-être des milliards à mort en ce faisant — quand s’éteindront leurs chaufferies et lumières et cesseront de rouler en ville les camions de nourriture pris comme allant de soi. Toutes ces technologies dont nous sommes dépendants, elles se rendront secondaires comparées à celles à peine imaginables à ce jour, dont pourront dépendre la survie de la civilisation entière.

L’heure est venue pour les monopolistes d’énergie de fossile et du nucléaire de s’ôter du dos de la communauté scientifique, cesser de dicter l’admissibilité de ses recherches selon leur dogme et soutenir la prochaine génération de technologies qui rendront obsolète le carburant de fossile … avant que celui-ci ne s’épuise et non après.

On aurait dû initier ces travaux au sérieux il y a une cinquantaine d’années et parvenir à ce moment à des technologies alternatives mures. Il est peut-être trop tard pour mettre ces technologies en œuvre avant que des masses humaines ne souffrent de la faillite du carburant et de ses technologies, aussi de ne pas les avoir remplacées à temps.

Ceux responsables pour ce délai auront à répondre en personne pour les pertes que leur avidité occasionnera à l’humanité. Une guerre civile planétaire pourrait découler de cette confrontation toute seule — entraînant leur perte à long terme, puisque l’écrasante majorité de l’humanité les opposera. Ils doivent changer d’avis radicalement et vite, se rendre en points de lance de nouvelles recherches alternes de sources d’énergie afin d’éviter le sort des tyrans de rapacité précédente.

L’autre option – celle du routier Mad Max : notre banqueroute culturelle, technologique et sociale aux mains d’une gérance la moins méritoire de ce titre – elle ne vaut pas la peine d’être contemplée.

Il n’y a pas de mauvaises troupes, seulement des mauvais officiers.

Comme il se trouve, nous refoulons les enveloppes de la stabilité écologique et de l’endurance humaine. Ce que ces industriels et militaires tentent de réaliser me rappelle une blague au sujet d’un individu qui se jeta du haut d'un grand bâtiment. Lors de sa chute devant une fenêtre au vingtième étage, on l’entendit marmonner, « Pas mal, jusque-là. »

 

« Wallace Broecker, un savant de la circulation océanique à l’observatoire terrestre Lamont-Doherty dans l’Etat de New York, décrit à perfection la situation actuelle en observant que : "Le climat, c’est comme une bête féroce qu’on taquine avec une branchette." » De Bill McGuire, Est-ce que le réchauffement de la planète déclenchera une époque glacière ? Du journal The Guardian, le 13 Novembre 2003.

 

Une autre expérimentation sociale serait de planter les jeux olympiques là où la guerre menace d’éclater. On l’organise à présent dans les villes les plus riches, les plus tranquilles et les mieux policées : là où son potentiel paisible reste obscurci. Les Apprentis s’en serviront pour étouffer la violence organisée locale, comme s’en sont servis les anciens Grecs.

Pendant de tels jeux, des seigneurs de guerre en localité seront tenus à soutenir la paix sous un minutieux examen public. Ils se rendront en stars internationales si leurs efforts portent fruit et en parias s’ils n’en parviennent pas. Athlètes, reporters et spectateurs, tous devront vivre comme des héros : se rivaliser dans des villes de tente, sous le feu et périssant comme martyrs si nécessaire. La reconstruction et la réconciliation y seront renouvelées avec obstination provocante.

Si ces projets ratent et la violence persiste, un massif embargo international suivra. Les natifs auront à épuiser leur penchant de violence isolés du restant du monde puis recouvrer leur sagesse. Leur brutalité de masse pourrait s’alanguir quand l’opinion mondiale se mettra à condamner quiconque ose interrompre ces jeux sacrés. Ils se muteront à nouveau en un service culturel pour la paix. Plus jamais les spectacles sans signifiance dont on s’est habitués : d’insipides statistiques sportives, de chauvinisme national et de publicités écervelées.

Des détracteurs réactionnaires peuvent évoquer les jeux olympiques à Sarajevo en 1984 quelques années avant que la guerre civile n'ait saigné la Yougoslavie à blanc. Cette ville s'est trouvée assiégée, bombardée et ruinée. Le cosmopolitisme pour lequel sa populace fut célèbre ne s’est jamais rétabli complètement.

Un tel projet peut être jugé sans valeur, étant donné le modèle tragique de Sarajevo en défaillance : le conflit ethnique latent n’y fut pas traîné dans la lumière du jour et aucun débat public n'a poursuivi des stratégies de résolution avant que celui-ci n’éclate en guerre. Tous ces détails chiants furent submergés dans des torrents de balivernes olympiques — rien que pour émerger quelques années plus tard dans la forme de génocide qu’on aurait pu éviter.

L’agencement olympique des Apprentis aura pour but exactement l'opposée : davantage d'applications à la résolution des conflits locaux et beaucoup moins aux mièvreries, balbutiements sportives et publicités criardes.

 

L'énergie dont dispose l’humanité se multiplie en fonction de nouvelles technologies imprévues de paix — non seulement en mettant plus de moulu sous la charrue ni en brûlant aveuglément davantage de combustible de fossile.

Des fermes expérimentales, imitant celles néolithiques, sont parvenues à la même productivité par arpent que l'agro-industrie moderne, sans massives entrées de produits chimiques, destruction mécanique du sol ni réserves de graine trop bien apparentée. Le secret semble résider dans la caresse du terreau poignée par poignée. N’aurais-tu pas remarqué à quel point un jardin luit après avoir été manié centimètre par centimètre carré ? Ce jardin brille, semblant avoir été fait l’amour.

Ça, puis la cultive astucieuse des microbes souterrains aussi intensive que celle historique des plantes par-dessus terre.

Mais la cultive industrielle épuise la fertilité naturelle du terroir. Ce ne sera que l'application religieuse de labeur intensif, d’attention à l’écologie microbienne et de concentration psychique à la Findhorn qui sera capable d’augmenter la productivité du sol sans plus d’entrées artificielles. Cette forme de cultive est esquivée par les corporations agronomes et ne sera vraisemblablement praticable que par des petites fermes familiales.

Peut-être reprendrons-nous la consommation modérée d’espèces sauvages ? La nature « inaltérée » soutient beaucoup plus naturellement des herbivores sauvages que ceux domestiqués, maladifs et dépendants pour leur nourriture. Leurs traces de sabot, précipitées par la prédation, pétrissent  le terreau à perfection et leurs déchets rendent la fertilité au sol au lieu de l'éroder en tant que polluants artificiels qui eutrophient des voies d’eau. La végétation native dont ils s'alimentent est mieux adaptée au climat local et résiste aux animaux nuisibles en localité sans grande nécessité de transformation génétique. Nous pourrions profiter de cette robustesse naturelle. Une nouvelle culture de chasseurs-glaneurs pourrait moissonner des ressources sauvages dans des écosystèmes restaurés à leur apogée. Cette transformation nous permettra de cesser de murer des bestiaux de nourriture en fermes d'usine.

Il se pourrait que du bétail de nourriture entretenu à la ferme puisse devenir non seulement obsolète mais tabou et une sorte de végétarienisme, la norme nutritive peut-être suppléée par la consommation d’insectes, de microbes ou de protéine poussée en laboratoire. Dans une génération ou deux, des gens pourraient même arriver au point de se rendre malades à l’idée d’ingurgiter de la chaire animale, tout comme si elle était humaine.

Entre temps, la science incite de nouveaux désastres en tentant de réduire des espèces naturelles en marques commerciales. On ne peut qu’espérer que cette tendance insensée soit renversée.

L’Irlande aux longues souffrances – pour ainsi dire la première et dernière des colonies abusées de la Grande-Bretagne – a subi sa grande famine pendant une des premières expérimentations en monoculture industrielle. Alors que des propriétaires britanniques ont exporté sous garde armée sa récolte diversifiée, la seule alimentation du paysan irlandais, ses pommes de terre, a pourri. S'ensuivit une famine massive. Pendant les 1840s, sa population décrut par moitié à cause de famine, de fléaux et de départs désespérés. À propos, encore plus de soldats irlandais qu'anglais s’inscrirent dans l'armée britannique pendant les 1830s.

En accordant priorité à la monoculture industrielle aux Etats-unis comme ailleurs et en dépossédant des agriculteurs familiaux, on s’apprête à des attentats terroristes en contrecoup vengeur — sans parler de la simple multiplication des suicides de cultivateurs. La consolidation du terrain par des grandes entreprises commerciales a ruiné le petit propriétaire agronome à travers la planète. Des catastrophes encore pires menacent donc de surgir : des pandémies de fléaux et de rouilles tombant sur quelques grandes récoltes, des émeutes de chômage, des goulots de nourriture et la famine de masse.

Le suicide de fermiers à déjà atteint des proportions pandémiques en Inde, aux USA et ailleurs sur Terre.

Le bombardement au camion piégé du bâtiment fédéral à Oklahoma City en 1995 est échu en partie à cause de programmes massifs de crédit foncier qui ont fini par ruiner la plupart des fermiers familiaux dans la région et incorporer leurs terres saisies dans des tenues d'entreprise. Quelques fermiers désespérés se sont tournés vers des organisations d’extrémistes ; eux à leur tour ont dégourdi des fanatiques comme les bombardiers de cette ville.

 

 

Un nouveau chantier scientifique de biomime peut dévoiler des nouvelles biotechnologies guidées par des védas. Des architectes génétiques adapteront des coraux, des planctons et des algues marines aux exigences du bâtiment et de l’industrie.

Somme toute, une communauté de tissus refaits pourrait servir pour fabriquer des logements tout prêts. Des entrepreneurs verseraient des organismes préconçus en solution dans un cadre avec leurs éléments nutritifs. Ceux-là les métaboliseraient, se dessécheraient et s'éteindraient dans quelques jours. Le restant « squelettique » (un peu comme les restes durs du corail, de l'os ou du bambou) pourrait offrir :

 

·      des matières de construction d’une robustesse et d’élasticité exceptionnelles ;

·      des appareils aux attributs optiques, de contrôle d'humidité et autres ; aussi

·      des ensembles de circuits électroniques de complexité, de délicatesse et de miniaturisation sans précédent.

 

Plusieurs capacités pourront être posées dans le même assemblage en couches de divers organismes et de mélanges d'éléments nutritifs. Des clones de ver à soie et d’araignée peuvent produire du câble optique, des textiles neufs et des microfilaments d'utilité extraordinaire. Dans le bâtiment, un organisme d'accroissement accéléré pourrait remplacer le bois moulu et le tissu d’isolement inorganique ; l’architecture génétique, transformer les communications, la fusion froide, l’énergie physiologique et solaire, l’illumination, l’isolement thermique et le réglage de la température par évaporation.

Des innovations dans la culture des moisissures, algues, lichens et champignons promettent des percées dans la pharmacologie et la production nutritive. On vient à peine de reprendre au sérieux l’étude des lichens ; elle peut être fondamentale si menée en profondeur. La recherche des communautés de moisissures et d’algues peut engendrer des accroissements accélérés aux dimensions d’une maison dont la surface vitrée de couches opaques de chlorophylle serait protégée contre l'ultraviolet et adaptée aux besoins nutritifs et de logement. Imagine des panneaux spéciaux aux murs de ta salle à manger, qui luiraient de bioluminescence sinon feraient pousser des savoureux pour ton petit déjeuner.

Des bivalves refaits et d’autres filtres marins peuvent épurer des ruisseaux et rivières. Des arbres et buissons spécialement conçus imbiberont des polluants durables pour extraction et disposition antérieure. De l'eau pure découlera de presque partout, surtout des fontaines urbaines de fabrique renouvelée.

Des jardiniers adroits gagneront leur pain dans l’avenir, tels que de bons mécanos et codeurs d’ordinateur gagnent le leur  aujourd’hui.

Une révolution agricole pourrait remplacer la plupart de nos moissons annuelles par des équivalentes pérennes. A présent, nous plantons des semences agro-corporatives, ingéniés pour absorber toute la fertilité du terreau, qui nécessitent l’addition en masse de fertilisants minéraux, de pesticides et d’herbicides pour un moindre rendement avec le temps. Nous moissonnons cette monoculture en dénudant le terrain, puis observons ce qui reste se tarir en poussière, se délaver et s’envoler en taux irremplaçables. Ce n’est plus de l’affermage recevable du terreau mais de l’exploitation minière à ciel ouvert.

Nous pourrions assembler au lieu des communautés de plantes pérennes, un peu comme celles sur l’ancienne grande prairie du Midwest américain : qui retiennent beaucoup plus de pluie, (diminuant les effets d’inondations et de sécheresses) contrôlent les animaux nuisibles et restituent la fertilité au sol de façon naturelle. On y récolterait des graines en bonne saison et à basse empreinte, les laisseraient tranquilles le restant du temps, et on restaurerait ainsi l’équilibre naturel et l’épaisseur du terreau.

On peut s’attendre à des percées illimitées dans les sciences biologiques, une fois que cessera l’abus d’animaux de laboratoire comme mode de recherche principale. Nous y déformons la nature pour qu’elle se conforme mieux aux préjugés de la mécanique réductionniste qui nous ont menés à l'écocide. Nous venons à peine de renvoyer l'expérimentation de laboratoire dans les champs et les forêts que nos préjugés cultivés en labo nous ont enjoint de détruire.

 

De façon enthousiaste et spontanée, et en dépit de multiples délais téméraires de la part de leurs gérants, les habitants des pays riches se mettent à renverser leur augmentation de population. Les menteurs d’armes abhorrent cette expression de retenue rationnelle. Malgré les nouvelles projections d’augmentation, une massive réduction dans la surcharge humaine est inévitable, qu’elle soit volontaire, traumatisante ou une combinaison déplorable des deux. Les seuls contrôles de population que décourageront les Apprentis seront ceux privilégiés de nos jours : décimation d’armes, négligence de masse et incompétence en santé publique : celles-là ne seront plus tolérées.

Bien que les Apprentis accepteront l’abstinence sexuelle selon les prédications des ecclésiastes, ils encourageront d’autres pour but d’augmentation nulle. En plus de la planification illimitée des naissances à travers le monde, ces nouvelles agences offriront de l’Apprentissage de bonne qualité, de la sécurité sociale digne de confiance, de l’équité sexuelle et d’exquis soins médicaux. Ces préalables seront de loin plus efficaces pour la bonne planification des naissances que les bavardages pieux de névrosés sexuels.

De nouvelles exhortations à la bonne santé publique s'étendront du lavage plus fréquent des mains à la cultive nutritive d’animaux nuisibles, au soulagement de nos désordres de sommeil en pandémie, à la perfection de la micro-nutrition et de l’hydratation (bois plus d’eau claire et moins d’autres liquides !) jusqu’à d’autres options encore plus imposantes.

Il était une fois, les directeurs d’armes ont tenté de stériliser des déments, des criminels récidivistes et des porteurs de maladies héréditaires : tant ceux génétiques que transmissibles sexuellement.

J’entends ton souffle coupé court et partage ta répugnance. Les interventions eugéniques à venir seront beaucoup plus précises, bénignes et efficaces. Des combinaisons particulières de gènes seront visées  qui dirigent l'agression injustifiée, la sociopathie et d’autres comportements maladifs, mais la viabilité sexuelle et son appétence ne seront plus mis en danger de ce fait.

Les critiqueurs de la génétique sélective braquent les nazis qui l’ont soutenue en premier. Leurs méfaits confirment son immoralité. L'éradication d’anormalités génétiques s’est rendu hors de mode.

Malgré tout, le recyclage des déchets mécaniques reste à la page. Tout le monde loue l'idée du recyclage, mais personne ne signale le fait que les nazis furent parmi les premiers à l’expérimenter à l’échelle industrielle avec les possessions de leurs victimes à partir des camps de concentration.

À vrai dire, (comme d'habitude) chaque armée qui « gagnait » une bataille pratiquait du recyclage systématique. Le critère fondamental de la victoire au combat était de saisir le terrain – peu importe les pertes prises – et imposer son abandon à l’ennemi. Sa récompense était encore plus d'armes et de butin sujets au recyclage du côté victorieux, en plus des blessés à occire par compassion ou laisser traîner et des cadavres putrides à abandonner en marche sans inhumation — que les manants locaux s’en occupent !

 

Il ne reste plus de temps pour éterniser aux affaires quotidiennes. De nombreux obstacles moraux devront être négociés dans très peu de temps. L’enjeu ne sera plus la conscience émiettée que nous rapiéçons en laissant aux élites la responsabilité pour tous nos problèmes, ni le sens aphrodisiaque de rectitude moraliste qu’approprient des shadistes d’armes en tourmentant sans dispute leurs prochaines victimes. L’enjeu sera la survie humaine. Les pandémies globales, la famine de masse et l’ignorance souveraine ne seront plus des options « acceptables » et notre devoir sera d’en finir.

La fortune qu’exige le lancement du monde paisible sera au moins dix fois plus importante que celle à notre disposition actuelle. À eux seuls, les Etats d’armes riches ne peuvent pas amasser des richesses suffisantes pour améliorer l’Apprentissage de leur minorité privilégiée à elle toute seule, non moins celui de tous leurs dépendants. Ce n’est qu’après l’application globale des réseaux d'Apprentis qu'un résultat adéquat pourra être obtenu à temps.

J’avoue en général que de nombreux pays sont parvenus aux améliorations saisissantes en subventionnant l’éducation publique et d’autres fonctions de paix en localité. Malheureusement, aucun effort localisé ne produira la richesse requise pour satisfaire la demande insatiable de l'humanité, la permettre de bondir aux étoiles et choyer le monde naturel en même temps. La somme de ces tâches, tout le monde devra le réussir en concert — sinon personne ne le pourra.

Si nous réalisons la totalité à perfection, rien ne ré-amorcera nos réflexes d’attaque. Si nous manquons de détourner la guerre totale cette dernière fois, elle nous rattrapera avec toute la fureur de sa frustration momentanée.

 

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