- CONCOIS NOTRE AVENIR -

 

ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTI   INTRO ET VOCABULAIRE

 

STP, lire d’abord « L’Avenir. »

 

J’ai de moins en moins confiance en croyances –soit militaristes soit mystiques – qui font appelle à quoi que ce soit à part notre intérêt particulier le mieux renseigné. Ridicules les systèmes sociaux qui tiennent à convertir des masses en saints ; pervers ceux qui comptent sur la terreur, la force et la loi (ce qui n’est que la forme la mieux organisée de terreur) et ne mènent donc qu’à l’échec certain.

Peu importe l’essor de notre « subtilité » dans l'avenir, des interactions turbulentes entre l’esprit et l’univers devanceront notre compréhension d’elles.

Cette turbulence ne pourrait-elle pas nous voguer vers une pêcherie plus copieuse ? Par exemple, le monde pourrait-il être autant sous l’influence des arts, des rêves, des vœux, des bénédictions et des malédictions que sous celles des routines mondaines ?

Les humains primitifs « conçurent » leur histoire particulière et image du monde en dénommant les ancêtres dont ils purent se souvenir ou fantasmer et puis les repères signifiants de leur vie. Ils récitèrent cette biographie légendaire autour du feu de camp en tant que chronologie et carte roulante. Voir Genèse dans la bible.

 

« Au début, il y eut le mot. » Jean 1:1, la bible.

 

Dans L'anatomie de l'agitation, Richard Chatwin décrit une capacité fascinante. Quelques Bushmen pouvaient traduire des petits bouts de la « chanson nominative » l'un de l'autre, quoique leurs dialectes aient été mutuellement inintelligibles. Le narrateur et l’auditeur vivaient aux antipodes du continent australien et parlaient des dialectes (sur cinq cents) séparés par des milliers de kilomètres. L’auditeur pouvait tout de même distinguer dans le conte de l'autre, la traversée d’un paysage familier par sa cadence et son rythme tout seuls.

Cela m’est arrivé tout aussi providentiellement. Un prédicateur africain récita à la télé le Notre Père dans sa langue natale que je ne pouvais distinguer non moins comprendre, mais dont la cadence fut immanquable. Dans toutes les langues, Allah Akbar !

Pour le mieux ou le pire, nous « programmons » notre réalité en nous répétant « Je mérite de cette joie ; j'espère que cela m’arrive » sinon « Je n’y réussirai jamais et m’en sortirai mal » et de telles incantations autant à l’affirmatif qu’au négatif. Nous projetons de façon inconsciente notre réalité à haute voix et dans nos pensées. Nous imitons nos parents et nos maîtres qui nous ont enseignés quelles notions étaient acceptables et comment les réciter. Ainsi avons-nous retransmit les péchés de nos pères jusqu’à la soixante-dix septième génération.

Les religions traditionnelles et donc davantage rigides invoquent cette « programmation de nouvel âge » avec pareille ferveur. Bien qu'elles repoussent toutes telles doctrines, elles s’en servent comme des prières en église qui sont formellement interdites par Jésus (selon Matthieu 6-5 dans la bible.)

Son enseignement semble beaucoup plus « nouvel âge » qu’elles toutes comprises. La plupart des pratiques dites de « nouvel âge » paraissent plus vénérables, multiculturelles et universelles, d'une façon ou d'une autre, que les sacrements exclusifs de monothéismes davantage récents, limitatifs et envieux. Dans un sens, le judaïsme, le christianisme, l’Islam et d’autres cultes millénaires peuvent être perçus comme des jeunes germes pleins de la sève verte de jalousie, qui maudissent leurs doyens au lieu de vénérer le meilleur de ce qu’ils partagent.

« De nouvel âge » voici une autre expression déformée par la mentalité d’armes en dérision, telle que la locution « de politique correcte » : une dérogation effrontée de la part de bigots proscrits. On devrait la remplacer par un qualificatif plutôt bénin et neutre: quelque chose comme « primordial, primitif, primal » et traiter de l’autre telle qu’elle l’est en réalité : l’ultime appel au tumulte de sociopathes sournois.

Je réciterai plutôt tout seul chez moi le Notre Père conformément à l’enseignement direct de Jésus contenu dans Matthieu 6. Cette forme de prière m’a mené à croire que je parviendrai au salut en me réincarnant dans la vie d’amour du Christ après mon prochain trépas. Je me console avec Sa promesse d’ultime fuite de cette vallée de larmes rendue charnier, champ de famine et entrepôt de peste à venir. Que j’en sois digne, quoique « ma dignité » ne serve à rien.

Apprenti me sert comme foyer de méditation.

Le commandement de Jésus : « Aime ton ennemi » a pu être son ultime effort d’assainir notre univers. Si, au contraire, nous nous injurions et nous plantons le coude dans l’oreille jusqu'à ce que l'agression se rende la norme, alors la criminalité, (encore pire, la sociopathie légalisée) l’injustice, la pollution et la guerre doivent rebondir.

Or, je crois que si quelqu’un m'abat au pistolet, je dois revenir comme le tireur ; et lui, pour être possiblement troué par moi. Qui sait ? L'un de nous pourrait interrompre ce cycle d’anéantissement. Et si je mitraille ou torture quelqu’un, je dois revenir en tant que ma victime. Aucun moyen d'échapper à ce sort, sauf peut-être par l’amour de Jésus comme révélé en haut.

Parlant comme le narcissiste désespéré que je suis, comment ne pas m'aimer moi-même si seulement voilé dans l’incarnation d’un autre?

Pourrait-on souhaiter un monde d'harmonie humaine et puis l’actualiser ? Dans ce milieu entièrement inaccoutumé, le réconfort et les besoins primaires de tous seraient rendus comme sacrements, aussi la richesse excédante, entassé inusitée dans la forme d'habitats biologiques d'apogée et d’aquifères d’eau propre de fossile.

Quelle option te semble-t-elle la plus soutenable et « réaliste ? » Puisque l’on ne doit pas prier pour ses prédilections de circonstance et d’objet, mais seulement réciter des rendements exacts du Notre Père, de quoi devrait-on souhaiter dans les intervalles ?

 

Des talents paranormaux – oubliés à présent – ont pu être banaux jadis. Des réseaux d’Apprentis et d’autres technologies d'info en percée peuvent exposer ces talents cachés et nous permettre d’en rendre meilleur usage. Quelques recherchistes ont appliqué la méthode scientifique à l’étude de phénomènes paranormaux. Rupert Sheldrake est le saint protecteur de cette nouvelle science appelée « noétiques. »

À supposer que nous abandonnions nos joujoux futés d’omnicide, ce nouveau système d'enquête pourrait pistonner nos manipulations d'énergie à leur prochain ordre de magnitude et nous enrichir de façon soutenable.

Que Dieu nous aide si nous ne parvenons qu’à renforcer nos technologies d’armes avec des nouvelles compétences paranormales ! Absente une mentalité résurgente de paix, ces nouveaux pouvoirs nous culbuteront dans l’extinction. Nous nous y tiendrons momentanément en otage, puis détruirons le tout lors de la prochaine confrontation militaire sans signifiance, sinon permettrons à nos machines et ordinateurs de nous exterminer avec encore plus grande efficacité. Penses aux cartes IBM traçant le flux et le reflux des victimes de camps de concentration, puis du développement militaire en temps réel de Skynet fictif. Puis contemples la tendance opposée : le monde en paix.

 

Tels que des employés ambitieux d’une bureaucratie rigide, les sociétés complexes ont tendance à se promouvoir un cran par-dessus leur meilleure compétence. Elles peuvent longtemps opérer à celui optimal sinon en dessous, mais un nouveau bénéfice leur permet de croître au-delà des conseils de la sagesse.

Joseph A. Tainter propose, dans La chute subite des sociétés complexes, que les collectivités multiplient leur complexité à partir du moment qu’ils font une découverte clé qui répond à un ancien problème avec des solutions innovatrices et des ressources plus propices. Une fois que cette enjambée de paradigme fournit des nouveaux bénéfices imprévus, (comme en sont parvenus, par exemple, l’Islam, les engins à action réciproque et la démocratie constitutionnelle) des majorités rassasiées favorisent la retenu de gains récents par-dessus la prise de nouveaux risques pour assurer du progrès supplémentaire. Ces bénéficiaires rendus conservateurs fossilisent l’orthodoxie culturelle et bloquent l’innovation. À la recherche de simplifications rassurantes, ils nient la nécessité d’améliorations subséquentes.

Aucune populace n’est plus réactionnaire que celle autrefois opprimée, enfin parvenue à un nouvel avantage apparemment digne de confiance mais qui risque d’être perdu à nouveau. Voir l’Allemagne Weimar, l’Angleterre Brexit et l’Amérique Trumpée. Des tyrans, apportés au pouvoir pour maintenir à tout prix l’actuel palier de satisfaction, tissent un ensemble incroyable de mensonges. Ceux-là sont remplacés ensuite par des démocrates du dollar douteusement plus subtils, qui amplifient l’insignifiant à la magnitude cosmique (la coupe du monde, par exemple ou le Tour de France) et banalisent jusqu’à l’invisibilité des sujets de grande portée. Le statu quo est ainsi maintenu au-delà de sa période de rentabilité. Le plus s’étend cet intervalle, les pires les catastrophes qui l’achèveront et les plus fascistes les gérants qui se succéderont au pouvoir de ce fait.

 

Nos sociétés d’armes ont engendré des progressistes et des idéalistes en nombres surpassant de loin leur voix coupée court dans la mémoire historique. Rien ne se laisse plus entendre que le crie porcin d’une immuable minorité de réactionnaires, repris et amplifié par les psychopathes contemporains aux contrôles des médias mondiaux. Les communautés d’armes ne tolèrent le commentaire progressiste qu’autant qu’il suggère des raccommodages cosmétiques et chromés en mesure de masquer les pires fêlures de l’injustice sociale sans trop déranger ses intérêts.

Des sociétés régressives ont quelques méthodes pour neutraliser les dissidents qu’elles permettent de survivre en dehors de prison :

 

·      Attirer des révolutionnaires potentiels dans des organisations d’opposition bidon et les trahir à la surveillance policière.

·      Détecter des idées radicales et les briser avec de l’inertie mentale, de l’indifférence verbeuse, des discussions insipides et des distorsions orthodoxes de l'analyse historique : ces pressions pernicieuses sont exercées par l’entourage dans cet ordre de complexité selon l’intransigeance du rebelle.

·      Par le biais de débats surchauffés et sans fin – comme une chambre de singes munis de machines à taper rédigerait un sonnet de Shakespeare – exposer des moyens neufs et sans risque par lesquels les directeurs d’armes peuvent raffermir leur prise à la gorge du prolétariat d'info.

 

Les récompenses sociales diminuent dans la mesure que la créativité communautaire s’amenuise au passage du temps. Les dépenses publiques montent en flèche alors que leurs bénéfices s'effrangent. Des conservateurs exigent encore plus d’effort pour un moindre rendement. Somme toute, les citoyens s’affament, se rendent malades à mort, se révoltent, se font massacrer ou quittent simplement les lieux. Des cultures entières dépérissent parce que leurs chefs s’accrochent de plus en plus strictement à une norme préférée, en dépit du monde réel qui dicte de la productivité soutenable par voie de transformation. Ces sociétés s’écroulent quand des rigueurs environnementales et des désastres militaires, tous imprévus, obligent les survivants commotionnés de s’adapter à la transformation.

Autrement, l’incontournable élite guerrière (avec son réseau d’appui militaire/industriel) s’approprie de la richesse en surcroît, quoique ses interventions soient de moins en moins productives du fait que ses adversaires externes se rendent aussi bien organisés et létaux. Elle multiplie la destructivité de ses coups de tête qui sont souvent visés vers l’intérieur en tant que révoltes militaires et guerres civiles, puisque à la longue, ses propres civils se rendent en cibles plus accessibles et avantageuses. Elle cesse de gagner sa croûte en protégeant quoi que ce soit, mais l’empoche comme fonds d’intimidation versés pour prévenir qu’elle ne détruise l’ensemble en poursuite armée de fortunes supplémentaires.

Les seuls obstacles à cette tendance historique sont le conservatisme et le sens d’honneur habituels aux militaires de carrière. Toutefois, l’autoroute culturelle au chaos militaire est pavée de mépris du monde civil et sa vie désordonnée. Tout ce qui les empêche de démolir l’ensemble civil, c’est leur sens d’honneur militaire : ce qui doit être accentué par la mentalité paisible en sus de tout.

Il est à noter que les militaires américains ont été des champions farouches de la philosophie laissez-faire capitaliste, bien que la vie des leurs soit centralisée et planifiée de manière entièrement communiste. Aussi que les premiers germes du capitalisme prennent racine dans l’état major de l’armée d’une nation qui en a été dépourvue auparavant.

Apprenti offre à ses lecteurs – pourvu qu’ils croissent en nombres suffisants – l'opportunité de s’adapter sciemment à cette transition paisible. Nous pourrions l’entreprendre conformément à ses propos sinon nous attendre à ce que l’automatisme d’armes nous rattrape, nous arrache cette dernière opportunité et nous dévore.

 

Quoique la créativité culturelle et l’agression chaotique paraissent antithétiques, elles partagent leur ressemblance à la décharge d'une pile électrique. Ses ions polarisés réagissent avec leurs opposés pour lâcher de l'énergie (ami et ennemi, riche et pauvre, progressiste et conservateur, chaosiste et saint paisible, légitime et criminel, ignorant et perspicace) : soit du courant utilitaire, (paix, justice et progrès) soit une décharge mortelle (guerre, émeute et révolte) en fonction de la qualité et de l’utilité du circuit imprimé social dans lequel cette paire se branche. Cette énergie culturelle s’affaiblit une fois que ses ions humains se dépolarisent en se rendant trop semblables ; elle s’aplatit quand tous ses ions partagent de l’abondance et de la misère en parties égales, à moins qu’un nouveau potentiel énergétique ne les infuse à nouveau.

Les Apprentis différencieront quelques communautés d’intérêt qui apprécient la même passion d’un tas d’autres le partageant peu ou pas du tout. Ils infuseront cette pile culturelle sans recourir à nos ségrégations habituelles et ignobles, « des nôtres à l’encontre des leurs » y compris l’âge, la classe, la race, la nation, la religion,  la richesse relative et le pouvoir politique. Le monde paisible puisera de l’énergie des polarisations entre l’ignorance et l’expertise depuis tant de dimensions reliées que tout le monde s’avouera expert en quelques matières et malhabile dans la plupart d’autres, alors que les autres polarisations s’épuisent avec leurs répercussions funestes.

 

La pauvreté est un grand couvoir de génie, bien que d’autres qu’y naissent se rendent en friands d’infractions, de répression et de bigoterie militante. En revanche, ceux nés la cuillère en argent au poing ont tendance au chauvinisme médiocre. Allons voir aux Etats-unis dont la population plus ou moins fastueuse souffre de crises réitérées de réaction sénescente, d’exclusion ingrate et de sévérité satisfaite. Des élites riches se contentent la plupart du temps de conservatisme passif agressif, bien qu’elles se remettent au tapage dès que la transformation semble les menacer. Elles se préoccupent à court-circuiter l’imagination,  autant la leur que celle de leurs inférieurs culturels — surtout quand l’exigence de transformation se rend péremptoire. D’autres bénéfices et inconvénients socio-éducationnels ont tendance à brouiller ces distinctions bien qu’elles demeurent considérables.

 

En tant que collaborateurs avec les ultimes sociétés d’armes, nous sommes contraints depuis notre premier souffle giflé jusqu'à notre râle de trépas bien fureté. Des données stupéfiantes et sans rapport nous submergent sans répit. Nous sommes vulnérables aux confrontations arbitraires à tout moment, que ce soit aux mains de la police ou du milieu criminel.

Nos gouverneurs se préoccupent davantage de leurs institutions et règlements immuables que de l'influence nocive qu’elles nous imposent. Nous avons été enseignés à tolérer l'ignorance, nous attendre à l'injustice et respecter l’oppression. La sainteté particulière nous est exigée par notre endoctrinement religieux, quoique nos circonstances la rendent hors de portée, de sorte que la brutalité et le mensonge finissent comme notre destin prévisible et attente raisonnable.

Bien que ces mythes fassent partie du discours préféré des fondamentalistes, les Apprentis les refouleront jusqu’au moindre. Il se pourrait que cette civilisation s’administrera avec un peu plus de sagesse cette tournée de ronde. Nous aurons à abandonner nos appréhensions chéries quant à la transformation radicale, nos vanités élitistes et les bornes qu’elles nous imposent en tant que bons dissidents d’armes opérant comme système d'alarme au service de l’orthodoxie. Nous servirons plutôt (ainsi que dicte notre conscience morale) en tant qu’Apprentis décrits en haut : créatifs, sacrificatoires et donc prospères après un certain temps.

Entre-temps, les doux hériteront du monde par accident au moyen de leurs souffrances, et les puissants périront par l'épée dont ils dépendent, grâce à leur insupportable vanité.

Favorisons plutôt la bienveillance et l’abondance!

 

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