- LE BOTTIN AUX PAGES JAUNES D'ORDINATEUR -

 ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

De grands maux résultent quand la civilisation place trop d'obstacles entre sa provision de données et la compulsion de son prolétariat d’info d’en apprendre et d’y ajouter. Nous en sommes les plus pauvres.

De nos jours, les fournisseurs de services informatiques ressemblent aux compagnies privées de distribution d'eau de l’ancienne république romaine et à celles téléphoniques d’avant la première sic guerre mondiale. Les riches ont pu choisir d'un pêle-mêle de compagnies en démarrage pour obtenir des services très onéreux et peu précis ; les pauvres, n'obtenir très peu d’utilitaire (sinon rien) sans devoir le voler des riches. Nous patientons l’arrivé de viaducs d’info et de fontaines publiques aux flots propres et sans limite.

Des nababs d’ordinateur marchandent des millions de terminaux indépendants de potentiel grêle et d'obsolescence instantanée ; aussi à tirent-ils des profits fulgurants de la vente « d’ordinateurs personnels » et d’un foisonnement de joujoux électroniques. Chaque ménage et affaire commerciale doit se procurer le sien ou un réseau de tels. Ceux disposant de recettes suffisantes payent le salaire moyen d’une semaine toutes les quelques années pour se fournir chaque machine de la prochaine génération et leurs logiciels au mieux marginalement améliorés et pareillement mal écrits. Des maux de tête supplémentaires incluent le transfert de vieilles données à partir de machines désuètes et la reliure de réseaux incompatibles sont — bien sûr, au cas par cas, tout cela peut plus ou moins bien être réparé aux robustes montants supplémentaires.

L'industrie de logiciel a récidivé en une monoculture de dinosaures numériques : grincheux, surdétaillés, sous documentés et trop coûteux. Un extravagant système d’ordinateur est requis pour seul but d’exploiter les actuels logiciels d’opération et d’application, non moins accomplir du travail sérieux. Tu pourrais administrer un petit pays avec les dossiers perdus chaque jour par des ordinateurs balourds. Bien que leur capacité s’accroît régulièrement, (ce que des logiciels mal écrits emplissent de suite) leur majestueuse étiquette de vente ne semble jamais décroître.

Qui plus est, nous gaspillons des heures par mois pour nous prémunir d’une marée montante de virus numériques que nos machines sont à peine capables de parer non moins traquer à la source et contrecarrer de façon convaincante. Rien de supérieur n’est offert que des palliatifs risibles aussi onéreux et laborieux que futiles en fin de compte à l’encontre de ce fléau, l’œuvre en série de prétentieux crétins savants.

La technologie d’ordinateurs personnels marque le pas à la même étape que de développement des automobiles avant le Ford Model T. Ces ordinateurs s’alimentent de claviers inefficaces dont le plan originel fut prévu pour retarder l'entrée manuelle au rythme lent des premières machines à taper. Les logiciels de traitement de texte fondés sur Windows, Apple et d'autres programmes qui dominent le marché sont désespérément compliqués, incommodes et inadéquats.

 

Aux environs de 1980, le logiciel de traitement de texte Wang offrait une excellente disposition de macro. C'est-à-dire qu’avec peu d'entraînement supplémentaire on pouvait le programmer pour trouver dans ses textes entrés des combinaisons compliquées, alphabétiques, numériques et de ponctuation (y compris les retours de ligne, les onglets et d'autres marques utiles que Windows refuse de repérer), d'y appliquer une logique booléenne et des relations (</=/>) en branches de décision, d’effectuer donc des applications complexes de calcule et de frappe à répétition. Au fond, ce logiciel incorporait un langage de programmation élégant et facile. Toutes ses commandes correspondaient à leur frappe équivalente au clavier et à leur marque sur l'écran, ce que Wang reconnaissait et incorporait dans sa programmation. Cela éliminait la nécessité d'avoir à apprendre une nouvelle série alambiquée de codes d’agencement et d'identification.

Aucune de ces capacités à part celles les plus élémentaires (piratées pour la plupart de Wang) ne reste disponible dans les logiciels courants de traitement de texte, sans études supplémentaires de codes de programmation comme Java.

Le courriel, la télévision par câble et les bases de données numériques : tous sont prohibitifs, alambiqués et infructueux. Des tableurs scannés en format PDF ne peuvent pas être traduits en
équivalents serviables Excel sans débours additionnels pour des logiciels spécialisés.  Les entremetteurs de données, cadres de corporation et réglementaristes gouvernementaux, tous conspirent à rendre leurs protocoles en ligne aussi limitatifs, exclusifs et coûteux que possible.

Le système français Minitel fut le seul qui inclut un marché en ligne de bonne élégance, de simplicité d’accès et de sécurité de débours. Les technocrates anglo-saxons l’ont boycotté en faveur de leurs alternatifs trop complexes, gangrenés de problèmes et de sécurité dégénérante.

A grand coût, la technologie de microfilme a remplacé des tas encombrants de textes imprimés par des écrans de texte illisible, avec pour but la production de copies encore moins bonnes. Les dossiers en micro format sont coûteux à produire, encombrants et aussi difficiles d’accès que de maintien.

A peu près une centaine de journaux quotidiens servent plus ou moins un milliard de lecteurs à travers le monde. Chaque jour, une monoculture d'arbres stériles doit être nivelée pour leur fournir du papier journal. Comment peuvent de telles boites, désastreuses du point de vue écologique, soutenir une discussion raisonnable de la politique environnementale ? Implacablement, ces journaux ont centralisé l’écoulement des données et l’homogénéité de leur contenu. Si leurs colonnes étaient transcrites sur du papier ordinaire, elles ne pourraient pas être différenciées. Chaque article se lit comme si approuvé par le même bureau de rédaction avec un biais politique semblable.

Les médias télévisés agencent vingt-quatre heures sur vingt-quatre de monologue. Aucune entrée n’est prévue de la part des spectateurs. Les promoteurs de réclames commerciales dictent le contenu de ces médias : leurs motifs au mieux douteux, leur goût, celui du dénominateur inférieur commun de la moindre clairvoyance. Les stations radio ne sont guère plus sensibles. On subsiste au centre d’un étalage de systèmes d'info en monologue qui gueulent fort des annonces publicitaires pour la plupart sans pertinence. Comme des mauvaises herbes obstruant la meilleure croissance, ils sont devenus aussi inutiles et coriaces qu'omniprésents.

La prétendue autoroute informatique est une course à obstacles de fournisseurs concurrentiels de logiciel et de leurs protocoles énigmatiques. Ses engins de recherche sont tellement maladroits que très peu de données pertinentes ne peuvent être triées de cette pétarade aléatoire sans maints efforts et dépenses supplémentaires. Des numéros de téléphone qui étaient livrés gratis dans des annuaires téléphoniques ne peuvent plus être obtenus ces que depuis des bases de donnés pour profit ; ni des adresses e-mail autrefois disponibles après une simple recherche Google ; ni les téléphones à sou publics, introuvables à présent. Avant, un simple coup de fil coûtait quelques centimes ; maintenant, c’est impossible sans un contrat téléphonique qui coûte le salaire de quelques jours de travail chaque année et un gadget d’obsolescence garantie qui vaut autant sinon plus. Quel progrès ! Quel progrès ? Une poignée d’enthousiastes et de bureaux d’entreprise bien pourvus de professionnels en informatique peuvent négocier tout ça avec succès, éparpillés parmi nous autres ignares et démunis quasi-unanimes. Les pauvres en obtiennent quasiment rien d’utile.

Un nouveau sacerdoce de programmeurs d’ordinateur psalmodie des incantations alambiquées : l’équivalent contemporain du latin médiéval. En ce faisant, ils empochent des fortunes pour rémunérer leurs mystères d'ordinateur. Les documentations et formations requises pour l’emploi correct de ces ordinateurs sont coûteuses, de longueur interminable et d’obsolescence programmée.

Notre arrangement informatique, éparse et sans défenses, est beaucoup plus vulnérable aux attaques de virus et de vers informatiques que ne serait celui centralisé dans lequel les ordinateurs personnels ne serviraient que comme machines à taper, extraire et enregistrer des données, et dont les logiciels d’application proviendraient de centrales de service d’abonnement. Ceux-ci seraient plus faciles à défendre et moins chères car servant à tous, voire de service gratuit à base d’impôt.

 

L’actualité informatique se range parmi ces réalités malencontreuses :

 

·       La protection des droits d’auteur est de plus en plus facile à ouvrir en brèche. Des malfaiteurs peuvent déformer et redistribuer les données d’autrui avec facilité croissante.

·       Quelques entremetteurs de données monopolisent les profits informatiques. Nous, leurs clients, devons leur verser du loyer pour transmettre nos messages particuliers comme un passe-temps coûteux ou un projet de publicité commercial alors que se fanent et s’envolent nos anciens emplois de production et de consommation industrielles.

·       Les élites d'info recueillent de plus en plus de données et ruminent ce contenu pour le rendre meilleur marché et plus profitable, mais au prix de monopoliser son usage au lieu de l'offrir gratis et s’attendre aux bénéfices indirects en aval, comme le ferait un service public.

·       Etant donné le montant prohibitif d’honoraires et de matériel, les prolétariens d'info obtiennent de moins en moins de service informatique.

·       La plupart des analystes, des chercheurs et des commentateurs indépendants sont bannis du discours public quoiqu'ils puissent détenir des idées préférables à celles des mercenaires corporatifs, des bureaucrates et des bourdons scolaires que consultent journellement les médias à la mode. Ces pandits adulés souffrent de la prédominance de leurs intérêts spéciaux, tendances hiérarchiques et obsessions du profit.

 

Notre problème principal n’est pas la quantité des données disponibles mais leur qualité miteuse. Après tout, l’on noie dans des torrents de données inutiles. De plus en plus de bruit blanc est créé, de moins en moins significatif. Même sur l'Internet où des données semblent disponibles en quantités illimitées, une superfluité d'insignifiances prédomine.

La subvention calculée des Apprentis permettra aux centrales publiques d'info de desservir des donnés de la meilleure qualité en quantités facilement assimilables et au coût minime. Celles-là finiront par ressembler à nos services publics et bien réglés d’eau et d’électricité, et cesseront de correspondre aux fournisseurs monopolistes d’exorbitants services de télévision par câble et satellite. Comme les distributeurs publics d’eau du 20e siècle, ces utilités d'Apprentis défrayées par impôt distribueront des données de la meilleure qualité, au prix bas et sur base hors profit.

Ces utilités publiques offriront un logiciel d’usage facile, bien documenté et interactif ; de courriel et d’hébergement de pages interactives de fiable simplicité; de banques de données d’origine gouvernementale, corporative et non-profit ; de rédaction, d’imprimerie en lot hors ligne et de bonne traduction gratis ; d’indexation massive et de stockage titanique de mémoire ; une collection colossale de vidéos digitales : le tout transmis par câble à fibre optique sinon par voie supérieure.

La technologie électrogravitique qu’inventa Tesla, de transmission d’énergie et de communications par voie de terre, pourrait être adoptée du moment que les Apprentis auront marginalisé les intérêts corporatifs qui l’ont sabotée à leur profit en faveur de technologies beaucoup plus gaspilleuses.

Le rapport entre des ordinateurs individuels et ces utilités publiques sera comparable à celle entre un carnet de chèques et le restant des comptes commerciaux, bancaires et boursiers. Des transactions compliquées se dérouleront surtout dans ces centres informatiques, avec autant possible de simplicité et de transparence du point de vue de l'usager.

Ces dépôts et centres de données offriront des services en direct à partir de chaque récepteur statique et mobile. Les bibliothèques restantes se transformeront en noyaux de vastes complexes neufs de référence et de recherche. Ces centres d'info bénéficieront d’énormes économies d'échelle.

Qui plus est, la prévention du sabotage de virus et de la piraterie informatique se prouvera plus facile, surtout vis à vis l’identification, l’isolement et la répression des malfaiteurs. Ils sont imperceptibles et intouchables par des ordinateurs personnels et leurs usagers naïfs et donc énormément vulnérables à cette forme d’attaque. Tous les efforts à monnayer des systèmes de défense passive antivirus depuis des ordinateurs particuliers sont voués à l’échec, quoiqu’ils soient fort profitables pour leurs distributeurs (qui trafiquent aussi des virus ?) On ne protège rien en se tenant partout sur la défensive ; on se sécuriserait mieux en identifiant, isolant et châtiant ces agresseurs de façon active et immédiate à partir de centres de contrôle mieux exercés à les poursuivre.

 

Des lunettes de soleil, projecteurs de réalité virtuelle, offriront accès facile à n’importe quel texte, pièce de musique ou vidéo digitalisé.

Les fonctions de publicité et de malpige politique seront cloîtrées dans les médias de TV, de radio et d’imprimerie : des services aînés déjà estropiés par des coutumes dégradantes d’obsession du profit, de désinformation intentionnelle et de service public risible. Même de tels méfaits de la part de ces fournisseurs se remettront dans la mesure qu'un auditoire curieux et investigateur remplacera l’assistance contemporaine de bêtes ruminantes de tête vide.

De programmations universitaires interactives offriront des conférences gratuites et des projets de recherche sur chaque question. Ces présentations seront disponibles en temps réel, émis en phases et rejouables si nécessaire à la vitesse et dans les délais exigés par l'usager à lui seul.

Le Massachusetts Institute of Technology (MIT) a lancé un projet analogue pour ses classes, mettant en ligne leurs notes et documentation de cours, d’accès gratis quoique peu utilitaires. Chaque école supérieure aura à suivre ce mouvement. Comme d'habitude, le texte d’Apprenti est au-devant de la meute. La compagnie Google contemple d’indexer de nombreux titres rares et de les mettre en ligne.

Au fond, un massif modèle électronique de « l'université silencieuse » de savants en alliance dans chaque domaine scientifique, poursuivra l'intention originelle des premiers visionnaires de l'Internet. Le bottin intellectuel de pages jaunes énumérera ces Apprentis et leurs passions. Les certifications scolaires seront établies selon les heures d’interactivité passées en ligne sur des sujets attestés, sans autres limitations, qualifications ni honoraires exorbitants. La somme des mentions d’un certain document établira le profit et le prestige de son auteur. Seront ignorés tels critères que l'âge, l’origine, le métier, la scolarité antérieure et d’autres.

La revue par des pairs professionnels ne validera plus les dossiers de recherche dans les journaux scientifiques publiés sur papier. La concurrence de chien enragé, dite « d’avoir à publier ou périr » disparaîtra de la science de prestige. Les articles de recherche subiront revue simultanée et sans limite depuis l’entier réseau d'étude, indépendamment de leur validité apparente. Ce nouveau système acceptera n'importe quelle entrée de données à être notée ensuite par la communauté entière.

Si quelqu'un refuse d’apprendre de l'algèbre mais souhaite assister à une classe de calcul différentiel, soit. Des précepteurs en ligne pourront aiguiller cet Apprenti sous qualifié vers des modules d'étude mise en boîte. S’ils le souhaitent, ils le renverront vers d'autres maîtres pour achever ses études préliminaires.

Les participants emploieront des programmes de filtrage finement accordés pour détourner les données non désirables et attirer celles d'intérêt particulier.

On n’entendra plus parler de publicités hors propos semées partout à l’aveuglette. On se demandera comment les publicitaires d’antan ont pu gaspiller tant de ressources et de bonne volonté à abasourdir le monde entier au lieu d’améliorer la vie de leur assistance convoitée sinon faire révérence et abattre le rideau.

 

 

L'Internet a été déformé dans le sens contraire. Comme d'habitude en ce qui concerne chaque nouvelle technologie d’armes, ses utilisateurs prioritaires se sont mis en ligne comme de suite :

 

1.     les requises militaires en premier, bénéficiant du maximum de comptant ;

2.     le milieu d'élite universitaire, deuxième ;

3.     l’exploitation commerciale, troisième ; et

4.     les besoins particuliers en dernière place, remplacés par le spam, le virus et d’autres décharges informatiques.

 

Des nouvelles machines pédagogiques s’occuperont des corvées à répétition d’une formation scolaire. Beaucoup d’idéalistes doués réclameront l’honneur de servir comme maîtres d’Apprentissage. Cette maîtrise universelle pourrait aboutir comme un des derniers travaux structurés dans une économie post-industrielle de paix. La vocation d’enseignant évoluera d'un asservissement de cléricalisme, d’emmerdement disciplinaire et de répétition par cœur ; dans l’échange d'inspirations et de consultations entre des Apprentis enthousiastes pour leur profit mutuel.

Note bien s'il te plait cette transformation vitale des Apprentis. Sous la gérance d'armes, des professionnels autoritaires ‒ juges, professeurs et  politiciens entre d’autres ‒ nuisent d’office à leurs clients et les punissent. Ils se transformeront en conseillers bénévoles et en guides intimes, sans la capacité de nuire sauf sous la direction d'assemblées plus étendues d’experts. En fait, ils trouveront l’imposition de telles peines non seulement dégoûtante mais nuisible à leur dignité professionnelle. Comme dans la médecine, le rendement du bien et rien que tel deviendra la clé de la maîtrise professionnelle ; son opposé, inacceptable par des praticiens honnêtes.

Du reste, chaque enfant devra maîtriser un doctorat avant la puberté dans au moins l’une ses passions. Presque tous se rendront en maîtres d’études paisibles ; la plupart, dans de multiples disciplines adjointes.

Ceux sousmotivés et estropiés par abus tireront bénéfice de nouveaux systèmes de soins. Ils ne se serviront pas du système standard d'étude avant que tous deux puissent profiter de cet échange. Quant aux individus affligés par une grave incapacité, des aides raffinées biomécaniques leur permettront de réintégrer le système standard d'études. Plus personne ne sera laissé en arrière sauf volontairement. Le plus provocant et laborieux le scénario d'enseignement, les plus dévoués et subtils les maîtres d’Apprentissage, attirés là par leur culte de passion. Des académies spécialisées serviront ceux nécessitant un logement restrictif jusqu'à ce que leur guérison puisse les libérer.

Afin d'accélérer le rythme d’Apprentissage, ces réseaux adopteront chaque fraude de Madison Avenue et hantise de la culture de masse qu’ait fantasmé l'humanité. Des messages subliminaux clignoteront sur des canaux « d'arcade de recréation » qui persisteront à offrir les vingt-quatre heures sur vingt-quatre ce divertissement à cerveau terne dont on s’est accoutumé. Quoiqu’ils encourageront pareillement leur assistance sous-développée de poursuivre leur instruction en lecture et aptitude à calculer, dévoilant de ce fait leurs passions définitives. Ces « annonces publicitaires » prendront une fraction de l’énorme capacité disponible de traitement de texte et de mémoire numérique. Chacun pourra se satisfaire de sa participation sinon de son refus de participer : ces options considérées également valides.

Des enfants bien élevés mûrissent au cœur d’une collectivité clémente et raisonnable, non celle coercitive qui nous est devenue familière, qui ne produit fiablement qu’un grand nombre de soldats. Les mères nourriront leurs enfants au sein pendant des années : la formule naturelle de contrôle des naissances. Les familles étendues coopéreront à porter leurs enfants en bas âge à la hauteur d'adulte pendant leurs heures en éveil. Cette forme de coopération, autant au sein de la famille qu’en dehors, durera plus ou moins les premiers cinq années de chaque nouveau-né.

Des enfants bien comportés, élevés au sein d’une société raisonnable, apprécieront beaucoup plus de libertés que nous ne leur permettons à présent. S'échappant de la canicule journalière, les enfants balinais assistaient à des divertissements publics jusqu’à trois heures du matin. Pourvus de protections spéciales à l’encontre de pédophiles, aucun mal ne leur advenait de cette habitude.

Ainsi qu’une salle commune de télévision, l’infrastructure des écoles devra servir comme lieu de réunion volontaire au lieu de centre de détention. Les écoles d’Apprentis, opérant en décalage de jour et de nuit, attireront des enfants ennuyés et des adultes sans meilleure destination. Peu de classes imposeront une assistance quotidienne et enrégimentée. Par contre, beaucoup d’installations et d’instituteurs aménageront des sports continus, des jeux, des travaux pratiques et des projets d’affaires. Les réseaux d'Apprentis coordonneront, programmeront et annonceront une gamme extensive de classes et de divertissements.

Des enfants inactifs seront surveillés par des membres de la communauté encore plus attentifs à leur bien-être que la plupart des instituteurs aujourd'hui. Les écoles évolueront de prisons de jour en lieux évidents où des gosses ennuyés iront se divertir. Le « Va dehors jouer » deviendra « Va t'amuser à l'école. » Comme pendant les âges d'or d’antan, des jeunes gens avides se poseront aux pieds de maîtres brillants.

La plupart des Apprentis poursuivront leurs études comme un bien en soi. Pour un honoraire honnête, les Apprentis absorberont des données sur n'importe quel sujet de leur choix et à leur niveau d'expertise correspondant.

Un cycle d'études programmées enseignera les fonctions d'un terminal d’ordinateur standard, ses entrées de commandes et ses capacités préliminaires de lecture et de calcul. Ce réseau d’Apprentissage fournira des définitions de dictionnaire, des essais encyclopédiques, des études programmées en détail, des classes du dernier cri, des conférences d’école supérieure en temps réel et des revues professionnelles de livres et de cahiers traitant de chaque sujet, avec des copies imprimées de tels à plein texte. Contrairement à l’Internet qui n’offre qu’un buffet incohérent de donnés de profondeur illimitée mais sans indexation fiable, l’Agora des Apprentis guidera de façon attentive les jeunes Apprentis le long de chemins structurés en poursuite de leur Apprentissage accéléré, tout en facilitant des détours vertigineux également bien éclairés, selon le souhait de l’Apprenti en question durant sa quête d’infos.

 

 

Par égard à la brièveté, permets-moi d’admettre que mon enseignement d’enfance fut un schéma directeur : comment ne pas enseigner les maths aux gosses. Je sers comme porte-parole pour ceux dont l’aptitude en maths fut écrasée dès leurs premières années à l’école. Il est trop tard pour nous autres — mais non pas pour les générations à suivre.

Voici ma proposition. Le ministère de l’éducation (soit de quel pays) doit tendre un contrat d’un million de dollars à SEGA, Nintendo et quiconque d’autre en proposeraient l’offre. Le projet serait de rédiger le meilleur jeu d’arcade de tireur en première personne comme DOOM. Ce jeu serait désormais monté sur toutes les plates-formes numériques (Windows, UNIX, Mac.) Chaque joueur ayant accès à un ordinateur devrait en bénéficier gratis.

Au cours de ce jeu, des monstres en approche seraient tatoués d’une équation. Le réticule de ce jeu se focaliserait sur les éléments distincts de cette équation (contrôlée par le joueur, elle s’ajusterait aussi grande ou petite que nécessaire pour cibler l’élément de l’équation à simplifier.) Le jeu comprendrait des touches de tir : addition, soustraction, multiplication et division pareillement à celles pistolet, fusil, etc., dans les jeux contemporains.

Le but consisterait à « tirailler » les éléments de cette équation jusqu’à ce que ce monstre fut « abattu » (cette équation simplifiée pour X ou une autre variable.) Dans l’équivalent pour des enfants paisibles, il s’agirait de « tailler » une vigne en folle croissance jusqu’à sa « floraison. » Une simplification fautive s’enregistrerait comme une « rature. » Manque de le simplifier permettrait au monstre « d’abattre » le joueur ; manque de « tailler » la vigne résulterait dans « l’étranglement de la vigne. » Des joueurs experts s’imposeront des contraintes supplémentaires de temps écourté et de munitions amoindries afin de rénover leur amusement. Faites plus vite et avec moins de tirs ou perdez le jeu.

Aux paliers de complexité élevée, une suite de touches « de contrôle alternatif » permettra aux joueurs de résoudre des problèmes d’algèbre de plus en plus compliqués, comprenant la trigonométrie, les valeurs absolues, les calculs différentiels, les matrices, etc. Des variantes incorporeraient la probabilité, les statistiques, la physique, l’ingénierie, la chimie et la programmation numérique. Un monstre surgissant de ces jeux plus complexes serait tatoué d’une série d’équations de plus en plus compliquées. Toutes les règles mathématiques figureraient comme des instructions, des allusions et des indices ; les formules classiques et les découvertes historiques seraient des « tricheries. »

En dehors de leur palier particulier de difficulté, les résultats imaginaires se rendraient en « tilts. » « Félicitations ! Tu viens de faire sauter le couloir de jeu à coups de bombe atomique ! » Puisqu’une grande partie des mathématiques avancées s’appuie sur des équations dites « complexes » cet aboutissement comporterait une issue de sortie qui conduirait des Apprentis précoces aux calcules « imaginaires » encore plus alambiquées et fructueuses.

Ce logiciel mettrait l’accent sur le narratif, la beauté des images et l’aspect ludique par-dessus celui didactique : toujours davantage de jeux et moins de corvées. Les enfants devraient bénéficier d’opportunités illimitées de s’initier dans leurs aptitudes mathématiques à leur propre vitesse, faisant partie d’un jeu fascinant. Le résultant penchant numérique de masse et ses enjeux technologiques pourront se prouver prodigieux.

Les résolutions orthodoxes de ce problème offrent un petit cadeau aux bureaucraties d’enseignement contemporaines vouées à l’échec en fin de compte — soit la satisfaction qu’elles obtiendraient de sa nullité. Les cours de maths auront pour but de renforcer ce jeu primaire d’Apprentissage plutôt que de supprimer les jeux électroniques et leur potentiel de développer l’aptitude mathématique. Les classes de maths se transformeront en arcades de jeux bien surveillés.

Après quelques décennies de développement de jeux d’instruction numérique, aucun tel n’existe, encore moins celui gratis et de distribution universelle. Les jeux de mathématique contemporains sont balourds, trop didactiques et limités aux habiletés élémentaires.

Je te le demande : quelle bureaucratie est bien servie par ce manque en masse d’adresse mathématique ? Qui bénéficie le plus des fonds académiques dévoués à la faillite de l’enseignement des maths car une corvée dépouillée de joie et de spontanéité, exception faite d’une infime minorité de surdoués ?

Ce nouveau jeu mathématique sera ma revanche sur tous ces raseurs insupportables. Comme dans le cas des généraux et de la guerre, l’enseignement des maths est un sujet trop important pour le laisser entre leurs mains.

Si j’avais pu trouver ce genre de jeu pendant mon enfance, j’aurai pu mieux me qualifier pour répondre à nos problèmes actuels. A défaut, je fus dépourvu de mon enseignement convenable en maths et ma propension d’enfance pour eux fut supprimée. J’ai sombré dans de l’indifférence passive aux demandes académiques d’une langueur successive. Me voici inculte quant aux maths avancées ‒ ma fenêtre d’opportunité s’est close ‒ aussi le porte-parole exhérédé de générations d’Apprentis doués à venir.

Je me suis détourné trop fréquemment de la plupart des difficultés et en mit fin trop promptement. J’ai eu bientôt marre du moindre obstacle et m’en suis écarté aussitôt. Rien ne réussit mieux face à la stupidité humaine que l’écart géographique, sauf peut-être la mort que j’attends avec impatience. Bon dieu, laisse-moi partir de cette terre de primats meurtriers olympiques ! Moins souvent ceux encourus pendant ma quête d’Apprenti.

 

Ce sera à chaque Apprenti de choisir ses paliers d’étude et de jeu. En outre, ce réseau fournira des noms, des adresses et des liens audiovisuels pour d’autres Apprentis partageurs de la même passion. L'amateur et l'autorité y seront enregistrés, ceux écartés et ceux proches. Cette assemblée constituera le bottin aux pages jaunes à venir.

Dès lors, les pauvres pourront accéder à ces services gratis pour la même raison qu’on les envoie à l’école gratuite ces jours-ci. Ils devront bénéficier de subventions d'impôt pour défrayer l’obtention de leur ordinateur et leur emploi de ce réseau. Les Apprentis distribueront gratis des terminaux d'ordinateur à travers la planète. Pour commencer, tous les marchés et salles de classe du tiers monde devraient en bénéficier d’au moins un.

Là où des services de maintien de vie sont insuffisants aux besoins des jeunes gens, des académies d’Apprentis récemment établies leur fourniront de tels ainsi que de la chaleur humaine et des études supplémentaires.

Une fois correctement nourri et instruit, le génie collectif des enfants du tiers monde aux intellects autrefois affamés sera en mesure de fournir toutes les percées technologiques, perspicacités théoriques et nouveautés sociales dont on aura besoin.

 

Finalement et d’ultime importance, la convention  des formules mathématiques doit être transformée. Sans parler de leur complexité, ces formules ne doivent plus être écrites à l’horizontale puis définies plus ou moins suffisamment selon ses termes et opérateurs suivant la formule actuelle. Elles doivent au lieu être écrites à la verticale, chaque terme et opérateur définie de façon microscopique et cette explication toujours placée à coté à l’horizontal. Comme tel :

 

A – la somme des pommes

 

+ – additionné à

 

B – la somme des poires

 

= – égale à

 

C – la somme des fruits dans ce cas

 

Ou

 

A – gens comptés

 

/ – divisé par

 

B – partis politiques

 

= – égale à

 

C – la moyenne des participants politiques

 

(Incluant toujours les unités de mesure spécifiques.)

 

La plupart des formules mathématiques imposent des termes mal documentés qui doivent être interprétés, devinés ou retenus en cours de route. Cela mène aux erreurs communes et fâcheuses telles que des transpositions de négatifs formulaires et des confusions d’unités de mesure.

Nous devons rendre nos plans aussi faciles à suivre que possible, avec chaque élément minutieusement défini ; ne plus les rendre en puzzles de plus en plus difficiles, n’étant adaptés que pour ceux surdoués et assujettis aux fautes simplettes qu’eux-mêmes ne peuvent pas toujours éviter.

Simplicité, spécificité et clarté avant tout !

 

 

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