- LA BIBLIOTHEQUE -

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SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

« Les bibliothèques te permettront de passer ton temps sans un sou mieux que des sous sans bibliothèque. » L’association américaine des bibliothèques.

[Nota : Ce qui pourrait sonner faux chez certains (Pas de bibliothèques ? Et alors ?) Pourtant faut-il garder en tête ce que cette absence implique : primitivisme médiéval ou chaos social – bonne chance à t’amuser honnêtement dans de telles circonstances ! Aussi, cette expression en anglais s’applique plutôt à la fumée du cannabis dit sativa : Un honorifique en sanscrit réservé au riz et à quelques autres plantes bénéfiques, si je ne me trompe.]

 

Couronné d’obsolescence classique, la science bibliothécaire n'est ni art ni science. Des routines désuètes y sont maintenues, non à cause de leur validité particulière mais parce que la rémunération requise pour des meilleurs systèmes dépasse de loin la pitance qu’on leur accorde à contrecœur : ce financement demeure désespérément insuffisant.

Une fois publié sur papier, un livre est difficile à adapter au numérique. Mieux vaudrait le distribuer d'avance en format digitalisé et meilleur marché, puis le publier sur papier comme un cadeau de luxe à la demande.

 

On aurait pu inventer un ensemble confortable de lunettes de lecture digitale (Google Glass ?). Des lunettes de lecture, telles que celles de soleil, qui afficheraient en plein confort des pages de texte lisible, admirablement reproduites comme si sur un bon vélin. Ces pages seraient illuminés de façon contrôlable, interrogeables pour mots-clefs, indexés et magnifiés, et à la police remplaçable. Ces lunettes numériques visualiseraient un clavier sur un écran virtuel, et une paire de mains virtuelles qui saurait taper à la machine, guidées par fil depuis des mains gantées sinon des cosses aux doigts. À la ceinture, un appareil de traitement central avec un dock portatif de mémoire et d’autres attaches d’ordinateur. Un casque electro-encéphalique, ces lunettes et ces coches ; l’ensemble relié par câble optique ou wifi.

Enfin ! Ne plus avoir à tenir un livre péniblement par-dessus la tête sinon assis incommodément. On pourra projeter à partir de ces lunettes un écran sur un mur de chambre ou un plafond assombri, n’est-ce pas ? Ces lunettes, rendues transparentes, pourraient même magnifier le monde actuel ou enregistrer des fréquences invisibles, voire projeter en trois dimensions des donnés. Ses potentialités seront illimitées.

Rien de tel n’existe. Veuillez admirer au lieu notre génie à viser des armes de longue portée à travers des champs ténébreux de bataille. Depuis la guerre au Vietnam en 1969, l’escouade moyenne d’infanterie au combat a été munie d’appareils de repérage à l’infrarouge ; alors qu’en 2011, la plupart des pompiers n’en ont pas encore été dotés pour repérer les survivants d’incendie. Quelles priorités de travers !

 

Les bibliothèques fonctionnent mieux sur une base subventionnée et coopérative (tels que des services publics courantes et une profusion d’autres fonctions non encore admises comme telles, comme la médecine.) Au lieu sont-elles attendues à fournir des profits d'entreprise comme si colportant du coca cola, des autos privées, du minage à ciel ouvert, de la fracturation hydrologique, de la biotechnologie génétique en déroute, voire une autre source de profit compulsif d'entreprise commerciale.

Des serviteurs sacrificatoires plutôt que des gladiateurs courtiers du pouvoir, la plupart des bibliothécaires se contentent de fournir un service excellent au lieu d’accumuler des richesses et des pouvoirs supplémentaires. Etant donné le tempérament vampirique des bureaucraties d’armes, le technicien de données obtient au mieux considération secondaire : il sera le premier à tendre le cou à la hache de la parcimonie et le dernier à jouir de suppléments budgétaires.

Nous pouvons confirmer cette vulnérabilité dans la bibliothèque du Congrès des Etats-unis. Supposée loger l’une des plus importantes collections de livres au monde ; en réalité, son amoncellement de bouquins constitue un gruyère bien troué de livres égarés et arrachés. Au terme de chaque séance du Congrès américain, les représentants battus et leur famille sont rentrés chez eux avec leurs lectures favorites : prix de consolation pour avoir légiféré la course des rats. Par ailleurs et encore pire, des bibliophiles exaltés ont versé des fortunes pour corrompre son humble personnel administratif et dérober des titres irremplaçables.

Passons des maîtres d'avidité à leurs apprentis. Les étudiants d’université ont été imposés des lectures pour leurs cours. Ceux parmi les plus ambitieux ont dérobé des textes clés, mis en réserve d'étude, pour en interdire l’accès à leurs concurrents. De nos jours, le repérage informatisé des livres parvient à saboter leurs combinaisons dérisoires. Mais il n’y a pas si longtemps, ces malins surdoués ont démembré la compétition, ont reçu des meilleures notes de classe et gradué dans les rangs d’élite à partir desquels ils ont pu prendre des décisions de vie et de mort. Voici comment une génération entière de réactionnaires véreux s’est emparée de nos magistratures, corps législatifs, universités, et agences médiatiques et d'entreprise.

L’aboutissement de cette ancienne tolérance académique mal surveillée ? La saisie du pouvoir par des sociopathes réactionnaires. De suite, ces malingres ont recruté des subalternes de moralité pareillement estropiée comme protégés et remplaçants. Du reste, leur mauvais exemple et conseils néfastes ont corrompu des enjambeurs de clôtures éthiques : les majoritaires dans ces professions. Les honnêtes gens se sont sitôt trouvés renvoyés. Cette mauvaise pratique est parvenue à saper n'importe quelle intendance orthodoxe.

 

Etant donné d’ores et déjà le manque de compétitivité de ces fonctionnaires et leur tendance à être des Apprentis encyclopédiques, leur mentalité « de service » simplifie la saisie de leurs ressources par des gestionnaires d’armes. Les maîtres d’affaires commerciales considèrent le rassemblement de données comme une fonction de service secondaire. Sitôt que des mauvaises affaires s'interposent, les bibliothèques et les agences de recherche d'entreprise souffrent des premières coupures de consolidation.

Ils n’ont tendance à restreindre leurs études à une seule spécialité qu’une fois que leurs patrons leur aient imposé ce sacrifice : une autre contrainte de l’éducation d’armes qui les estropie. Alors que les bibliothèques attirent des professionnels les moins compétitifs mais non moins compétents, des directeurs d’armes parrainent la recherche la mieux rémunérée au bénéfice d’applications militaires. Cette technologie s’est rendu la coupe du monde intellectuelle, si tu veux, et tout le génie créatif de visé ailleurs, des simples passe-temps. En effet, le jeu « Trivial Pursuit » s’applique au monde ingénié au bénéfice d’une majorité de zombies nourris de télé-réalité.

La curiosité innée des Apprentis les attire dans des bibliothèques et leur bienveillante anarchie intellectuelle. Dans ces ruches de pensée, le pollen de la perspicacité potentielle se mute en miel de richesse dynamique. Ce semis de nouvelles idées souffre de négligence flagrante, d’exploitation myope et d’inattention aux valeurs réelles, en dépit de l'optimisme désespéré des bibliothécaires en première ligne. Si la science d’armes est l’exploiteuse princière des ressources modernes, celle bibliothécaire en est l’indigente.

La déchéance institutionnelle a beaucoup à voir avec la loi des recettes en rétrécit. Assez souvent, les premiers efforts produisent le meilleur résultat de base. Ensuite, celles ultérieures aux marges exigent beaucoup plus d’effort.

Les bibliothèques se contentent de beaucoup moins de ressources qu’elles ne recevraient des mains d’une civilisation de paix et sont donc interdites d’atteindre leur potentialité plénière. En revanche, les technologies d’armes se sont catapultées au-delà de la zone crépusculaire des résultats en diminution. De façon obsessive, compulsive, répétitive et pérenne, nous avons poli nos systèmes meurtriers aux dépens de ceux d’Apprentissage et optimisé la formule de menace aux frais de la formule du fauteuil.

 

 

Les réseaux d’Apprentis pourront diligemment confirmer ou démentir des nouvelles hypothèses. Les Apprentis s’en serviront pour amplifier leurs passions et les partager avec des enthousiastes analogues. Des petits laboratoires et fabriques proliféreront, dans lesquels des inventeurs concevront leurs expérimentations, prototypes et maquettes d'invention qui seront fabriqués ensuite par des Apprentis ingénieurs dont la passion sera cet ouvrage. L’imprimerie en trois dimensions, mes chers Apprentis.

On n’obtiendra qu’une seule opportunité d’acquérir cette richesse incroyable. Nos institutions contemporaines se sont solidement barricadées dans leur incompétence. À moins d’une révolution sanglante, elles bénéficient de la stabilité du monopole officiel, sans tenir compte l’abjection de leurs résultats (soit d’éthique pourrie soit de conséquences inacceptables.) Des réseaux nouveaux-parus d’Apprentis auront à se prouver supérieurs sur-le-champ, sinon périront-ils aux mains inlassables de « conservateurs » dilapidateurs.

Avant que des contribuables talentueux ne se  rassemblent en réseaux d’Apprentis, nous ne pourrons découvrir des solutions adéquates pour nos problèmes les pires. Première priorité : ces réseaux eux-mêmes, comment mieux manier cette avalanche de nouvelles données.

Débutant leur enseignement à l’âge le plus tendre, la plupart des Apprentis accéderont à un certificat doctoral, voire à plusieurs équivalents, dès la puberté ; quoique beaucoup moins de « courses » chronométrées n’existeront pour atteindre un but particulier. Ceux qui réussissent le mieux vers la fin de leur vie (comme moi) disposeront du temps qu’il leur faut ; aussi les Apprentis pressés, de l’enseignement comprimé. La majorité prendra le tiers du temps que prennent les candidats pour la minuscule élite d'info actuelle.

« Le degré doctoral » c’est notre jauge simpliste de prouesse culturelle. La priorité d'âge et les titularisations de faculté seront sans rapport dans ce système ; le privilège des pairs et l’approbation d’aînés, des considérations décoratives. Des critères arbitraires de performance ne dicteront plus la sécurité financière ni ne limiteront-ils accès au réseau. Tout le monde méritera d’un Apprentissage accéléré et du repli de sa misère, sans tenir compte de provenances, productivités et recommandations.

Chaque ville diffusera une collection vidéo plénière de drames, de musique et d’art en localité ; ainsi que des tours guidés de ses magasins, musées et conventions. Des reportages analytiques narreront chaque habileté, passe-temps et industrie régionale. Des programmes de scolarité intégrale seront disponibles en localité et en temps réel, à l’appel de n’importe qui pour recensement à toute heure, à commencer par des sujets élémentaires jusqu’aux colloques des hautes écoles ; les équivalents d'autres villes apparaîtront dans quelques instants de plus. Le tout sera gratis, gratis, gratis ! Les profits indirects de ces activités se prouveront exponentiellement plus importants que ceux dérivés en direct des institutions « éducationnelles » contemporaines.

A ce jour, il est interdit d’auditer, d’enregistrer et de ré-émettre la plupart des classes et des performances artistiques ! Au lieu de chaque salle de séjour et cabine d'étude, le contrôle absolu des données émane de quelques gratte-ciel bien branchés. Une poignée de centrales de télé, de studios cinématiques et d’universités d'élite déterminent le contenu total de la culture populaire, assurant donc un rendement largement démuni d’esprit et d’à propos.

Ce soliloque à la hurle nous assourdit sans rabais. Trop peu de conversations ne clarifient la réalité publique. Le petit nombre de maîtres médiatiques « au contrôle » de presque tout ce qui est imprimé et écrit, il réagit comme un groupuscule d’arpenteurs aveuglés pour avoir pointé leurs théodolites dans le soleil mercantile trop longtemps. Leurs cartes fautives, publiées en millions d'exemplaires erronés, ne sont parvenues qu’à nous égarer.

 

« Une fois pris de richesse, que ferais-tu de toi ? Ayant étudié un échantillon de ceux récemment enrichis, des recherchistes ont conclu que tu changeras probablement d’emploi afin d’apprendre ce dont tu as toujours voulu t’instruire et te transformeras en un véritable expert dans ton nouveau domaine. » De Mike Mailway (pseudonyme pour le feu LM Boyd), le journal Seattle Post Intelligencer, 6 avril, 1992.

 

Ce qu’accompliraient la plupart des gens si une bonne fortune rarissime leur sourit, notre civilisation devrait reproduire en série pour tout le monde. De l’Apprentissage en masse ― plus jamais les options perdantes de divertissements creux et de pédagogie compétitive et tortueuse. Des économies d'échelle, mes enfants. Qui plus est, chaque euro déboursé pour ce projet prodigue engendrera des multitudes supplémentaires dans la forme de nouvelles découvertes.

Pourvu que nous frayions notre chemin pour un petit moment de plus sur cet arpent de route, le monde paisible franchira l’horizon et nous tendra la bienvenue.

 

 

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