SECTION II – HOW/COMMENT FAIRE

Beware of weapon mentors,

Wimp or Prism,

Before, during, and long after Learners.

 

Benjamin Constant: “Almost all men are haunted by the urge to prove that they are greater than they are; writers, to prove that they are statesmen. Thus, for centuries, every great initiative of extra-judicial force and recourse to unlawful measures in risky circumstances has been related with respect and described with approval. The author, seated coolly behind his desk, casts opinions in every direction and tries to infuse in his style the alacrity he stipulates for decision-making; he believes he is momentarily invested with power as he preaches its abuse; and his speculative life seethes with the demonstrations of force and power with which he adorns his sentences. Thus does he endow himself with some of the pleasure of authority. He proclaims high-sounding expressions of the people’s salvation, of supreme law and public interest; he waxes ecstatic at his own profundity and is astounded by his own energy. Poor fool! He addresses men who seek nothing more than to listen to him, and who, at the first opportunity, will employ him to test his theory.

“This vanity, which has warped the judgment of so many writers, has caused more trouble than one would imagine during our civil disturbances. All the ordinary souls who had earned a bit of authority were puffed up by these maxims, which stupidity eagerly welcomed since they sliced knots it could not untangle. These fools dreamt of nothing but great measures of public security, of coups d’État.” Taken from Robert Calasso’s The Ruin of Kasch, translated by William Weaver and Stephen Sartarelli, Carcanet Press Limited, Harvard, 1994, p. 42.

 

 

Gare aux menteurs d’armes,

Qu’ils soient mauviettes ou prismes,

Avant, durant et bien après Apprenti

 

Benjamin Constant [et ma pauvre retraduction] : « Presque tous les hommes sont hantés du désir de se prouver plus éminents qu'ils ne le sont en réalité ; l’écrivain, de se prouver un homme d’État. Ainsi depuis des siècles ont été annoncés avec respect et décrits avec approbation des grandes initiatives de force extrajudiciaire et des recours aux mesures illégales dans des situations à grand risque. L'auteur, assis pépère devant son bureau, moule ses opinions dans tous les sens et tente d'infuser dans son style la célérité décisive qu'il stipule ; il se croit momentanément investi du pouvoir en prêchant ses abus ; et sa vie spéculative s'embrase des manifestations de force et de maîtrise dont il embellit ses phrases. Il se dote ainsi d’un brin du plaisir autoritaire. Il proclame des formules du salut populaire, de la loi suprême et de l'intérêt public ; sa profondeur d’esprit le rend en extase et son énergie le stupéfie. Pauvre sot ! Il s’adresse aux hommes qui ne demandent qu’à l’écouter et qui, à la première opportunité, s’en serviront pour examiner sa théorie.

 Cette vanité qui a perverti le jugement de tant d'auteurs, elle a incité, lors de nos conflits, davantage de difficultés que l'on n’en croirait possibles. Des médiocres qui ont acquis leur part d'autorité ont été enflés par ces maximes auxquels la stupidité rendait volontiers bon accueil, puisqu’elles ont sevré des nœuds qu’elle ne pût défaire. Ces imbéciles n’ont rêvé que de grandes mesures de sûreté publique, de coups d’État. »

Retraduit du livre en anglais de Robert Calasso, La Ruine de Kasch, traduit par William Weaver et Stephen Sartarelli, Carcanet Press Limited, Harvard, 1994, p. 42.

 

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