- STUPIDITE RITUELLE -

 ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

« Pouvais-je tranquillement voir mes camarades piétiner comme des sots dans toutes les directions imaginables, sauf celle seule où se trouvait le bonheur qu’ils cherchaient ? » Robert Owen, New Lanark, Cole, 108, pris de The Life and Ideas of Robert Owen, by A.L. Morton, Monthly Review Press, 1962, p. 61.

 

Graham Gwynn et Tony Wright : Left in the Dark, (Gauche [sinon Laissé] dans le noir), Kaleidos Press, 2008. www.leftinthedark.org.uk. Ce qui suit est un sommaire de leur texte, crée avec leur permission.

À son origine, il y a environ soixante-dix millions d'années, l'humanité apprécia un régime alimentaire de fruits de la jungle facilement digestibles et riches en flavenoids. Ce régime idéal entrava l’effet nuisible au corps humain des stéroïdes et des MAOs, stimula la glande pinéale et incita une boucle de renvoi physiologique qui inhiba l’influence des stéroïdes, prolongea la période de croissance prépubescente, (autant l’espèce est avancée, autant prolongée sa croissance prépubescente) et tripla le volume du cerveau humain, le tout en très peu de temps du point de vue évolutionnaire. L’esprit humain s’est approché à la perfection en équilibrant le rendement des deux hémisphères du cerveau.

Hélas, de 200.000 à 12.000 ans, l'humanité dût s’adapter à un milieu beaucoup moins bénin. Une suite indéterminée de catastrophes climatiques a diminué la génétique humaine en une poignée de lignées féminines. Grâce à son surdéveloppement cérébral, l’humanité survécut cette transition d’un régime abondant de fruits forestiers à l’équivalent de savane, (tubercules et graines) et puis celui glaciaire de chair animale. Ces régimes obligés ont imposé une détérioration cumulative des capacités intellectuelles, sans évolution physiologique correspondante. Nous sommes demeurés exactement la même espèce, mais nous nourrissant d’aliments différents et donc raisonnant moins bien.

Cette déviation alimentaire a accentué l’effet sur le corps humain (soit mâle ou femelle) de la testostérone, déclenchant une cascade de retardement mental qui renforçait le cycle de sommeil, bloquait l’hémisphère dextre du cerveau en faveur de celui sinistre (pensée linéaire et mémoire à court terme par-dessus celle holistique et traitant à longueur) et disposait également le comportement humain à la crainte limitative en remplacement de l’entendement holistique.

Selon ces conclusions, nous sommes les survivants estropiés mentaux de cette transition d’un régime alimentaire de fruits forestiers avantageux à notre physiologie, à celui de moins en moins, (aboutissant dans la malbouffe contemporaine dépourvue de valeur nutritive) provoquant ainsi une chute en spirale de mœurs et de comportements.

 

Dans son livre magnifique, La marche de la folie, Barbara Tuchman examine la dissonance cognitive. Selon elle, c’est une tendance parmi les bureaucrates (et leurs communautés) d'abandonner le bon sens, le gain à long terme et la bonne conscience pour privilégier l’outrage politique de ces préceptes. Cette tendance prend le devant, en dépit d’une abondance de conseils préventifs.

 

Les préalables de la dissonance cognitive incluent :

 

·     convoitise de puissance,

·     pouvoir excessif,

·     syncopes et stagnations mentales,

·     persistance dans l’erreur et

·     stupidité protectrice (refus d’observer les alertes).

 

Ses conséquences :

 

·     Le suicide social remplace la raison : comme quand les Troyens ont halé en ville leur cheval de bois et n'ont pas planté un peloton de gardes autour, avant de fêter leur victoire imaginaire. Aussi quand le Congrès des Etats-unis chiffre ses contributions politiques au lieu d’adresser le réchauffement global.

·     Des instruments sociaux abandonnent leurs tâches assignées et se transforment en institutions : la papauté de la Renaissance poursuivait sa richesse et son pouvoir au lieu de réformes religieuses ; le Congrès, ses finances de campagne électorale au lieu de l'avantage public.

·     La direction s'asservit à ses préconceptions : la défaite américaine au Vietnam, l’ingagnable guerre contre les drogués, l'empire de prison contemporain, l'effondrement de la gérance soviétique, l'enlisement militaire en Irak et en Afghanistan, tel tous les responsables américains prétendaient impossible, etc. …

 

La marche de la folie ne comporte aucun chapitre sur un gouvernement autocritique, même d’exception. Les administrations d'armes se félicitent et se perpétuent, même lors d'intermittences d’effondrement incontestable.

 

Mme Tuchman nota le martyre de Mohammed Anwar El-Sadate en 1981. En tant que président d'Egypte, il prit la décision impopulaire d’entrer en pourparlers avec Israël. Il fut assassiné pour ses peines. Son analogue israélien subséquent, le Premier ministre Yitzhak Rabin, fut abattu quelques décennies plus tard pour exactement les mêmes raisons par exactement la même espèce de psychopathe du côté opposé.

 

La politique habituelle d'armes n’est retenue que par des inefficacités de l’exploitation : méthodes confuses, inertie mentale, obstacles de protocole et disputes quant au partage des restants. Puisque des chefs mal orientés insistent dès le début à malmener leurs affaires, l'inefficacité institutionnelle parvient à atténuer leurs mauvaises conséquences. Ceci en dépit du dictat maternel : « Deux maux ne valent pas un bien. »

C’est comme cela que débute le syndrome 1984. Puisqu’on s’est persuadé que le gouvernement sera toujours malicieux, pourquoi ne pas le rendre aussi débile que possible afin d’affaiblir sa malice ? Hélas, un gouvernement stupide est encore plus malicieux et friand d’accroissement, car il se pardonne d’avance pour chacun de ses actes de corruption, de négligence et d’inaptitude.

Ce que La marche de la folie désigne la dissonance cognitive : une aberration momentanée, Apprenti le dénomme plutôt de la stupidité rituelle : la tendance constante d’une gérance d’armes.

Le comportement au monde réel de la plupart de nos institutions publiques est d’habitude irrationnel. Même si leur mandat de base soit raisonnable, leurs bureaucrates s’arrangent pour le contredire. Mme Tuchman en admit autant, concluant qu’on ne peut que se débrouiller « le long d’intervalles de brillance et de déclin. » Selon elle, le seul ensemble politique qui retiendrait un espoir de surmonter cette dissonance cognitive, ce serait un électorat si bien instruit qu’il valoriserait son courage moral par-dessus le gain matériel. Voici une rareté disparaissante de nos jours, aussi le but de base des Apprentis : développer cette citoyenneté cosmopolite.

 

« La poésie épique, l’inscription monumentale, le traité de paix, presque tous les documents historiques comportent le même attribut : ils traitent des infractions de la paix et non de la paix elle-même. » P. Kropotkine, L’Aide mutuelle.

 

 Parmi ces documents solennels, beaucoup ont servi à justifier des crimes contre l'humanité. Brandissant les principes exaltés de la constitution stalinienne, ses fonctionnaires ont exécuté davantage de Russes que les Nazis ; au nom de Mao, des militants chinois ont condamné davantage de chinois que les militaristes japonais. Les originaires et champions français de la déclaration des droits de l'homme l’ont trahi depuis la Terreur jusqu’aux massacres coloniaux et postcoloniaux (au Rouanda en particulier.) Et puis ces sottises quasi-fascistes les plus récentes, interdisant aux fillettes sages de porter des signes religieux en école publique ? La laïcité comme justification de discrimination ? Quoi d’autre encore ?

Quant au préambule de la constitution américaine et sa déclaration des droits humains, eh bien ! Contemple l'empire carcéral aménagé autour de nous, aussi l'armée professionnelle soldée pour le défendre. Quelles autres déformations constitutionnelles l’empire américain tolérera-t-elle ; de quelles autres abominations devrons-nous à témoigner afin d’en extraire la vérité ?

 

En fait, la dissonance cognitive caractérise le comportement humain. Trop rarement pratiquons-nous ce que nous prêchons. Dans le monde dit « réel » nous compartimentons nos sentiments. Certaines histoires, certains individus et milieux suscitent confiance, compassion, coopération et amitié (envers sa famille et ses pairs de clan, de politique, de nationalité, de culte et de langue) ; alors que d'autres – traitant des sans-abri et des immigrés, par exemple – nous ternissent l’esprit de craintes, de mensonges et de violence absentéiste.

Nous pourrions refocaliser cette double vision en remplaçant les verres fêlés de notre  dialectique d’armes et de paix.

 

Imaginons deux hommes : M Stoïque et M de Nerfs. Quand le premier se blesse, il sécrète des endorphines suppressifs de douleur qui lui permettent ses fonctions de base à moindre efficacité. D’ailleurs, il est pratiquant de stoïcisme que nos philosophes d’armes ne cessent de louer. Mieux vaut traiter à grands coups de stoïcisme les problèmes que la stupidité institutionnelle nous interdit de remédier !

Ce stoïcisme social stimule une politique d’aliéné et forge la bureaucratie démente que Barbara Tuchman décrit en détail. Les décisions descendent d’en haut, bien isolées de la réalité ; elles dictent des caprices qui se prêtant ou pas à la réalisation sur le terrain. Ces décisions peuvent contredire l'instinct de survie, les potentialités locales et le précepte moral. Et alors ? Personne directement touchée ne sera consulté. Des cadres intermédiaires les exécuteront de toute façon, sous la menace de licenciement sommaire. Les protestataires raisonnables seront ébranchés de l'arbre de décision : cette taillade, la toilette favorite de la plupart des bureaucraties qui, par automatisme rituel, s’en rendent encore plus stupides, passives, apathiques et « stoïques. »

M de Nerfs tombe dans les pommes à la première vue de sang non moins une blessure sérieuse. Emmitouflé dans le choc, il languit en syncope jusqu'à ce que son subconscient ne stipule que ces nouvelles conditions puissent être survécues. Alors que M de Nerfs reste évanoui, son esprit contemple ses options à loisir.

L'argumentation et l’engendrement de consensus règlent une politique nerveuse. Le plus de temps que prend ce consensus, le plus de retard entre les actions. Les administrations nerveuses et pluralistes se compromettent, vacillent et retardent leur prise de décision. Personne y appartenant ne se commet à une seule voie avant que chacun n’ait revendiqué la sienne. Tandis que de plus en plus de voix se mêlent à la discussion, les retards s’étendent sans fin. Le plus de données qu’il y ait à rassembler, la plus tardive chaque nouvelle prise de décision. Prenant deux pas en avant et trois en arrière, les organisations exécutives recueillent des données, les traitent pour en extraire une vérité indiquée, proclament leur décision, examinent leurs résultats, repensent, établissent une nouvelle ligne de conduite, etc. ...

Sinon une minorité opiniâtre nous attelle à ses décisions arbitraires et ignore leurs revers : cette pratique beaucoup plus simple et courante. Quand la prise de décision aboutit en impasse, l’avidité du simple profit dans le moins distant se rend l’arbitre définitif de discussions surchauffées ; bientôt de suite, elle se rend le substitut de toutes celles subséquentes. « Laissons décider les mesquins : c’est tellement plus commode ! » Et désastreux, de façon prévisible : l’excellence comportementale demande un grand effort moral et intellectuel, non simple rapacité et manque de sollicitude.

 

Discutons de trois panacées de la gestion d’armes : la discipline, la gloire et la morale militaire. Les disciplinaires militaires appliquent juste assez de brutalité pour court-circuiter le bon sens et l'intérêt éclairé de leurs recrues. La « haute morale » d’une unité militaire permet à ses subalternes de se sacrifier quand les affaires se gâtent. « La gloire » aboutit quand cette discipline est si bien modulée qu’eux tous se soumettent au massacre, souvent pour aucune raison admissible … à l’exception de quelques doyens d’armes bien isolés par l’écart et la stupidité.

Les bonnes unités combattantes doivent endurer de lourdes pertes mais demeurer agressives ; attaquer sans hésiter, même si contenues, renvoyées et chassées. Dans certains cas, elles doivent se soumettre à l'annihilation en affrontant des hasards incontournables.

Après tout, la catastrophe corporelle est le seul dénouement pour ceux mutilés ou occis au combat. Cela leur serait bien égal, la gloire de leur sacrifice. En bref, qu’il soit épurateur de pots ou commandant en chef, chaque individu militaire doit se soumettre à la dissonance cognitive sur demande.

Voici un difficile état d'esprit pour un Etat de maintenir. Par routine, la hiérarchie militaire opère dans un brouillard de dissonance cognitive, quoiqu’elle ait des difficultés à le maintenir. Par conséquent, un Etat d'armes doit choyer des maîtres de dissonance cognitive et marginaliser les perspicaces, les critiqueurs et les francs. Des ronchonnements illettrés de l'info prolétariat jusqu’aux pinacles littéraires du mythe épique, de denses pilotis de stupidité rituelle doivent soutenir les façades en carton de la civilisation dite « éclaircie. » Cette fondation est si ubiquitaire qu’il nous est devenu imperceptible.

Les Etats d'armes ont appris à masquer leur agression manifeste lors d’intervalles de paix. Au lieu, des actes de brutalité raciale et domestique se rendent banals, la culture populaire et les sports favorisent une concurrence brutale. Le prolétariat trouve de moins en moins d’emplois légitimes, ce qui amplifie le crime. En poursuite de bénéfices à court terme pour rémunérer des impositions colossales de guerre, les êtres humains se piquent et s’alignent en contrepartie de leur environnement. Avec l'épuisement implosif de ressources naturelles, des éons de révérence pour la nature sont abandonnés. La consommation en masse, le jonchement de détritus particuliers et la pollution institutionnelle s'ajoutent pour dégrader le monde, autant celui naturel, social et psychique. De superflues contraintes sexuelles, l’intolérance religieuse et la criminalisation de drogues récréatives servent à multiplier cette virulence.

 

L'alcool, les drogues, la prostitution, les jeux de pari et d'autres penchants humains multiplient les frais sociaux, en particulier quand rendus rares et coûteux par la prohibition juridique (donc plus profitables pour les élites aux contrôles.) Dans ces cas, ils doivent être légalisés, subventionnés et clairement réglementés afin de réduire leurs répercussions sociales, suivant le principe en souplesse appelé gedogen en Hollandais : « illégal mais toléré si aucun mal n’en résulte. » Au monde en paix, les exceptions majeures de ce principe seront des applications illégales d’armes pour lesquelles il n’y aura aucune tolérance.

Les toxicomanes devraient obtenir leurs drogues gratis ; en effet, leur penchant devrait être subventionné. Ces frais seraient beaucoup moins onéreux que ceux résultant de notre habitude de forcer une victime innocente de soutenir en directe leur addiction au gré de leur petite criminalité : cette imposition aux pauvres victimes d’épauler est abusivement périlleuse et régressive.

Des nouvelles cérémonies religieuses démontreront aux jeunes Apprentis le pathos de l’immoralité. Ces rituels d’Apprentis pourront reconstituer des anciens jeux de moralité d'excès et la boîte de Pandore qu'elle entrouvre. Des cultes de mystère ont servi la même fonction dans l’antiquité, les anciens rites d'ivresse publique des Dionysiens, eux aussi. Une fois que la société fournira des asiles sécurisés d’initiation, d’intoxication et de convalescence, on va enfin pouvoir limiter de manière fiable l'intoxication publique et les addictions nuisibles : des faux-pas impensables pour les membres d’une société paisible.

Pareillement, la communauté des Apprentis encouragera la recherche particulière par voie de drogues révélatrices et hallucinogènes. Des compagnons se réuniront pour méditer ensemble sur Dreamtime en partageant des drogues bon marché, légaux et de haute qualité dans des kivas conformes, pourvus de ces kivas soient bien sécurisées pour de telles activités. Pourtant l'abus public de drogues et d'alcool ne diminuera jamais la responsabilité particulière. Au contraire, des crimes aggravés par ces abus tireront des pénalités encore plus raides de jurys d’Apprentis. Après tout, ils se seraient baladés par là-bas et en auraient fait autant sans conséquences tellement graves.

Cela fait au moins dix mille ans que des êtres humains se droguent. La prohibition arbitraire, ce n’est que de la folie au ralenti. Les drogues de la rue doivent être réglées afin d’assurer leur qualité et réduire leur toxicité. La désignation sativa, du cannabis sativa est une honorifique qui date de milliers d’années : ce que le Sanskrit réserve au riz et à d'autres plantes bénéfiques (fenouil, raisins.) Proprement cultivée et administrée, ses qualités médicinales et de Dreamtime transcendent ses risques. La marijuane de haute qualité réduit les tensions nerveuses—contrairement au détritus engourdissant d’esprit qu’ont conspiré à raffiner les milieux policiers et criminels. Elle favorise la socialisation et le discours philosophique sans nuire à notre poursuite de la muse. La paix des Apprentis conviera cette source d’inspiration.

Il y a deux raisons principales que les drogues récréatives restent illégales. La première : que faire de tous ces teneurs de lance accrédités dans la guerre contre les drogués : tous ces flics et criminels, les grands comme les petits, une fois mis au chômage ? La guerre contre les drogués a créé des légions d’agents, de pifs et d’entrepreneurs grands et petits. Tous les abus sociaux leurs sont devenus coutumiers. La tentative de leur trouver une nouvelle embauche lâcherait un contrecoup de criminalité raffinée dont le semblant afflige la Russie depuis que sa police secrète a perdu son permis de terroriser la populace au nom de la révolution.

 La seconde raison pour mener cette guerre à notre encontre ? Les gains pantagruéliques que des réactionnaires politiques ont obtenus en inondant les banques mondiales de leur revenue de drogue. Ils ont défrayé leur ascendance médiatique au moyen de cette marge brute d'autofinancement criminelle. Leurs avantages politiques se tariraient si nous rendions l'usage de la drogue légitime. Chaque nouvelle prison, punition pour crime de drogue et achat illégal gonfle leur marge de bénéfices et leur base de pouvoir. Pense à cela, la prochaine fois que tu te taperas ta drogue illégale favorite.

A ce jour, certains irresponsables commettent des infractions insensées et blâment leurs résultats horripilants sur leur prise de drogues. Les élites d'info rendent de soigneuses leçons particulières à ces menteurs égoïstes afin que leurs confessions d’horreur, récitées très correctement, puissent diaboliser d’autres criminels de drogue sans victime. C’est pareil pour les survivants en deuil de preneurs de drogue suicidés—quoique ce choix assidu de lampistes et de porte-parole n’est jamais parvenu à interdire l’emploi de drogues récréatives. Tous ceux mis en panique à l’idée d’adultes consommateurs de drogue, doivent comprendre sa neutralité fondamentale. Quand cet acte libère des manifestations destructives, ce n’est qu’en parvenant à magnifier des conflits psychologiques en profondeur : notamment notre défi subconscient de la dialectique d’armes et de paix. La solution ne réside pas en claquant en série des portes psychiques, mais en enveloppant ces victimes dans des filets beaucoup plus forts, souples et caressants.

Ma psyché fut cloquée par un ou deux mauvais voyages hallucinants. Il ne me reste donc plus grand envie de me doser de fortes substances psycho-actives. Une fois ces drogues légalisées, je préférerai cultiver dans mon jardin celles les plus inoffensives, sinon en mander auprès d’amis depuis les leurs. Toutes ces drogues devront pourtant être légalisées. Cela réduira les crimes secondaires et la contrainte envahissante de l’interposition policière : des maux de loin pis.

Comme la mangeaille de chocolat au point de se rendre malade, la prévention de malheurs liés aux drogues deviendrait une des responsabilités principales des médecins aux pieds nus en localité, dédiés au vœu d’Hippocrate : « Ne faire aucun mal » et non plus d'une police armée, importune et remueuse d’ennuis subséquents.

Les mineurs devraient se refuser de telles drogues par choix, réclamant une meilleure alternative. Ils préféreront peut-être « se garder intacts » pour des cérémonies graduées d’initiation d’âge de pair, animatrices plus influentes de leur destin. Imitant des ancestrales cérémonies tribales, ces rituels d’Apprentis favoriseront des liens intensifs de parenté parmi des pairs de cohorte d’âge. Leur promotion à travers ces clans doteront les novices de responsabilités sociales en fonction de leur maturité, bien chronométrées au mérite.

La vigile anticrime deviendra l’une de leurs responsabilités primaires. Des enfants se doteront de privilèges d'adulte, une fois apprêtés à des responsabilités correspondantes mais pas avant. Certaines responsabilités policières seront transférées aux enfants en bas âge dans une société bien avancée dans la paix : là où l’on n'aurait plus entendu parler de brutalité déréglée depuis des années.

 

La douleur – compagne constante de l’humanité – a amplement renforcé le stoïcisme historique. En dépit des fanfaronnades de la communauté médicale, les riches comme les pauvres souffrent de ruptures mal recousues, de maux de dent, d’irritations et d’allergies chroniques, de désordres digestifs, d’urgences psychiatriques et de blessures de provenance accidentelle, criminelle, combattante, soit à nos propres mains, par négligence médicale ou par mauvaises habitudes.

Nos corps sont souillés par les accumulations de nutrition toxique, mal comprise et mal instruite. La désinformation est le pain beurré des méga sociétés de production alimentaire. À vrai dire, leur seul vrai but est la manufacture en série de rations du combat : ces denrées les plus toxiques et profitables jamais produites.

Des vieux guerriers du passé ont dû endurer davantage de peines que le restant du monde. Leurs prérogatives leur ont permis de survivre plus longtemps que leurs contemporains moindres, en dépit des blessures du combat et des maux de la vieillesse.

En effet, l’ancienne « supériorité » des nobles vis-à-vis des paysans peut être tracée à leur monopole de longue date des privilèges de la chasse. Ceux-ci dégustèrent davantage de protéine animale alors que les manants se nourrirent de légumes, de légumineuses et de gruaux. Leur cerveau en mûrissement manqua d’assez de protéine pour se développer et concurrencer avec succès, d’autant de même pour des esclaves et leurs maîtres que pour les info élites et les prolétariens contemporains.

La stagnation culturelle de nombreuses nations et minorités contemporaines peut remonter à cette nutrition inadéquate, surtout le manque d’iode dans le sel, ainsi que d’autres micro nutriments (comme le fer) les effets à long terme desquels nous sommes plus ou moins ignorants. Ces lacunes, les Apprentis pourront combler presque à l’instant, haussant donc la perspicacité locale à prix minime. Voilà une autre démonstration de notre dégénérescence d’armes : que nous n’ayons pas encore entrepris cette tâche à l’échelle globale.

 

Ceux qui ne peuvent pas se débrouiller coûtent de plus en plus cher à maintenir en vie et en dehors de prison et d’hôpital ; alors que ceux qui le peuvent engendrent des profits fiables de leur propre initiative.

La pauvreté, c’est l’agencement social le plus coûteux au monde—mais qui crée des légions de bons soldats.

 

 

Hormis le cannabis, l'écorce de saule, la mandragore, l'hypnose, l'acuponcture et le jus de pavot dans certaines cultures privilégiées, les analgésiques efficaces étaient très rares dans le passé, bientôt récoltés au point de disparaître et oubliées. Les chefs, ceux héréditaires en particulier, furent assaillis de douleur atroce tout en devant prendre des décisions importantes. Sans parler de leurs vassaux.

Si tu as eu la bonne fortune d’éviter de telles souffrances, fais confiance en mon expérience. Des individus autrement sages peuvent se rendre en parfaites brutes sous une averse continue de douleur, leur raison abdiquée en faveur de la cruauté et des crises nerveuses.

L'alcool était l’analgésique de choix bien avant l'usage de celles plus efficaces. La combinaison de douleur et d'alcool tend à annuler les grâces sociales. L’alcool et les infusions d’herbes ont toujours servi comme substituts et suppléments salubres pour de l’eau à boire souvent contaminée dans des villes primitives de mauvaise ingénierie.

Aussi, l’alcool peut aider à la digestion. Comme des bulles d’oxyde de carbone dans une gazeuse, elle tue de nombreux microbes dans la nourriture, nuisibles à la digestion et au sang. Ainsi permet-elle aux populations humaines sans meilleur moyen de décontamination nutritive – il y en a de meilleurs, aux Apprentis de découvrir – de temps à autre se purifier les entrailles, soigner ses blessures et s’apaiser l’esprit trouble.

Un philosophe social, dont le nom m’échappe à ce moment, conclut que des communautés se servent de l’alcool pour trier leurs gens. L’alcool n’est après tout qu’un concentré de grains ou de fruits, complémentaire à la sustentation de base si confectionnée de son surplus, sinon un remplacement nuisible si produit en dépit de son insuffisance. Elle figure comme incontestable surplus des besoins de survie d’une famille opérant aux marges et choisissant ou pas de la consommer : un véritable supplément aux besoins de base d’une famille pauvre, tant aujourd’hui que d’antan.

Ceux s’abstenant de l’alcool peuvent appliquer ce revenu supplémentaire comme nantissement d’entreprise rentable en bons temps et comme marge de survie en temps de famine, alors que les buveurs en excès se cloîtrent dans les classes inférieures par beau temps et se laissent anéantir plus rapidement en temps de famine, eux et leur famille. Des anciennes communautés qui ont interdit l’alcool se sont rendues plus rigides et fixes en abandonnant ce surplus et l’option de leurs familles de l’appliquer, alors que celles qui l’ont permis ont promu l'élévation sociale de leurs familles au mérite, si seulement de façon indirecte.

En outre, au cours de millions de confrontations d’homme à homme, le combattant sobre aurait fendu celui rendu malade par son breuvage pour compenser ses craintes avant la bataille (comme quelques hooligans russes sobres ont tabassé une masse de soûlards britanniques pendant une émeute de football en 2016.) Fut-ce la marge de victoire dictée par le Q'ran pour les forces arabes musulmanes contre les armées byzantines, persanes, hindoues et chinoises : chacune dépassant son comptant des fois par dix fois ou plus ? Ça, puis l’amoindrissement de la maladie à cause des diktats hygiéniques du Coran, à l’encontre d’étrangers crasseux et puants à vie ?

 

Un autre philosophe social, le nom duquel m’échappe tant bien, parlait d’autre chose. Il conclut que les communautés dynamiques forcent les femmes, sans envie d’avoir des enfants, (et les hommes, quoiqu’il n’en ait parlé) de les élever. Les communautés permissives ont engendré moins de bambins, sont devenus moins productives et ont dégénéré conformément, puisqu’ils ont permis aux gens d’une neurologie mieux douée de dériver dans le célibat, (et les intimités homosexuelles, pareillement sans mention) et puisque les femmes « sensuelles » y seraient devenues les seules à enfanter.

Selon ce modèle, le contrôle chimique des naissances induirait la pire forme de dégradation sociale : un autre préjudice réactionnaire favori. Bien que lui, Anglais victorien, ne parlait que de la ségrégation sexuelle à base de conviction religieuse, si je ne me trompe.

Quant à ce modèle, la même contrainte brutale appliquée pour engendrer davantage d’enfants leur aurait été appliquée au cours de l’élevage, (autant aux femmes et aux inférieurs sociaux qu’à n’importe qui tombé sous la main) dans le but de les rendre plus féroces ; alors que l’indulgence sociale aurait chouchouté davantage d’enfants plutôt rendus en pacifistes décadents, incapables de se défendre militairement des héritiers de cette contrainte implacable.

Dans beaucoup de sociétés militantes, (celle romaine, par exemple) il était illégal et même un sacrilège que des citoyens de premier ordre négligent d’avoir des enfants. L’adoption était obligatoire dans les cas les plus extrêmes. Cette habitude autrement inadmissible puisque corruptrice de la pureté du sang, elle dut être très répandue dans l’ancienne bonne société à la suite de guerres et d’épidémies de fatalité rehaussée—une des seules sources de renouveau génétique en dehors d’escapades sexuelles pareillement interdites.

 

Qui plus est, je n’aurai jamais écrit ceci ni tendu la main aux autres pour leur en faire-part, absent le lubrifiant céleste du vin. Sans l'affranchissement psychique du breuvage, j’aurai été trop ligoté par mon endoctrinement d’armes pour pouvoir le défier. Mon esprit, sobre à mourir et point modulé par les résonances de drogues psycho-actives, aurait pu tolérer les platitudes meurtrières de la mentalité d’armes. Je pressens qu’une forte partie de la créativité culturelle ait jailli de cette même source.

Je suis un introverti ardent, grâce en partie à l’épineux bienvenu que  mes pensées transmises à haute voie m’ont procuré jusque là. L’éventualité d’entamer ces sujets avec mes compagnons primates meurtriers me refoule, à moins que le vin m’ait délié la langue. Aussi la corvée de l’énième r­é-écriture de ce texte m’est devenu moins rude après un coup ou deux de bon rouge bien fruité. En outre, c’est bon pour le corps et pour l’âme.

 

L’histoire des élites russes et celle d’alcooliques manifestent de nombreuses similitudes. Elles incluent intenses soupçons, retraits périodiques, crises de brutalité, autocritiques destructives, faibles images particulières, repentances provisoires, comportements améliorés et fautes s’empirant, également ceux à tour de rôle adorateurs et abusifs envers les co-dépendants, des élancements frénétiques entremêlés d’apathie sans fin, planifications méticuleuses suivies d’indifférence aux conséquences, commencements brillants et prolongations maladroites. Une autre habitude caractérise ces deux patients : l'envie de trahir leurs vrais amis et ceux leur offrant bon conseil.

L'amitié sans bavure (la metta dans la langue pali de Bouddha) est la vertu la plus éminente dans la pensée bouddhiste ; aussi la première disposition que les directeurs d'armes font habitude de supprimer au nom de la loyauté à leur agencement.

« Ceci n’est pas ici un concours de popularité. Vous avez été donné un travail sérieux à accomplir. Allez gravement m’endolorir ces personnes-là et faites-m’en vite le rapport. Rompez ! » : le discours de la terre en armes.

Ces traits caractérisent tous les Etats d'armes, quoique des siècles de propagande anglo-saxonne les aient fixés comme des stéréotypes russes. Ce genre de comportement humain typique se reproduit de façon chaotique – en parallèle aux échelons distincts – du frangin abusif à la compagne mal adaptée, des commis malins au sergent chef tyrannique, jusqu'aux rangs suprêmes du pouvoir.

 

Un cas peut être inféré que les dirigeants de l'époque industrielle ont non seulement bu de façon excessive mais l’ont fait de belles carafes en verre plombé—s'empoisonnant de la synergie de l’alcool et du plomb, ainsi que leur monde, d’une brutalité injustifiée. La propagande hautaine et l’inertie institutionnelle ont justifié cette stupidité à la satisfaction des soûlards empoisonnés—tant bien qu’aux nôtres aujourd'hui.

Des élites d’info grecques, romaines et modernes ont subi un empoisonnement analogue. Du vin acidifié leur fut servi dans des vaisseaux de plomb sinon soudés de plomb. Les grandes maisons accumulaient de l’eau de pluie sur leurs toits recouverts de plomb ; les humbles appartements, d’argile cuit. Ainsi, les plus riches qu'ils se sont rendus et ont mangé et bu, les plus stupides qu’ils sont devenus. Les Romains se sont servis du plomb comme d’une douceur : tels que nous avec de l’aspartame (que Dieu nous en protège !).

Les pauvres ont mangé et bu sur des vaisseaux en bois et en argile ; ils n’ont pas eu ce problème sauf indirectement, des mauvais décrets de leurs supérieurs. Quoique, maintenant que j’y pense, tous leurs célèbres viaducs furent scellés de plomb.

Un tel empoisonnement chronique aurait suffi pour démolir la civilisation. Chaque nouveau problème reçut des solutions de plus en plus stupides, épicées de terrorisme réflexif. Ces actualités te semblent-elles familières ?

Quelle est notre excuse ? Maintes fois plus d’irradiations de base ? Peut-être bien. Des millions de fois plus de dioxines, d'antibiotiques et d'hormones métaboliques, égarées dans notre nourriture, atmosphère, eau et graisse corporelle ? Peut-être bien. Autrement ne serait-ce que la répétition par cœur de nos mythes hypnotiques d’armes ? Pourrait-on trouver l’antidote chez les Apprentis ?

 

La consommation récréative de drogues psycho-actives (sans alcool) entraîne un ensemble distinct de manifestations sociales, engendrant de la décadence. Quand des individus autrement énergiques se récréent de drogues, ils ont tendance à se retirer du matérialisme productif, en mysticisme, en art, en démenti passif et en indifférence sociale. L’ampleur de leur décrochement dépend de la nature des drogues prises et l'amplitude de leur dosage.

Des adultes se servent souvent de ces drogues pour soulager leur ennui à bas stress—tentant de compenser leur manque de découvrir leur passion et participer avec une association pareillement obsédée. Parmi les exemples de soulagement d'ennui à grand stress sont des montagnes de rouleau et des rendez-vous érotiques. Le combat peut être l’ultime soulagement de ce genre pour une société entière, ainsi que d’autres activités à grand risque.

Si légalisées, les effets sociaux de telles drogues récréatives peuvent être de valeur neutre et même bénéfique. Leur emploi implique tout de même des affaiblissements redoutables pour un Etat d'armes : le cas en particulier quand celles sollicitées sont cultivées, traitées et distribuées par des étrangers et donc des ennemis éventuels.

Voir l’histoire de la Chine et son effondrement culturel à cause de l’opium importé par les Britanniques.

Dans l’idéal, ces drogues devraient être bon marché, légales, cultivées localement et administrées en toute salubrité. Si oui, leurs effets secondaires seront moins nocifs que ceux induits par l'abus compensatoire du tabac lacé d’additifs toxiques, de l’alcool, de la caféine, des farines blanchies, du sucre traité et des remplacements du sucre. Ne parlons pas de la prohibition policière, du commensal crime structuré, ni des autres violations des droits humains que ces augustes assemblés nous apportent.

 

Les injonctions de Mohammed, contre le jeu et l’alcool, elles ont réussi à décaler ses frères islamiques vers une meilleure justice sociale.

 

·     La justice sociale peut-elle équivaloir à la santé publique plus ultra, correspondre à la santé publique tout court ?

·     La consomption d’alcool équivaudrait-elle, en ce qui concerne son effet antibiotique, à se laver les mains cinq fois par jour ?

·     À quoi égalerait le lavage des pieds d’un étranger, de son adversaire ?

·     En assises de justice, peut-être …

·     Laver les pieds d’un étranger fatigué, comme routine sociale, cela égalerait à quoi ? …

 

L'Islam primitif a décousu d’énormes prolétariats d'info du commandement de leurs élites d'armes qui ne pouvaient être défaites autrement. Le Qran offre une sagesse supérieure à l'injustice dogmatique offerte par leurs potentats et religieux d’armes antécédents.

Bien au devant d’Apprenti, Dieu, par la voix de Mohammed, a divisé le monde en une maison de paix qui loge ceux en bon entente avec Sa doctrine, et celle de la guerre contenant leurs adversaires. Il n’est pas nécessaire d'être un pratiquant musulman pour appartenir à la maison de la paix. L’on doit simplement laisser les musulmans pratiquer leur foi en paix. Il est certain qu’Allah préfère cette maison et abomine l’autre. Aucun sage pratiquant musulman, ni Mohammed lui-même, ne contredirait cette conclusion.

Je ne suis pas suffisamment qualifié pour commenter davantage. Des Apprentis musulmans devraient le faire à ma place, à haute voix !

 

On a spéculé que l'agriculture urbaine et le régime autoritaire ont dû évoluer ensemble. Les moissons en surplus n’ont pu être commercées au-delà de la frontière locale du climat. Des villes furent établies le long de fleuves qui segmentaient ces étendus. En d'autres mots, chaque habitant dût simultanément partager le climat local et ses surplus ou pénuries. Un réseau de transport en surdéveloppement aurait été le seul capable de déplacer des surplus agricoles loin de leur zone d'origine.

Manquant de transport en bloc bon marché, l’on a dû trouver d’autres moyens de préserver ce surplus non vendable. Ce n'aurait été ni sage ni sain de se gaver pendant des années d'abondance et crever de faim pendant celles mauvaises. Une certaine disposition dût être prise pour niveler cette montagne de rouleau alimentaire. Des surplus périssables ont dû être préservés pour les années de famine, en prolongeant leur durée d’étagère.

La fermentation « résolut » ce problème.

Jusqu’alors, les meutes humaines de chasse ont fonctionné un peu comme celles de canidés. Toutes deux ont partagé la gestion au mérite, l’honnêteté autorenforceante, la distribution équitable de vivres et de travaux, des contraintes reproductives, la péremption permanente de violence au sein de la meute, ainsi que l’entretien assidu par la communauté entière d’un petit nombre de jeunes. Le long d’éons, des conditions marginales ont anéanti toutes les meutes déviant de cette norme d'excellence.

Nous avons été engendrés pour l’excellence comportementale mille fois plus longtemps que pour la mentalité d’armes.

Ignorons pour l’instant les chicanes philosophiques, le nihilisme rotulien et les doutes existentiels qui nous ligotent les pattes à ce moment. L’authentique moralité améliore la probabilité de survie de l’espèce à long terme, en rendant moins nuisibles ses conséquences inattendues. Par contre, la mauvaise conduite tend à engendrer des résultats plutôt néfastes quand passée à travers la boite noire probabiliste des conséquences imprévues.

En bref : obéis à ta conscience morale, fais du bien et attends-toi à davantage de miracles inattendus. Désobéis-la, accomplis davantage de mal et attends-toi à des catastrophes inattendues en plus grands nombres. L’obéissance attribuable à la conscience morale et à son don de miracle, comme un phénomène démontrable de façon scientifique. Point, à la ligne.

Cependant, l’abus routinier de l'alcool a brisé des commandes sociétales de longue date, à cause de crises impensables de brutalité et d'incivilité, de gueules de bois, de maladies dégénératives et d’effets nuisibles aux nouveau-nés. Des générations récupérant de leur ivresse – sinon simplement rendues malades par des beuveries quotidiennes – ont évolué des institutions et des traditions démentes afin de rationaliser leurs méfaits livrés à la boisson. Nous voici ?

 

Les premières villes ont servi (au début comme depuis toujours) en tant que centres de logistique, refuges de désastre et forteresses. La citadelle primitive n’a logé qu’une élite de prêtres et leurs gardes du corps : le triage parfait de maîtres d'armes et leurs élites de bataille. Plus tard, les habitants de villes murées ont eu trois options : envoyer une armée de campagne à l’encontre de la horde en approche, subir l’annihilation à ses mains sinon se soumettre, généralement, les deux ou trois en série. Une armée de campagne, ce n’est qu’une vorace ville migratrice.

L'agriculture sédentaire, l'urbanisme et le militarisme capitaliste et centralisé ont évolué en parallèle mais par  voies indépendantes. La richesse en surplus exigea des fortifications, des lois de propriété et des protections de police. La dense population urbaine et ses biens fixes ont rendu des fortifications pareillement inévitables et abordables. Aucune différence quant à leur personnel : esclaves armés, mercenaires, militaires de carrière ou milices libres.

 

 

Le syndrome de stress post-traumatique (SSPT) influe également la stupidité rituelle. Ses survivants sont affligés d’hyper vigilance en permanence, d’attaques diffuses de panique, de paranoïa, de coups de tête, de penchant pour la casse et d’incapacité de se réadapter à la vie civile. Des vétérans post-traumatisés de la Première (sic) guerre mondiale ont formé la noyauté des partis totalitaires à travers l’Europe et l’Asie. Des centaines de milliers de vétérans américains de la guerre au Vietnam (et maintenant celles en Irak et Afghanistan) sont revenus chez eux pour n’avoir qu’à périr en tant que sans-abri solitaires lors des décennies d'après-guerre—beaucoup plus de défunts délaissés que les 59.000 et quelques noms gravés sur le mur noir à Washington—ce compte de pertes analogue à celui subi chaque année sur nos autoroutes, avec des survivants traumatisés tout en proportion.

Des anciens chefs ont confirmé leur prétention à la noblesse en se jetant dans le combat le plus acharné. Ils ont toutefois été censés exhiber une sagacité surhumaine lors de leurs prises de décision en temps de paix, quoique rendus passagèrement déments par la SSPT sinon en déments en permanence des élites de bataille.

 

D’ailleurs, l’Occident a été en grande partie géré par des victimes de secousses cérébrales subies par six générations d’athlètes amateurs à l’école (rugby, football et boxe), et par des vétérans survivants d’explosions revenant chez eux pour diriger après des guerres intermédiaires. Leurs cerveaux contusionnés ont justifié des politiques stupides pour le restant de leur vie. Donc, le congrès des Etats-unis.

 

Un autre facteur favorise la stupidité rituelle. Beaucoup de temps doit être pris pour rassembler des données et transmettre des ordres par voies lentes de transmission. L’intendance d’un pays pendant l’ère des chevaux et des voiliers a ressemblé au pilotage d’un avion radiocommandé mais défectueux, nanti d’un retard de contrôle d’une journée entière. Autrement dit, la commande que tu introduis au moment M n'entra en vigueur qu’au moment M plus 24 heures. Ce délai intégral aurait comme conséquence une longue série d’abîmes au décollage, soit l’expertise de la main royale (ou de celles républicaines) aux contrôles.

On a écrit bien des choses récemment sur la gérance du risque. Les théoriciens de gérance déplorent le fait que les professionnels du risque agissent par instinct, notamment en traitant des politiques étrangères. Ils basent leurs décisions sur des critères subjectives (lis des conneries.)

Les techniciens d'armes sont au premier rang des communications à bande étendue, de la réalité virtuelle, de l'intelligence artificielle et des nouveaux systèmes de connaissance. En attendant, la parcimonie du marché dit « libre » refile aux civiles des systèmes informatiques désuets ; supposant que quiconque se creuse la tête pour satisfaire des applications civiles, bien moins rémunérées mais de loin plus profitables à la longue.

Peu d'organisations civiles recueillent toutes les données en temps réel et étudient ce contenu en détail. De tels dispositifs viennent à peine d’être adoptés en tant que systèmes militaires de communication, de commande, de contrôle, d’ordinateurs et de renseignement. Cette expertise et ses dispositifs modernes accélèrent les procédures d'analyse, d’exécution, de surveillance et de répétition... Inopportunément, la plupart des institutions civiles persistent dans de langoureuses contemplations datant des poneys et des bateaux à voile.

Les menteurs d'armes pratiquent des protocoles coutumiers vis à vis la paix et le bien-être social : de majesté, de délibération et, autant que possible, de retranchement, de censure et de réaction. Quant à la guerre, ils prêchent la créativité de libre dépense : la vigueur, la rapidité, l’imprévisibilité et la résolution de problèmes par l’application d’esprit émancipé.

Des décennies sont nécessaires pour renverser des gaffes de la politique d’armes (comme la guerre au Vietnam et celle en Irak.) Après tout, de tels programmes pernicieux doivent se perpétuer jusqu’à leur âpre conclusion, dès que des fonctionnaires supérieurs en auront misé leur réputation. Ils préfèrent sembler infaillibles jusqu'à ce que la catastrophe ne leur rabaisse les pantalons, plutôt que d’admettre leurs erreurs, entreprendre des corrections radicales à mi-chemin et conclure avec un résultat préférable.

La vulnérabilité des élites retranchées fait pic quand leurs directeurs les moins scabreux se rendent compte que leurs pires habitudes leur ont apporté plus d'ennuis que de gains. Alors conçoivent-ils, soit combien à contre-cœur, une nouvelle politique d’élégance un peu plus généreuse. Des réactionnaires bloquent cette transformation à chaque opportunité. Ayant usurpé des privilèges et des profits en temps de répression aggravée, ils sont outrés par cette permute. Leur hypnose d'armes décrète que ces exploitations leurs soient primordiales : beaucoup plus importantes que leur bonne conscience.

Quand dépérit la justice sociale, des proto-élites (im)pertinentes bouillonnent du prolétariat d’info hôte, impatientes de défier ces élites équivoques. Des réactionnaires et des radicaux renforcent souvent leur brutalité partagée. Des élites de bataille se raccrochent à une extrémité politique, à l'autre ou aux deux. D’autant de provenance étrangère que domiciliaire, les directeurs d'armes financent leur brutalité ; les partisans des deux extrémités politiques agissent souvent en concert et en série pour perturber la paix. Indépendants et en conflit quoique paradoxalement complices, ils produisent autant de chaos que possible. Prends comme exemple ces jumeaux du chaos : les Russes communistes et les Allemands nazis d’avant la
DGM, les fascistes israéliens et leurs pairs palestiniens, et les fascistes globaux de fondamentalisme corporatif avec leurs équivalents islamiques.

Davantage de sang-froid est nécessaire pour grincer ses dents et enterrer posément ses morts, que pour expédier le prochain raid héliporté sinon suicidaires à la bombe. Force d’autorité est requise pour interdire la prochaine opération de représailles au lieu de regarder de côté quand ceux les plus impétueux s’emparent de l’initiative. Entre temps, les modérés populaires sont visés : ceux les plus courageux, assassinés ; les plus prudents, terrorisés ; et les plus avides, corrompus.

La cour et la milice du monde partageront la tâche de promouvoir la paix en rendant secours aux modérés valeureux, en protégeant ceux prudents et en subventionnant ceux les plus avides dans tous les locaux afin d’y promouvoir la paix.

Le prolétariat d'info est toujours de politique modérée à moins que la menace, la propagande, l’assassinat sélectif et l’agression orchestrée ne se multiplient au point de distordre cette perspective. La brutalité politique favorise des extrémistes et frustre tous les autres.

Le problème n’est pas le nombre d’instances que ces extrémistes se sont livrés au terrorisme réflexif, mais combien rarement la majorité a tenu bon sur ses idéaux paisibles pour leur infliger les conséquences de leur agression au lieu de compenser leur brutalité en le multipliant.

Le seul cas que je sache où ces terroristes ont souffert pour leur action et se sont figés, du moins pour un certain temps – au lieu de se martyriser et d’inspirer la prochaine série de crétins destructeurs – eut lieu pendant les jeux olympiques à Munich. Des pistoleurs palestiniens ont pris en otage des athlètes israéliens, les ont fait abattre dans un croisement de feux et ont transi l’opinion publique mondiale contre leur cause. Quelle différence y eut-il entre ce massacre et les autres depuis, d'un côté ou de l'autre ? Je ne puis la sonder. Les Palestiniens en général se sont-ils peut-être momentanément horrifiés alors les consciencieux parmi eux retenaient leur voix politique ?

 

Une excellente analyse des révolutions d'armes se trouve dans L'anatomie de la révolution, par Crane Brinton. Ignorant l’antinomie d’armes et de paix, il passe en revue soigneuse d’autres préposés.

Récapitulons L'Anatomie selon la formule d'Apprenti. L'élite d'info perd son standing privilégié quand ses cadres contrariés passent du côté de proto-élites en nombres croissants. Renforcée par ces transfuges, celle la plus susceptible de reconstruire une armée nationale encore plus fatale, absorbe de nombreuses élites de bataille. Elle abat ses adversaires les plus efficaces, terrorise les restants et prend le devant. Souffrant d’une mentalité de siège paranoïaque, ses chefs rejettent toutes les idées paisibles. Ils parviennent donc à acérer la force de menace dissuasive de leur nation.

Le seul dénouement des révolutions d’armes, des guerres et du « progrès » techno-sociétal : un surcroît d’Etats d'armes encore plus fatals.

 

« La révolution [française] a déblayé la voie pour un instrument d’Etat beaucoup plus ample et centralisé, capable d’exploiter son idéologie de patriotisme révolutionnaire et ses nouveaux procédés de coercition dans la mobilisation de grandes armées et des requises économiques pour la grande guerre. Cette révolution ébranla forcément l’équilibre du système d’Etats européens dont la France était établie au centre. Elle fournit, aux deux côtés, de nombreuses raisons pour le prompt déroulement d’une suite de guerres. À son tour, la guerre modifia à fond l’acheminement de cette révolution en rendant le coup de grâce à l’intervalle libéral de 1789-91, aussi en créant la bureaucratie de la France fonctionnaire incorporant les éléments d’un corps professionnel d’officiers et d’une armée nationale moderne. Ce n’est donc pas pour la dernière fois qu’une révolution sociale s’est rendu l’instrument principal du développement de l’engin d’Etat. (Par ailleurs, Marx le reconnut dans le cas français ; il s’est confondu en prévoyant qu’une révolution prolétarienne livrerait d’autres résultats.) Martin Shaw, Dialectics of War: An Essay on the Social Theory of Total War and Peace, (Dialectiques de la guerre : Un essai sur la théorie sociale de guerre totale et de paix) Pluto Publishing Ltd, London, 1988, pp. 47-49.

 

Les traditionnelles élites d'info attaquent chaque nouvelle révolution avec juste assez de force pour remettre ses révolutionnaires sur la voie de développement d'armes. Les révolutionnaires paisibles sont mis à l’écart au moyen de la guerre directe, du terrorisme subventionné ou du blocus économique. Là où une invasion directe est contre-indiquée par une milice populaire mise en place pour la prévenir, des chaosistes internes (des contras) seront lâchés à sa place.

Les sociétés plus libres puisque mieux évoluées en paix peuvent être aiguillonnées sur la voie de la tyrannie par des piqûres d'épingle terroriste soit orchestrées de l’intérieur ou de l’extérieur.

Les puissances mondiales accélèrent cette régression au moyen militariste et celles moins robustes les suivent de près. Les directeurs d'armes visent les idéalistes paisibles et les remplacent par des maîtres d'armes favorisés ; ils neutralisent les modérés politiques et les remplacent par des canailles d’élite de bataille.

Nous avons été programmés pour admirer (sinon négliger) cette sélection darwinienne pour l'aggravation de la brutalité et de la sociopathocratie. Aucune exception ne nous reste permise.

C’est ainsi que le statu quo létal d’Etats en antagonisme armé aggrave sa tyrannie chaque année, en dépit d’essais erronés de la part de révolutionnaires pérennes de le transformer par voie de brutalité renouvelée. Cette tyrannie s’amplifie en dépit et à cause d’eux. Toutes les formes de résistance agressive la rénovent, la renforcent et la perpétuent.

Une fois pour toutes, la pathocratie de la terre en armes doit être dissoute par la résistance non-violente des Apprentis coalisés à l’échelle globale dans le partage de leur conscience morale – cette coalition sûre d’elle-même, transparente, inébranlable et homogène dans sa diversité.

 

ENSUITE       TABLE DES MATIÈRES       ANTECEDENT

 

Apprenti, débute

 

PAGE DE CONTACTS