- PARADOXE D’AMERIQUE -

ENGLISH VERSION

   

SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

« Et il se pourrait qu’un grand jour adviendra quand un peuple distingué par la guerre et la victoire et par l’ultime manifestation de ses aménagements et renseignements militaires, puis habitué à leur rendre les plus graves sacrifices, élira de proclamer « Nous romprons l'épée en morceaux ! » et démolira l’entièreté de sa machine armée jusqu'à ses fondations. Comme expression de sentiments élevés, se désarmer tout en étant le mieux armé, c’est la voie à l’incontestable paix qui doit toujours dépendre de son penchant, alors que la soi-disant « paix armée » telle qu’elle se parade dans les nations contemporaines, ce n’est qu’une disposition à l’hostilité sans confiance ni en soi ni en son voisin et qui, en partie par haine et en partie par crainte, refuse de déposer les armes. » Friedrich Wilhelm Nietzsche, traduit de http://bartleby.com/66/83/42183.html

 

Les Etats-unis souffrent d’un tel dualisme qu’ils doivent être pourvus d’un signe croissant de Gémeaux. L'Amérique est à la fois clémente et oppressive, utilitaire et mythique, authentique et frauduleuse, flegmatique mais fort névrosée, égalitaire et hiérarchique, amante de la paix mais chauvine et pour autant brillante que désespérément lassante.

Ce pourrait à voir avec le contraste que le professeur Allen C. Cuelzo constate dans sa présentation, « The American Mind (L’esprit américain) » réalisée par The Teaching Company, http://www.teach12.com. Selon lui, l’esprit américain se fend entre la volonté et l’intellect, l’action et la raison.

Quelle habitude te semblerait la plus effarante : manquer d’agir à temps ou manquer d’en considérer les conséquences ? Qu’est-ce que tu crains le plus : la paralysie d’analyse ou des résultats inattendus ?

Ta réponse te casera dans un de deux camps de gérants en Amérique. D’un côté, des types comme Trump et ses brigands qui se précipitent là où les anges hésiteraient de prendre le pas en avant, menés par leur foi, instinct ou dogme, soit par simple avidité soit par quelque autre sottise ; et avec eux, leurs reflets en miroir : les soi-disant « progressistes activistes pour la paix » qui n’ont aucune idée de ce qu’ils font et qui se fichent pas mal de la continuité de leur débâcle. De l’autre, John Kerry, Bill Clinton et leurs supporters qui n’ont jamais découvert d’idée qu’ils n’ont pu disséquer jusqu’à dimanche prochain sans jamais rien faire entre-temps, ainsi que des compagnons idéologues enfouis solitaires dans leur chambre d’étude, comme moi.

Chaque groupe s’indigne de l’intrusion et des faillites de l’autre et préférerait monopoliser tous les pouvoirs politiques et économiques. L’équilibre du pouvoir entre ces deux tendances doit être minutieusement proportionné ; la péremption totale par l’un ou l’autre coté s’est prouvée périlleuse dans le passé et pourrait être fatale dans l’avenir.

 

L’Amérique est en querelle permanente avec elle-même. Le changement et la tradition y sont pareillement appréciés. Les meilleurs et les pires éléments d'art et de bon goût sont fabriqués en quantités prodigues, bien estimés puis jetés de coté comme de l’ordure.

Les plaines fructueuses de l'Amérique ont sans doute rendus les meilleures récoltes sur terre. Toutefois, autant ici qu’à l'étranger, le sol est miné jusqu’à l'abus, les cultives sont empoisonnées, les pêches stérilisées, les bêtes de ferme abusées et les fermiers familiaux ruinés. Ainsi, la majeure partie de cette abondance est sur-traitée en une boue toxique n’étant bonne que pour l’obésité, l’incinération, puis l’incrustation sur nos landes et dans nos corps en couches d'ordures solides, liquides et gazeuses.

Se promener dans un voisinage américain, c’est circuler au fond d’une énorme poubelle presque vide. Des détritus déprimants traînent partout, posés là par l’ordre inférieur des sociopathes, même quand ils se trouvent à deux pas d’une corbeille à papiers.

Les parterres aux alentours de ma bibliothèque locale furent récemment recouverts d’un paillis de copeaux. Dès le lendemain, cet aménagement serein fut souillé avec des mégots, des papiers gras et des pelures d’orange, non pas balancés là au hazard mais soigneusement placés pour le plus grand éclat visuel, quoique toujours à coté d’une corbeille à papiers. C’est ainsi que des sociopaths contemporains « expriment leur individualité » de la seule manière permise ; à moins qu’ils ne soient des industrialistes corporatifs accordés de plus amples opportunités et profits, à la Wall Street, pour polluer à l’échelle industrielle.

Fripouilles éhontées ! Le foot aux ordures vise vos culs et mégots avec des cérémonials sommaires.

 

La loi américaine simule la justice en crises sporadiques selon la richesse et la notoriété de l’accusé. Alors que l'équité sous l’examen de fortes assises est la lettre de la loi, promotion égoïste par concurrence vicieuse en est l’esprit. Quant au pauvre mec balayé dans l’empire carcéral que gèrent les réactionnaires à leur profit, voici sa chute en enfer sur terre, soit son innocence ou sa culpabilité dans beaucoup de cas. Les assises offrent des sinécures culminantes pour des réactionnaires furtifs et des monstres de contrôle, (control freaks) ainsi que des humbles postes de guet pour quelques génies juridiques — du moins aux paliers inférieurs, là où le Congrès des USA, infailliblement réactionnaire, n’a pas pu trop s’en mêler.

En 2014, les Etats-unis ont commencé à subir une convulsion juridique en vue de réduire son scandaleux tau annuel d’étudiantes universitaires (d’élites) violées sans correction. De l’autre main, notre distinction particulière parmi les nations, c’est notre compte élevé d’hommes américains (en grande partie des minoritaires pauvres) violés comparés aux femmes. Ceci grâce à l’empire carcéral à base de fondamentalisme Judéo-chrétien qui écroue plus d’un pour-cent de la population nationale. Comparé à notre nation et ses usines à viole sinistrement imposées, les Sodomites furent des papas gâteau un peu trop enthousiastes quant à leurs jouissances. Comment aurait le Dieu de Lot disposé de nos tourmenteurs contemporains, et de nous-mêmes qui les tolérons ? D’ailleurs, la Constitution américaine ne prohibe-t-elle pas « des punitions cruelles et inhabituelles » ? Qu’est-ce qui le serait davantage, que le viol en série institutionnalisé et rendu coutumier par les agences supposées l’interdire ?

Ajoute à cela l’usage insensé d’isoler des détenus violents et leur priver, quotidiennement pendant des années, de tangible contact humain, cette sorte de torture démontrée d'entraîner des dégâts psychiatriques permanents dans à peine quelques jours. Ajoute à ceci le coup de génie remarquable de l’ère Reagan : loger ensemble en prison les gens les plus déséquilibrés avec ceux les plus criminels. On aboutit avec un cas d’école de sadisme institutionnalisé et de brutalité déchaînée : un paradis terrestre pour le psychopathe trié sur le volet et un enfer sur terre pour ses nombreuses victimes.

 

Les tours jumelles se sont abattues lors de ce qui dut évidemment être une démolition contrôlée. Aucun bâtiment de cette taille et troué d’une telle manière déséquilibrante ne se serait effondré parfaitement sur sa trace — quiconque me le rapporte comme tel doit être un sale menteur et qui plus est, un sot pour m’avoir pris comme assez sot pour accepter son histoire. La première chose dont s’est assuré le Congrès américain, c’est que la famille des victimes de haut rang reçoive meilleure compensation. Je n’ai pas pu trouver une meilleure illustration de ses bavures routinières, quoiqu’il y en a eu tant. Par exemple, pourquoi refuser d’investiguer en toute honnêteté ceux qui ont bénéficié le plus de cette démolition ?

 

Par simple recensement, le génocide des peuples indigènes et des noirs en Amérique aux mains des Euro-américains fut aussi meurtrier que le massacre des Européens juifs et d’autres aux mains des Nazis. Pourtant les Américains considèrent leur société comme un modèle de paix comparé au titre de paria accordé à l’Allemagne Nazi. Des pogroms et nettoyages ethniques ont confirmé la brutalité de fondamentalistes à travers tous les étalages religieux. Prises en comte les hécatombes de Staline et de Mao, le national communisme, le national socialisme, le national capitalisme et le national fondamentalisme se sont prouvés également virulents. Un trait que chaque élite nationaliste partage avec les psychopathes, c’est que ni des deux n’a besoin de ressentir de la culpabilité, se repentir de leurs méfaits d’antan ni les compenser. « Ce que nous avons achevé, c’est fait ; ce qu’ils ont achevé, c’est impardonnable. Nous sommes bons ; ils sont mauvais. Fin de discussion ! »

 

Des pousses pimpantes d’idéalisme germent ci et là à travers un terrain clos d'hypocrisie, d’avidité et de fermeture d’esprit. En Amérique, la liberté et l’esclavage, le pouvoir public et la tyrannie ont été défendus avec sincérité et férocité égales. Les progressistes y ont maintenu l’illusion de l’harmonie avec leurs confrères de tendance réactionnaire, des libéraux avec des conservateurs, en consentant à se contredire quant à leur définition fondamentale de la démocratie. Les uns à base d’égalité (l’affranchissement d’abus aux mains de « supérieurs ») ; les autres à base de liberté ( l’opportunité effrontée de ces supérieurs de définir des « inférieurs » et les abuser en toute légalité.)

Des politiciens orthodoxes et des commentateurs médiatiques se vantent des sacralités du vote et de la « démocratie représentative » bien que ces scrutins soient mal chiffrés ou interdits en millions d’exemplaires, surtout dans la Dixiecratie méridionale. En Floride et en Ohio, des truquages de suffrage ont figuré comme le sommet d’un iceberg de crypto racisme sudiste qui a projeté son sérac sur le restant du pays. À présent, le même genre d’individu entrave le vote des minorités, proposant « d’amoindrir les fraudes électorales » qui sont à vrai dire inexistantes hormis les leurs multiples. On croirait qu’une telle hypocrisie incandescente les rendrait en piliers de sel, frappés de foudre sinon rayés des registres politiques.

Personne ne se tracasse du fait que les électeurs américains constituent une minorité spartiate entourée d’une majorité d’esclaves idiots, ni qu'aucune tyrannie grecque n’a géré une telle minorité antidémocratique que nos maîtres d'esclave corporatifs et leur police de pensée.

Tant que les passions des Apprentis demeurent défavorisées dans le discours public, l’intronisation de bon talent dans la direction doit se rétrécir, les preneurs de décision, se rendre plus sots et leurs conséquences inattendues, plus désastreuses — par simple arithmétique.

 

Après avoir refoulé quelques attaques britanniques, les colons européens en Amérique ont conclu qu’accroupis derrière leurs fossés océaniques, ils étaient garantis contre toute invasion étrangère. Bénis de vastes terres vierges à exploiter, ils ont pu convoquer de massives immigrations que d’autres nations plus entassées ont dû résister. Cela en dépit de réactionnaires grommelant contre des vagues d'immigrés internationaux qui leur ont remis, à ces réactionnaires, des fortunes ininterrompues. En dépit de leur bigoterie de reflex, nos libertés et opportunités ont dépassé ceux de quoi rêvés ailleurs.

Avec l’exception, bien sûr, des Indiens américains dépossédés, des Noirs arrachés de leurs pays en Afrique, ainsi que des Mexicains et leurs fédérés depuis l’Amérique latine : les victimes d’une série continue de razzias militaires et policières aux Etats-unis à cause de leur croyance catholique et teinte de peau un peu moins claire, donc « infériorité. » Ces agonisants furent niés le droit qu'estime le plus chaque citoyen américain : accueil libre dans le compagnonnage de la citoyenneté. Ce que nous méritons tous sur terre : ce qui parvint à unir l'empire romain, soit la provenance de ses citoyens — du moins jusqu’à ce que des Huns régénérés en culte (born-again Huns) ne se soient emparés du pouvoir et n’aient tout anéanti.

Ne constate-t-on pas la même chose se reproduire ? Nous assoupirons-nous devant ce scandale de vandale, comme l’ont dû les Romains intoxiqués de plomb ; sinon le résisterons-nous ? Il est certain que nos poisons sont de loin pires. Nous prouverons-nous en mesure de surmonter leur effet ?

 

Les affaires américaines – son art, sa science et même sa religion organisée – ont bénéficié d’infusions massives de paix. Toutefois et sans vraiment savoir pourquoi, les Américains ont nourri de la bigoterie raciale, la pauvreté de masse, le génocide ethnique, l’esclavage et la guerre civile. Leur raison principale pour avoir subventionné la mentalité d'armes en flagrant défi de la lettre et de l’esprit de leur Constitution ? Retenir, à l’encontre d’étrangers, une technologie d'armes d’un tranchant de rasoir : ceci en conformité avec la tradition de l’ancien monde, de coupe-gorge immédiat sur commande gouvernemental.

La prolifération d'armes biologiques, nucléaires et scalaires confond la défense de fossé américaine. Notre sens d'invulnérabilité stratégique se fane donc en même temps que ses prospérités et libertés collatérales.

De la guerre en Corée jusqu’à celles au Vietnam, en Irak et Afghanistan, chacune s’est prouvée plus coûteuse, injustifiable, corruptrice et nuisible à nos meilleures institutions. Puisque ces aventures n’ont abouti qu’en échec ignominieux, des réactionnaires américains sont rentrés chez eux pour entamer la chasse aux prochaines victimes parmi leurs propres gens : indigents, immigrés, minoritaires, femmes, enfants, drogués, criminels sans victime, sans-abri, malades mentaux et écosystèmes naturels : tout ce qui leur parut assez vulnérable pour être pris pour cible. Les âgés sont ceux les plus certains d’être pris comme victimes dans l’avenir proche : nombreux, laids, ridés, puants, débiles, décrépits, égoïstes, et ni productifs ni trop astucieux. De parfaites victimes.

 

Rappelle-toi que l’appréhension croissante de menaces depuis l’étranger multiplie la réaction et la pauvreté chez soi, alors que chaque élite d’armes promet à son prolétariat de le protéger d’élites de cette provenance, qui semblent grotesques et horrifiantes mais à vrai dire sont identiques dans leur humanité partagée.

Le tapage analogue prodigué par des radicaux et des réactionnaires est d’une prévisibilité lassante. Soit leur pays d'origine, idéologie, race et autres distinctions cosmétiques, ils présument que leur société ne se réunira qu’en affrontant une horde d'ennemis potentiels ; internes ou externes, réels ou de pure invention : peu importe qui ces Autres seraient en réalité.

Selon les gauchistes, les ultimes ennemis sont les riches. De bourrus pouvoirs étrangers et des criminels astucieux sont les croque-mitaines préférés des centristes. Les réactionnaires définissent l’ennemi comme n'importe qui serait assez faible car manquant de votes et de richesse. Tous trois estiment la brutalité comme une panacée.

Ces ennemis se prouvent souvent illusoires. Quand des vraies menaces émergent, c’est d’habitude à partir de d’azimuts inattendus. De nombreux agresseurs (Manuel Noriega, Saddam Hussein, Adolphe Hitler et Oussama Ben Laden, par exemple) furent subventionnés par les mêmes autorités embauchées pour les garder à vue.

Quand une nouvelle menace déclenche des alarmes installées auparavant pour déclencher de solides mesures préventives, des politiciens chauvins bouchent leurs oreilles à de tels avertissements et permettent ces désastres de se dérouler de toute façon, semblant par pure incompétence. En fait, ils se sont évertués pour provoquer la réaction brutale requise par leurs vrais plans.

Dans un sens, l'inviolabilité stratégique américaine à base de fosses océaniques a pris fin. Selon nos tribuns chefs, nous devons adopter la mentalité d'armes en permanence, même en temps de paix, et accepter tous ses frais sociaux. Autrement risquons-nous d'être relégués au statut de deuxième classe. La question persiste : deuxième à qui ? Quand les Etats-unis éternuent, les autres pouvoirs en obtiennent une pneumonie. Pendant les 1970s, les nations pétrolières ont dû renverser leur embargo du mazout non parce qu’il avait estropié le Grand Satan mais parce que leur prise d’étranglement tuait l’oie aux œufs d'or. Ils se sont tardivement aperçus que les victimes principales de leur hausse des prix étaient leurs alliés et clients les moins bien pourvus.

 

La tyrannie d’armes en Amérique se mesure d'affaire crue par les statistiques en hausse d’infractions, de détenus et de chômeurs (ceux-ci du double ou davantage des comptes officiels.) Ces montants effarants n’additionnent à rien comparé à l'enfer auquel nous devons nous attendre si nous permettons aux mauviettes et prismes de nous enjôler un peu plus profondément en Harmaguédon.

Alors que la gestion paisible chercherait à rendre la vie aussi productive et rémunératrice que possible, celle d'armes incite des disparités de richesse, de créativité et de sécurité. La vie doit se rendre si incertaine que l’engagement dans l'armée paraisse comme une aubaine pour beaucoup d’enfants pauvres. La mentalité d'armes crée une vaste main-d’œuvre fainéante, codépendante et bien disposée à la répression, la guerre et la criminalité.

Rappelle-toi que chaque démonstration étouffée, arrestation illégale, acte irrésolu de brutalité policière, coassement de Republican bananier, « Vive la répression ! » trahit une élite en pleine panique, se cabrant contre des cauchemars politiques semblant plus effroyables que toute vraie foule ou insurrection. Pense aux monstres dans un film de zombie comme des prolétariens affamés et courbaturés à être massacrés d’office : toi et tes proches transformés en une catastrophe qui nécessite l’administration ferme mais à regret d’une solution finale.

Les conservateurs partagent une faiblesse ordinaire : ils peuvent maintenir des anciennes valeurs mais sont incapables d’entretenir de nouvelles. Dévoués à la mentalité d'armes, ils manquent l’étincelle de la créativité que nécessite la mentalité paisible et qui l'occasionne. Ça leur a pris, aux élites européennes conservatrices, trois cents ans à partir des années 1200 pour adopter le zéro en arithmétique.

Les progressistes ne peuvent proposer une nouvelle approche à l’abondance sans que des conservateurs ne résistent d'abord « jusqu’à la mort (d'autrui) ! » Ceux-ci ne peuvent se permettre de croire que tout irait mieux après un meilleur partage de la richesse ; ils refusent d’imaginer les fortunes à réaliser à la suite d’une répartition moins compartimentée. Ainsi se sentent-ils obligés de détrousser la richesse et la créativité sur une somme de base zéro : « Ce que je gagne, tu dois perdre. »

Ceci en dépit de la plus persistante conclusion de l’histoire : que les collectivités restent pauvres dans la mesure qu’une minorité se détourne leur richesse. Autant petite en proportion cette minorité privilégiée et autant simple sa structure sociale, d’autant plus restreinte et donc stupide sa prise de décision et d’autant plus qu’elle devra dépouiller sa nation hôtesse.

L’héritage génétique d’une élite bigote doit pour autant souffrir. Ses enfants d’élite, dotés d'une génétique moins robuste que celle des métis inférieurs, souffriront de mortalité rehaussée en proportion à la limitation des conjoints dignes d’être choisis pour devenir leurs parents. Une élite close en périra peut-être entièrement au cours de la prochaine hausse naturelle de mortalité infantile.

Du roi dieu vers sa cour minuscule scellée de façon hermétique des masses malpropres, l’ancienne richesse dégoulina comme un ruisseau alpin. Elle coula entre des bancs médiévaux de noblesse et de prêtrise soigneusement endigués de leurs inférieures. Ensuite fit-elle glouglou à la victorienne entre des gros bourgeois, des ecclésiastiques et le personnel du cartier général : ces braves tenant à la pointe de la baïonnette la populace au-delà du cercle magique de la richesse. De nos jours, la richesse se serpente le long de gros affluents de professionnels et de bureaucrates/officiers qui tiennent à rémunérer les sous-classes à dépense minime, à coups de pains hamburger cultivé en usine et de cirque télévisé.

Sans tarder, toute cette richesse devra découler dans la plus méritoire des mers : celle de tous les Apprentis sur terre. À chaque palier de redistribution, comme si par magie, l’ensemble de la richesse (ainsi que celle des plus riches) s'accroît exponentiellement.

Les réactionnaires peuvent geindre tant qu'il leur plait ; assassiner, torturer, mentir et voler autant permet que leur panique de lâches. Soit, ils s'en appauvriront et ne s'échapperont jamais de cette inévitabilité historique. S’ils agissaient avec un brin plus de sagesse, ils en profiteraient à l’exponentielle une fois pour toutes.

 

 

Les guerres et désastres naturels affaiblissent une gestion paisible. L'harmonie sociale est une fine étoffe tissée de nombreuses rives de confiance mutuelle, de coopération et de bonne volonté. Cette toile est très fragile, elle s'effiloche sous le stress et se découd soudainement. Des calamités interrompent la bonne distribution de nécessités, elles incitent le pillage, le rendement de comptes et la dissolution de l’ordre social. « La civilisation, ce n’est qu’une question de fourrage » Berthold Brecht. Faisant face aux surcharges inaccoutumées, le contrôle routinier se rend sporadique, injuste et inadéquat ; la rigidité, l’incertitude et la centralisation se réinstallent. Des opportunistes mafieux se prolifèrent en conspirations d'avidité avec la synergie de leurs effets nuisibles. Les technologies paisibles se fanent et la tyrannie se réimpose. Dans la même mesure que cela s'envenime, une société traumatisée se détroque d’une paix marginale pour privilégier sa production d'apogée d'armes : ainsi reparaît la vraie fièvre de guerre.

Par intermittences, une pandémie semble infecter des sociétés entières. Alors que les majorités chavirent en déclin économique et spirituel, une petite minorité s’amasse des fortunes imméritées. Les valeurs et sources traditionnelles de sécurité sont déracinées à tel point que le combat lui-même paraisse prometteur.

Cette pandémie de dégénérescence sociale s’est la mieux illustrée lors de la grande dépression. Le carnage de la première sic guerre mondiale avait converti  la plupart des prolétariens en pacifistes ardents; elle a pourtant transformé des élites clés en fanatiques d'armes qui se sont assurés que cette dépression pétrirait la sensibilité prolétarienne à tel point que la seconde sic guerre mondiale apparut comme un soulagement.

 

La meilleure sorte de recrue militaire, c'est l’enfant d’un mauvais quartier ou d’un village misèrable. Cette règle d’or de la mentalité d’armes s'applique autant aux forcenés de la cité qu’à sa douce majorité de gavroches. Ceux les plus chanceux survivent des abus incontournables ; dans la limite du possible, leurs parents ou gardiens les secourent de leur mieux possible. Souffrant néanmoins d’amour-propre abject, ces enfants de la rue sont incités à intégrer quelque chose plus important qu'eux-mêmes. Des survivants endurcis, ils savent manier l’adversité broyeuse et connaissent à fond les terreurs du combat et la sévérité de sa discipline. Leurs chefs de bande ont été testés au combat de rue. Les enfants qui manquant de s’adapter périssent jeunes.

La meilleure préparation pour l’apocalypse, ce serait naître comme Jésus, enfant SDF.

En suivant cette simple formule, la gestion d'armes peut récolter à l’instant une énorme moisson de bonne infanterie. La plus brutale leur enfance, les plus nombreuses les bonnes recrues en même temps que d’inestimables chefs de petites unités combattantes. L’aboutissement sera d'innombrables régiments d’infanterie solide ; des unités commandos d’élite parsemée de sociopathes autrement bons pour rien que l’internement psychiatrique ; une poignée de chefs reluisants comme Booker T. Washington, Martin Luther King, Jesse Jackson, Cornell West, le Général/Secrétaire d'Etat Collin Powell et leurs pairs de haut mérite — et une cohue de victimes estropiées par la pauvreté, l’ignorance et le crime. Ces derniers les débris humains d’un minerai dont on peut raffiner à grand gaspillage des précieuses élites de bataille et de nombreux techniciens d’armes.

 

« La première qualité du soldat, c’est sa constance en endurant fatigue et adversité. Son courage n’est que secondaire. La pauvreté, la privation et le manque sont les écoles du bon soldat. » Citation de Napoléon, par le Lieutenant Colonel Dave Grossman, On Killing: The Psychological Costs of Learning to Kill in War and Society, (De la tuerie : Les coûts psychologiques d’apprendre à tuer en guerre et dans la société), Back Bay Books, Little Brown & Co., Boston, New York, Toronto, London, 1995. Cité par autorisation, ma retraduction.

 

La gestion d'armes perpétue de l’indigence dans chaque communauté qui l’accepte. Ce fait reste tapi sous des mythes d’armes de norme qu’on nous a conditionnés à admirer depuis toujours. Tout et n'importe quoi : intempéries ; dieux hostiles ; hérétiques, magiciens et sorcières ; drogués et seigneurs de drogue ; petits criminels ; main-d’œuvre vieillissante ; mamans à l’assistance sociale ; minorités inférieures ; guérilleros auparavant et maintenant terroristes : tous peuvent servir comme lampistes pour des systèmes économiques qui devraient s’épanouir mais n’en parviennent jamais.

Comment se fait-il qu’après des millénaires de pratique de la vie civilisée, nous souffrons de déroutes économiques périodiques pour aucune bonne raison, tel qu’un coureur olympique trébucherait continuellement sur ses lacets ? Et personne sauf moi n’a trouvé ça bizarre ?

Pour une société mûrissante, la pauvreté de masse n’est jamais la meilleure option. Au contraire, c’est la politique sociale la plus coûteuse de toutes. Permets-moi de me répéter pour mieux le mettre en évidence, puisque nous l’avons ouï dire si rarement dans le passé (jamais.)

 

La pauvreté, c’est la politique sociale de loin la plus coûteuse.

 

Aucune société ne s'est jamais rendue riche en couvant de la pauvreté. Les élites d'info gaspillent une richesse prodigieuse en cultivant ces frais d’armes parmi beaucoup d’autres.

Par droit, toute cette richesse devrait nous appartenir pour investir en paix. Nous serons étonnés par la qualité de la paix que les Apprentis nous procureront avec, sans parler de l’ouragan de brutalité qu’ils seront en mesure de racheter avec une partie infime.

Malgré cela, la bonne vie gâte les gens, les rend en querelleurs pourris qui ne se refusent plus rien : du fourrage de canon entièrement insatisfaisant. La décadence sociale n’est pas mauvaise en soi ; mais il serait imprudent de maximiser la prospérité et le pacifisme chez soi alors que le restant du monde persiste à satisfaire ses besoins l’arme au poing.

La privation de masse n'est jamais l’aboutissement d’un échec de gérance stupide ; elle ne résulte vraiment ni de l'avidité égoïste, ni de la folie, ni de la corruption : ce ne sont là que des symptômes secondaires de la mentalité d'armes, le fléau sous-jacent.

Au fait, tout l'argent : ce jeu de coquilles à somme de base zéro qui dépend de l’augmentation brute si précieux aux politiciens, aux hommes d'affaires, aux universitaires et aux rentiers réactionnaires de l’élite d'info : voici simplement le système énumérateur pour des quantités colossales de main-d’œuvre et de ressources destinées à nourrir à pure perte nos technologies globales d'armes. « Le manque d'argent » voici notre excuse favorite pour semer des quartiers pauvres et sans profit dans le sillon de nos guerres destructrices.

Invoquant le feu Ian M. Banks : La prédominance de l’argent dénote la pauvreté de la société qui s’en asservit.

 

Nous voici confrontant un problème d’œuf et de poulet : qu’est-ce qui serait advenu d’abord ? Quand des orthodoxies économiques sombrent en déclin, pour quelle raison que ce soit, le militarisme rotulien devient le moyen irrésistible de remonter la richesse aux sommets sociaux. Si la masse humaine s’appauvrit soudainement, son premier instinct sera de se convertir aux anciens protocoles militaires. Une fois que les dépenses d’une société dépassent ses bénéfices, elle trouvera une nouvelle population de proies pour croquer avec sa technologie d’armes récemment musclée.

 

Quand je parle plus loin des Américains, j’implique aussi tous les autres qui ont perdu l’âme dans l’étreinte nue de la mentalité d’armes. Assure-toi que tu ne souffres pas du même fléau tandis que tu maudis les Américains en étant assujettis.

Ils ont tété aux seins bombants de la télévision et de ses publicités une formule toxique de matérialisme obsédant et de satisfaction nulle. Ainsi leur a-t-on enseigné à n'obéir leur conscience morale que quand ce serait commode, le bon sens que quand commode, le bon goût que quand commode. La transformation politique et sociale n’aura jamais lieu avant que cela ne leur soit commode    sinon, encore mieux, jamais du tout.

Ils agissent comme si leur mauvaise conduite, leur apathie et leurs décisions minables n’avaient jamais de conséquences. « Si tu n'apprécies pas nos simplifications des actualités, tu n’as qu’à changer de station télévisée (quoique nous ayons rayé tous les vrais renseignements.) Mieux encore, reste pépère et attend la prochaine réclame insignifiante. Rien de signifiant ne changera, quoi que tu fasses — et l’insignifiant se multipliera, quoi que tu fasses. »

C’est devenu une frénésie : poursuivre de simples indulgences jusqu’à leur extrémité et se ravir de leur impunité aveugle. Ainsi des escrocs et des bigots américains prospèrent-ils sous la protection d’une définition tout à fait dérisoire de la liberté.

Le reportage « équilibré » du journalisme américain ? Cela signifie simplement que le mal sera toujours accordé l’avantage. Quiconque paye le plus, celui-ci aura davantage droit aux larcins, tricheries et menteries afin de s’en sortir indéfiniment. L’ultime issue du « journalisme américain en équilibre ? » La démocratie du dollar selon quoi un million de dollars équivaut à un vote et un votant n’équivaut à rien.

Quelqu'un d'autre est toujours responsable pour les désastres en aval, non nous autres américains. Nous ne cessons de nous répéter que de tels désastres n’ont été qu'une aberration et non le reflux toxique de nos habitudes et institutions pourries. Aucune raison pour se rénover !

Bismarck a constaté que Dieu semble favoriser les Américains, les ivrognes et les déments. Ceux-ci semblent donc pouvoir s’en sortir la plupart du temps à demi propres de leur ouragan de merde. L'Amérique s’est donc rendue en une nation d’enfants gâtés : l’ultime aboutissement d’un empire avant sa dissolution.

Mais du moment que Dieu passe son regard ailleurs, prenez garde ! Des désastres aux proportions bibliques se manifestent, comme en Nouvelle Orléans et au Golfe de Mexique. Alors, les Américains font piteuse mine : la faute doit sûrement appartenir aux autres. Comment, sinon ?

Les affaires de cette nation ne se seraient pas rendues si consternantes si ses citoyens avaient mûri quelque peu — sans tomber d’enfantillages futiles en démence grincheuse.

Après tout, ils ne sont que des nouveau-nés comparés à la sottise meurtrière vieille de centenaires en Europe et de millénaires additionnels au Proche Orient et en Chine. Il ne reste que ces enfants américains et puis ces autres gamins supposés réaliser cette transformation illico. Il ne reste que quelques petites années avant que l’anéantissement ne nous rattrape, faute d’avoir mûris de façon miraculeuse. Bonne chance avec cette croisade des enfants !

Entre temps, les Américains (y compris les Démocrats fainéants) n’ont figuré que comme une tourbe de Republicans nourris de maïs OGM, c’est à dire des fascistes pas encore mis au point. Attendez seulement que les Etats-unis aient obtenu assez de corde pour se pendre. Ronnie Raygun n’a pas été parfait, mais presque ! Etant donné les Bush et Nixon et Trump et leurs larrons dans la cour suprême et au Congrès ; permettez-nous seulement d’élire un prête-nom en plâtre, un Democrat de Weimar, décoratif mais insignifiant entre eux tous, c’est le mieux que nous puissions tolérer. Ensuite, son remplaçant renouvellera l’enfer sur terre. Nous nous avançons à l’aveuglette, un pas en arrière et trois en avant, dans un Reich de mille ans enrobé en rouge, blanc et bleu !

En Irak et en Afghanistan, une armée de mercenaires, anathème au génie de notre constitution, se répète des tactiques de « pacification » avec l’ultime intention de les appliquer à Buffalo, St Louis et Seattle. Mais ne nous dérangeons pas ! Asseyons-nous simplement sur nos mains et assistons.

De nos jours, les Américains ne font appel qu’au nihilisme arrogant ou au puritanisme dogmatique : vacuité morale ou moralisme nul. Les profits dérisoires, le dogme, la manie et la commodité : les seuls repères éthiques qui nous restent admissibles. Autant vaudrait inspirer une grosse prise de vide.

Il y a un médian d'or, un mi-chemin de bonne conduite que dédaignent ce pays et cette terre en armes. La route en enfer serait-elle pavée de bonnes intentions ? Dans tes rêves, peut-être. En réalité, son pavé est couvert de certificats d'action Halliburton (certifiés des Achats Supérieurs !)

La conscience morale, la compassion, ainsi que des simples rendements du bien et fuites du mal : ils méritent révérence si seulement parce qu’ils entraînent moins de désastres inattendus. Obéis ta conscience morale, même quand elle semble te dicter le démodé, l’incommode et le peu lucratif ; puis attends-toi à des miracles inattendus. Viole-les et souffre le plus souvent de désastres imprévisibles. La bonne éthique et l'intérêt éclairé doivent être des pratiques les plus susceptibles d'entraîner des bons résultats. Ignorons-les à notre péril.

 

Après cette jérémiade à l’encontre des faillites américaines, je dois accentuer ce point clé.

Etant donné notre association de Gémeaux, nous autres américains retenons davantage de pouvoirs, de gloire et de génie que d’autres nations. Pendant des siècles, l’Amérique a été peuplée par la crème du restant du monde : les meilleurs et les pires. Pourvu que nous poursuivions ces avantages avec sagesse, générosité et héroïsme (de façon typiquement américaine) nous serons en mesure de neutraliser nos autres faiblesses.

Américains ! Dégourdissez-vous et laissez suspendre votre tout ! Si nous adoptions les meilleures pratiques de paix à l’exclusion des autres, nous trouverions nos récompenses d’une grâce et d’un élégance surnaturels comparées à la pagaille qui nous affronte aujourd’hui.

Les autres options ne seront pas marantes du tout.

 

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