- LE SYNDROME 1984 -

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SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

Le chef d’œuvre de George Orwell, 1984, décrit un Etat hyper-churchillien de telle envergure qu’il aurait pu adopter une superbe technologie paisible. Il se consacre au lieu à la guerre globale et sans fin, attaquant ses équivalents outre-mer et s’alliant avec d’autres Etats d’envergure continentale par intervalles contingents. Ainsi parvient-il à ruiner la prospérité et la discipline de son prolétariat désinformé.

Les maîtres d'armes d’après Orwell nous ont convaincus que le meilleur moyen de sauvegarder les droits humains, c’est rendre le gouvernement aussi lent et débile que possible. Selon eux, le plus efficace le gouvernement, le moins de justice, de paix et de liberté que l’on puisse en attendre. Bien sur, l’autre avantage d’un gouvernement tellement stupide (mais jamais admis), c’est qu’il sera incapable d’interdire aux gérants d’armes d’exécuter leurs complots.

Voici le « syndrome 1984 » enchâssé dans la mythologie d'armes. En fait, ce mythe favorise le cryptofascisme car les gouvernements d’esprit borné se flanquent dans des confitures puis tentent stupidement de s'en extraire en amoncelant de la terreur par-dessus leurs abus.

On pourrait éviter ce mauvais sort en agençant  des administrations locales d’efficacité supérieure, observées d’en haut par le meilleur gouvernement concevable au monde.

Selon nos religions d'armes, Dieu règne suprême du haut de son nuage de tempête sans dispute sauf parmi ses hiérarques désignés et même pas eux (Job.) Pareillement, dans une hiérarchie pyramidale d'armes, les commandes descendent sans appel de prééminentes élites d'info jusqu’au prolétariat tapi dans les pénombres. Dans un Etat d'armes, la responsabilité, le débat et la créativité sont de rares privilèges réservés à quelques individus supposés dignes de cette confiance. Ces responsables trouvent aide, confort et avancement dans des clans bureaucratiques aux capricieux ordres de picotement et critères de promotion. L’examen populaire de controverses est interdit. Les directeurs d'armes comptent sur des solutions précodifiées, soit combien boiteuses. Indépendamment des droits et des maux en temps réel, ces problèmes sont administrés par fiat ; leur résolution, établie selon des traditions sans pertinence et des mauvaises interprétations d’exemples précédents.

Voila la seule manière que le cerveau de cafard de la mentalité d’armes sache manœuvrer le corps d’éléphant qui lui a été confié.

La syntaxe du gouvernement d’armes tend à débuter avec les mots « Toujours » ou « Jamais » suivi d’impératifs plus ou moins arbitraires et des volumes de punitions ingénieuses en réplique à leur désobéissance. Celle paisible se ferait entendre comme telle : « Qu’est-ce qui promouvrait mieux la paix dans ce cas particulier ? » Suivi par une sélection des meilleures propositions et de leurs résultats attendus.

Les hiérarchies d'armes sont redondants quant à la sélection du personnel. Elles acceptent sans débat des décisions de vie et de mort, (même celles les pires) quoique le milieu combattant soit de haut stress, de haute mortalité et clairsemé de données aux caprices du chaos.

Par exemple, au temps de la reine Victoria, la noblesse pouvait procurer des commissions d’officier ouvertement. Le plus de comptant offert, le plus prestigieux l'unité à laquelle son candidat pouvait s’inscrire,  indépendamment de mérite. Merci pour ce rappel, Paul Lackman.

De nos jours, non seulement les rangs d’entré d’officiers dans les militaires sont en vente aux plus nantis, mais aussi la présidence des Etats-unis et la plupart des placements de responsabilité en dessous. Bonne chance avec cet agencement de premier ordre d’armes, donc entièrement incompétent à la paix.

Les hiérarchies d'armes promeuvent des autoriphiles qui se soumettent aux supérieurs et oppriment des inférieurs ; elles marginalisent les autoriphobes qui méprisent la mauvaise gestion et traitent mieux leurs subalternes. La compétence et l’aptitude à l’emploi de nouveaux candidats leurs sont au mieux des considérations secondaires. Aucun génie criminel ne traverse une civilisation d'armes sans grandes récompenses. La civilisation des Apprentis les exclurait de l’élite, en abriterait l’innocent et les remplacerait par d’autres mieux pourvus d’empathie.

Un autre accablement culbute les meilleurs directeurs d'armes. Tôt ou tard, leur politique d'armes les coince dans d’intolérables conséquences inattendues. Tenant à contourner les pires, ils traitent chaque mal de façon symptomatique, comme si dans un vide. « Discutons aujourd’hui de l’abus d’enfants ; demain, de la faim locale ; la semaine prochaine, attaquons la congestion du trafic ; et l'année budgétaire suivant, peut-être, la corruption. » Chaque nouvelle petit pas vers le progrès s’enchevêtre dans des contradictions sociales qui grouillent autour.

La gérance se développe du respect, qui peut être fondé sur l'admiration ou la crainte. La terreur est l'arbitre final dans une hiérarchie d'armes, là où des chefs indifférents s'épanouissent en truquant des concurrences jugées d'en haut et menées dans l’insensibilité quasi totale des besoins de ceux menés. L’intermédiaire meneur d'armes se vante des récompenses qu’il acquiert à leurs dépens. Il doit saisir des fortunes grandissantes pour s'isoler, lui et ses dépendants, des pires conséquences du despotisme dont il a fait part, sans jamais y parvenir réellement. Sa mauvaise gérance l’oblige de dépendre de la tyrannie, du matérialisme malsain et de l’incohérence hypocrite et cumulative : ses substituts d’une éthique valide. Quand celle-ci devient superflue, l’avarice s’épanouit sans componction. Le chef hiérarchique doit rompre des liens avec ceux qu’il dirige : liens sociaux, émotifs, économiques et informationnels ; chaque bris diminuant sa capacité (et sa volonté) de mener sur la bonne voie.

 

« En proportion que les chefs se détachent de la masse, ils sont de plus en plus enclins, quand des vides doivent être remplis dans leurs rangs, de l’effectuer non par élection populaire mais par cooptation et d’augmenter leurs effectifs, si possible, en créant des nouveaux postes de leur propre initiative. Se dresse parmi ces leaders la tendance à s'isoler, former une sorte de cartel et s’entourer de ce fait d’une clôture dans laquelle ils n’admettront que ceux étant de leur manière de penser. Au lieu de permettre à leurs successeurs d'être nominés au choix de la troupe, ces dirigeants font tout ce qu’ils peuvent pour qu’eux-mêmes puissent les choisir et combler les lacunes dans leurs rangs, que ce soit en direct ou indirectement, par l'exercice de leur volonté. » Robert Michels, « Les partis politiques, 1911 » pris des Lectures de Princeton dans la pensée politique, p. 526

 

Les sociétés primitives ont eu tendance à séparer leurs décisionnaires de paix et de guerre. Afin de mieux manier ces responsabilités en désaccord, elles ont délégué deux chefs et deux sinon davantage de conseils divers, bénis de susceptibilités et de talents distincts. D’habitude, une coterie complexe et en décalage de sages femmes, de shamans et d’aînés auxquels l’on devait révérence, prescrit les aspects paisibles de la société. Des jeunes impétueux et des vétérans héroïques ne l’ont gérée que lors de rares journées de combat.

Les dirigeants paisibles comptaient sur la franchise et la coopération, le consensus et le volontarisme ; eux et ceux qu’ils menaient partageaient des récompenses, des valeurs et des données disponibles. En bref, ils bavardaient sans scrupules. Des chefs doués se recrutaient, se défiaient et se remplaçaient dans un flux régulier qui crachait l’incompétent et le malin. S’ils surévaluaient les avantages acquis aux dépens de ceux qu’ils menaient, ils perdirent le respect sur lequel leur autorité était fondée et y sacrifièrent tout recours. Leur base de pouvoir se vida comme le ballon rouge.

Aucune telle procédure sélective ne subsiste dans des structures hiérarchiques d’armes, là où des incompétents et des malveillants règnent sans entrave. En fait, ils parviennent à dominer la collectivité en sélectionnant et suppléant des malfaiteurs analogues le compagnonnage desquels ils prisent. Les communications politiques se réduisent en discours ronflants, massives contributions politiques, promesses vides et ambitions capricieuses.

Une hiérarchie paisible promouvrait de la créativité allègre au sein d’arrangements paisibles et sous de minimes contraintes de durée. Idéalement conçue pour générer de la véritable richesse coopérative sous des conditions stables, elle est inadaptée aux rigueurs de la guerre asservies au temps ― encore moins à la concurrence acharnée et de somme zéro que pratique la gestion d’armes entre ses guerres incontournables.

Les aspirations populaires doivent prendre priorité sur l’avantage hiérarchique. La gérance doit prendre sa récompense dans sa noblesse de conduite, dans son sacrifice de soi et mérite. Si ceux gérés ne sont pas accoutumés d’après long usage à s’attendre à une telle gérance ; s’ils ont été rompus au lieu à la terreur d’armes et aux décisions arbitraires sous leur menace, alors la mentalité paisible doit imploser. Tout le monde doit être méticuleusement réappris la paix.

Une société peut souffrir de pénurie mais prospérer sous un pilotage paisible ; sa voisine, être à la nage dans des richesses mais s’appauvrire et se lobotomiser à l’ordonnance de ses directeurs corrompus d'armes.

La meilleure option serait une culture de quiétude traditionnelle de longue date, dont la gérance profite du partage égalitaire d’une grande richesse. La pire doit être la nôtre aujourd’hui, quand des gérants d’armes interchangeables qui s’emparent de la richesse et du pouvoir aux frais d’une majorité en nombre écrasante mais de politique écrasée, tout en brandissant le maximum de puissance de feu et ne promettant rien de retour que la misère à venir.

À toi choisir.

 

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