- POLITIQUES D'IDENTITE -

ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

Laisse-moi entamer ce chapitre en m'enterrant vif dans ma propre identité politique, ne serait-ce que pour passer aux aveux et simplifications de soi obligatoires, puisque tout le monde s’y attend ces jours-ci.

Si tu es si passionnément investi dans ta politique d’identité au point de désavouer d’autres sortes comme démodées, tu peux me désavouer comme un de ces males américains : blanc, riche, vieux et invariable. À la trappe, de par ma chandelle verte !

Si tu te fiches autant que moi de mes particularités anodines, saute donc jusqu’à ma discussion des politiques d’identité en général, beaucoup plus intéressante que mes trivialités personnelles.

 

Bientôt disparu : dans les décennies que tu anticipes, sans doute, alors que je me les contemple du revers.

Riche : de plus ou moins 90% de la richesse planétaire que nous devrions partager globalement au ras des pâquerettes, mais n’y parvenons jamais puisque nous persistons à nous chamailler sur nos précieuses positions d’identité. Nous devrions au lieu coopérer dans la lutte contre ce colosse de mentalité d’armes. Lui ne s’égare jamais dans ces fadaises, sauf pour mieux pourvoir nous ligoter les pattes, nous arnaquer et mettre les bambins en marche pour périr.

 

Il était une fois, les riches gagnaient leur pain en favorisant la prospérité, la santé, l'éducation et la sécurité du gros populo. Depuis l’ascendance politique du badin collabo Ronald Reagan, ils ont mené la guerre économique à notre encontre. Tout en le désavouant, ils nous ont dépouillés de tous nos bénéfices : gains de salaire, épargnes de toutes sortes : argent solide, actions vigoureuses et hypothèques fiables ; sécurité d’emploi, gestion empathique, protections du mouvement ouvrier et prestations de retraite ; soins abordables et santé publique rehaussée ; opportunités d'éducation aux jeunes et aux vieux ; véritables innovations technologiques en dehors de celles triviales ou létales ; infrastructure fiable et belles villes ; agriculture et faune durables ; contrôle du crime, justice et sécurité pour tous ; relations extérieures stables et planète paisible ; climat doux ; et gouvernance fiable à tous les échelons.  Tous nous ont été chipés.

Les politiques identitaires ont figuré parmi de nombreux outils dont ils se sont servis pour parvenir à cette dictature kleptomane : en simple, diviser et conquérir.

Quelque part, tôt ou tard, une nouvelle flambée de mentalité d'armes fera incendier des demeures et disparaître des victimes : que ce soit aux armes nucléaires et scalaires de portée continentale, à coups de mortier et de blindée dans la région, par répression politique et terreur policière au quartier, à coups de brûlot et de maaachehtte fort intimes et proches : prends ton choix.

Quelqu’un écrit : « Si le pétrole s’épuise et interrompe l’alimentation de Londres, cette ville se transformera en Darfour en quelques semaines. » Le semblant aura lieu partout ailleurs où l’on se ravitaille depuis des supermarchés ― les corbeilles à pain du monde incluses.

 

Je m’avoue confortablement situé sinon riche. J’ai rédigé ce livre sans partenaire d’ouvrage ni mécène ni compensation, par amour artistique d’elle et de sa douce contrainte. Entre-temps, j’ai bossé à des boulots accessoires sans grand enthousiasme, tant qu’il me l’eut fallu faire. Les meilleurs boulots sur la terre en armes nous engagent à écoper le Titanic avec un seau au lieu d’une passoire. J’ai goûté des loisirs adultes pendant quelques années lors desquelles que j’étais assez jeune et aventureux pour les apprécier. Ceux de longue durée sont obligatoires pour de jeunes victimes des premiers transports de l'amour et puis pour faire pousser des bébés ; pour les vieux, c’est un peu comparable aux funérailles : au bénéfice de l’entourage plutôt que de l’invité d’honneur.

Si je n’eus pu jouir de tant d'aise et de ressources technologiques, je ne t’aurai pas pu transmettre ce texte gratis. D’habitude, les pionniers de découvertes les plus intéressantes et décisives ne sont ni affamés, ni riches de façon obscène, ni dépendants de leur invention, ni parés à la compromettre pour gagner leur pain.

Blanc : bien qu’incorporant les mêmes cinquante millions de gènes que nous partageons tous. Au fichier officiel, je préfèrerai me designer « Autre. » Toutes les races humaines me sont apparentées, quoique rien ne soit plus atroce qu’une lutte en famille. La désignation « autre » me suscite une plus forte ruée « rush. » Je fête les errants gènes bantous, mayas, berbères, mongoles, bushmen, etc., qui ornent mon génotype. La progéniture métisse est celle la plus endurcie, comme t’affirmera tout bon fermier. Va le confirmer chez une mauvaise herbe.

Je suis tout à fait Américain : c’est à dire, mi-Français, Allemand à vingt-cinq pour-cent et Irlandais au quart. Mes parents sont nés à Madagascar et à Queens, New York ; et moi, à l'hôpital américain à Neuilly. En d’autres mots, je suis un hybride Yankee Doodle, un cosmopolite internationaliste et fier de l’être !

J'ai passé ma vie d’adulte en supplice, depuis l’assassinat de Kennedy et la guerre au Vietnam agencée par ses assassins, à me demander à quel point ignoble l’Amérique devait se rendre pour me forcer au maquis, l’arme automatique au poing ; aussi comme dépendant public reconnaissant (army brat, mon père fut gradé dans les blindés) et fier commis des Etats-unis. Que de paradoxes !

Je suis autant ambivalent quant à mon identité franco-américaine, que d'autre chose. La dernière minorité que des bigots insidieux dans les parages peuvent insulter en public et s’en sortir ― du moins en mon absence. Cette assemblage, une espèce noble et ambitieuse : scion des nations les plus riches, puissantes, réactionnaires et les moins évoluées sur terre … ceux les plus résolument résistants aux traités internationaux de paix, des droits humains et de l’environnement ; refusés à l’appel d’y servir comme francs avant-coureurs. Ce sont les pépinières d’idéaux les plus magnifiques auxquels l'humanité ait aspiré et de perfidies les plus innommables entreprises en leur nom.

Allemand : Mozart et Himmler, kultur, passion passionnément garrottée, raisonnement byzantin, science et civilisation … et la puanteur sans fin de latrines militaires.

Puis Irlandais en fin de compte, pour mieux cuisiner ces fadaises en un furieux ragoût Mulligan.

Homme : coupable comme inculpé, du moins la dernière fois que j'ai vérifiée.

Invariable : que ma femme et d’autres damoiselles me rendent heureux, chacune à sa manière !

 

Sinon, comme je ferai imprimer sur un maillot :

 

APPRENTI :

Ni de cette espèce

Ni de cette planète.

 

Poursuis-moi donc en justice.

 

Je me rends compte que le moyen le plus facile de me présenter comme un imbécile, (après ma tentative d’interpréter ces lignes intimes en français) c’est en généralisant au sujet des races et des ethnies humaines. Comme si ça m’aurait retenu !

En ce qui me concerne, les expressions « ségrégationniste » et « politicien d'identité » sont synonymes en impliquant les questions suivantes : Quelles sont les sous-identités à l’égard desquelles tu élis de retenir un préjugé soit pour ou contre, et avec quelle passion tiens-tu que ton bénéfice doit s’accroître en réduisant celui de l’Autre ― tandis que tous les autres psalmodient le même duo crétin de somme zéro (ce que je gagne, tu dois perdre) ; le calcul psychopathique de la guerre.

Une expression davantage réaliste serait : « Nous perdrons tous deux en gros, mais leur perte totale sera supérieure à la notre un peu moindre du moment que nous gagnerons. »

 

A ce point, tu dois comprendre que je n'ai rien de bon à te dire des politiques d'identité et beaucoup à critiquer, ayant pris plus qu’une fois leur revers de main dans la figure. Retire-toi si c’est ton enclin, sinon demeure auprès et écoute-moi jusqu'au bout. Souviens-toi seulement que chaque fois que tu te trouveras exclu, puni ou nié quelque chose de grande importance pour des raisons autres que ton mérite et le contenu de ton caractère moral (comme l’a exprimé le bienveillant Martin Luther King) des politiques d'identité des tiennes et des leurs s’en sont mêlées. Ne juge pas, de peur d’être jugé.

 

La conclusion qu'un sexe est responsable pour la paix alors que l'autre soutient la guerre, ce n’est qu’un autre mythe d’armes et une simplification désespérante.

Une énumération partiale et partielle peut nous assister à démentir ce préjugé : la berbère Al Kahina, Nehanda de Zimbabwe, la reine Ya Asantewa, celle Unzinga, Catherine la Grande de Russie, Catherine de Medici, Elizabeth la Grande d'Angleterre, Jeanne d'Arc, Marie Thérèse, Rebecca Felton, Margaret Thatcher, Trung Trac, Trung Nhi, Phung Thi, Trieu Au, Tsu Hsi (Cixi, l'Impératrice douairière de Chine), Moulanne, Zénobie, Boudicca, Sémiramis et Indira (par contre) Mahatma Gandhi, Bouddha, Asoka et Martin Luther King. Pardon si j'ai raté ton favori parmi ces conquérantes et hommes paisibles.

L’ultime pouvoir des femmes devrait résider dans leur droit d’interdire les plus grandes sottises des hommes (aussi d'exiger des meilleurs alternatifs.) Si cela avait toujours été honoré, les pires décisions n’auraient jamais eu lieu ni été si prévisibles dans l’avenir.

Alors que des males alpha-dominants comptent au préalable sur de l’agression patente, beaucoup de femmes tendent à la coopération et au consensus à leurs dépens, du moins jusqu’à ce que leurs petits ne soient mis en danger. Dans ce cas, gare aux autres ! L'agression féminine et alpha dominante peuvent se prouver plus vigoureuses que celle virile stéréotypée. Des femmes d’élite se sont souvent trouvées chefs après que leurs compagnons alpha dominants sont tombés au combat, aussi ont-elles souvent mené à conclusion prospère (ou à l’extinction) des batailles, des sièges et des guerres d'annihilation.

De nos jours, des chefs progressistes ont recruté davantage de femmes que n'ont les forces de la réaction patriarcale. Les ultra ont découvert qu'ils peuvent recruter des maniaques délirants aussi facilement parmi des femmes et des membres minoritaires que parmi de vieilles foulques riches et crayeuses.

Les progressistes doivent abandonner leur timidité et la remplacer par la vigueur inconditionnelle de femmes défendant leurs petits. Ils menacent les gosses ! Allons donc les prendre !

Nos écoles sont des piliers d’enrégimentement d'armes. En grande partie, elles sont gérées par des femmes. A défaut de la mentalité paisible, ces chauvines peuvent différer un peu de leurs équivalents virils mais gouverner sans meilleure sagesse. Bien que de nombreuses femmes aient joué un rôle de service dans les militaires modernes, le leur de direction demeure marginal. Aussi l’apprêt des femmes pour la guerre a explosé la population des criminelles.

 Comme d’autres trappes de la politique d'identité, l’explication de la dégénérescence institutionnelle à base de genre n’est bonne que pour alimenter la dissension. Le point crucial doit se trouver ailleurs. Pourquoi débattre les mérites relatifs du pacifisme à l’encontre du féminisme ou de toute autre question d'identité, d’ailleurs ? Ce serait là un exercice aussi nul que de déclarer une certaine jambe de la chaise la plus importante, voire un arbre dans la forêt.

Ce que j’indique au sujet des femmes s’applique autant à chaque minorité abusée : raciale, ethnique, religieuse et sexuelle. Les femmes ont rarement constitué une minorité, quoique des directeurs d'armes les ont toujours malmenées comme telles (une partie du piège de la plantation, rappelons-nous.) L'existence de minorités inoffensives n'a jamais validé leur persécution. Cet abus n’est parvenu qu’à rendre au pouvoir une minorité de psychopathes nichant au sein de la majorité paisible qui obéit à sa conscience morale : cette tyrannie un autre enchaînement global de la gestion d'armes.

De toute façon, l’ultime pouvoir des femmes réside dans leur veto par voix majoritaire de l’initiative de la majorité des mâles avant que celle-ci ne les précipite dans l’abîme. Derrière chaque homme réussi se tient une femme assez astucieuse pour lui indiquer quand s’arrêter net, de peur perdre son avantage. Nous ignorons ce droit de veto à notre péril. Je me répète car cette idée est cruciale.

 

 

Un autre mythe d’armes, secondé des deux côtés de l’allée centrale, c’est que des homosexuels forment une avant-garde progressiste. Ce qui mène au partage d’un malentendu par des réactionnaires homophobes et des progressistes gais : que l’érotisme homosexuel doit promouvoir l’idéal progressiste.

Les progressistes gais soutiennent cette méprise pour se remonter l’esprit ; le réactionnaire, pour rendre aux progressistes une étiquette aussi infâme qu’il les présume d’être. Tous deux savent qu’ils se leurrent. Il est évident qu’il y aient au moins autant de réactionnaires gais que ceux du côté progressiste, et que les progressistes hétéros sont plus nombreux que les autres.

La même chose est envisageable à propos de chaque minorité vis à vis les restants.

La seule différence, c’est que les réactionnaires gays doivent se taire au sujet de leur prédilection érotique que leurs alliés réactionnaires abominent, alors que les progressistes de toutes sortes sont un peu plus tolérants et ne font ni taire ni bannir leurs alliées de cette tendance.

Ça ne sert à rien d’abandonner le progrès en général pour privilégier le sien, voire celui de son groupe restreint d’identité – même au point d’abandonner de puissants symboles progressistes, telle que la coalition de l’arc-en-ciel de Jesse Jackson, afin que les gays puissent s’en parer exclusivement – ou perdre des batailles vitales comme l’élection présidentielle aux USA en 2004, à l’idée que les gays doivent jouir avant tout du mariage unisexe.

Quelles membranes muqueuses peuvent palper celles de qui, tout en retenant l’approbation publique, ce serait une priorité parfaitement anodine si nous ne confrontions pas une foule d’autres nécessités plus graves. Mais cette nullité sert à la mentalité d’armes comme parfaite distraction d'affaires plus importantes.

Cependant, on est en 2017 à présent, et par miracle, le mariage gay est devenu la réalité légale à travers le pays. À partir de là, des gens peuvent se replier sur leurs politiques de routine progressiste ou réactionnaire sans plus avoir à voiler leur orientation sexuelle.

Le même argument s’applique aux minoritaires d’autres filiations. Par exemple, la controverse entre les partisans « pro choix » et ceux du « droit à la vie. » Qui s’en fiche entre-temps que tant d’adultes et d’enfants innocents soient affamés et bombardés aux sous munitions tandis que vous débrouillez votre précieuse dispute ! Incroyable et inadmissible ― sur n’importe quelle planète sauf celle-ci.

Nous sommes progressistes dans la mesure que nous tenons au progrès et non par appartenance à un certain conglomérat d’identité prétendue supérieure bien qu’aléatoire. Ceux souscrits au progrès pour seul but d'avancer leur cause subjuguée, qui sacrifient des buts fondamentaux au progressisme afin d’avancer les leurs, et qui se mutent en conservateurs beuglants (ou en insoucieux miraculés) du moment qu’ils ont saisi l’avantage, ce ne sont que des loups réactionnaires en pelisse de mouton.

Et puis nous sommes tous Apprentis, quelle que soit notre position d’identité. Tout le monde ! Tous – soit que nous élisions de mépriser ou d’admirer les autres – tous sont des Apprentis entièrement comme nous et pour autant valables, par définition.

 

La conscription de femmes dans des fonctions modernes d'ouvrière et de guerrière, voici un autre aboutissement de la technologie d'armes.

Les armes sont devenues terriblement fatales vers la fin des années 1800, à tel point que la conscription universelle (mâle) fut adoptée pour satisfaire la formidable facture de cadavres ; ces fatalités multipliées à l’inouï depuis. Ainsi le combat moderne réclame toujours plus de corps pour combler le tas : des femmes, des âgés et des enfants. Ces soi-disant non-combattants se trouvent de plus en plus souvent parmi les troupes de choc et les amputés en choc du combat moderne.

La hausse exponentielle de victimes « non-combattantes » ne figure rien de neuf. L’idée que les non-combattants demeurent en dehors du risque et que les guerriers réservent leurs mutilations aux adversaires armés, ce n’est rien de plus qu’un autre mythe d’armes. Au contraire, d’innombrables sociétés anciennes comme modernes ont annihilé des populations entières  en une certaine région : hommes, femmes et enfants.

La guerre moderne tue des dizaines et des milliers de civils pour chaque soldat qu'elle tue. Il est plus facile de mitrailler des gens qui se tapissent sous la ligne de mire au lieu de faire feu en réplique, sinon leur priver de nécessités que les militaires peuvent toujours trouver bonne raison d’exproprier.

Faisons-en face : nous sommes tous des combattants. La question demeure : serions-nous des combattants Apprentis correctement motivés et armés, retenant donc l’opportunité de défense légitime (tels que les Suisses avec leur milice fédérale) ou une tourbe désarmée de bétails humains prête à la tuerie d’Etat policier : soigneusement fragmentée, sabotée et subjuguée par ses politiques d’identité suicidaires ? À toi répondre.

 

Une règle fondamentale de la victoire, c’est la concentration d'effort. Ceux qui défendent tout ne défendent rien, qui attaquent partout ne gagnent nul part. Au lieu d'attaquer en petits paquets le long de la ligne ennemie, sinon défendre chaque point avec résolution et vulnérabilité équivalentes, on doit trouver un point faible dans la disposition de l'adversaire et lancer au travers une force écrasante. Cette réserve doit être accumulée en lésinant dangereusement ailleurs. Une fois la ligne ennemie fracassée, d’autres réserves doivent être lancées dans l’intervalle. Ces fortes réserves peuvent autant bien servir à contre-attaquer l’assaut ennemi, supposant qu’il s’estime plus puissant.

Les dissidents d'armes ont abandonné ce holisme idéologique, préférant défendre chacune de leurs positions chouchoutées d'identité. Ils ont abandonné la concentration d'effort – toujours capitale – et ainsi toute espérance de succès. Grâce à ces politiques autant bornées qu’égocentriques, la gérance d'armes reste la seule minorité admissible au pouvoir.

Nous avons refusé de faire face à nos pires péchés de racisme, de sexisme et d’âgisme ; ayant au lieu permis aux professionnelles équivoques de patauger et aux compromettants politiques de prendre le pas de côté des droits humains, doués comme ils ont été de la finesse d’un long entraînement.

Qu’est-ce que les politiques d’identité nous ont vraiment apportés ? Je te le demande. Il est certain que nous jouissons du suffrage universel. Mais voici les politiciens-truands actuels et leurs paires, mis au pouvoir grâce au « suffrage universel. » C’est pareil pour d'autres bénéfices sociaux : tous rendus radioactifs par les retombées de la mentalité d’armes.

Je te prie de réfléchir un peu mieux. Qui sont tes véritables ennemis et quels sont tes vrais objectifs politiques ?

Pourquoi ne pas soutenir chaque quota éducationnel et mandat d’opportunité égale, au point de parvenir à la représentation proportionnelle et simultanée pour toutes les minorités ? Pour chaque centile minoritaire de la population, ce même pourcentage devrait prendre sa place parmi les juges, les cadres, les gens d’affaires, les agents de police, les gouverneurs, les législateurs et les professionnels ― sans quoi le chaos doit resurgir. Le simple mérite assortirait ceux les mieux qualifiées de chaque groupe d’identité ; les médiocres, les incompétents et surtout les sociopathes auraient plus d’embarras à justifier leur autorité, absente nos empoisonnantes politiques d’identité.

 

D’autres prétendent que les habitants des USA, de l'hémisphère occidental ou boréal, de la race blanche, du judéo-christianisme sinon de quelque autre tribu prépondérante ont à répondre pour tous les maux sociaux, alors que les revendicateurs ne comportent que d’innocentes victimes et leurs vengeurs terroristes entièrement justifiés.

Dans un milieu de pénurie perçue, les meilleurs joueurs au jeu de somme zéro forment des petits groupes cohérents de gagnants qui intimident une majorité prédéfinie de perdants. Les chefs « gagnants » de chaque minorité abusée renvoient leurs « perdants » à la majorité ethnique, comme la source majeure de leurs peines.

La ségrégation raciale est un dispositif d’assortiment dans ce genre, comme le sont d’autres sortes de ségrégation : nationalistes, ethniques et religieuses ― en grande partie cosmétiques. D’habitude, la majorité de perdants dans chaque groupe est menée à haïr la majorité correspondante dans d’autres, bien qu'elles aient beaucoup plus en commun qu'avec leurs gagnants respectifs : des minoritaires dans tous ces groupes, qui se protègent en attisant cette haine.

En fin de compte, des élites d'info de toutes sortes abusent des prolétaires d'info de toutes sortes et surtout des leurs. Des riches de la race blanche ont toujours exploité des blancs pauvres, car la répétition sert à parfaire l’exploitation. Des réactionnaires Hutus ont traqué les Hutus progressistes avant de se jeter sur leurs voisins Tutsis. Les Tutsis réactionnaires en feraient de même contre leurs propres progressistes s’ils en retinrent le choix.

Remplace dans cette déclaration tes propres militants d’identité ; note à quel point commodément ces godasses leur vont.

 

 

Dans le monde réel, une agglomération humaine choisit ses chefs à partir de ses membres individuels et fait ensuite exactement ce qu'elle prévit faire depuis le début – sinon dut accomplir selon des contraintes transcendantes – aussi convenablement que la nature permette, soit encouragé par leur chef soit en dépit de son mécontentement. Tolstoï en conclut autant. L’évaluation de la gérance particulière au-delà de ce seuil limitatif serait absurde.

La plupart du temps, cette sélection se fonde sur des phéromones, sur l'apparence physique, le droit de naissance et l’agressivité sous contrôle. Le charisme politique d’un Alexandre ou d’un Napoléon, et l’attraction sexuelle d’un Casanova ou d’une Cléopâtre, ce ne pourraient être que des suites irrésistibles du parfum corporel ; les autres composants remarqués ne servant qu’à les renforcer ou les nuire ? Nous nous regroupons instinctivement autour d’eux, comme une ruche d’abeilles le ferait autour de sa reine.

Je commence à pressentir qu’une personnalité, si remarquable pendant son époque et autant bien reconnue dans l’histoire, aurait pu attirer des multitudes d’âmes à la dérive après leur décès à réincarner dans sa fameuse vie. Assumons qu’une réincarnation de cette sorte transcendait l’espace et le temps sans devoir être ni successive ni proximale. Il n’y aurait aucune nécessité de réincarner dans un corps naissant après notre décès et dans son parage immédiat. Serait-ce peut-être la source de leur charisme : des milliers d’âmes réincarnées en eux et recouvrant la vue à travers leurs yeux ?

Hitler, Staline et Mao ont pu dégager un parfum aussi attrayant sinon davantage que le plus brave de nos saints. L’histoire militaire nous démontre que ce parfum et cette sagesse politique ne sont pas nécessairement corollaires ― et peut-être même l’opposé : que seuls des psychopathes et sociopathes en bénéficient. A noter : l’attraction notoire que beaucoup de jeunes femelles ressentent envers des « mauvais garçons. »

Ce pourrait-il être un trait négatif : la capacité de réprimer son dégagement corporel d’hormones de stress et leur odeur indubitable, dont l'absence calmerait et attirerait des individus normaux dans des conditions stressantes ? Des figurants charismatiques de l’histoire ont pu retenir dans leurs cellules de peau un groupement du Type O de ces marqueurs de trace : limiteurs du niveau de stress et intermédiaires d’obéissance et d’adulation acceptées par presque tous.

Par contre, le raciste agressif pourrait souffrir d’une « réaction allergique » aux éléments de trace lâchés par les membres d’un groupe ethnique ciblé ; son préjugé, être le symptôme d’une subtile maladie immunitaire aggravée par des normes communautaires de jugement et d’acte préjudiciable.

Cette procédure de démocratie holistique et subliminale se présente dans la plupart des hiérarchies humaines, indépendamment d'autres détails. Elle n’a jamais été étudiée de façon sérieuse par des recherchistes de sciences po. De tels aboutissements sont souvent irrationnels, contre-intuitifs et contre-productifs mais demeurent souveraines malgré tout.

Il peut exister une autre source de ces préjugés raciaux et ethniques, supplémentaire à celle induite par l’odorat, voire encore plus subtile. Positif ou négatif, ce biais aurait pour base des éléments immunologiques et neurologiques à la place de ceux sociologiques (ou bien leur étant complémentaires.)

On peut percevoir le corps humain comme un poussiéreux balai à franges qui lâche des nuées de cellules mortes quand il se remue et respire ou quand on le touche. Au lieu de ressembler à un revêtement caoutchouteux et homogène, la peau humaine consiste en couches de cellules superficielles dont celle externe ne s’attache plus au corps, parée au lieu à se détacher et se disperser pour la moindre raison.

Consentons qu’elles contiennent des marqueurs distinctifs, des composés de trace biochimiques en mesure d’identifier l’individu dont elle se détache : sa souche génétique, ses habitudes hygiéniques, son régime alimentaire et ses attributs sexuels, parmi d’autres distinctions d’ethnie ou de comportement.

Alors, quand des gens se concentrent ou se renferment dans une pièce mal ventilée, elles respirent les cellules détachées des autres. Le préjudice particulier (de race, d’ethnie, de culte, etc.) serait une forme subtile de réaction immunitaire à ces marqueurs biochimiques, les traces desquelles traverseraient en quantités infimes la barrière sang/cervelle et inciteraient des réactions d’intimidation, de lutte, de fuite ou de raidissement ; peut-être aussi facilement que celles d’affection familiale, de loyauté de clan ou d’attraction sexuelle.

Dans certains cas, des foules humaines se mettent à agir comme un organisme collectif qui transcende le contrôle particulier de ses constituants. Pareillement, des femmes logées ensemble tendent à synchroniser leur cycle d’estrogène et leurs règles.

Des dispositifs biochimiques, neurologiques et immunologiques, tels que ceux discutés ici, peuvent expliquer ces modes de comportement de façon davantage scientifique. Les êtres humains réagiraient comme des insectes par rapport à ces marqueurs biochimiques. Les versions humaines pourraient être aussi complexes, comparées aux leurs, que nos communautés le semblent en comparaison.

Ce texte propose de rationaliser cette procédure. Nous pourrions mieux réussir notre Apprentissage actif et autosélection pour excellence dans nos passions par l’intermédiaire de l’Agora virtuelle du monde, et nous en servir pour filtrer ces éléments neurophysiologiques de nos politiques. Nous examinerions cette maladie immunitaire, ses meilleures applications et la réglementation de ses méfaits ― comme nous en sommes parvenus avec des technologies paisibles antécédentes.

 

Il n’y a pas si longtemps en Amérique méridionale, des ségrégationnistes de la race blanche se sont tapis en fainéantise approuvable, dans l’attente qu’un noir ne s’exprime ou ne se conduise de manière interdite, tel qu’il en eut des milliers d'opportunités malencontreuses. À l’instant, ils purent manifester leur rage, agresser cet individu et lui imposer de grandes peines. Ces jours-ci, ceux les moins créatifs de chaque minorité se tapissent en fainéantise équivalente, dans l’attente que quelqu’un en dehors de leur petite niche d’identité dise ou fasse quelque chose qui ne leur plaise point, afin de ruiner sa vie. De tels prédateurs d’embuscade ne sont pas bons pour grand-chose d’autre.

Les racistes sont des chauvins sont des xénophobes. La couleur de peau, le sexe, les tendances, la provenance et la religion de ces agresseurs raciaux et de leurs victimes n’ont pas la moindre portée sur leur shadisme ― pourvu qu’elles soient différentes et vulnérables. Les sociopathes et leurs imitateurs (nous tous lors de nos pires quarts d’heure) ont besoin de victimes sans remède ; le racisme sert à perfection.

 

Aucune race ni nation plénière n'a su promouvoir l'égalité raciale. Seulement des individus éclaircis et héroïques, appartenant à deux races ou à plusieurs – souvent des âmes sœurs et leurs enfants métis – ont pu l'accomplir. Leur exemple engendra l’acceptation sociale sinon amorça leur extinction.

Par contre, la ségrégation raciale n'est pas imposée par quelques individus effrontés, mais par toute une race cherchant son avantage dans sa dominance stratégique parvenue à l’aléatoire. Ainsi de même, les autres détentes de biais d'identité : celles parmi d’autres de religion, d'orientation sexuelle et d'ethnie.

Lequel serait le raciste le plus farouche ? Le bigot dominant qui s’écorche l'âme en infligeant de la misère aux autres, ses égaux évidents ; ou sa victime fulminante de rage refoulée en attendant l’heure de sa vengeance ? Cela importe ? Le poison qu'ils partagent demeure du poison. Il s'agirait d'en découvrir l'antidote et de l’administrer à toutes les parties, non pas d’assigner le blâme ni de marquer le score.

L'égalité raciale provient de l’éclaircissement autonome à base d’expériences particulières : « Cette personne gracieuse de l'autre race et son noble comportement m’ont permis de constater qu'ils ne sont pas tous si méchants que ça… Ce (citer l’insulte raciale du dernier cri), c'est mon partenaire ; ta gueule et vire toi ! »

La ségrégation et le biais racial sont fondés sur des normes culturelles perverties par la politique d'identité. « Depuis que je fus bambin, l’on m'a appris qu'ils sont tous des canailles. Toutes mes expériences quant à eux ont confirmé ma conclusion (car j'ai nié toutes les constatations contradictoires.) »

Le problème central, c’est la politique d'identité. Ceux qui basent leur valeur personnelle (leur supériorité) sur elle, se trompent dur. Etre fier d'appartenir à un certain groupe d'identité, c’est bien ; s'en croire supérieur et amoindrir celle d’autres pour cette seule raison, ça ne l'est pas.

La solution se trouve dans la responsabilité particulière. Ceux qui fondent leurs actions et croyances sur leur évaluation de chaque individu promeuvent l'égalité raciale. En ce faisant, ils démontrent la noblesse de leur position d'identité. Par contre, les racistes rendent mauvaise mine à leur race ainsi qu’à tous leurs autres idéaux, soit leur valeur en soi.

On ne peut pas esquiver cette vérité, soit à quel point qu’une telle évasion te paraisse réconfortante. Si tu hais mes propos, je t'invite à m'appeler raciste ― ce qui te permettra peut-être de te sentir un peu mieux. D’autres en ont fait autant et ont donc confirmé mon argument. Le raciste, c'est toi, et le racisme, ta précieuse posture d'identité ; du moins jusqu'à ce que tu ne te changes d’idée.

 

Qu'est-ce que cela peut à voir avec la récente situation ethnique en France ? Voici ce que je propose.

Le biais ethnique, c’est une norme culturelle qui promeut des croyances particulières. L'égalité ethnique, c’est une série de décisions spontanées prises par l’individu et soutenue par sa norme culturelle. Ce renversement des sources primaires et secondaires de comportement, il est très important.

On peut réduire le racisme en proposant des lois et des institutions culturelles qui le contredisent, sinon le rehausser en proposant celles contraires ; mais on ne peut créer l'égalité qu'en permettant aux individus de s'en convaincre. Le racisme peut être interdit par force et décret ; l'égalité ne se laisse pas contraindre si facilement.

La misère humaine et l'inégalité ont ceci en commun : le gouvernement peut les rehausser ou les diminuer à son gré, car ils sont prévisibles, calculables et vulnérables aux interventions institutionnelles.

Le bonheur humain et l'égalité sont communs dans le sens contraire : ils existent strictement dans l'interprétation des individus directement impliqués et n'ont aucun sens en ce qui concerne le gouvernement ni capacité d'être rehaussés ni rabaissés selon un diktat gouvernemental.

Voilà ce qui advient quand on tente de contraindre l'égalité : l'on interdit aux bonnes élèves sages d'obéir à leurs parents et religion. Leur interdire de porter la voile : voici de la pure folie au nom de l'égalité ! Vous devez vous en rendre entièrement compte avant que vos conséquences inattendues ne débordent autour de vous. L’ultime tréteau de l’égalité public, c’est la guillotine ― ce que les citoyens français n’ont qu’à admettre.

Quant au bonheur humain et l’obligation gouvernementale de réaliser quelque chose avec : c’est foncièrement indéfinissable et absurde, (Le défendre ? L’appuyer ? Pousser sur une corde avec ? ) voici le sujet favori des meneurs constitutionalistes d’esclaves, des Republicans et d’autres touch-à-tout sans rien de mieux à proposer.

 

Ce qui nous mène devant un intéressant embranchement du chemin à travers la brousse linguistique. La misère n’est pas l’opposé du bonheur. Elle peut être calculée, (combien t’es-tu nourri aujourd’hui et as-tu bu ; pour combien de temps as-tu dû souffrir de cette peine ou dormir sous la pluie ?) alors que lui ne se laisse pas calculer ainsi ― va demander chez un héritier millionnaire en voie au suicide, voire un mendiant sifflotant parce qu'il fait trop beau cet après-midi pour manquer de le faire.

Pareillement, l’égalité n’est pas l’opposé de la discrimination. L’égalité serait-elle analogue entre les paires suivantes : des jumeaux identiques, un frère et une sœur, deux bons copains, deux étrangers de la même ethnie sinon de celles différentes ? Prenez deux minutes pour discuter.

Tandis que la discrimination, c’est assez simple : « Ils sont tous inférieurs aux miens. »

 

Alors, quels sont les antipodes linguistiques ?

 

·       la misère – la satisfaction

·       le bonheur – la tristesse

·       l’égalité – l’injustice

·       la discrimination – le jugement approprié

 

Pour l’instant, je n’ai aucune idée à quelle conclusion une telle tabulation doit mener. Je sens toutefois qu’elle serait indispensable dans une discussion des fonctions gouvernementales.

 

Le mieux serait de ne plus soutenir ces agresseurs racistes, quelle que fut leur politique d’identité, même si pareille à la nôtre et donc très tentante. Mieux vaudrait appartenir à un groupe beaucoup plus vaste que le leur, plus confiant, influent et bienveillant. Nous l’estimerions bien et compterions dessus pour nous abriter des agressions d’identité.

Jusqu’à présent, notre modèle fondamental des concurrences de la politique d’identité à été celui du groupe d’au-dedans à l’encontre de ceux d'en dehors. Les Apprentis doivent se rallier à un groupe chéri au-dedans, puis inviter des info-prolétariens et des ex-élites d’info dans ce même groupe ; ne plus permettre personne en dehors sauf ceux qui souhaitent simplement être laissés en paix. Quant à ceux qui préféreraient violer la paix : identification enfantine, exclusion d’autorité, emploi spécial et traitement à vie.

Aucune communauté, quelle qu’en ait été la conception, n’a pu s’immuniser de conspirations d'avidité ingénieuses, ambitieuses et persistantes. Quand tu condamnes une institution aliénante, c’est en actualité son manque de contrôler ses chefs socio- et psychopathes que tu condamnes. Dans une civilisation d'armes, l’adoption d’une politique raciale est aussi futile que celle d’une politique de genre, de nativisme, de foi ou d’autres positions d’identité. Autant inutile de distinguer le ton de peau, la richesse et le penchant sexuel des opprimés que ceux des oppresseurs. Si la situation fut inversée et les victimes antérieures parvinrent à dominer, une courbe de cloche tout à fait semblable d'abus et de coopération en résulterait.

Si tu te prétends appartenir à une certaine minorité et présumes que tes chefs militants se comporteraient de façon moins fâcheuse que la cueillette actuelle, tu n’aurais, pour confirmer ton erreur, qu’à consulter les résultats à long terme de toutes les révolutions d'armes au monde. En déplaçant ton entendement assez loin en arrière dans l’histoire, tu seras horrifié de découvrir ta propre minorité dominante quelque part au monde et pareillement brutale envers ses subordonnés. La seule exception serait le monde paisible.

Les Apprentis ne chercheront pas dominance bornée à leur bénéfice, mais des projets communautaires que tous puissent partager sans crainte. L’Apprentissage : voici la conjoncture que chacun pourra partager en paix et en abondance commune. Nous ne discuterons plus jamais du remplacement d’une élite d’info par une autre, (dans l'espérance de meilleure numération pour notre position d’identité) mais de la revalorisation de l’égalité universelle à travers la commune de biens des Apprentis. Plus personne ne sera abandonné au froid qui préférerait rester au chaud.

 

« Etranger : Alors, considérez-vous que ce soit un gaspillage de temps, de talent et de moyens pécuniaires quand les pauvres se battent contre les riches et les puissants ? »

« Fondateur : En effet ; car si les pauvres actuels se rendent puissants… ils opprimeront alors ceux rendus pauvres par ce changement et agiront ainsi que les riches et les puissants ont toujours agi... depuis le début du temps jusqu'à celui actuel. » Robert Owen, Dialogues, 18-20. Pris de La vie et les idées de Robert Owen, par A.L. Morton, 1962, Monthly Review Press, New York, p. 125.

 

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