- CE QUE JE PENSE DE LA RAPTURE, MON POTE -

ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTI       INTRO ET VOCABULAIRE

 

L’expression « rapture » ne peut pas être trouvée dans la bible écrite en français ni en ses langues d’origine, que je sache. Un certain nombre de références bibliques reflètent quelque chose de vaguement comparable (surtout dans 1 Thessaloniciens 4 : constate le flou typique de St Paul) mais de telles manquent assez de lucidité pour justifier de la prophétie méritoire. Ça n’a jamais été un sujet de sérieuse scolarité biblique, mais détourné par quelques fanatiques comme une supercherie fantaisiste et un souhait indigne pour embrouiller les croyants.

Jésus dit qu’Il ne savait pas l’heure de Son Avènement, que seul Son Père le savait ; Il nous avertit de faux prophètes qui oseraient le proclamer (Marc 13.) Personne ne connaîtra Son Arrivé avant que cela se passe.

Mettez une épave en marche et appelez ça la Bonne Nouvelle. Bourrez autant de crédules à bord que vous pouvez, à destination malencontreuse. Favorisez ou pas ce marivaudage, vous autres fondamentalistes sournois, j’opte pour autre chose.

 

 

Matthieu 24, dans la Bible de Sacy

 

36 Quant à ce jour et à cette heure-là, personne n'en a connaissance, non même les anges du ciel, mais seulement mon Père.

37 Et il arrivera à l'avènement du Fils de l'homme, ce qui arriva au temps de Noé.

38 Car comme dans les derniers jours avant le déluge les hommes mangeaient et buvaient, se mariaient, et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ;

39 Et qu'ils ne connurent le moment du déluge que lorsqu'il survint et emporta tout le monde : il en sera de même pour l'avènement du Fils de l'homme.

40 Alors de deux hommes seront dans un champ, l'un sera pris et l'autre laissé.

41 De deux femmes qui moudront dans un moulin, l'une sera prise et l'autre laissée.

42 Veillez donc, parce que vous ne savez pas à quelle heure votre Seigneur doit venir.

43 Car sachez que si le père de famille savait à quelle heure de la nuit le voleur doit venir, il est sans doute qu'il veillerait, et qu'il ne laisserait pas percer sa maison.

44 Tenez-vous donc aussi, vous autres, toujours prêts ; parce que le Fils de l'homme viendra à l'heure que vous ne pensez pas.

45 Qui est le serviteur fidèle et prudent, que son maître a établi sur tous ses serviteurs, pour leur distribuer en bon temps leur nourriture ?

46 Heureux ce serviteur, si son maître à son arrivée le trouve agissant de la sorte.

47 Je vous dis en vérité, qu'il l'établira sur tous ses biens.

48 Mais si ce serviteur est méchant, et que disant en son cœur, Mon maître n'est pas près de venir ;

49 Il se mette à battre ses compagnons, et à manger et à boire avec des ivrognes ;

50 Le maître de ce serviteur viendra au jour qu'il ne s'y attend pas, et à l'heure qu'il ne sait pas :

51 Il le séparera, et lui donnera pour partage d'être puni avec les hypocrites : c'est là qu'il y aura des pleurs, et des grincements de dents.

 

Une grande partie de la Rapture se déplia dans environ deux semaines. Elle ronronna assidûment tandis que des gens ont disparu par uns et par deux … ici et là, de temps à autre.

Les disparus ne furent d'abord que des sermonneurs à la radio et des télé-évangélistes qui crevaient le tympan le plus. La Nouvelle Année débuta un dimanche. La plupart des ondes ont saccadé en silence, des sermons radiodiffusés se sont tus mi-fourberie et une carte de test à la TV a posément bloqué des appels incessants pour encore plus d'argent, de bigoterie et d'exclusion au saint nom de Jésus Christ.

Beaucoup d’églises se sont vidées quand leur prédicateur Disparut. Des ouailles ont déguerpi en panique. Ce ne fut qu’ensuite qu’ils comprirent ce qu’ils fuyaient. Malgré le rabais de leurs nombres, ils sont revenus et ont ardemment prié. Nombreux ceux restés à prier et demeurés en priant. Seulement certains furent Choisis pour Disparaître.

Vois-tu, il fallait des talents singuliers pour être Choisi. L’on devait d’abord prôner son salut ; ensuite aspirer sans hésitation ni remords à balancer le restant du monde dans le puits d'enfer ; enfin, prédire l’arrivé du Christ : cela une impossibilité pour Lui selon Ses propres paroles, non moins pour un certain loup en pelisse de mouton, un blasphémateur mortel brandissant son Évangile.

Dieu seul sait l’heure du Retour de Son Fils, Lui seul peut le prononcer. Le Christ en dit autant de façon catégorique ― aucun homme crasseux n’est qualifié pour Le contredire.

Jésus dit que Dieu pardonnera tous les péchés à part blasphème contre le Saint Esprit : le Consolateur qu’Il nous a laissé en attendant Son Retour. Qu’est-ce que tu aurais cru que cela put être, à part ce déni ? Seuls des sociopathes le risqueraient. Redoutez leurs propos et esquivez-les.

Quant à l’exile des juifs et leur retour dans la Terre Promise : eh bien ! Cela s’est répété au moins deux fois dans l’histoire et pourrait se dupliquer quelques fois dans les millénaires à venir, selon Son veux sinon plus jamais. Aucun indice fiable là-dedans, du Retour.

Faux prophètes ! A genoux devant vos ouailles et suppliez leur pardon pour votre mensonge évident, précisément interdit dans la Bible ! Le restant de vous, brebis de Dieu, ne prêtez plus attention à leur blasphème ! Soyez toujours parés pour Son Retour (tel qu’un voleur dans la nuit) mais plus jamais trompés par la clameur indue de Son imminence.

 

La plupart des gens ont encouru des difficultés à réconcilier les commandements de Jésus : aimer ses ennemis, ses voisins comme soi-même et mourir pour ses amis ; avec l'idée que la majorité des âmes éternelles n’étaient que de l’ordure largable. Cette espèce de différenciation nécessitait des doses immenses de clairvoyance et de résolution, un manque incomparable de bienfaisance et un ego géant : des talents extraordinaires dont seuls quelques-uns disposaient.

Les églises furent d’abord bourrées de gens, de longues queues serpentaient autour. Elles se sont vidées par la suite. Ceux demeurant ont renoncé et ramené leur famille en maison, aussi tristes que des gosses rebutés à la recrée.

 

Des gens ont simplement Disparu. A un moment ils étaient là causant de bêtises sordides, de suite après ils ont Disparu. Certains ont grimacé comme si souffrant d’une crise cardiaque ; d’autres ont haleté comme si pour crier, puis ont Disparu. Des témoins ont rapporté qu’un bruit fugace se fit entendre quand la pression atmosphérique renfla le petit vide de leur Balayage au loin. Ensuite ont-ils reniflé quelque chose comme le feu d’un pistolet aux amorces, vaguement sulfurique...

Il fut rapporté que ceux Choisis ont semblé plus à l'aise en se volatilisant à haute altitude. Des gens Rapturés en avion ont souri puis disparu, du moins selon les passagers restants. Quelques avions se sont écrasés quand tout le monde à bord fut Balayé au loin. L'emballement d’avions Lear Jet s’est rendu routinier. La plupart des vols civils ont atterri sans complications, un copilote ou un volontaire pareillement secoués aux contrôles.

Ils ont Disparu un peu plus aisément du haut de grands bâtiments, aussi comme alpinistes en montagne ― sinon voici ce qu’on nous a reporté. Denver, Lhasa, Lima, Quito : des lieux typiques de départ agréable. Sur ce, des évangélistes exaltés ont recueilli quelques affaires et se sont précipités dans les collines, d’où beaucoup ne sont jamais revenus. Les meilleurs sont rentrés chez eux, découragés d’avoir été Laissés.

Certains individus, en descendant l’échelle d’un toit, ont laissé le pied, la cheville, et le tibia et la fibule nettement sevrés, avec des coupures correspondantes de chaussette et de pantalon. D’autres ont vite compris et se sont mis à camper sur le toit. Personne ne pouvait leur persuader de descendre, et peu l’ont tenté. Certains sont Partis ensuite ; les restants, les meilleurs, sont restés.

 

Dans quelques heurs, l'aile droite fut amputée du congrès des USA et des législatures d'Etats. Le parti Republican fut réduit en pagaille ; les Democrats, pas beaucoup mieux. Les quarante-cinq restants au Congrès se sont réunis en session d’urgence pour nominer des remplaçants provisoires. La moitié de la cour suprême s’en est Allée, ainsi que la plupart des juges fédéraux : chacun un réactionnaire sûr. Le bureau ovale dans la maison blanche s’est vidé ainsi que les bureaux feutrés des désignés politiques et lobbyistes.

Selon les règles d’urgence, une secrétaire (ministre) assistante du département des services sanitaires et humanitaires s’est assurée de la présidence en attendant des élections d'urgence. Cette doctoresse, une franche agnostique du nom de Dean, allait bientôt se faire virer par le précédent titulaire, car elle avait remué trop d’ennuis sur la planification familiale, l’assurance universelle de santé, la malnutrition et les pollutions corporatives. Plus personne ne restait supérieur à elle et personne ne s’en est plaint. Bientôt élue présidente, elle s'est avérée tout à fait satisfaisante dans sa nouvelle fonction, de loin supérieure à la douzaine précédente.

Les militaires se sont figés au DefCon 1 mais n’ont trouvé personne pour nuquer. La plupart des bunkers de contrôle des fusées se sont vidés ainsi que les bureaux du Pentagone. Seulement quelques cadets traînaient dans les académies militaires ; guère mieux équipées furent celles de la garde côtière, de la NOAA et de la marine marchande. La plupart des collèges militaires privés sont devenus des villes désertes ; les quelques cadets restants n'y étaient plus à l’aise de toute façon et sont partis chez eux. Les vaisseaux de guerre sont revenus en port avec des équipes de squelette. Des chasseurs-bombardiers ont plongé du ciel comme des moineaux sur un volcan actif. Les militaires américains, ceux qui restaient, furent rappelés d’outre-mer. Cette opération prit deux mois et se conclut sans perte au combat. Les gangsters à la gâchette facile des deux côtés s’en étaient Allés.

L’antenne Fox News abandonna les ondes, ainsi que d'autres filiales d’actualités. Les commentateurs réactionnaires s’en sont Allés, qui transmettaient par radio d’amplitude modulée. Des cadres de médias et des hôtes d'entretiens télévisés ont Disparu (devine lesquels.) Les journaux principaux ont cessé provisoirement de publier, obligés de trouver des nouveaux employés et publicitaires. Personne ne restait pour réclamer « équilibre et objectivité journalistique » et rendre donc hommage obligatoire au mal.

Au fond, si l’on avait souscrit aux mensonges et hurlé assez fort pour la haine et l’avidité, on s’en était Allé. Si l’on avait trouvé l’Autre assez terrifiant pour prêcher son massacre, on s’en était Allé. Si l’on en avait tué, tourmenté et privé de subsistance autrement que par accident, on s’en était Allé. Persistez de cette manière par accident... tu me comprends.

Dans leur univers fantasque, beaucoup de ceux Balayés par la Rapture avaient déjà sacrifié tous les autres sur terre à l’Armageddon puis à la damnation éternelle. L’éducation en masse de bonne qualité ? La salubrité écologique ? Paix et justice pour des étrangers délaissés ? Pourquoi s’en importuner ! Le monde n’était-il pas le cendrier de Dieu ? Ne serait-Il pas capable, dans Son propre temps, de purifier toute la crasse et l’horreur des entassements humains qu’avait institué la chrétienté pour précipiter Son Retour ? En ce qui les concernait, tous ceux exclus de la Rapture n’étaient pas plus valables que de l’ordure en décomposition.

Bien qu'ils eurent parfaitement raison quant à leur Balayage au loin, il est certain que la terre et tous ceux Laissés pour compte ont tiré profit somptueux de leur départ. Il y eut un grand nombre de désastres et de signes dans les cieux, ainsi que des guerres et des rumeurs de guerre, comme depuis toujours d’ailleurs. Rien de prophétique dans tout ça. Toutefois, avec étonnante facilité, les choses se sont améliorées considérablement pour le restant de l'humanité.

 

Qu'est-ce qui serait advenu à ceux Pris dans la Rapture ? Qui s'en fiche ? Bon débarras !

Le plus drôle ? Ce n’étaient non seulement des chrétiens fanatiques qui disparurent. Des musulmans, eux aussi. Certains s'étaient plaints qu'il n'y avait plus d’Islam authentique et qu'ils furent les derniers vrais croyants en Allah. Leurs voisins ne leur semblaient que des hérétiques pro-occidentaux, affectueux d’ordures et propres pour rien que l’exécution par jihad. Ceux disparus avaient eu tendance à s'accrocher au wahhabite, à la Salafiya et à d'autres dictatures dévotes, prêchant le meurtre en masse pour la plus grande gloire de l’Islam.

Ou Saoudien ou Texan, tous ces gros propos et gros propre-à-rien ont disparu. Des paperasseries se sont envolées à la dérive dans le vide poussiéreux de madrasas taliban et de cours de chrétiens fondamentalistes, dont les étudiants errèrent en maison après que leurs maîtres de bigoterie disparurent.

Ainsi de même pour des hindous et bouddhistes : nationalistes fanatiques, démolisseurs de mosquée, flambeurs de bibliothèque, chefs de lynchage : tous disparurent. Plus personne ne restât pour rendre blâme aux minoritaires quant à chaque problème social et résoudre des problèmes au moyen de nettoyages ethniques.

Il ne restait plus personne, ni en Inde et ni au Pakistan, qui s’inquiétait passionnément de l’indépendance du Cachemire. Par un magnifique après-midi typique de ce beau pays, les Cachemiris ont levé leur nouveau drapeau national devant le centre gouvernemental à Srinagar. Personne n'ouvrit le feu, même pour célébrer. La même chose s'est passée au Sri Lanka : tous les brandisseurs de pistolet ont disparu et la paix a éclaté dans leur absence. D'une extrémité du sous-continent à l'autre, il y eut la paix. Les gens ont accepté d'être en désaccord et même d'être en accord de temps en temps.

En Cisjordanie, à Bethlehem et à Jérusalem Este, les nouvelles colonies juives se sont transformées en villes fantômes. Tous les ateliers palestiniens de production audiovisuelle, fabriques de bombe et classes d'infiltration se sont vidés. Des hélicoptères d'attaque se sont écrasés vides, sans avoir pu lancer d’autres missiles Hellfire (feu d'enfer) dans une foule de civiles. Des bouteurs blindés se sont calés : inoccupée leur carlingue à l'épreuve de balles. Les soirées de vendredi, peu de croyants sont revenus du Mur des Lamentations et de la Mosquée du Temple. Les autobus ont repris leur ronde paisible et la vie de rue israélienne, ses soirées fraîches de fête. Le grand mur fut posément réduit en mélange de pavé routier et tous les méchants points de contrôle, démolis. L’Etat palestinien est devenu une actualité. Tous sont rentrés chez eux, ayant appris à pardonner les maux antérieurs. La vie a continué de toute façon.

En outre, plus personne ne resta pour fantasmer la transformation de Jérusalem, Beyrouth, Alexandrie, Le Caire, Amman, Damas, Bagdad, Téhéran, Alep et d'autres berceaux de la civilisation en chaudrons de verre en ébullition radioactive. Ni plus de juifs, ni chrétiens, ni musulmans d'aile droite n’ont prié qu’une pluie nucléaire se brise sur les autres. Plus personne parmi les fanatiques paranoïde-schizoïdiques puisant du livre de révélation ; plus jamais d’administrations américaines assez démentes pour distordre en actualité ces cauchemars bourrés de haine.

Prit fin la haine entre musulmans sunnites, chiites et supposés hérétiques. Vivre et laisser vivre. Obéir le Coran et vivre en Paix. Point finale.

Beaucoup de rabbins orthodoxes et conservateurs sont Partis ainsi que la plupart des néo-Sionistes. Les juifs restants ont dû se satisfaire de rabbins reformés, tant peu d'autres restaient. Fatah, Hamas, Jihad islamique ? De l’antique histoire palestinienne. La résidence du Vatican se vida avec la majeure partie de son collège d'archevêques : le sacerdoce catholique se trouva Tranché par moitié. Disparurent les chefs de la conférence méridionale des baptistes américains. Les églises évangéliques rurales se sont rendues en choses du passé. Les hiérarchies chrétiennes orthodoxes ? Celles bouddhiques ? Protestantes ? Aucune ne fut épargnée.

Les athées n’en ont été pas moins atteints. Le comité central chinois s’est rendu en central chinois de rien du tout. Pékin et d'autres villes en Chine furent Balayées à nu de police politique et d'indicateurs. La Place Tiananmen s’est transformé en un forum politique où un passant pouvait discourir à haute voix debout sur une caisse à bouteilles, comme à Piccadilly Square dans Londres. Les Chinois se sont confirmés des démocrates superbes, une fois la crapule arrachée de leur dos. On s’est finalement rendu compte que chaque être humain Restant était encablé pour la démocratie.

L’entièreté du pouvoir politique et militaire de la Corée du Nord a Disparu. Ses citoyens ont finalement obtenu assez de nourriture, débarquée aussi rapidement que des cargos ont pu se décharger. Ils ont fait sauter les munitions, démoli les armes conventionnelles et nucléaires, et rempli les fortifications ― tout ça le sourire aux lèvres. La Corée du Sud s’est désarmée dans le temps qu’il lui fallut pour faire sauter sur place toutes les mines explosives à la frontière et installer des autoroutes et des lignes ferroviaires au travers. Des grands-mères tenaces ont tenu la garde sur la frontière en humiliant les combattants des deux côtés, au point de les obliger de rentrer chez eux. Leur tâche ne fut pas difficile.

Tous les Khmer Rouges sans exception ont Disparu. Le Vietnam s’est libéré de ses libérateurs. Les Colombiens et les Vénézuéliens ont découvert à quel point la paix était agréable pour changer un peu. Soulagés, les Africains et les Américains du Sud ont lâché de profonds soupires et se sont remis à construire. Le bruit des tirs ne s’est plus fait entendre dans les jungles du Congo ni autour des Grands Lacs, ni dans les déserts qui ont cessé de s'étendre. Les bâtiments gouvernementaux se sont vidés à Khartoum, ainsi que les bureaux internationaux des fascistes pétroliers les soutenant. Une Soudanaise pouvait rentrer chez elle en toute sécurité après avoir obtenu de l’eau et de quoi nourrir le feu. Plus un seul « technicien » à Mogadishu ni plus de journées de tirs ni là ni ailleurs.

La même chose s’est produite partout dans le monde autrefois communiste, là où grouillaient des tyrans infects. Tous les seigneurs de drogue, kleptocrates et brutes fanatiques ont disparu des centrales du Parti, des chambres de torture et des blocs de prison. Leur disparition fut indépendante de striure et de foi : soit des initiés politiques, soit des gros bras mafieux, des skinheads nazis ou des voyous guérilleros. Être de confession Nazie, c’était s’en être Allé.

 

Dans quelques petits mois, la terre s’est transformée en un lieu très dissemblable.

 

Aux USA, le mariage gai, l'avortement sur demande et de robustes initiatives d’opportunité égale furent tranquillement légiférés puis oubliés. Personne ne les disputait. On pouvait brûler le drapeau sinon le brandir fièrement ; personne ne s'en est inquiété, du moins pas assez pour violer des droits civiques. La réforme du financement des campagnes électorales fut rapide et draconienne, approuvée sans dispute dans les deux chambres du Congrès.

La planification familiale fut subventionnée à travers la planète, contrairement à la pratique actuelle l’interdisant aux ordres d’assemblées de génies de sottise. Savais-tu qu’aucune organisation mondiale responsable pour l’installation de cliniques de planification familiale n’avait pas été permise, seulement des salons de causerie charitables comme ZPG (Croissance démographique zéro) très dépensiers et pareillement insignifiants ?  

Les subventions militaires furent réduites à la centième partie de celles d’avant la Rapture, ainsi que l’assistance publique aux corporations. Tant bien que mal, on s’est trouvé mieux nanti et sécurisé qu’à tout moment auparavant.

La prière à l'école, c’était quelque chose à rendre tranquillement dans sa tête, de manière civilisée. Jésus nous a explicitement interdits de prier en public et en église. Ses propos dans Matthieu 6 ont été obéis à la lettre maintenant que s’en étaient Allés les théocrates de dissipation militaire. Ceux-ci donnèrent mauvaise mine au Christ et détournèrent presque tous de Sa Voie présentement évidente à tous.

L'Amérique s’est reconstituée dans le moteur économique du 21e siècle : un brillant fleuron d’Apprentissage et de développement infrastructural et environnemental après des générations de négligence impardonnable.

Si je ne me trompe, nous sommes bien au Troisième millénaire après le Christ, et non pris au piège dans un nouvel age sombre sous la régie d’incultes vicieux ?

 

C’est sans grande surprise que la même chose s’est reproduite ailleurs. Les régions les plus démunies au monde ont revendiqué un niveau de vie supérieur à celui des plus riches avant la Rapture. Un âge d'or d'études... Les écoles publiques ont recueilli tous et toutes… tout le monde ! Et obtenu plus qu'assez de financement pour satisfaire leur mandat.

Tout le monde s’est demandé ce qu'avait été le problème puisque les solutions étaient tellement simples et évidentes...

Les prisons se sont vidées. Ou bien on avait vraiment dû servir sa peine au-dedans ― sur ce, on s’en était Allé ; sinon, (le cas pour la plupart des prisonniers) leur « crime » sans victime n’avait requis aucune peine pénale. Dans ce cas, ont disparu tous les monstres humains qui les avaient flanqués dans cette galère, et ceux-là ont pu sitôt rentrer chez eux. La plupart des communes carcérales ont cultivé des herbes à fumer tendues par les quelques petits larcins restants et les meilleurs de leurs gardiens.

Tous ceux Recueillis par la Rapture ont à peine additionnée à quelques millions tout au plus : moins d'un sur mille des êtres humains. Les personnes normales, comportant des forces et faiblesses normales et une gamme correspondante de péchés, n'en ont eu rien à voir. Ce n’étaient que des détraqués exceptionnels qui se firent Attraper vers le Haut. Néanmoins, la population mondiale s’est laissé doucement chuter dans les décennies avenantes, par consentement universel. Tous les nouveau-nés sont devenus rares et bienvenus sans exception ; plus jamais dédaignés comme de la poussière.

La grande majorité s’est rendu en judéo-bouddho-indou-christo-musulmans : un amalgame coopératif et éclectique de ce qu’il y avait de meilleur dans ces croyances : le chemin évident pour ceux souhaitant pratiquer la religion mais exécrant ses conflits organisés.

Après tout, Dieu doit être Allah, Krishna, chaque Dieu, nul d’entre eux puis rien du tout, ainsi que toute autre manifestation fantasmée ― le tout en même temps, les mains liés dans le dos. Dieu est GRAND, vois-tu ; ni petit, ni moisi, ni de l’étroitesse d’esprit du fondamentaliste typique. Personne parmi les Demeurants ne pouvait le disputer ni ne le souhaitait.

Des fondamentalistes divers auraient combattu jusqu’à la mort (d’autrui) pour que tout cela ne put jamais avoir lieu, mais ils furent hors de jeu à présent. Personne ne demeurait pour exploiter les convictions humaines pour sa solde de charité détournée, prêcher des mutilations corporelles pour sauver l’âme et rendre donc mauvaise mine à la religion.

Les athées, eux aussi, ont trouvé grand embarras à inciter de l’enthousiasme puisque quelque chose avait dû provoquer la Rapture. Chacun découvrit par la suite sa part dans l'amour de Jésus Christ … ainsi que les fondamentalistes n’ont jamais pu prévoir ni partager de façon honnête (voir Matthieu 6-5.)

 

Les grandes sociétés d’entreprise se sont effondrées : disparus leurs fonctionnaires principaux. Les gens n’ont acheté que ce dont elles avaient besoin et n’ont vendu que ce qui leur était nécessaire : ni plus ni moins. La qualité, ce n’était plus une plongée dans la médiocrité bâclée et cupide, mais le point d’honneur de la maîtrise artisanal.  La plupart des publicités disparurent avec leurs revenus.

La télévision s’est tout soudainement rendue intéressante. Imagine ça : de la programmation astucieuse sans arrêt depuis toutes les antennes ! Le Q.I. planétaire s’est redoublé pratiquement d’une nuit. L’on pouvait allumer la radio et écouter de la bonne musique pour des heures de suite, des dialogues pensifs et des cours sur tous les sujets ― plus jamais d’interminables bagouts à propos de rien d’important, rompus par des chansonnettes en résidu et des publicités écervelées.

Lentement mais sûrement, on s’est mis à replanter Eden après avoir découvert que l’on pouvait cultiver des plantations de pin écossais (Pinus sylvestris) dans la latérite nue de forêts tropicales dépouillées. Ces plantations ont attire des oiseaux et des bêtes et leur crotte remplie de graine. Bientôt de suite, la jungle s’est rétablie de façon spontanée. Des millions de plantations de cette sorte ont pris floraison, conçues par la communauté de Gaviotas.

Un sacré bosquet de chênes a été replanté dans chaque lieu que l’humanité primitive avait adopté comme son domaine. De la purée de marron soutint la vie quotidienne du début de l’age de pierre jusqu’à la fin de celui de bronze. Les anciens Grecs, et plus tard des monothéistes primitifs, se sont mis à brûler au ras les bosquets de chênes sacrés de leurs ennemies. Tous ont accompli cette profanation à foison de l’environnement ; cela a plus ou moins bien définie la guerre totale de l’age de  bronze jusqu’au dernier millénaire.

L’application agro-industrielle de la terra preta a succédé celles des engrais minéraux et entamé la restauration des terreaux mondiaux, facilité à son tour par l’optimisation des colonies microbiologiques dans l’agriculture et la sylviculture.

Une technologie propre et fiable, alimentée au thorium, remplaça les périls des réacteurs nucléaires.

Autour de la planète, les pauvres ont découvert qu'ils pouvaient bâtir une demeure pour fraîcheur pendant l’été et chaleur en hiver, à l’épreuve des tremblements de terre au moyen de dômes de Roumi fabriqués à leur propre compte de briques de terre cuites dans des fours solaires. Personne n’a dû demeurer sans abri maintenant que tous les pilleurs de maison s’en étaient Allés et que Nader Khalili nous a démontré le dispositif préférable.

Partout sur terre, un voyageur las pouvait frapper à une porte et s’attendre au bienvenu, à un bon repas et à de l’eau propre. Partout dessus, des bons fermiers pouvaient cultiver leur récolte bio avec de bonnes eaux plus jamais polluées par la brutalité humaine, soit indirectement soit en directe.

Ce que l’homme n’est jamais parvenu à réaliser, Dieu l’accomplit tout seul. Pendant cette ultime révolution, tous les tyrans furent Renvoyés et les doux ont hérité de la terre ― sans répand de sang, à l’heure prévue, comme promis.

Chacun s’est réjoui des nouvelles grâces, prospérités et libertés recouvrées. Personne ne s’est chagriné du départ de ces fanatiques ― à l’exception peut-être de leurs mamans et gosses : les rares restants.

 

Même à ce point, je crains n’avoir pas différé suffisamment de ceux Choisis pour être épargné leur sort. Moi aussi, je condamne des individus que je dédaigne et crains ; moi de même, je compte sur Dieu pour m'accorder le salut tout en leur niant la même chose.

S’il Te plait, Seigneur compatissant, ne me condamne pas à endurer toute l'éternité en leur compagnie ! Mon monde qu’ils dominent, ce n’est qu’un tourment momentané ; l’autre existence serait un enfer incontestable. La justice de Dieu doit certainement…

 

[Ces notes furent trouvées sur un toit abandonné.]

 

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