- VOUS LES RECONNAITREZ A LEURS FRUITS -

 ENGLISH VERSION     

 

SOMMAIRE D’APPRENTI INTRO ET VOCABULAIRE

 

« Ne juge pas, que tu ne sois pas jugé. » Matthieu 7-1.

 

Les religions organisées démontrent clairement l'antinomie d’armes et de paix. Chaque prêtre, pasteur, rabbin, mullah, imâm, uléma et moine expose à notre observation directe les conséquences fonctionnelles de sa croyance. Leurs hiérarchies abritent quelques maîtres paisibles : des initiateurs comme Abraham, Moïse, Jésus et Mahomet, et leurs amants mystiques et marginalisés de nos jours ; ainsi que de nombreux mentors d’armes : des organisateurs secondaires comme Paul, St Augustin et les Califes et leurs partisans, les bureaucrates religieux d'aujourd'hui.

L’église catholique moderne est un mélange « d’introvertis » qui préfèrent la tradition, la majesté et le tourment des restants ; et « d’extrovertis » qui favorisent l’amour, le pardon et la grâce selon le modèle de Saint-François. Réponds-moi, un introverti de la dernière souche : depuis quand des introvertis se mêlent-ils d’affaires des autres à leur chagrin ? Alors que les sociopathes, certes oui…

Soit la nature de leur credo particulier, les maîtres paisibles espèrent qu’à l’éventuelle et sous le regard d'un Dieu affectueux triompheront l’amour héroïque, la vérité, la justice et la paix. Ils ressentent une profonde sympathie pour d’autres adhérents intègres aux aspirations semblables et ne se soucient peu de leurs divergences idéologiques et théologiques.

Les mentors d’armes se servent de la religion (et d’autres mèmes culturels) pour se mettre à part et justifier leur brutalité. Ils luttent, souvent jusqu’à la mort des innocents qui leur sont confiés, bien qu’eux et leurs ennemis déclarés puissent partager la même croyance et les mêmes symboles. Ils rejettent les attaches communes de l'Apprentissage : ce rejet stimulant le conflit dont ils sont tant friands.

Permets-moi de me répéter, car c’est très important. Les psychopathes de chaque affiliation religieuse se servent de la foi pour justifier leurs tendances homicides ; ils abusent de celle de non-psychopathes pour augmenter leur taux de dégâts et de pertes (s’étendant des combattants volontaires jusqu’aux suicidaires à la bombe.)

Les idéologies et systèmes politiques actuels sont des sous-produits de l’aveugle foi humaine : la progéniture bâtarde d’anciennes religions d’armes. Ils illustrent convenablement l'antinomie d’armes et de paix. L’on n’a qu’à remplacer le verbiage d’anciennes croyances avec le jargon idéologique contemporain, puis observer les mêmes contradictions se manifester alors que les maîtres d'armes et de paix se cohérent et se dispersent comme de l’huile et de l’eau. Constate comment l'antinomie d’armes et de paix est soigneusement négligée et demeure donc intacte.

Pour des techniciens d’armes comme nous, la religion est une obligation collective qui prend racine dans l’obéissance sociale. Elle est cérémonielle, objective, conformiste, réductive, répétable, flegmatique, reconnaissable et rationnelle. La folie lui est révoltante. Les religions traditionnelles professent un scénario bien établi, facilement mémorisé et analysable ; elles s'efforcent de retoucher la superconscience collective en y imposant leurs mythes, dogmes et préjugés.

Qu’une petite poignée de prophètes disparus a pu éprouver l'émerveillement du sacré. Nous autres, les non élus, doivent nous contenter de formations religieuses obligatoires, voire de rien. La plus absolue notre soumission à cette absurdité, le mieux l’aboutissement pour les religions traditionnelles.

Les gérants d’armes chipent des symboles religieux parmi les plus riches et séduisants, devant lesquelles tous doivent se courber. Assez souvent, ces symboles et contes ont fait partie de religions précédentes mais présentement bannies et oubliées. Les hiérarques religieux repoussent le sacré comme tel. Chacune de ses manifestations dans le monde réel leur est épouvantable car elle échappe leur contrôle et les exposent comme des pitres en robe.

Les pratiquants cérémonieux ont tendance à être compulsifs, sévères, liés au temps, historiques, archivistes en grand secret, absolutistes, simplificateurs réagissant selon formule, linéaires, rigides, menaçants et dépourvus d'humour. Ils accentuent la forme, la structure et la mode de transmission : « Notre médium, c’est le message. »

Quant à la conscience primale, tout lui est sacré. Ses rituels et cérémonies servent à rehausser  l’émerveillement du sacré : ce qu’un témoin clairvoyant peut entrevoir à tout moment de sa ronde journalière, voire dans ses rêves de jour et de nuit. L'adoration du sacré est un don particulier enraciné dans la conscience de soi ; elle est subjective, non formulable, passionnée, intime, dramatique, chaotique, adaptative, situationniste, transcendante, conduite en rêve et accélérée par la drogue. Ça frôle à la folie : canal de naissance dans le sacré réservé pour un petit nombre d’individus bien désignés et tourmentés (les shamans.) Elle est souvent transmise sans mots par la musique ; par la danse comme pratiquée chez les soufis, les Indiens américains, des Africains et d’autres ; et par d’autres indices sensoriels et extrasensoriels. En général, les religions sacrées sont obsédantes, créatives, naturalistes, persistantes, cumulatives, magiques, pragmatiques, anecdotiques, spontanées, holistiques et taquines, des fois jusqu’à la malveillance. Si possible, elles s'efforcent d’exploiter la superconscience collective mais non de la réécrire.

En ce qui concerne ses pratiquants, qui oserait imposer de telles contraintes sur le Sacre infini — à part des religieux enrégimentés à vie ? Contrairement à ceux-ci, les autres accentueraient plutôt le contenu, la signification et les aboutissements de la poursuite du sacre. « Le Message est. »

La foi humaine a subi une écrasante entropie aux mains de sociopathes dépourvus d’elle mais toutefois gestionnaires de ses doctrines. Elle a dégénéré d'un état de vénération et d’exaltation partagé par tous, dans un embouteillage d’inventions baroques et pareillement ridicules, toutes implacablement incompatibles, exclusives et obligatoires. La seule justification restante pour les religions contemporaines, c’est la technologie d’armes qu’ils ont pondue pour sauvegarder leur vide de sens.

Chaque nouveau dogme d’armes vise à se rendre encore plus cruel, arbitraire et nuisible que ses prédécesseurs concurrentiels. Il n’entend plus son hypocrisie et s’immunise contre toute amélioration. Les habitudes de ses praticiens : de contrepensée inertielle, de simplification grossière et de répétition de routine peuvent sembler passivement neutres ou activement vicieuses selon la prépondérance d'ignorance et de misère sous leur régie. Ces fanatiques méritent mépris, incrédulité, ridicule et pitié en proportion à leurs nombres, ferveur, pouvoir et puissance de feu. Chaque religion s’invalide d’office, autant elle-même que ses adhérents crédules, en absolvant la brutalité de masse.

A vrai dire, les religions de masse atténuent notre perception du sacré. Elles peuvent étouffer l’émerveillement du sacré mais non la remplacer, détourner la majorité de Dieu mais non les y reconduire. C'est sans grand étonnement que tant de gens ne croient plus en rien ces jours-ci, sauf à l’approche de la mort ou de la misère plénière ! Ces cultes contemporains opèrent sous la présomption qu’ils ne peuvent fleurir que dans la misère et l’ignorance qu’ils cultivent parmi leurs croyants, non pas dans la connaissance et l’abondance qu’ils rejettent comme profanes.

Les meilleurs rites et formules confessionnels amplifieraient notre perception particulière du sacré sans en rendre dol. Nous quêtons pour ce sens de merveille, à la recherche d’un temps perdu en dehors duquel nous avons exilé nos âmes. Ce pour lequel nous aspirons, c’est une ancienne sagesse beaucoup plus profonde que les dogmes cérémonieux d’élaboration plus récente, leur complément, leur fructifiant et ce qui les validerait comme rien d’autre n’en serait capable.

En attendant, nous devrions être libres de témoigner de notre Dieu ou pas, porter et présenter nos symboles de culte ou les récuser, n’être ni interdit ni forcé de le faire pourvu que nous nous y engagions en révérence privée, avec respect pour les croyances d’autrui en public et puis toujours tranquillement et sans menace. Ce ne pourrait advenir sans rancune qu’au monde en paix : là où la religion paisible serait sacrée dans toutes ses manifestations et celles mondaines ne retiendraient plus d’emprise.

 

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