- A TOI CHOISIR (I) -

ENGLISH VERSION 

SOMMAIRE D’Apprenti       INTRO ET VOCABULAIRE

 

« Nous sommes appris par tous ces préalables d’assumer aussi attentivement que possible le point de vue, la patience et la compétence de Dieu. » Buckminster Fuller, Critical Path (Voie cruciale), St. Martin Press, p. 251.

 

Pendant la seconde sic guerre mondiale, chaque Européen dut faire face au même choix : accepter le fait accompli des Nazis ou le défier. A présent, c'est à toi choisir. Nul temps ne reste pour esquiver ton épreuve principale – semblant le passe-temps humain favori – et nulle part ne reste où courir te cacher. De la Nouvelle Zélande à la Novaya Zemlya, nos choix s’assortissent entre accepter le statu quo et le défier en devenant un Apprenti digne, entre la faillite morale ou le sacrifice de soi. Pèse tes options avec soin avant que ne débute le scrum.

Il te sera d’abord nécessaire de larguer trois couches de lest mental. Sans vraiment y penser, tu as pu élire d'être :

 

·         méconnaissant : « Je ne peux rendre confiance qu’en des idées que j’ai déjà assimilées au moins cent fois auparavant : celles les moins susceptibles de m’attirer des ennuis. Rien d’autre ne vaut la peine. »

·         crédophobe : « Je n’admets rien de ces bibines qu’ils m’ont pelletées dans le crâne, mais je ne peux me permettre de croire en autre chose. »

·         fanaticophobe : « Je ne peux rendre confiance qu’en ceux qui m’ont répété des idées familières. Quiconque témoigne autrement doit être un fanatique, une noix de coco ou un colporteur d’huile de serpent. Personne ne peut m'escroquer ; je suis trop "cool" et subtil pour le lui permettre. »

 

Ces jours-ci, presque tout le monde est devenu fanaticophobe. Pas toi ?

Tu peux mettre ces notions de coté et endurer l'ostracisme que ton rejet provoquera. Prends ton propre chemin pour changer un peu et quelques risques constructifs. Tu es seul à pouvoir déboucher tes oreilles aux nouvelles idées. Ça te demandera du cœur, du cran et des méninges : ce dont ton attitude actuelle préfère se passer.

Aurais-tu de quoi l'effectuer ? Tu dois l’avoir, puisque tu as persévéré jusqu’ici.

 

L'orthodoxie prédominante nous prie de nous soumettre au paternalisme d’un « nouvel ordre mondial » de corporatisme international. Apprenti désigne ces candidats à l’impérialisme global, des Mauviettes (en anglais : Wimps, World IMPerialistS.) Les actualités confirment leur dominance, si ce n’est, hélas, leur compétence. Notre désespoir existentiel, l'holocauste environnemental dont nous témoignons à contre cœur, et la propagation du chaosisme militant – autant microcriminel que macromilitaire – eux tous nous démontrent l’éconologie des entreprises commerciales qui les oriente. Le contrôle télévisé de pensée nous vise le crâne avec des doses industrielles de vétilles Hollywoodiennes et de matérialisme brut à la Madison Avenue afin d’amplifier la folie collective des mauviettes et voiler ses pires séquelles.

Quand tu contemples une corporation et son contrôle outrancier, pense à une monarchie capricieuse, licencieuse, endurante et redoutablement stupide. Les Apprentis traiteront des corporations multinationales comme les anciens républicains ont réagi envers leurs opposants de monarchie corporative : leur renversement par voie primitive de brutalité n’a résulté qu’en des contrecoups de brutalité croissante alors que leur succession intelligente et graduelle a amorcé certaines améliorations.

 

Des troglodytes de vieille souche insistent que quelques êtres choisis doivent « réintégrer » une chimère politique de provenance incertaine alors que les restants s’assujettissent aux mauviettes. De façon hypnotique, ces prismes s'écrouent dans leur « isme » favori. Que ce soit par individualisme, constitutionnalisme dit « strict » ; nationalisme tout court, national-socialisme nazi/fasciste/bushido, national-communisme soviétique ou maoïste, national-capitalisme corporatif, national-fondamentalisme idolâtre (culte de personnalité), athée ou mono- ou polythéiste ; par radicalisme, anarchisme, racisme ou tribalisme : soit la panacée simplificatrice désignée, cela n’implique que de se ranger auprès de sympathisants de supériorité fictive et sacrifier des opposants d’infériorité fictive qui sont à vrai dire similaires dans leur divergences. Par leur prisme les reconnaîtras-tu.

Le titre de prisme s’applique à de nombreux mécréants : autant aux autocrates militaires, absolutistes de politburo, fanatiques religieux, terroristes (soit rémunérés du gouvernement, soit en étant supplémentaires), génocidaires ethniques, barons du crime et leurs frères secrets dans la police secrète, extorqueurs militaro-industriels, politiciens réactionnaires et leurs partisans qui se fichent de tout ; tout autant qu’à toi et moi pendant une mauvaise tournée. A la recherche d’une simplification sédative, ces activistes déshumanisent leurs adversaires en les transformant en abstractions philosophiques afin de mieux pouvoir en abattre un ou beaucoup, terroriser et maîtriser les restants.

Dans Les guerriers : Réflexions sur les hommes en bataille, Harcourt, Brace et Co., New York, 1959, J. Glenn Davis énumère plusieurs genres de guerriers et leurs méthodes de réduire l'Autre en un ennemi parfait.

Des soldats professionnels préfèrent combattre un ennemi compétent et courageux ; ils méprisent des adversaires moindres. Paradoxalement, cet ennemi doit être méprisé et détruit avec efficacité professionnelle tant qu'il résiste, mais traité honorablement sitôt qu’il se rend — entendu les abus subséquents de la part de sociopathes désignés pour cette tâche. Quand des civils sans armes sont torturés, dépouillés et abattus, comme ils doivent bien l’être en guerre, (et ne permet à personne de te dire autrement) ce doit être avec répugnance cérémonieuse de la part de guerriers professionnels.

A l’exception des guerriers psychopathes qui s’en sortent d’activités contraires : éviter les ennemis puissants et torturer des impuissants.

Les guerriers racistes transforment leurs ennemis en êtres sous-humains. Il ne reste aucune place dans leur attitude pour de la pitié, de la décence humaine ou des valeurs rédemptrices ; ce qui ajoute une corvée machinale aux autres insultes de la guerre. L’ennemi des champions religieux et idéologiques est non seulement une créature sous-humaine mais une parfaite incarnation du mal, en révolte inacceptable contre Dieu, le chef ou un autre principe éminent. L’abattre serait non seulement le devoir de ces champions mais leur appel divin. Attends-toi à encore moins de compassion de la part de tels assassins de masse.

D’autant plus que, comparé à la gloire de l’abstraction qu’ils adoptent, sont nuls le bien-être et la survie de tous : soit opposants, innocents, co-équipiers, soit eux-mêmes — même si l’interdiction formelle de telles agressions fasse partie intégrale de leur abstraction adoptée. Des chiites et des sunnites se battent sans merci, par exemple, bien que tous deux soient des musulmans pratiquants formellement interdits par le Coran d’attaquer des co-religieux. Mohammed n’aurait pas approuvé.

Qu’Apprenti ne soit jamais perverti de cette manière ! Vous autres, meurtriers lâches, n’aurez aucune excuse valide, cette tournée de ronde. Interdiction formelle de vos crimes, quelle qu’en soit l’excuse !

En revanche, ceux dirigés par leur conscience morale considèrent leurs adversaires comme des confrères : victimes de forces au-delà de leur contrôle, surtout en guerre. Les contradictions que pose leur attitude salubre, par rapport aux exigences brutales du combat, font qu’elles et leur santé mentale se fragilisent vite au champ de bataille, là où toute hésitation résulte trop souvent en pertes et défaite. Jésus ou survie ?

Les soldats professionnels sont notamment critiqueurs de cette attitude. De leur point de vue, mépriser l'ennemi simplifie la tâche périlleuse de l’occire et de subjuguer ses survivants. Ils préfèrent donc le mépris bien réfléchi (en dépit de son manque de merci) à tout sens de confrérie risquant de saper leur esprit. Puisqu’il est plus ardu de se concentrer tout en retenant deux idées contradictoires en tête, ceux en dehors de leur clan militaire doivent subir un mépris équivalent.

Dans Cet être d’obscurité : Une sociologie de l'ennemi, University of Washington Press, Seattle and London, James A. Aho décrit cinq démarches exigées pour réifier la haine ethnique. La réification veut dire ici la transformation d’une abstraction telle que la bigoterie en une conviction.

 

1.      Dénommer : la fausse caractérisation d’un individu comme modèle de rôle pour une catégorie abstraite et odieuse.

2.      Légitimer : valider cette identification aléatoire en renversant les conclusions officielles.

3.      La fabrication du mythe : créer une fausse histoire afin de confirmer cette tromperie.

4.      La sédimentation : implanter ces légendes dans la mémoire de la prochaine génération, en se servant de la dynamique des liaisons intra-groupe.

5.      Le rite : éteindre des victimes de façon brutale et dramatique, souvent au moyen de tortures rituelles et de l’enchevêtrement de leur famille.

6.      Un sixième élément peut être ajouté : le martyre : le sacrifice aux autorités horrifiées de fanatiques secondaires à la suite des rites sus-décrits et leur canonisation par des doyens fanatiques qui, eux, ont bien su déguerpir. Bon sang, qu’ils aiment se plaindre de leur malheur ! Surtout après qu’ils se sont sortis d’abominations nonpareilles. Sangler une bombe suicidaire télécommandée sur une petite fille et l’envoyer massacrer et périr ? Monstres inconcevables !

 

Ces habitudes sont sans doute des versions distordues d’équivalents rituels paisibles du genre « bol à mélanger » (arranger que des petites filles présentent un bouquet.) Avec quelques réécritures du spectacle impliqué, leur exploitation pourrait inciter des mutualités de respect et de tolérance. Comme pour beaucoup d’autres rituels d'armes, ils pourraient être convertis aux usages paisibles avec quelques raffinements.

Il est à noter qu’au cours des pires combats intertribaux, des tribus en guerre ont comblé leurs lourdes pertes en intégrant des prisonniers de guerre après leur avoir infligé toutes sortes de tortures physiques et psychologiques pour évaluer leur esprit et le dompter. Ainsi des bigots fatals ont dû se rendre en experts dans l'art de transformer un ennemi farouche en frère de sang. La vie, c’est le paradoxe.

 

Des élites ultra s’attendent à une orgie suprême d’agression prismatique qui aboutira dans un gang bang (viole collective) planétaire de toutes toxines pour lequel nous nous serions apprêtés ces dernières générations : l’extermination bio-chimio-nano-météo-scalaire et nucléaire de tous les Autres haïs ainsi que l’Autre ahurissant en nous-même. Nous avons nié notre enjeu dans ce désastre en approche, qui ne serait jamais advenu sans notre collaboration fervente.

Dans l’avenir proche ? La paix se gâtera lentement par petits degrés, puis la guerre totale éclatera avec soudaineté irrémédiable — à moins que nous n’entamions des mesures extraordinaires pour la contrecarrer.

 

Les mauviettes et les prismes comptent pareillement sur la mentalité d'armes. Leurs éthiques sont également corrompues et leur probabilité de succès à long terme, nulle. Tôt ou tard, leur ruée au pouvoir se dégénèrera en bain de sang : qu’une question de temps et de sophistication d'armes.

Heureusement, la croyance des gens (sinon leur manque de telle) peut être harnachée à la lutte pour la paix et la satyâgraha, ce dont nous reparlerons dans son propre chapitre.

Ce texte propose une idéologie divergente, soutenue par la troupe d'un seul individu (moi.) Elle ne réclame aucun parrainage du « Skull & Bones » des mujihadine, du fond monétaire international ni de telles ligues de coupe-gorge pour profit, furtives ou pas. J'espère qu’une telle renonciation t’attirera à la cause.

Les Apprentis exigeront l’entièreté de l’infrastructure que l'humanité s’est assemblée à ce jour, qui doit demeurer intacte, fleurir et se raffiner constamment. En outre, nous exigerons que de moins en moins de monde ne soit privé de domicile, de contrée, de sécurité, et des soutiens de vie.

Les Apprentis s’adresseront aux besoins des riches avec autant d’application qu’à ceux de l'info prolétariat ; en d'autres mots, mille fois mieux que ne s’en sont sortis les directeurs d'armes. A la différence des dissidents d’armes et de leur rejet rotulien des riches détestés, les Apprentis exigeront l’enthousiaste coopération, expertise et gestion financière d’élites d'info (du moins ceux consciencieux.) Sans elles, rien de cette transformation ne sera praticable.

L’humanité vient à peine d’avoir accumulé assez de capital et de bonne volonté pour entreprendre cette transformation d’Apprentis. Toute massive tombée en panne sociale (à laquelle les dissidents d'armes ne cessent de nous enjoindre) nous précipitera aux paliers inférieurs de barbarie d'armes et à l’annihilation éventuelle. Nous ne pouvons plus nous taper d’autres destructions de masse, chapardages et terreurs du genre que nous aurions convenu – tout en poussant de grands soupirs ! – n’étaient que de regrettables inévitabilités.

Quant à ceux qui souhaitent détruire la civilisation tout en aiguisant leurs compétences de survie, je me trouve ahuri devant leur panique. Qu’ils tiennent à la harangue de l'unibomber, aux déclamations d’un fondamentaliste quelconque ou à la voix de forcené résonnant dans leur tête, leur simplification mortifiante de la réalité présage un grand malheur pour nous tous, eux compris. Que les Apprentis raniment leur imagination pétrifiée et diminuent leur penchant pour simplification fatale !

Je me rappelle l’histoire d'un jeune membre de tribu montagnarde qui fut mis en arrêt pour sa redevance d’une querelle de sang. Quand la police lui demanda pourquoi il avait assassiné un étranger innocent, il avoua que sa vieille mère le lui avait préconisé. Des femmes peuvent être aussi fatales que les hommes dans ce contexte, peut-être encore plus. La plupart d’entre elles serviront la paix avec encore plus d’élan.

 

Des chamans en apparence « primitifs » ont informé un observateur venu d’outremer quelle était la différence principale entre les hommes et les femmes. Les hommes font la chasse, se battent et abattent les arbres ; les femmes nourrissent l’enfant, l’homme et le jardin. Ces hommes et femmes sont donc permis leurs distinctions naturelles de talent, de vigueur et d’aptitude. Mais avant tout, les femmes doivent faire savoir aux hommes quand il vaut mieux de s’arrêter. On a laissé tomber ce fiable droit de veto.

Il me vient à la mémoire un incident dans l’histoire des mormons américains. A un certain point, leur parrain s’est mis en tête que des migrants de passage devaient être massacrés. Si ses femmes (polygames) avaient pu bloquer sa décision, (et je pressens qu’elles l’ont tenté de toutes leurs forces) ce massacre n’aurait jamais souillé la réputation des mormons. Je pressens d’ailleurs que de nombreuses confrontations meurtrières dans l’histoire patriarcale auraient pu aboutir plus favorablement à ce moyen, aussi que celles à venir.

Par convention sociale, une majorité de femmes devrait pouvoir mettre fin à la tuerie sérieuse (ou même sa planification sérieuse) de la part d’une majorité d’hommes. Point, trait.

 

Rien sur terre n'est aussi irrévocable qu’il ne semble être, même pas l’annihilation. Pendant le prochain paroxysme de stupidité en masse et panique de slips souillés, on pourra détruire la biosphère entière, l’espèce humaine ou simplement la civilisation. Qu’une question des mégatonnes à déverser, entrelacés de maladies meurtrières, de climat tordu et de nanotech de guerre supplémentaire.

Ces résultats lugubres seraient du bidon selon quiconque tiendrait à la réincarnation. Nous aurons simplement à reconstituer la farce vicieuse de l’histoire dans son intégralité pour revenir au volet courant d’éventualité de la paix. Une fois que les moellons radioactifs cesseront de rebondir, nos survivants pourront prendre les quelques milliers d’années nécessaires pour reconstituer la civilisation d'armes dans son intégralité, les millions depuis l’aube de l’humanité, voire les milliards depuis que la vie s’est établi sur terre.

Faites vos jeux, vous autres bombardiers pompeux ! Faudra patienter encore un peu avant de pouvoir vous procurer des bombes assez puissantes pour nous projeter plus loin en arrière dans le temps. Voici tout ce dont votre panique malintentionnée soit capable : nous occasionner un plus grand délai le long de l’étendu quasi-infinie de la vie.

Combien de temps devra-t-on gaspiller en reconstitutions historiques ? Du combientième engloutissement ou bûcher vif, viol, suicide, crucifixion, pogrom, auto-da-fé, et massacre redondant devrons-nous témoigner — avant d’entamer le correcte ?

 

Tu peux lire tout ce que tu voudras sur la guerre dans tes flux d’info et pages d’histoire ; tu ne trouveras jamais ce qui suit. Les affaires reviennent à peu près au même état qu’elles étaient avant qu’elle n’ait éclaté. Les survivants renouent leur vie normale, s’aiment et se haïssent, élèvent leurs enfants et reprennent leurs petites affaires. La guerre, soit à quel point « glorieuse et significative » n’a à vrai dire rien changé. Le même résultat (celui supérieur, en toute probabilité) aurait pu être atteint durant une paix équivalente. Le seul véritable changement réside dans les décennies de besogne et de doigté requis pour remplacer les fortunes et les mutualités de confiance que cette guerre aura gaspillées, ainsi que ses pertes irremplaçables.

Toute le monde perd à la guerre. Il n’y a aucun gagnant hormis des élites d’armes.

 

Vers l’origine de la vie terrestre, des organismes multicellulaires ont dû subir une transformation saisissante parmi beaucoup d’autres. Les colonies primitives ont laissé leurs cellules centrales s’affamer et suffoquer. Entourées de cellules « égoïstes » aux marges, celles au centre n’ont pas pu obtenir assez de nourriture et d’oxygène pour survivre. Des formes de vie d’une complexité telle à croître dans trois dimensions n’ont pas pu évoluer avant que des cellules externes et « privilégiées » n’aient rassemblé des éléments supplémentaires d’alimentation et d'oxygène, et ne les aient passés au centre « plus pauvre. » Ensuite, cette capacité dut être transmise aux générations subséquentes.

Quiconque pérore « la survie des plus capables »  selon le dogme des sociopathes du darwinisme social, celui-ci doit contempler « la survie des plus généreux. » La nature maintient des communautés les plus complexes de partageurs capables de coexister dans ce milieu. Voir Pierre Kropotkine, L’aide mutuelle : Un principe (factor) dans l’évolution.

 

« A travers des millions d’années, les ingénieurs d’écosystèmes naturels ont été singulièrement efficaces à promouvoir le sur-rendement [mes italiques.] Ils ont co-évolué avec d’autres espèces pour exploiter des niches de leur fabrique. Cela a résulté en harmonie à l’intérieur d’écosystèmes. En s’éparpillant dans des niches multiples, les espèces constituantes saisissent et recyclent davantage de matériel que ne serait possible dans des écosystèmes analogues. Homo sapiens est un ingénieur d’écosystèmes aussi, mais malhabile. N’ayant pas évolué [nota : en familiarité intime … : une telle technologie paisible pourrait bien être développée] avec la majorité des formes vivantes rencontrées autour du globe, on élimine beaucoup plus de niches écologiques que l’on n’en crée. On pousse à l’extinction des espèces et des écosystèmes aux montants beaucoup plus élevés que n’existaient auparavant, réduisant partout la productivité et la stabilité. » Edward O. Wilson, The Future of Life (L’Avenir de la vie), Alfred A. Knopf, New York, 2002, p. 112.

 

Une fois que la conviction des Apprentis prendra racine, des élites d'info dotées d’excès de richesse découvriront les profits démesurés qu’ils pourront réaliser de façon pragmatique mais intégralement morale, une fois qu’elles entretiendront les autres en meilleure équité. Comparés à cette abondance, les plus grandioses de leurs accomplissements récents leur paraîtront comme des simples déboires de chef de bas quartier.

Alors que tout le monde mérite d’un modeste confort, ceux qui excellent ne doivent devancer ce minimum par plus de cinq à un entre le cinquième de la population le plus riche et celui des plus pauvres, et quinze fois entre les centièmes parties aux antipodes de la richesse et de la pauvreté. De cette manière, le plus ascendant sur l'échelle de confort que grimpent les pauvres, le plus de luxure que les riches pourront s’autoriser en bonne conscience.

Me voici répétant mes mauvaises habitudes : rendant des pronunciamienti alors que le seul but d’Apprenti, c’est animer une transformation globale et puis m’ôter du passage pour permettre aux experts et spécialistes d’optimiser leur passion. Je devrai céder cette besogne à un Apprenti digne. 

 

Robley E. George, Socioeconomic Democracy: An Advanced Socioeconomic System, Praeger Studies on the 21st Century, Praeger Publishers, Westport, Connecticut, London, 2002, p. 91. « La démocratie socioéconomique est un sous-ensemble socioéconomique en prototype selon lequel il y aurait une forme de Revenu Particulier Garanti et Universel, (RGU) aussi une forme de Maximal Avoir Particulier Permis (MAP) dont les bornes – celle en bas de pauvreté matérielle particulière et en haut de richesse conforme – seraient établies et rajustées de manière démocratique par toute la communauté. »

 

Les Apprentis ne poursuivront ni l’absolue égalité économique ni de l’opportunité illimitée. En fait, ce sera la nature des Apprentis d’éviter presque tout absolu. Tout en modération (à part la sagesse, la beauté et l’excellence) tout bien équilibré et favorisant la paix.

Staline et Pol Pot nous ont démontré que l’égalité imposée mène à l’absolue pauvreté et à des millions de d'entrepreneurs massacrés ; soit civils ou militaires, bureaucrates ou professionnels, directeurs d'usine ou de ferme. Tous ceux qui ont tenté d'aller en avant furent abattus, ainsi que ceux en grands nombres innocents d'une telle ambition. Les Etats-unis contemporains et l’Angleterre victorienne ont démontré la polarisation insalubre des riches à l’encontre des restants quand la richesse particulière et corporative est accordée priorité sans exception. Dans l’absence de modération économique, des psychopathes avancent dans les deux ailes politiques, soit de gauche ou de droite, sans bon aboutissement pour les innocents pris entre leurs feux.

Un moyen d'or doit être trouvé, de sorte que chacun puisse vivre en confort, que l’esprit d'entreprise soit permis sa créativité et ses gains légitimes, et qu’une conscience morale beaucoup plus salubre prévale autant dans la société que dans chaque individu. Ceci tout en pourvoyant l’équivalent des quelques planètes terrestres de ressources requises pour approvisionner au même niveau de confort le fourmillement de nos milliards.  Il s’agirait d’acquérir une sagesse de loin supérieure : l’ultime intention d’Apprenti.

Autant bien pour les riches que pour les pauvres, la bonne conscience morale est l’ultime luxe. En comparaison, tous les trésors étincelants et honorifiques ronflants procurés jusque là n’ont été que de simples babioles et gargouillements de bébé ; les souffrances et les sacrifices endurés, perte de temps et d’énergie.

Je ne parle pas ici de la satisfaction que l’on peut ressentir en griffant vers la crête du tas de viande humaine, ni celle ressentie par une poignée de privilégiés qui militent pour le bien-être des pauvres. Parlons plutôt de l’authentique valeur en soi, de la bonne conscience morale et du bien-être bien mérité car universel. Sacrifiés jusqu’à présent sur l’autel d’armes, ils valent milles fois les babioles de l’élite et ses épatements de la galerie, et encore plus la soumission aux souffrances du prolétariat sinon sa rébellion à leur encontre. 

 

Les appellations de la politique contemporaine reflètent dogme inerte et pensé linéaire. Nous avons été épinglés comme des papillons sur une planche de liège politico-linguistique afin de mieux pouvoir nous « contrôler. »

L’expression n’a jamais été conçue pour un être politique de la souplesse d'un Apprenti. Nous sommes restés anonymes et donc impuissants puisque nous avons exclu meilleure doctrine. Nous nous sommes attendus à nous débrouiller en dépit du refus de clarifier notre discours politique.

Notre constellation de métaphores politiques est un amalgame de clichés poussiéreux et d’expressions surannées qui ont pu offrir quelque promesse dans un passé distant mais plus rien actuellement. Ces vagues  euphémismes : la gauche en contrepartie de la droite, démocratie, capitalisme, collectiviste – j’en bave ! – n’ont servi qu’à aggraver nos erreurs et leurs embarras. La politique coutumière nous défend de bricoler la quincaillerie de la civilisation. Dans ce texte, je note cet obstacle au progrès et l’enjambe.

 

« Ces principes, par conséquent… doivent être soumis à l'enquête impartiale et assidue… d’individus de chaque rang, classe et dénomination… qui se sont en quelque sorte rendus compte des erreurs parmi lesquels ils existent, qui ont ressenti l'épaisseur de l’obscurité mentale les envoûtant, qui sont avides de découvrir et poursuivre la vérité, peu importe par où cela les mènera, et qui peuvent percevoir l’inséparable [rapport] entre l’individu et la collectivité, le bien public et celui privé ! » Robert Owen, Catéchisme, Cole, 205-7. Pris de La vie et les idées de Robert Owen, par A.L. Morton, Monthly Review Press, 1963, p. 128.

 

             On ne peut pas tricher à l’Apprentissage ni l'éviter ni en entretenir des mensonges —  sauf afin de mieux apprendre à tricher, esquiver et mentir. Des brutes apprennent le mal ; des victimes, l’endurance ; et des progressistes, si fortunés, patience et compassion. Tout le monde apprend à mieux faire la prochaine fois. Apprendre, voici notre jeu préféré, solidement encablé dans nous tous. De la conception à la mort et peut-être au-delà, notre conscience brûle d’apprendre.

Le verbe « apprendre » manque sa voix active pour compléter celle passive qui nous est familière. On doit rénover son entendement, de l’expression « absorber des données de manière passive » à « les échanger franchement. » En plus, le terme « Apprentissage » comme compris ici, inclut le paquet de donnés à nous d’absorber en poursuite de la vie civilisée. Je réclame ma part d’Apprentissage et espère la troquer avec la tienne.

Les termes « enseignement et éducation » impliquent de la compulsion et de l’enrégimentement qui ont très peu à voir avec « l’Apprentissage » dont nous parlons.

L'index du livre, Théories d'apprendre - Une approche comparative, dispose de beaucoup d’entrés sous les rubriques « punition, climatisation, compulsion psychologique » et de telles, quoique aucune sous « amusements » et « jeux. » Curieusement, la seule mention de jeux se trouve dans la préface du livre : là où les éditeurs ont indiqué à quel point ils se sont amusés en « œuvrant sur le problème » d'apprendre.

Bien que mon livre puisse adresser une foule inattentive  d’Apprentis: « Qui, moi ? » il interpelle surtout ceux qui se reconnaîtront immédiatement comme Apprentis en parcourant ces lignes.

A moi, les Apprentis !

Nous naissons tous Apprentis ; personne ne peut s'en abstenir. Le corps d’Apprentis comprend l’enfant et l’aîné ; le riche et le pauvre ; la victime et son bourreau ; l’ignorant intentionnel, l’universitaire et l’autodidacte. L’age, la race, le sexe, les capacités et diverses positions d’identité : tous sont égaux sur le terrain de jeu de l’Apprentissage.

Quand les Apprentis se reconnaîtront et intégreront leurs passions selon leurs talents et intérêts, les étoiles elles-mêmes se soumettront sur demande.

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