- LA SUPERCONSCIENCE COLLECTIVE -

ENGLISH VERSION

 

SOMMAIRE D’APPRENTI     INTRO ET VOCABULAIRE

 

Chaque enfant subit une formation aversive à la paix. De sorte, nous les adultes bloquons la paix globale par refus d'assortir nos politiques d'info dans leurs casiers d’armes et de paix.

J’ai rompu correspondance avec un « progressiste » qui conclut que la paix mondiale n’apparaîtra pas avant au moins quarante ans : le temps d’éliminer sa responsabilité dans cette affaire puisqu'il serait alors à la retraite ou disparu. Entre-temps, les gens ne sont pas apprêtés, ne disposent pas de sa moralité évidemment supérieure…

Par miséricorde, je ne le nommerai pas. Je n’ai jamais été apte à retenir des noms ― bon débarras ! Après tout, son méfait est un cas général et non d’exception. Quant à la plupart des méfaits institutionnels, le responsable est rarement nommé de peur de la revanche que lui ou ces supporters pourraient engendrer. Dès que les plus petits subissent un grand dol, le responsable doit être dénoncé par les Apprentism soit les conséquences, pourvu que la victime soit protégée des retombées.

Dans l’Agora du monde paisible, beaucoup plus attentif que nos rafistolages politiques sur la terre en armes, ceux responsables de peines humaines autrement évitables seront chassés du pouvoir. Regret et repentance de leurs méfaits doivent se rendre en préventions primordiales ― quoique coûte dans l’intervalle. À exclure, la pratique actuelle de déguiser des faillites morales dans l’anonymat, autant lors de disputes dérisoires sur l’Internet qu’au cours de graves mésaventures institutionnelles.

Par exemple, le meurtre en 2006 d’Anna Politkovskaya, la valeureuse journaliste qui figurait à tout prix comme immuable conscience morale de l’Etat russe, doit être mis aux pieds de Vladimir Putin dont l’anniversaire fut le jour de son meurtre, et de son auxiliaire aux mains sanglantes, Ramzan Kadyrov, chef de l’Etat russe tchétchène.

Les héros qui suivent furent assassinés en Russie, la plupart sans sérieuse enquête ni suite judiciaire sauf pour des hommes de main, suspects habituels.

 

Nadezhda Chaikova, correspondant, kidnappée et abattu en Chechnie,1996

Galina Starovoitova, 1998

Igor Domnikov, 2000

Sergei Yushenkov, 2003

Yury Shchekochikhin, 2003

Paul Klebnikov, 2004

Alexander Litvinenko, 2006

Ivan Safronov, 2007

Magomed Yvloyev, 2009

Vyachsla Yaroshenko, 2009

Stanislav Markelov, 2009

Anastasia Babourova, 2009

Natalia Estemirova, 2009

Serguei Magnitsky (battu à mort en garde à vue), 2009

Edouard Tchouvachov, 2010

Rouslan Akhtakhanov, 2011

Gazbek Guekkiiev, 2012

Alexander Perepilichnyy, 2012

Mikhail Beketov (battu jusqu’au coma et aux amputations multiples, 2008), 2013

Boris Berezovsky, 2013

Boris Nemtsov, 2015

Vladimir Kara-Murza, (empoisonné deux fois jusqu’au coma), 2015

Pavel Cheremet, 2016

Denis Voronenkov, 2017

Nikolai Andrushchevko, 2017

 

D’autres meurtres subventionnés par le pouvoir ont passé inaperçus dans la presse occidentale (54 journalistes de 1992 à 2013.) La Russie ne recouvrera jamais sa slava (gloire) avant qu’elle ne garde leurs remplaçants avec autant de bon cœur que l’impulsivité avec laquelle elle a sacrifié ceux listés et de nombreux martyres pairs.

Il serait impensable que des dirigeants légitimes abattent de tels trésors nationaux et terrorisent leurs remplaçants. Au monde paisible, une telle disgrâce les renverrait du pouvoir sans appelle. Pourtant prospèrent-ils, certes, sur la terre en armes, de leurs délits inconcevables : un autre aboutissement de la stupidité institutionnelle. Ils ne sont pas les seuls ; au contraire, presque tous nos chefs actuels seraient recalés par la cour du monde pour crimes de guerre.

Comparé à la plupart de ceux auxquels j'ai tendu la main, ce type était optimiste quant à l’éventualité de la paix globale. Le triste fardeau planétaire des collaborateurs d’armes se trie de telle manière : une majorité qui tient que la paix globale soit impossible, et une poignée des restants qui présume qu’elle pourrait être valable en soi mais doit être improbable dans l’avenir proche quand ils en retiendraient la responsabilité particulière. Que d’autres y besognent !

Quelle commodité pour lui babillant ses platitudes ! Il va sans dire qu'il ne souleva pas un doigt pour m'aider entre temps.

Prends ton temps, mon brave. Soit les quarante ans à venir, soit les derniers cinq mille : tes résultats aboutiront toujours semblablement. La mentalité d'armes triomphera de toi et de tes espoirs progressistes, car tu ne t’ais jamais présenté comme champion de la paix, en dépit de tous tes fins propos.

 D’une manière ou d’une autre, la paix aura lieu au monde. Ou bien notre folie collective militaire nous achèvera en majorité et les rares survivants jouiront de cette paix à défaut ou les Apprentis se rallieront et l’établiront sur programme, à volonté et bientôt de suite.

Les réactionnaires n’y toucheront pas car elle trahit le primordial de leurs animateurs soit d’eux-mêmes soit d’autrui : la crainte. Le progressiste à la mode courante (pareillement frappé de frayeur) repousse ce sujet comme ayant déjà été trop débattu ; ainsi soutient-il les réactionnaires très commodément, en dépit de tous ses fins propos.

 

 

Ce texte passe en revue la mentalité d’armes et celle de paix comme des entités discrètes, cohérentes et de libre arbitre : des mèmeplexes. Leurs arrangements se contestent, se développent, s’affaiblissent avec le temps et agissent sur la pensée des masses. Les maîtres d'armes et de paix sont des porte-parole de forces invisibles mais saisissantes ; leurs actions, propos et croyances, des reflets constructifs et destructifs de la superconscience collective. Quelques autres charpentes de raisonnement nous permettront peut-être d’élaborer cette idée.

Jean-Jacques Rousseau évoqua la volonté générale qui prescrit le plus grand bien collectif : la base de la légitimité gouvernementale. Chacun pourrait restreindre sa propre volonté mais en bénéficier à la longue, car c’est ce qu’accomplit le mieux la volonté générale.

Pour les philosophes occidentaux, cela pousse du bas : de l’individu vers les cimes gouvernementales. Les Chinois et leurs disciples orientaux ont parlé du « mandat du ciel » que prescrit Confucius, (Kong Fu Zi) qui rend légitimité au gouvernement en vertu de son accord rituel avec la loi cosmique : cela croît du haut vers les profondeurs particulières.

Tous deux ont été considérés obligatoires pour la bonne marche du gouvernement par leurs partisans respectifs. J’envisage qu’ils soient foncièrement identiques. La loi cosmique, le pouvoir gouvernemental et la liberté particulière : chacun opérerait mieux si en bon accord avec les autres. Dérange cette résonance à n’importe quel niveau et souffre de désastres alors que ce système se secoue en petites pièces. Absente la volonté générale, on sombrerait dans le chaos ; absent le pouvoir gouvernemental, tout s’écroulerait tel qu’en République Démocratique du Congo (sans impôts, sans gouvernement, sans lois sauf au canon du fusil : un paradis Republican agencé par la cupidité corporative internationale) ; absent le mandat du ciel, la rébellion de masse se rend obligatoire alors que le chaos climatique et la famine s’échappent de contrôle. Nous nous attendons mollement à ce qu’un tel sort advienne au monde pour nous secouer en éveille.

Le gouvernement sert comme diapason central de ce système harmonique.

Freud a brillamment démontré l’existence du subconscient. Parlant de moi-même, je ne l’admets pas (je blague.) Ces jours-ci, chacun se reconnaît muni d’un paquet d’impulsions subconscientes.

Carl Gustav Jung parla de l’inconscience collective dont ressortent des archétypes curieusement conformes et des phénomènes en synchronie. Chaque culture commémore ces super-coïncidences ambiguës. Selon Jung, l’inconscience collective comprend la somme des pensées oubliées ainsi que celles à venir. En attendant, chaque esprit consciencieux retient un assortiment des pensées courantes. Sinon le reçoit et le convertit-elle, comme une antenne finement accordée ?

Quelques déments seraient-ils munis d’antennes accordées aux fréquences tant soit peu distinctes ? Serait-ce la raison que des sociétés primales prisaient leurs fous et les tenaient proches au lieu de les marginaliser selon nos habitudes (SDF ou institutionnalisés en prison ?)  Parce qu’ils s’étaient accordés à de bizarres transmissions de fréquence modulée au lieu des stations radio réactionnaires d’amplitude modulée qui palpitent aux USA  comme des mauvaises dents ? Aurait leurs signaux bizarres pu mieux servir dans un pétrin ?

D'où ces idées proviennent-elles? Je soumets qu’elles émanent de la superconscience collective.

Le subconscient collectif ressemblerait à une pile de stockage : transitoire et muable, restreint à la mode courante de penser et à la géographie humaine — alors que la superconscience collective agit comme une carte fluide (en plasma magnétohydrodynamique ?) de circuit imprimé, opérant en parallèle des collectivités humaines et schématisant là où leurs courants filent, s’accumulent et se dispersent ; incendiant certains circuits et permettant à d’autres de se propager en étendu et en complexité.

Espérons que nos quelques circuits paisibles s’accroîtront et s’entrelaceront de façon luxuriante alors que nos nombreux circuits d’armes se croisent sans séquelle. Je crois en miracles de la part de Dieu d’amour. Le reste est à nous d’accomplir.

Emile Durkheim évoqua la conscience collective comme un impalpable cadre social au-delà duquel des criminels débordent, un peu comme les lignes de démarcation d'un terrain de football. Leurs transgressions (comment a-t-il pu faire ça !) renforcent les règles normatives auxquelles la majorité souscrit, nous ficelant plus étroitement ensemble.

La paix globale pourrait croître entre ces lignes, et la guerre organisée, autrefois centrale, chuter en dehors.

Noam Chomsky a postulé l’existence d’une grammaire universelle : que l’on serait en quelque sorte encablé pour les virtuosités du langage. Jung proposa pareillement la mémoire raciale : la capacité d’un peuple de retenir des aspects de son passé. Constate l’akasha dans l’hindouisme et d’autres religions : un champ éthèrique universel empreint d’une transcription de tous les événements du passé et permettant des prédictions de l’avenir, (selon The Oxford Dictionary of Phrase and Fable, Elizabeth Knowles, Ed., Oxford University Press, 2000, p. 17.)

Je ne parviens qu’à frôler ces sujets. L’humanité n’a qu’effleuré leur surface et a oublié le peu qu’elle en reconnut auparavant. Des Apprentis avenants les étudieront en profondeur. Voici un formidable potentiel pour des percés scientifiques en mesure d’éclipser nos découvertes actuelles : des vaccins contre nos fléaux culturels et des raccourcis à travers nos dédales technologiques.

D'autres chercheurs ont étudié des champs morphiques qui détrempent le tissu vif d’auras comme ceux captés par la photographie kirlian. Ceux-là peuvent expliquer la manière insolite dont le plasma de germe réalise ses improbables spéciations de modèle et de symétrie.

Au cours de milliards d'années, de nombreuses réactions chimiques ont écumé dans une soupe primordiale de molécules organiques transpercée de boulons de foudre. Des entités de plus en plus complexes ont émergé de ce bouillon choqué, au point de recouvrir le fond de la mer des éons plus tard avec des pianos mécaniques ! Figure-toi la simplicité de ce scénario, comparé à l'évolution de la vie. Je ne retiens plus le nom de l’auteur de cette anecdote (J.B.S. Haldane ?) Au lieu de pianos, lui indiquait dans son exemple des machines à taper IBM Selectric : celles-ci splendides mais en voie à l’oubli. Un autre écrivain parlait d’une suite de tornades qui aurait balayé un vaste parc à ferraille et assemblé de ce fait un avion gros-porteur.

Dans l'absence de ces champs morphiques, la forme dominante de la vie terrestre aurait pu être une couche de boue translucide de cinq mètres de profondeur (afin que la lumière solaire puisse la pénétrer) englobant la terre. Elle n’aurait pas laissé de trace à la suite de sa disparition et aurait pu subsister presque tout le long de la vie terrestre (de façon intermittente ou continue) sans que nous ne l’ayons jamais reconnue.

Quelque chose d’autre favorise une diversité beaucoup plus riche, mobile et adaptative à partir d’une petite trousse de traits dont on peut hériter. Après tout, les moisissures de boue et les êtres humains partagent les mêmes quatre nucléotides d'ADN et 64 codons en étant formés, dont les codes partagés et les modes d'assemblée en décalage distinguent chaque individu de tout autre. Un certain champ d’effets inconnu doit jeter cape sur chaque créature : la maintenir en vie, intacte et distincte du restant du monde quoique l’y rattachant profondément, elle autant que nous.

 

L’Apprenti le plus éminent du Cabala se nommait Isaac Louria, Yitzhak Louria, Yitzhak Ben Shlomo Ashkenazi et Yitzhak Ashkenazi. Il est également connu sous le nom d’Ari et He-Ari ("le lion") selon l'acronyme pour Ashkenazi Rabbin Itzhak ("Le Rabbin Ashkénaze Yitzhak"), ainsi Arizal avec "ZaL" étant l'acronyme pour Zikhrono Livrakha ("de mémoire bénie" ou littéralement "permettez à sa mémoire d’être telle qu’une bénédiction") : une formule de politesse habituelle au sujet de juifs défunts ; aussi connu comme Ari Ha-Kadosh ("Ari le saint"). Je le dénomme avec tant de complétude pour deux raisons : 1) par égard à son génie ; et 2) pour que les moteurs de recherche guident ceux intéressés vers ce texte.

 http://fr.wikipedia.org/wiki/Isaac_Louria

Interprétant son texte dans un cadre simplificateur au bénéfice des Apprentis selon mon entendement minime, celui-ci a posé le principe que Dieu a créé l'univers en aménageant de la place en dehors de Sa Perfection, un peu comme un homme inhalerait subitement pour qu’on puisse le passer le long d’un couloir étroit.

Selon Louria, le choc de cette transition engendra la dichotomie mondaine entre le bon et le mauvais. La Lumière Divine – qui emplit toutes les choses – eut découlé des yeux, du nez et de la bouche d'Adam, d’une telle luminance que le monde matériel ne pût le supporter. Trois vaisseaux supérieurs de l'univers en furent fêlés, et sept inférieurs, brisés dans un éclat d’Etincelles saintes. Les éléments qui ont résisté à ce brisement sont devenus mauvais, alors que ceux qui l’ont subi sont restés bons.

Quant à moi, je présume que le conflit entre le bon et le mauvais est un réacteur à fission-fusion : rompant Dieu en sous-particules bon et mauvais au passage de chaque seconde Planck, puis de retour. Cette pulsation actionne l'univers matériel et l'ADN de la vie perché au-dedans. S’il n’y eut aucun bon ni mal, aucune énergie depuis leur conflit et le zéro absolu partout. Ce qui pourrait être l’ultime objectif de cet exercice ?

Selon lui, chaque fois qu'un être humain obéit au commandement de Dieu, il « répare le monde » en soulevant une Etincelle divine des bas-fonds du mal aux hauteurs du bien. La vie rituelle hébreuse est conçue pour soulever le plus grand bien, n'importe l’insignifiance de cette obéissance. Pareillement, n'importe quelle déviation du commandement de Dieu laisse tomber une autre Etincelle. De ce fait, le juif pratiquant effectue une lutte existentielle équivalente à celle mythique de Sisyphe, en soutenant une Etincelle sainte vers le haut de la Lumière, malgré une cascade de celles déversant sur lui et son fardeau. Somme toute, Dieu a besoin cosmique de l'humanité pour reconstituer Son Ordre saint.

Qu’est-ce que cela signifie pour nous autres ? La nécessité d’obéir aux commandements les plus approuvables du Dieu de notre choix afin de remettre Ses Etincelles saintes à leur place. Le premier parmi eux : « fais aux autres ce que tu souhaites qu’on te fasse » qui inclut dans ses sous-ensembles, « tu ne tueras pas. » Ceci régit toutes les lois religieuses que nous admettrions ― soit d’un païen ou d’un Kantien honnête, d’un agnostique ou d’un athée. Il serait le mieux servi en bossant dur pour la paix au monde.

 

http://www.pasarel.org/main/kabbalah/kabbalah.htm

http://www.wordtrade.com/religion/judaism/kabbalahR.htm

 

Peter Tompkins et Christopher Bird, dans Les secrets du terreau : Des solutions de nouvel age pour restaurer notre planète, Harper Collins et Row, 1989, affirment avoir découvert des dèvas qui se sont identifiés comme des esprits architectes de diverses communautés botaniques, zoologiques et d’autres royaumes. En d'autres mots, des formes communicatives du champ morphique que nous discutons.

A Findhorn et ailleurs, des naturalistes de nouvel âge ont admis de s'en être entretenus. Selon eux, ces dèvas, de plus en plus malmenés par l'humanité, se sont retirés dans leurs derniers replis de maquis en attendant notre suicide mécanisé. Apparemment préféreraient-ils communiquer avec des naturalistes sensibles parmi nous et rétablir un cadre plus compréhensif d’entendement et de coopération mutuelle, celui-même que nous nous serions acharnés à arracher depuis ces derniers millénaires pour compenser notre cafard.

Ceci pourvu que nous répliquions avec amour : dans ce cas, l'empathie, les soins efficaces et la sensibilité anticipatoire dont notre espèce excelle et non la sentimentalité, le positivisme et l’hypocrisie dogmatique avec lesquels nous les avons confondus.

Abandonnant l’engagement diabolique d'abus à court terme et d'annihilation au long, des Apprentis et dèvas mutualistes pourraient renégocier cette association. Présumant que nous élisions de les respecter et suivre leurs conseils de meilleure pratique, l'architecture génétique de la technologie paisible pourrait nous offrir une abondance imprévue, évitant des catastrophes transgéniques et leurs conséquences inattendues. Autrement, si nos ingénieurs en génétique persistent avec leurs tâtonnements à double aveuglette, ils ne parviendront qu’à engendrer des technologies d'armes encore plus létales et leurs désastres inévitables.

 

Rupert Sheldrake vogue sans peur au-delà de cet horizon d’entendement. Dans La présence du passé : La résonance morphique et les habitudes de la nature et Une nouvelle science vitale : L'hypothèse de la résonance morphique, il postule l'existence de résonances morphiques. Entre autres capacités, elles facilitent ce qui a déjà été accompli.

Par exemple, étant donné une sélection aléatoire d’étudiants, il leur est plus facile de résoudre un jeu de mots croisés le jour après qu’il ait été publié et que beaucoup d’autres gens l’aient résolu ; ces mêmes étudiants prennent plus longtemps pour résoudre le même genre de puzzle avant que le public n’en ait obtenu l’accès. Des puzzles de contrôle non publiés se sont prouvés ni plus ni moins difficiles à résoudre.

Sinon souviens-toi du mile couru en quatre minutes : un exploit habituel aux olympiades de nos jours, quoique convenu impossible auparavant.

Je suis assez certain que l’écriture de ce texte m’a été rendue moins difficile de façon indirecte par la constatation de mes nombreuses bavures par des lecteurs inconnus qui ne m’en ont pas fait part (feu ma mère en tête, sans doute.) Je suis persuadé que nos esprits délicats sont reliés dans des ensembles mystérieux et jusque là imperceptibles.

En bref, des bonnes habitudes deviennent plus faciles après qu’elles aient été pratiquées ailleurs ; et les mauvaises, plus difficiles à abandonner dans la mesure que ces indulgences sont restées permises plus fréquemment et longtemps auparavant.

Jusqu’à présent, l’humanité a fait la guerre de façon obsédante compulsive. A partir de maintenant, il va falloir qu’elle réalise une paix d’intensité équivalente. Collaborateurs prédisposés à la terre en armes, nous avons récuré l’expression « paix au monde » de sa vigueur émotive, laissé nos maîtres d'armes l’amoindrir dans la pointe d’une mauvaise blague. Désormais, la guerre doit devenir l’objet de sales blagues, et la paix, d’un sérieux de vie et de mort.

 

Un autre exemple : des éruptions périodiques dans la chromosphère attisent des aurores dans les cieux polaires ; elles font frire de temps en temps nos réseaux électriques et satellites, caillent l'albumine sanguine et transforment des rassemblements passifs en foules émeutières. Faudrait se déplacer au moins vingt mètres sous terre pour échapper à leur effet.

Ce qui paraît être le « vide non différencié de l'espace » au travers duquel dérive le système solaire, c’est à vrai dire une brume de particules et d’ondules subatomiques adaptée à minuter précisément les infimes perturbations de distantes émissions célestes : électromagnétiques, de gravitation et ceux encore plus subtiles non encore enregistrées. Ce flux de quanta et ces mélanges transitoires de l'espace-temps et d’au-delà, en pénétrant les défenses magnétiques et atmosphère de notre planète, ont des effets immensément subtils sur nos pensées et comportements.

Depuis cinq millénaires des astrologues ont à peine rayée la surface de ces effets. Depuis trois cents, les astronomes n'ont plus pris la peine de les noter.

Ce n'a pas été pour rien que Newton s'eut brûlé comme une bougie vers la fin de sa vie. Il tenait à reformuler l'astrologie en une mathématique rigoureuse, en dépit de l’absence de la moitié des planètes, des satellites, des astéroïdes, etc., qui n’ont été découvertes qu’après sa disparition. Un projet héroïque, qui lui valut la peine d’en périr, même s’il dut le laisser incomplet ; ainsi que pour Johanne Kepler et une longue file de génies équivalents disparus dans la nuit du temps. Une telle directive mathématique aurait éclipsé la physique newtonienne et élevé au cube la valeur de son patrimoine. Les Apprentis en disposeront, à supposer qu’ils y dévouent le temps et l’entendement scientifique exigés.

Ainsi que l'adaptation génétique et la mythologie humaine semblent s’agiter aux brises non perçues, ainsi je ressens que des champs moraux nous entourent et nous agissent dessus, même (surtout !) quand nous refusons de les noter. Ces champs corrompent souvent des peuples entiers, tentent leurs élites en indulgences périlleuses et terrorisent les rebelles, comme ci la proportion des psychopathes et des consciencieux s’était renversée.

Cette sorte d’horreur a surgi en Assyrie, en Allemagne Nazi, au Cambodge, au Rwanda, en Bosnie, au Sri Lanka, en Syrie et autour d’un charnier avoisinant (sa proximité te surprendrait : la Sainte Barthélemy par rapport à Paris, par exemple.) Des méfaits monstrueux sont devenus banals, quoique impensables lors d’autres conjonctures. D’autres fois, des expressions publiques de compassion et de grâce ont propulsé des nations entières aux nouvelles cimes de complexité sociale.

On pourrait être assez fortuné et débrouillard pour témoigner d'une nouvelle époque d'éclaircissement global. Dieu sait, on a déjà témoigné d’un foisonnement du genre sanguinaire : suffisamment pour massacrer presque tous ceux impliqués et rendre la nausée aux restants, à l’exception de psychopathes immunisés contre leur toxicité mentale.

Mais encore là, on pourrait exécuter en guerre nucléaire cent fois plus de gens que ceux qui ont péri pendant la DGM (sic), et se retrouver face à des milliards de survivants affamés et fluorescents dans le noir, sans infrastructure pour les sustenter sauf celle profondément enfouie préalablement pour l’usage d’aspirants psychopathes Nazi.

Autrement, on pourrait devenir des Apprentis en lisant ce livre, le marchandant aux masses et contrecarrant cet ultime paroxysme.

Ces tendances peuvent être des effets perceptibles de la superconscience collective. Nous avons permis aux forces invisibles de nous projeter là où elles veulent, tout en les déclarant inexistantes et sans vouloir par résolution populaire. Munis d’un soupçon plus d’adresse, nous pourrions les repérer sans crainte, en cultiver les plus utiles et réorienter ceux hasardeux sur leurs voies les moins nocives. Ce sujet vient à peine d’être étudié sous la rubrique « noétique. » Voir Rupert Sheldrake ci-dessus et ailleurs.

 

Ce texte hèle le monde paisible : l'antithèse de la terre en armes gérée par répétitions compulsives d’épreuve et d’erreur. Nous nous trouvons piégés dans une résonance morphique de guerre postindustrielle parfaitement remplaçable au monde paisible. Mieux vaudrait penser du monde en paix comme d’un parc de thème planétaire ouvragé pour enchanter autant ses artisans actifs que ses clients passifs, ne laissant plus personne en dehors contre gré.

Laisse-moi me répéter : il nous reste cela à accomplir.

 

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