PRENDS LEUR PLACE

 

Tout ce qui advient ici

Ce n’est qu’une autre plaie

Sur la chaire écorchée

De rites religieux.

 

On se trouve réinterprétant

Des vieux films nazis,

Pleurant comme Cassandre,

Ignorée comme elle,

Pleurant comme des gardes pleuraient

La musique de chambre de leurs victimes.

La chute du préférable

Et son remplacement par le pire.

 

L’on se croit abrité

D’un fléau invincible,

Et garanti de ses effets

Soit leur inévitabilité.

Nous prétendons notre maison sécurisée

Bien que ses murs tremblent.

L’on se croit supérieure

A la fécondité du mal,

Garantie par des termes d’un accord

Embaumé depuis mille ans.

 

L’on se croit protégé

Des vingt pour-cent jurés au diable

Et des quatre pour-cent dépourvus de conscience morale

Qui nous entraînerait tous aux camps de la mort,

Riant de nous, chemin faisant, si seulement ils le pouvaient.

 

Comment ne pas les devenir,

Tout en prenant leur place ?

 

TAKE THEIR PLACE

 

Everything that happens here

Is but another wound

On the flayed flesh

Of religious rites.

 

We find ourselves reenacting

Ancient Nazi films,

Crying like Cassandra,

Ignored just like her,

Crying like some guards cried

At the chamber music of their victims.

The fall of the better

And its replacement by the worst.

 

We think ourselves sheltered

From an invincible plague,

And immune to its effects

However inevitable.

We fancy our home is secure

Even though its walls shake.

We think ourselves superior

To the fertility of evil,

Protected by the terms of an agreement

A thousand years embalmed.

 

We think ourselves protected

From the twenty percent sworn to the devil

And from the four percent stripped of moral conscience

Who’d entrain us all to death camps,

Laughing at us all the way, if only they could.

 

How not to become them,

And yet take their place?

 

 

 

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